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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

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SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



DOUZIÈME ANNÉE. — 1878 



BULLETIN 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE GIBRAC ET C« 

RUE SAINT-ROME, 44 

1878 



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BULLETIN 



DE LA 



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SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE. 



BULLETIN 



DE IA 



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SOCIETE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE 



DOUZIÈME ANNÉE. — 1878 



TOULOUSE 

TYPOGRAPHIE DE BONNAL ET GIBRAC. 

EDE SAINT-HOME, H . 

1878 



— 5 - 

ÉTAT 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 
DE TOULOUSE. 
1er Février 1878. 

Membres nés. 

M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

membres honoraires. 

MM. 

4 866 D r GLOs, Président honoraire, Directeur du Jardin des Plantes, 3, 
Jardin-Royal, Toulouse. 

— E. Dulàurier & , Membre de l'Institut, Professeur à l'Ecole des 

Langues orientales vivantes, 2, rue , Paris. 

— D r N. Joly $f, Professeur à la Faculté des sciences , membre 

correspondant de l'Institut, 23, quai de Brienne, Toulouse. 

— D r J.-B. Noulet $s Directeur du Musée d'histoire naturelle, 

15, grand'rue Nazareth, Toulouse. 

— Lavocat $s ancien Directeur de l'Ecole vétérinaire, Toulouse. 
1868 Daguin $s Professeur à la Faculté des sciences, 44, rue Saint 

Joseph, Toulouse. 

— D r Léon Soubeyran, Professeur à l'École supérieure de pharmacie 

de Montpellier. 
< 872 L'abbé D. Dupuy $j, Professeur au Petit-Séminaire, Auch (Gers). 

— Paul de Rouville tft , Prof, à la Faculté des sciences, Montpellier 

(Hérault). 
1873 Emile Blanchard 0. tfc, membre de l'Institut, Professeur au 

Muséum. Paris. 
1875 Delesse $f , Ingénieur en chef des mines, Professeur de géologie 

à l'Ecole Normale, rue Madame, 37, Paris. 
4 878 Baron de Watteville , Directeur des Sciences et des Lettres, au 
Ministère de l'Instruction publique. 



- 6 — 

Membres titulaires. 

Fondateurs. 

MM. D'Aubuisson (Auguste), 1 , rue du Calvaire, Toulouse. 

Bonnal (Edmond), 44, rue Saint-Rome, Toulouse. 

Cartailhac (Emile), directeur de la Revue Matériaux pour l'His- 
toire de l'Homme, 5, rue de la Chaîne, Toulouse. 

Chalande (J. -François), 1 1, rue des Paradoux, Toulouse. 

Fodque (Charles), 29, rue de la Pomme, Toulouse. 

D r Félix Garrigou, 38, rue Valade, Toulouse. 

Lacroix (Adrien), 20, rue Peyrolières, Toulouse. 

Marquet (Charles), 1 4, rue Saint-Joseph, Toulouse. 

De Montlezun (Armand), Menville par Lévignac-sur-Save (H.-G.). 

Trutat (Eugène), Conservateur du Musée d'histoire naturelle, rue 
des Prêtres, 3, Toulouse. 

MM. 

4 866 Colonel Belleville (Eugène), $s 28, rue Saint-Rome, Toulouse. 

— Bordenave (Auguste), Chirur. -dentiste, allée St-Michel, Toulouse. 

— Calmels (Henri), propriétaire à Carlwine (H. -G.). 

— Lassère (Raymond) #, capitaine d'artillerie en ret., 9, rue Mata- 

biau, Toulouse. 

— De Malafosse (Louis), château des Varennes, par Villenouvelle 

(Haute-Garonne). 

— De Planet (Edmond), Ingénieur civil, 46, rue des Amidonniers r 

Toulouse. 

— Regnault (Félix), 28, rue des Balances, Toulouse. 

— Rozy (Henri), Professeur à la Faculté de Droit, 10, rue Saint- 

Antoine-du-T. Toulouse. 
<867 DcConstant-Bonneval (Hippolyte), 18, rue des Arts, Toulouse. 

— D r Thomas (Philadelphe), Gaillac (Tarn). 

•«868 Gantier (Antoine), Château de Picayne, près Cazères (H.-G.), et 
4 2, rue Tolosane, Toulouse. 

— Comte de Sambucy-Luzençon (Félix), rue du Vieux-Raisin, 31, 

Toulouse. 

4 869 Izarn, Commis principal des douanes, 45, allées Lafayette, Tou- 
louse. 

+ 870 Bdffet del M as, 33, rue des Couteliers, Toulouse. 

— Fagot (Paul), notaire à Villefranche-de-Lauragais (H.-G.); 

— Flotte (Léon), Crépy- en- Valois (Oise). 

4 874 Delevez, Directeur de l'École normale, à Toulouse. 

— Desjardins (Edouard), Jardinier en chet à l'Ecole vét. Toulouse. 
Guy, Directeur de l'Aquarium Toulousain, 1 5, rue de Cugnaux. 

Toulouse. 



MM. 

4 874 De Malafosse (Gaston), avocat, 1 3, Grande rue Nazareth, Toulouse. 

— D r Resseguet (Jules), 3, rue Joutx-Aigues, Toulouse. 
4 872 L'abbé Avignon, 13, rue Romiguières, Toulouse. 

— D r Bégué, Inspecteur des enfants assistés, Albi (Tarn). 

— Bidaud (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, Toulouse. 

— Bioche (Alphonse), avocat, 57, rue de Rennes, Paris. 

— Du Bourg (Gaston), 6, place Sainles-Scarbes, Toulouse. 

— Castel (Julien), chimiste, 31, rue de Vaugirard, Paris. 

— Delisle (Fernand), 1 2, rue Racine, Paris. 

— Detroyat (Arnaud), banquier, Bayonne ( Basses. -Pyrénées) . 

— Esparseil (Marius), Architecte, Carcassonne (Aude). 

— Fontan (Alfred), Receveur de l'enregistrement, Le Vigan (Gard;. 

— Gèze (Louis), 17, place d'Assézat, Toulouse. 

— Gourdon (Maurice), à Luchon (Haute-Garonne). 

— De Cardenal (Joseph), substitut du procureur de la République, 

Lectoure (Gers). 

— Huttier , agent-voyer en chef du département d'Alger, passage 

Malakoff, 15. 

— Général de Nansouty (Charles), C $s directeur de l'Observatoire 

du pic du Midi, Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). 

— Pougés (Gabriel), 5, rue St- Aubin, Toulouse. 

— Rey-Lescure. Faubourg du Moustier, Montauban (Tarn-et-Gar). 

— De Rivals-Mazères (Alphonse), 50, rue Boulbonne, Toulouse. 

— Rouquet (Baptiste), pharmacien, Villefranche-de-Lauragais (H. -G.) 

— De Saint-Simon (Alfred), 6, rue Tolosane, Toulouse. 

— Seignette (Paul), Principal du Collège, Castres (Tarn). 

— Teulade (Marc), 8, rue Malcousinat, Toulouse. 

1873 Areille de Perrin Œlzéar), 7, r. deGrignan, Marseille (B.-du-R.) 

— Acloque (Paul), boulevard de Strasbourg, 36, Toulouse. 

— Balansa, botaniste, rue des Potiers, 36, Toulouse, ( en mission 

dans le Paraguay). 

— Chaplain-Duparc, ancien officier de marine, 11, r. Royer-Collard . 

Paris. 

— Courso, manufacturier, rue des Récollets, 41, à Toulouse. 

— Doumet-Adanson, à Moulins (Allier). 

— Duc (Jules), pharmacien, à Caylux (Tarn-et-Garonne). 

— Farre (Georges) , sous-inspecteur des Eaux et Forêts , Alais 

(Gard). 

— D r Folie-Desjardins $* >. médecin-major au 2 e génie, à Montpellier 

(Hérault). 

— Fournie, ingénieur des ponts-et-chaussées , directeur des travaux 

publics de la province de Pernambuco (Brésil). 



- 8 - 

MM. 

1873 Genreau, ingénieur des mines, place du Palais, 17, à Pau 
(Basses-Pyrénées), en mission dans la Tunisie. 

— Gobert, docteur-médecin, à Mont-de-Marsan, (Landes). 

— Lecacueux , directeur des hauts fourneaux de la Société métallur- 

gique de l'Ariége, à Tarascon. 

— De Nerville ^ , inspecteur général des mines, boulevard Males- 

herbes, 85, Paris. 

— De Raymond-Cauuzac (Georges), attaché au parquet, rue du Vieux- 

Raisin, 4 8, Toulouse. 

— Tissandier (Gaston) , directeur du journal La Nature, 3, rue 

Neuve-des-Mathurins, à Paris. 

— De la Vieuville (Prosper), boulevard de Strasbourg, 36, Tou- 

louse. 
1 874 Chalande (Jules), 1 1 , rue des Paradoux, Toulouse. 

— De Gréaux (Laurent), naturaliste, 126, rue Consolât, Marseille 

(Bouches-du-Rhône) . 

— Monclar, propriétaire, à Albi (Tarn). 

— Pianet (Sébastien), à Toulouse. 

— Rousseau (Théodore), sous-inspecteur des Eaux et Forêts, Square 

Sainte-Cécile, 22, Carcassonne (Aude). 
4 9 w 5 Ancely (Georges), 63, rue de la Pomme, Toulouse. 

— Du Boucher (Henri), président de la Société scientifique de Borda, 

Dax (Landes). 

— Estelle, avoué au tribunal de première instance, 13, rue Sainte- 

Ursule, Toulouse. 

— Fabre (Charles), secrétaire de la Société photographique de Tou- 

louse, 13, allée St-Etienne, Toulouse. 
Focn (Charles), à Lédar, près Saint-Girons, (Ariége). 

— Garcin (Francis), ingénieur civil, Narbonne, (Aude). 

— Lajoye (Abel), Reims (Marne). 

— - Martel (Frédéric), place St-Sernin, 5 Toulouse. 

— Paquet (René), avocat, 34, rue de Vaugirard, Paris. 

— Peyronnet (Charles), pharmacien, à Rabastens (Tarn). 

— Pugens (Georges), ingénieur des ponts et chaussées, r. Çantegril, 2. 

Toulouse. 

— Tassy, sous-inspecteur des Eaux et Forêts, 16, rue du Taur, 

Toulouse. 
1876 Blaquières de Lavalmalle, à Bessan (Hérault). 

Crouzil (Victor), instituteur primaire, Lardenne près Toulouse. 
L'abbé Fourment, vicaire à l'église St-François, Castelnaudary» 
(Aude). 
1876 De Lavalette (Roger), Cessâtes près Villefranche-de-Lauragais, 
(Haute-Garonne). 



— 9 - 

MM. 

— D r Mellier (Alfred), Vallègue près Villefranche-de-Lauragais, 

(Haute-Garonne). 
4 877 G. Mestre, 32, boulevard Saint-Pierre, Toulouse. 
1878 G. Cossaune, rue du Sénéchal, 4 0, Toulouse. 

— Victor Romestin, rue Périgord, 10 bis, Toulouse. 

— D r Lafont-Gouzy, rue du Rempart Saint-Etienne, Toulouse. 

— Devèze, propriétaire, Armissan (Aude). 

Membres correspondants. 

MM. 

1866 D r Bleicher, professeur à la Faculté de Médecine de Nancy. 

— D r Délaye ^ , médecin, rue de Cugnaux, Toulouse. 

1867 D 1 Caisso, Clermont (Hérault). 

— Fourcade (Charles), naturaliste, Bagnères-de-Luchon (H. -G.) 

— Joly (Arthur), Toulouse. 

— D r Bras, à Villefranche (Aveyron). 

— Cazalis deFondouce, 18, rue des Eiuves, Montpellier (Hérault). 

— Chantre (Ernest), Sous-Directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 

— Lalande (Philibert), Receveur des hospices, Brives (Corrèze). 

— Massenat (Elie), Manufacturier, Brives (Corrèze). 

— Paparel, Percepteur, Mende (Lozère). 

— Potjjol (Henri), Mende (Lozère). 

— Comte de Saporta (Gaston), 3£, correspondant de l'Institut, Aix, 

(Bouches-du-Rhône) . 

— Valdemar Schmidt , attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague (Danemarck). 
4 869 Malinowski, Professeur au Collège, Cahors(Lot). 

— De Messemeker, Bergues près Dunkerque (Nord). 
1871 Biche, Professeur au Collège, Pézénas (Hérault). 

— Peyridieu , ancien Professeur de physique dans l'Université , 

Faubourg Matabiau, 31. Toulouse. 

— Piette (Edouard), Juge de paix, Craonne (Aisne). 

— De Chapel-d'Espinassoux (Gabriel), avocat, 25, Boulevard de l'Es- 

planade, Montpellier (Hérault). 

— Marquis de Foltn (Léopold N , Commandant du port, Bayonne (B.-P.) 

— Pasteur Frossard, Président de la Société Ramond, Bagnères-de- 

Bigorre (H.-P). 

— Gassies, Conservateur du Musée préhistorique, Bordeaux (Gironde) 

— Issel (Arthur), Professeur à l'Université, Gênes (Italie). 

— Lacroix, Pharmacien, Mâcon (Saône- et-Loire). 

— Lacroix (Francisque). Id. 



- 40 — 
MM. 

1874 Maiunoni (C ), atlaché au Musée civique, Milan (Italie). 

— D r De Montesquiou (Louis), Lussac, près Casteljaloux (L.-et-G). 

1873 l'Abbé Boissonade, professeur de sciences au Petit-Séminaire à 

Mende (Lozère). 

— Cavalié, prof, d'hist. naturelle au collège deSt-Gaudens (H.-G.). 

— De Courréges (Félix), propriétaire, château de Labernède, près 

Cazères (Haute-Garonne). 

— D r Delas (Adolphe), médecin de la marine, Hôpiial militaire, 

Fort de France (Martinique). 

— Germain (Rodolphe) $s vétérinaire au 29 e d'artillerie, à Nouméa 

(Nouvelle-Calédonie). 

— Comte deLiMUR, Vannes (Morbihan). 

— Pottier (Raymond), Correspondant de la Commission de Topogra- 

phie des Gaules, place des Carmes, Toulouse (Haute-Garonne). 

— Pourelle (J.), préfet du Doubs (Besançon). 

— D r Retzius (Gustave; , professeur à l'Institut Karolinien de 

Stockholm. 

— Reverdit (A.), vérificateur de la culture des tabacs, à Montignac- 

sur-Vézère (Dordogne). 

— D r de Rochas (Victor), place de la Nouvelle-Halle, Pau (B.-P.). 

— D'Sauvage (Emile), aide-naturaliste au muséum, rue Monge, 2,. 

Paris. 

— Triadou (Jean-François), propriétaire, à Pezénas (Hérault). 

— Vaussenat, ingénieur civil, à Bagnères-de-Bigorre (H. -P.) 

1874 Cadié, à Stockholm (Suède). 

— Combes, pharmacien, à Fumel (Lot-et-Garonne). 

— Jougla (Joseph), conducteur des Ponts et Chaussées, à Foix (Ar.). 

— L'abbé Landesque, à De vil lac (Lot). 

— Lemarié, imprimeur-libraire, à Saint Jean-d'Angély (Char.-Inf.). 

— Lucante, naturaliste, à Lecloure (Gers). 

— Molard (Victor), homme de lettres, à Copenhague (Danemarck). 

— Penfold (William), esq. Westminster-bank, 217 Strand, London, 

W. C. 

— Schmidt (François), conducteur principal des Ponts- et-Chaussées, 

à Foix (Ariége). 

— Sers (Eugène), ingénieur civil, à Saint-Germain, près Puylaurens» 

(Tarn). 

— Caillaux (Alfred), Ingénieur civil des mines, rue Saint-Jacques,. 

240, Paris. 

— D r Raillard, Médecin aux eaux de Dax (Landes). 

— RicnARD, 1, rue Esprit des Loix (Bordeaux). 



- 41 - 

MM. 

1875 W. de Maïnof, secrétaire de la Soeiété de géographie, St-Péters- 

bourg. 
— A. de l'Isle, à Nantes. 
4 876 D r Cros (Antoine), 4 4, rue Jacob. Paris. 
4 877 Ladevèze, au Mas-d'Azil (Ariége). 



La liste des Académies et Sociétés savantes avec lesquelles la Société 
d'histoire naturelle est en correspondance sera publiée à la fin du vo- 
lume avec l'indication des ouvrages reçus. 



REGLEMENT 



DE Là 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



AUTORISÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 13 AOUT 1866 



TITRE I". 
But de la Société. 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions 
dans lesquelles les naturalistes pourront exposer et discuter 
les résultats de leurs recherches et de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences 
naturelles : Minéralogie , Géologie , Botanique et Zoologie. 
Les sciences physiques et historiques, dans leurs applica- 
tions à l'Histoire Naturelle, sont également de son domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire 
connaître la constitution géologique , la flore et la faune de 
la région dont Toulouse est le centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections 
du Musée d'Histoire naturelle de Toulouse. 



— 13 — 

TITRE II. 

Constitution de la Société. 

§ 1. — Composition générale et dispositions concernant les 

membres. 

Art 5. La Société se compose : de Membres-nés , — 
Honoraires, — Titulaires, — Correspondants. 

Ceux qui ont concouru à la formation de la Société sont 
appelés membres titulaires fondateurs. 

Les membres-nés sont : Le Préfet de la Haute-Garonne, le 
Maire de Toulouse , le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

Les membres honoraires sont choisis parmi les personnes 
auxquelles la Société veut témoigner sa gratitude ou sa 
haute considération. 

Art. 6. Les membres honoraires doivent être présentés 
par cinq membres , qui inscriront leur proposition signée 
sur un registre spécial. 

Art. 7. Les membres correspondants doivent être présen- 
tés par deux membres avec les mêmes formalités. 

Art. 8. Le titre de membre titulaire ne sera accordé qu'aux 
personnes qui ont fait acte de candidature par écrit ou 
dont le désir sera garanti par l'affirmation des deux mem- 
bres titulaires , qui, dans tous les cas, inscriront sur le 
registre la présentation signée par eux. 

Art. 9. L'admission sera prononcée à la majorité des 
membres présents, dans la séance qui suivra celle où aura 
été faite la présentation. 

Art. 40. Les membres titulaires paient une cotisation 
annuelle de 12 francs, payable au commencement de l'année 
académique contre quittance délivrée par le Trésorier. 

Art. 1 1 . Le droit au diplôme est gratuit pour les membres 
honoraires et correspondants ; pour les membres titulaires, 
il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplô- 
mes qu'après avoir reçu le montant du droit et de la 
cotisation. Alors seulement les membres sont inscrits au 
Tableau de la Société. 



— 44 — 

Art. 43. Les membres titulaires ont voix délibérative 
dans toutes les opérations de la Société. Les membres cor- 
respondants ont voix consultative. Ils sont invités à adresser 
leurs publications à la bibliothèque de la Société. 

Art. 44. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, 
il perd, après deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre 
du Président, tous les droits attachés au titre de membre. 

Art. 45. Les démissions, pour être acceptées, devront être 
adressées par écrit au Président. 

Art. 46. Tout membre dont la Société aurait à se plaindre 
pourra être blâmé ou exclu. Le vote aura lieu au scrutin 
secret. Le blâme ou l'exclusion seront prononcés si l'affir- 
mative réunit les deux tiers des suffrages. La demande 
d'application de cet article et le vote ne pourront avoir lieu 
dans la même séance. 

Art. 47. Tout membre qui cesse d'appartenir à la Société 
pour quelque cause et pour quelque motif que ce soit , ne 
peut rien réclamer de ses propriétés ; la perte de la qualité 
de membre le rendant aussi étranger à celle-ci que s'il n'en 
avait jamais fait partie. 

Art. 48. Le but de la Société étant exclusivement scienti- 
fique , le titre de membre ne saurait être utilisé dans une 
entreprise industrielle. 

g 2. — Bureau de la Société. 

Art. 19. La direction de la Société est confiée au Bureau, 
assisté d'un Conseil d'administration et d'un Comité perma- 
nent de publication. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers 
suivants : 

Président, 

4 er et 2 e Vice-présidents, 
Secrétaire-général , 
Secrétaire-adjoint, 
Trésorier, 

Bibliothécaire-Archiviste. 
Art. 24. Le Président occupe le fauteuil à toutes les 
séances de la Société ; il propose les sujets de délibération , 



— 15 — 

dirige les discussions, résume les opinions, recueille les avis 
et prononce les décisions. En cas de partage , sa voix est 
prépondérante. 11 nomme les commissions. 

Il est spécialement chargé de l'exécution du règlement. 

Il porte la parole au nom de la Société dans les circons- 
tances solennelles. 

Il signe les principaux actes de la Société et ordonnance 
les dépenses. 

Art. 22. Les Vice-Présidents remplacent le Président en 
cas d'absence ou d'empêchement. En leur absence, le fau- 
teuil de la présidence est occupé par le doyen d'âge. 

Art.. 23. Le Secrétaire-général est chargé de recevoir, de 
dépouiller et de rédiger la correspondance. Il prépare l'or- 
dre du jour de concert avec le Président , le communique 
par lettres aux membres de la compagnie ; il fait les convo- 
cations. Il rédige les procès-verbaux des séances. Il fait, 
chaque année , un rapport analytique sur les travaux de la 
Société. 

Il dresse un Catalogue et un inventaire des objets qui lui 
sont remis, et en rend compte tous les ans à la Commission 
d'économie. 

Art. 24. Le Secrétaire-adjoint aide le Secrétaire-général, 
et le remplace en cas d'absence ou d'empêchement. 

Art. 25. Le Trésorier reçoit et garde les fonds ordinaires 
et extraordinaires ; il poursuit le recouvrement des sommes 
dues, et paie toutes les dépenses sur le vu des ordonnance- 
ments du Président. 

Il rend ses comptes à la Société dans la dernière séance 
de décembre ; il les dépose avec les pièces à l'appui entre 
les mains du Président, qui nomme une commission d'éco- 
nomie pour les vérifier. Cette commission, composée de trois 
membres, fait connaître le résultat de cet examen à la 
Société , qui est appelée à approuver les comptes. Cette 
approbation est contresignée au procès-verbal de la séance 
et sert de décharge au Trésorier. 

Art. 26. Le Bibliothécaire-Archiviste a la garde de tous 
les manuscrits , registres et livres de la Société. Chaque 
année , dans le courant de décembre, il dresse la situation 
de la bibliothèque et des archives et la soumet à l'examen 
du conseil d'administration. 11 est chargé de l'échange du 



— 16 — 

Bulletin avec les publications des autres Sociétés savantes. 

Art. 27. Les membres du bureau font partie de droit, avec 
voix consultative, de toutes les commissions temporaires. 

Art. 28. Le Conseil d'administration se compose du Prési- 
dent , du Secrétaire-général , du Trésorier , plus de deux 
membres annuellement élus au scrutin secret. 

Art. 29. Le Conseil d'administration est chargé de l'exa- 
men de toutes les affaires financières, mobilières et conten- 
tieuses de la Société. Ses délibérations doivent toutes être 
ratifiées par la Société. 

Art. 30. Le Comité de publication se compose du Secré- 
taire-général et de quatre membres titulaires élus chaque 
année au scrutin secret et à la majorité absolue des suffra- 
ges. Ses attributions sont déterminées à l'art. 40. 

Art. 31. L'élection des membres du bureau, du Conseil 
d'administration et du Comité de publication , a lieu au 
scrutin secret le premier mercredi de décembre. Ils sont 
nommés pour une année et entrent en fonctions à la pre- 
mière séance de janvier. Le Secrétaire-général, le Trésorier, 
l'Archiviste et les membres du Conseil et du Comité peu- 
vent seuls être réélus immédiatement dans les mêmes 
fonctions. 

Le 1 er Vice- Président est celui qui a réuni le plus de 
suffrages. 

Art. 32. Le Président pourra être pris parmi les membres 
honoraires résidant à Toulouse. Les autres membres du bu- 
reau seront choisis parmi les membres titulaires résidants. 

Les membres titulaires non résidants sont invités à voter 
par corrsspondance pour l'élection du Président. Ils reçoi- 
vent une circulaire à cet effet. 

TITRE III. 
Travaux de la Société. 

S 1 er . — Séances. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi, à 8 heu- 
res du soir. Elles s'ouvrent le premier mercredi après le 



— 17 — 

45 novembre, et ont lieu tous les quinze jours, jusqu'au 
premier mercredi du mois d'août inclusivement. 

Art. 34. Les séances ordinaires de la Société seront réglées 
de la manière suivante : 

1° Lecture du procès-verbal de la séance précédente ; 

2° Communication de la correspondance et des dons faits 
à la Société ; 

3° Présentation et nomination de nouveaux membres de 
la Société ; 

4° Communications verbales ou lecture des Mémoires pré- 
sentés par les membres de la Société. 

Art. 35. Avant chaque séance , le Président et le Secré- 
taire-général compléteront l'ordre du jour. 

Tout membre qui aura l'intention de faire une communi- 
cation à la Société, devra se faire inscrire avant la séance, 
pour être appelé par le Président, à son tour. 

Art. 36. Les votes seront pris à la majorité des membres 
présents par assis ou levé pour les questions ordinaires ; et 
au scrutin secret pour les cas prévus par le règlement , ou 
chaque fois que trois membres le demanderont. 

Art. 37. Nul ne pourra prendre la parole, s'il ne la tient 
du Président. Toute discussion étrangère aux travaux de la 
Société est formellement interdite. 

Art 38. La Société tient tous les ans une séance publique. 

Après le discours d'ouverture prononcé par le Président , 
le Secrétaire-général fait un rapport sur les travaux de la 
Société. Il pourra être fait, dans cette séance, des lectures 
sur un sujet d'histoire naturelle. Dans ce cas, aucun membre 
ne pourra prendre la parole sans avoir communiqué son 
travail à la Société , qui devra donner ou refuser son appro- 
bation. 

§ 2. — Publications. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites 
par les membres de la Société et par les commissions, a lieu 
dans un recueil imprimé aux frais de celle-ci, sous le titre 
de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse. 
Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publi- 
cation. 2 



— 18 — 

Art. 40. Tous les mémoires, manuscrits lus ou communi- 
qués à la Société, tous les rapports scientifiques sont soumis 
au Comité de publication ; il décide l'impression des travaux 
qui lui sont remis, s'entend avec les auteurs pour les modi- 
fications, suppressions, etc., qui lui paraissent opportunes. 
Ses droits sont absolus et ses décisions sans appel. Il donne 
le bon à tirer et surveille l'impression. 

Art. 41 . La Société laisse aux auteurs la responsabilité de 
leurs travaux et de leurs opinions scientifiques. Tout Mé- 
moire imprimé devra donc porter la signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son 
œuvre. 11 peut en obtenir des tirages à part, des réimpres- 
sions, mais par l'intermédiaire de la Société. 

Art. 43. Les frais de gravures et de lithographies , etc., 
accompagnant les Mémoires , et approuvés par la commis- 
sion, sont au compte particulier de l'auteur. Toute déroga- 
tion à cette disposition devra être autorisée par le Comité 
d'administration. 

Art. 44. Les procès-verbaux doivent être remis aux Jour- 
naux et Revues dans la quinzaine. Les membres qui au- 
raient fait une communication, sont invités à remettre dans 
un délai de cinq jours leurs notes pour servir au Secrétaire. 
S'ils ne répondent pas à cette invitation, ils ne seront admis 
à élever aucune réclamation sur la manière dont le Secré- 
taire aura rendu dans son procès-verbal leurs paroles ou 
leurs opinions. 

Art. 45. Les membres honoraires et titulaires auront droit 
au Bulletin. Les membres correspondants pourront se le 
procurer moyennant la somme de 6 francs. Les livraisons 
et volumes seront mis en vente aux prix déterminés par le 
Bureau. 

§ 3. — Excursions. 

Art. 46. La Société fait, lorsqu'elle le juge convenable, 
des excursions scientifiques dans la région dont Toulouse 
est le centre. 

Art. 47. Un règlement spécial est consacré à ces explora- 
tions. Le choix des localités, le but des recherches, le mode 
d'organisation, les détails d'exécution et toutes choses utiles 



— 19 - 

pour en assurer le bon ordre et les résultats sont l'objet de 
ses prescriptions. 

§4. — Collections. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui 
adresser les échantillons qu'ils pourront réunir. 

Les objets sont délivrés, sur reçu, à l'administration du 
Muséum ; chaque objet porte le nom du donateur et celui 
de la Société. 

S 5. — Etudes particulières. 

Art. 49. Les livres appartenant à la Société ne peuvent 
être confiés à ses membres que sur reçu et pour un temps 
déterminé qui n'excédera jamais quinze jours. 

Art. 50. Les archives ne pourront être consultées que 
dans le local de la Société ; toutefois, lorsque l'auteur d'un 
travail désire en faire une copie , le manuscrit peut lui être 
confié aux mêmes conditions que les livres. 

TITRE IV. 

Dispositions générales. 

Art. 54 . Les revenus de la Société sont : 

4° Droits de diplôme ; 

2° Cotisations annuelles des membres titulaires ; 

3° Abonnement facultatif des membres correspondants; 

4° Produit de la vente des publications de la Société ; 

5° Subventions accordées par l'Etat, le Département, la 
Municipalité ; 

6° Legs et dons. 

Art. 52. En cas de dissolution , les diverses propriétés de 
la Société reviendront de droit à la ville de Toulouse. 

Art. 53. Le présent Règlement sera valable à partir du 
jour de son adoption par la Société ; sa révision ne pourra 
avoir lieu que sur une demande signée par dix membres et 
après avoir été adoptée à la majorité des deux tiers des voix 
des votants, dans une séance spécialement annoncée. 



— 20 — 

RÈGLEMENT DE LA BIBLIOTHÈQUE 

Art. 1 er . Il ne peut être emporté qu'un ouvrage à la fois ; 
l'inscription de la remise en est faite sur le registre par le 
Sociétaire qui signe en marge. 

Art. 2. Chaque ouvrage ne peut être conservé plus de 
quinze jours. En cas de besoin, la prolongation peut être 
accordée par le Bibliothécaire, si l'ouvrage en main n'a pas 
été demandé. 

Art. 3. Ne peuvent être emportés hors de la Bibliothèque : 

]o Les ouvrages non catalogués; 

2° Les numéros reçus de chaque revue, journal ou tout 
autre ouvrage périodique, tant qu'ils n'ont pas été réunis en 
volume ; 

3° Les Dictionnaires, quand ils ont moins de trois volumes; 

4° Les Albums, Atlas, Cartes, Plans, etc. ; 

5° Les ouvrages déposés par les Membres, pour être mis à 
la disposition de la Société , sauf le consentement des 
déposants ; 

6° Les livres rares ou d'un prix élevé, sans une autorisa- 
tion spéciale du Bibliothécaire ; 

7° Les Archives et les Manuscrits ne peuvent être consul- 
tés que sur place ; toutefois, lorsque l'auteur d'un travail 
désire en faire une copie , le manuscrit peut lui être confié 
aux mêmes conditions que les livres (Art. 50 du Règlement). 

Art. 4. Les ouvrages perdus ou détériorés par le fait des 
Sociétaires qui en sont détenteurs sont remplacés, complétés 
ou réparés à leurs frais, à la diligence du Bibliothécaire. 

Art. 5. Les Membres titulaires non résidants peuvent jouir 
de la Bibliothèque aux mêmes conditions ; les frais de port 
(aller et retour) sont à leur charge. 

Toulouse, le 21 avril 1875. 

Le Bibliothécaire, 

Colonel E. Belleville. 

Approuvé en séance du 19 mai 1875. 
Le Secrétaire- général , 
Gaston de Malafosse. 



BULLETIN 



DE LA. 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 
DOUZIÈME ANNÉE 1877-1878 



Séance de rentrée du 20 novembre IS^V. 
Présidence de M. A. de Saint-Simon, président. 

M. le Président ouvre la séance en exprimant sa satis- 
faction de ne pas avoir cette année de deuil à enregistrer. Il 
se félicite de constater publiquement que l'entente la plus 
parfaite et les relations les plus cordiales n'ont cessé d'exis- 
ter entre les membres de la Société. Celle-ci n'a pas cessé 
de marcher d'un pas assuré vers son but. Son cadre est, il 
est vrai, très-étendu, et il y a tant à faire dans les diverses 
branches de l'histoire naturelle, qu'on ne peut trop encou- 
rager la Société à continuer ses recherches et ses publica- 
tions. 

M. le Secrétaire général présente la correspondance. Elle 
ne comprend pas moins de cinquante-huit volumes, qui se 
répartissent de la manière suivante : 

4° Publications des Sociétés correspondantes ; 

2° Livraisons des Revues périodiques ; 

3° Ouvrages envoyés en hommage par les auteurs. 

On remarque les publications de la Société entomologique 
de Londres, du Congrès helvétique des sciences naturelles, 
avec lesquelles la Société n'était pas encore en relation. 



- 22 — 

M. F. Lacroix, membre correspondant à Màcon, a envoyé 
une brochure intitulée : Herborisation au Mont-Pilat. 

M. Paul Soleillet, membre correspondant, a fait hommage 
d'un ouvrage de lui sur V Afrique occidentale. 

M. E. Delherm de Larcenne a offert son Catalogue des co- 
léoptères du Gers et du Lot-et-Garonne, Agen, 4877. 

A propos du volume des procès-verbaux de l'Association 
française pour l'avancement des sciences (5 e volume) , le 
Secrétaire annonce que dans deux ans elle tiendra sa session 
à Montpellier. Les habitants de cette ville, ne comptant pas 
sur le concours de la municipalité, ont versé par souscrip- 
tion une somme de 20,000 francs ponr organiser la session. 
Un pareil fait n'a pas besoin de commentaires. 

M. le Président est chargé d'exprimer à M. P. de Rou- 
ville, membre honoraire de la Société, la part qu'elle prend 
au malheur qui l'a frappé dans ses plus chères affections. 

La Société prie aussi son président d'envoyer un télé- 
gramme au général de Nansouty, en son observatoire du 
Pic du Midi, pour lui transmettre nos félicitations pour ses 
derniers succès, et nos vœux pour la continuation du pro- 
grès de son œuvre, 

M. G. de Malafosse donne lecture d'un Mémoire de 
M. l'abbé Dupuy, membre honoraire de la Société: 

De la recherche des Mollusques terrestres et 

d'eau douce 

et des moyens de se les procurer; 

Par M. l'abbé D. DUPUY. 

Bagnères-de-Bigorre, 21 août 1877. 

Mon bien cher M. de Malafosse, 

Vous me demandiez dans votre dernière lettre une note sur la re- 
cherche des mollusques terrestres et d'eau douce qui vivent en France. 
Vous me disiez que ce serait un travail utile, surtout à ceux qui com- 
mencent à se livrer à l'étude de la malacologie. Grâce à la complaisance 
de quelques amis fort habiles dans ces recherches, je vous envoie un 



- 23 — 

travail que je viens de faire, en profilant de mon séjour à la stalion 
thermale de Bagnères-de-Bigorre. 

Les messieurs qui m'ont aidé de leurs lumières sont surtout MM. Bau- 
don, Pons d'Hauterive, Bérillon, Pierre Duballin, et Paul Fagot. Leurs 
noms sont plus que suffisants pour indiquer la valeur des renseigne- 
ments qu'ils m'ont fournis. 

Veuillez agréer, Monsieur et cher collègue, la nouvelle expression de 
mes senlimenls les plus affectueusement dévoués. 

Un jour que j'étais à Bagnères-de- Bigorre, j'y rencontrai 
mon excellent ami, M. Charles Des Moulins, auquel je com- 
muniquai diverses espèces, et lorsque j'ouvris une boîte toute 
pleine d'/T. rupeslris (Dr.), il demeura un moment stupéfait 
en y voyant plusieurs milliers d'échantillons de cette petite 
espèce. — Mais comment, me dit-il, avez-vous pu faire pour 
en recueillir une si grande quantité ? — Par un moyen bien 
simple, lui dis-je : j'ai brossé les rochers contre lesquels elle 
était appliquée, je faisais tomber les débris dans mon para- 
pluie, et je n'ai eu ensuite que la peine de les séparer des 
petits fragments que ma brosse avait entraînés. 

— Ah, vive la brosse ! s'écria-t-il, dans un élan d'enthou- 
siasme pour ce moyen qu'il n'avait jamais eu l'idée de 
mettre en pratique. 

En 1846, j'eus à Auch la visite de M. deBoissy, chercheur 
infatigable et fort habile malacologiste. Il vit parmi mes dou- 
bles une boîte de Puparingens, qui, à cette époque, était en- 
core rare dans les collections. Elle en renfermait aussi quel- 
ques milliers. Il me fait la même question que m'avait posée 
M. Charles Des Moulins : Où avez-vous pu recueillir un si 
grand nombre d'échantillons de cette espèce? Je suis allé si 
souvent dans les Hautes-Pyrénées , et c'est à peine si je 
pouvais en recueillir une vingtaine ou une trentaine chaque 
fois! — C'est bien facile, lui dis-je : Vous allez à Cauterets; 
cherchez dans les rochers, au-delà du petit pont, en face du 
fond du parc, et vous en trouverez tant que vous voudrez. 
Deux jours après, M. de Boissy me quittait pour se rendre à 
Cauterets, et je partais moi-même dix jours plus tard pour 
la même station thermale. Presque aussitôt après mon arri- 
vée, je vais me promener vers la localité que j'avais indi- 
quée, et je trouve M. de Boissy occupé à chercher contre les 



— 24 — 

rochers le Pupa ringens. Aussitôt qu'il m'aperçoit, et avant 
de me saluer : — Il faut avouer que vous êtes un fameux 
gascon (il était breton) ; comment! vous m'avez assuré que 
j'en trouverais ici tant que je voudrais, et voilà douze jours 
que je cherche pour trouver tout cela! — et il me montrait 
piteusement une boîte dans laquelle se promenaient très au 
large 25 à 30 exemplaires. — Oh ! lui dis-je, vous allez voir 
si je suis un gascon de la pire espèce. — Et en même temps 
je lui enseignai le moyen de ramasser 200 Pupa en un quart- 
d'heure. 

J'avais sur lui l'avantage d'être botaniste. J'avais rémarqué 
que mes Pupa se tenaient dans les racines de quelques gra- 
minées et labiées ; avec la poignée de mon bâton recourbée 
en bec à corbin, je raclais les racines de ces. plantes, je fai- 
sais tomber les débris aux pieds du rocher, et là je n'avais 
que la peine du triage qui me donnait toujours quelques 
centaines d'échantillons en très-peu de temps. 

Un jour, il y a peu d'années, j'étais chez mon ami Paul 
Fagot, à Villefranche. Je vis dans ses boîtes une très-grande 
quantité à'Azeca Nouletiana , avec l'étiquette : Salut, à Ba- 
gnères-de-Bigorre. — Mais comment , lui dis-je , avez-vous 
pu recueillir cette quantité d'Azeca ? — Allez, me dit-il, dans 
la prairie derrière l'établissement , cherchez à travers la 
mousse qui la couvre à sa partie supérieure , et vous en 
trouverez tant que vous voudrez. — Quelques jours après je 
suivais son conseil, et je prenais en effet, en deux séances, 
une centaine d'individus de cette jolie espèce. 

Depuis 40 ans que je cherchais à Salut, je n'en avais jamais 
pu trouver que quelques échantillons , parce que je n'avais 
pas su bien explorer. 

Ces anecdotes, que je cite parmi beaucoup d'autres, prou- 
vent que pour trouver il faut savoir chercher. 

11 y a beaucoup de moyens de recherche qui sont presque 
instinctifs. Ainsi, dans les premiers temps de mes études 
malacologiques, je cherchais depuis longtemps aux environs 
de Lectoure YH. cornea, que je supposais devoir s'y trouver. 
Pendant la nuit je m'éveille en me disant : Mais cette Hélice 
doit se trouver à tel rocher, dans la faille de 2 ou 3 mètres 
de profondeur qui se trouve entre les deux parties séparées 



— 25 — 

de la pierre. Le lendemain, je dirige mon excursion de ce 
côté-là, et après une heure de recherches, je trouve enfin 
huit ou dix échantillons de cette espèce rare pour le pays. 
Mais tout n'est pas instinct dans les recherches malacolo- 
giques, et ceux qui, comme nous, ont atteint un âge avancé, 
ont le droit et peut-être le devoir de faire part aux jeunes 
chercheurs des moyens qu'ils ont employés dans leur vie ; 
ils pourront leur économiser ainsi beaucoup de temps et 
leur éviter des peines et des fatigues. C'est là le motif qui 
nous engage à consigner dans ce travail les résultats de no- 
tre propre expérience et de celle de plusieurs de nos amis 
qui ont bien voulu nous les communiquer. 

CHAPITRE PREMIER. 

DES OBJETS NÉCESSAIRES OU UTILES POUR LA RECHERCHE DES 
MOLLUSQUES TERRESTRES OU D'EAU DOUCE. 

4 1 Un bâton avec un bout recourbé en bec à corbin afin 
de pouvoir fouiller dans les racines des plantes à travers 
lesquelles on trouve souvent de petites espèces, surtout des 
Pupa, des Clausilia, des Azeca, des petites Hélix, etc., etc.; 
c'est surtout dans les contrées montueuses et dans le voisi- 
nage des rochers que l'on s'en sert , pour faire descendre la 
terre et les détritus , parmi lesquels on n'a ensuite qu'à 
trier. L'extrémité inférieure doit se terminer par un petit 
fer de houlette. 

M. Bérillon nous écrit « qu'il se sert avantageusement 
» d'un crochet en acier bien tranchant en forme de serpette, 
» dont la tige mesure au moins un mètre de longueur ; à 
» ce crochet est assujetti solidement un manche en bois can- 
» nelé en spirale pour l'empêcher de glisser dans la main. 
» Avec cet outil , on franchit bien des obstacles parmi les- 
» quels je citerai, en première ligne, les orties et les fourrés 
» impénétrables enlacés de ronces, dont les piqûres sont très 
» douloureuses, et dont on aura si facilement raison en quel- 
» ques minutes de travail. En second lieu , cet instrument 
» facilite l'accès des coteaux rapides et des ravins profonds, 
» en l'employant avec succès à se cramponner aux jeunes 



— 26 — 

» arbres et même aux grosses pierres et aux saillies des ro- 
» chers. » 

2° Un parapluie en alpaga, qui se déchire moins que la 
soie, ou bien un en-tout-cas très-solide, afin de recevoir les 
mollusques que l'on y fait tomber en battant les haies ou en 
brossant les rochers et les arbres. 

3° Une petite brosse très-rude afin de brosser les rochers 
couverts de Pupa et de Pomatias, etc., ou les pierres qu'on 
retire des rivières, ruisseaux ou fontaines couvertes de Né- 
ritines, d'Ancyles et de petites Paludinées, ou bien les ar- 
bres mousseux pour faire tomber dans son parapluie les 
Hélices, Maillots, etc. 

4* Une passoire en ferblanc d'environ \ 5 centimètres de 
diamètre, avec des trous de 2 millimètres, ou mieux encore 
avec une toile métallique dont le tissu soit d'un écartement 
de 2 millimètres entre les fils. 

5° La passoire peut être remplacée par un filet en canevas 
du même diamètre, avec un cercle en fil de fer dont les 
branches de sortie soient tordues étaient 10 centimètres de 
longueur, afin de pouvoir les enchâsser solidement dans une 
rainure de son bâton à pêcher. 

M. Bérillon « a trouvé plus commode un filet en canevas 
» attaché à une armature triangulaire, faite d'une lame de 
» fer battu, de 2 centimètres de largeur, tranchante du côté 
» antérieur et percée de petits trous pour fixer le filet. 
» Chaque côté de ce petit instrument doit avoir 45 centi- 
» mètres de longueur. Le point d'intersection opposé au côté 
» tranchant, sera terminé en forme de vis, et devra s'adap- 
» ter dans un long manche de bois , terminé lui-même à 
» l'un de ses bouts par une douille en fer disposée pour re- 
» cevoir la vis (4). 

(O Mon jeune ami, M. Pierre Duballin , très-sagace chercheur, a 
imaginé pour la pêche des mollusques aquatiques et des Cyclades et Pi 
sidium en particulier, un instrument qui consiste en un cercle de gros 
fil de fer, de 25 centimètres de large sur 20 de hauteur, dont les deux 
branches sont tordues à leur point de réunion dans une longueur de 10 
centimètres environ. Sur ce cercle est soudée une toile métallique légè- 
rement creuse au milieu. La branche tordue se place dans une rainure 
faite a l'extrémité d'un bâton et serrée avec une ficelle ; c'est surtout , 
comme je l'ai dit , pour recueillir les Pisidium , l'instrument le plus 
commode. 



— 27 — 

» Avec cette petite drague, on raclera avec soin les parois 
» et le fond des petites mares, lavoirs, ruisseaux, fontai- 
» nés, etc., que l'on trouvera sur son chemin. La vase que 
» contiendra le filet sera mise dans un tamis de m ,25 de 
» diamètre, que l'on plongera dans l'eau en lui imprimant 
» un mouvement de rotation afin de ne conserver que les 
» détritus, parmi lesquels resteront les petites espèces. Ces 
» détritus seront conservés dans diverses boîtes en ferblanc 
» ou dans des flacons numérotés pour en connaître le lieu 
» de provenance, puis seront séchés et examinés attentive- 
» ment à la loupe. » 

6° Des tubes en verre pour mettre les petites espèces rares 
ou fragiles. 

7° Des tubes en roseau ou canne de Provence plus com- 
modes encore que les tubes en verre, parce qu'ils ne risquent 
pas de se casser, et qu'en les pelant d'un côté avec un cou- 
teau, on peut facilement y mettre au crayon le nom des lo- 
calités où l'on a recueilli les espèces qui y sont renfermées. 
A l'excursion suivante, on racle avec le couteau l'étiquette 
de la dernière excursion, et le même tube peut servir ainsi 
indéfiniment. On enferme dans ces tubes en roseau les tubes 
en verre renfermant les espèces rares. 

8° Du papier fort pour faire des cornets ou des poches à 
mettre les grosses espèces. 

9° Un gros couteau pour fouiller dans la terre. 

40° Des épingles de toutes dimensions et de grosses ai- 
guilles pour toile à voile, très-utiles pour retirer des fissu- 
res des rochers ou des fentes des murailles les espèces qui 
y sont cachées. 

41° Du fil et de la ficelle. 

42 J Un flacon d'alcali volatil pour le cas où l'on serait 
piqué par des mouches venimeuses, des vipères, etc. A ce 
propos, je dirai que pour ce dernier genre de piqûres, il suf- 
fit, pour arrêter l'effet du venin, de sucer la petite plaie immé- 
diatement après la morsure. Ayant été un jour mordu au doigt 
par une vipère (et j'en étais bien sûr, ayant tué la bête et 
ayant constaté chez elle l'existence des crochets à venin), 
j'ai fait au-dessus une ligature avec mon mouchoir, j'ai sucé 
la plaie pendant plus d'un quart-d'heure ; je n'ai éprouvé ni 



- 28 - 

maux de cœur ni enflure clans le membre, et ne me suis 
nullement ressenti de la morsure. Du reste, le venin de la 
vipère mis en contact avec le suc gastrique forme un corps 
neutre et qui n'est pas susceptible de produire le moindre 
accident. 

13° Un flacon à large goulot dans lequel on puisse enfer- 
met et rapporter vivants les mollusques aquatiques. 11 faut 
leur renouveler l'eau de temps en temps. 

14° De petites bruxelles pour aller saisir dans les fentes des 
rochers ou entre les pierres des vieux murs les coquilles 
qu'on prendrait difficilement d'une autre manière. 

15<> Il est bon d'avoir à l'une de ses mains un gant sou- 
ple afin de pouvoir fouiller, sans risquer de se piquer aux 
orties et pour pouvoir remuer les pierres ou les herbes au 
pied des rochers et des vieux murs, en ayant l'autre main 
non gantée pour saisir facilement les plus petits mollusques. 

46° Quand on va faire des excursions pour chercher des 
Unios ou des Anodontes, il faut se munir d'une drague, ins- 
trument toujours un peu lourd et embarrassant. Aussi ne 
doit-on le prendre que pour les excursions spéciales à la 
pêche de ces mollusques. Le meilleur modèle, d'après notre 
ami M. Bérillon , l'un des hommes les plus experts en cette 
matière, est celui dont on trouve la figure dans le Manuel 
de conchyliologie du D r Woodward, traduction française 1870, 
p. 148-149, fig. 33 et 34. 

17° Le costume le plus convenable pour les excursions , 
est certainement une chemise en flanelle , un pantalon de 
môme étoffe, une blouse en toile grise, un foulard pour 
cravate, un large chapeau de paille et une ceinture en san- 
gle garnie de cuir et bouclée. La blouse doit avoir au moins 
six poches ; de grosses guêtres en coutil, montant jusqu'au- 
dessus du genou et se serrant avec de larges rubans de fil, 
complètent ce costume. 

18° Quand on doit faire des excursions de plusieurs jours, 
surtout dans les gorges des montagnes, il est bon d'être 
muni d'un flacon de bonne eau-de-vie ou de rhum, d'une 
cafetière à esprit de vin avec une petite provision de thé, de 
café et de chocolat. 

10° Pour pouvoir emporter tous ces ustensiles, il faut avoir 



- 29 - 

un sac de naturaliste bien conditionné (4), dans lequel on 
puisse enfermer les objets les plus embarrassants qu'on ne 
peut pas mettre aisément dans ses poches. 

CHAPITRE II. 

PRINCIPES GÉNÉRAUX SUR LA RECHERCHE DES MOLLUSQUES. 

4o J)es lieux où l'on doit les chercher. 

Un grand nombre de mollusques, surtout ceux qui sont 
nus, comme les Limaces, les Arions, etc., ou demi-nus 
comme les Parmacelles et les Testacelles, ou bien à coquille 
lisse comme les Vitrines, les Hélices de la section des Zoni- 
tes, les Azeca, les Ferussacia, les Acme, etc., se plaisent dans 
les lieux humides et obscurs, les caves, les puits, les bords 
des ruisseaux, des rivières, les bois très-frais, sous les feuil- 
les mortes, sous les grosses pierres, etc. Quelques-uns s'en- 
terrent en hiver, comme Y H. aperta; d'autres, plus commu- 
nément, se terrent en été , comme les Acme, les Ferussacia, 
les Azeca, etc. 

Un certain nombre se tiennent au pied des herbes, dans 
les prairies, sous les pierres ou les troncs d'arbres qui y sont 
déposés depuis longtemps. 

D'autres, sur les herbes à larges feuilles qui croissent dans 
les marais, les fossés pleins d'eau, ou sur la terre humide 
de leurs bords, comme les Succinea. 

Il en est, à l'inverse, qui se plaisent sur les rochers en 
plein soleil, comme YH. candidissima, le Pupa cinerea, etc. 

Certains aiment à se cacher dans les mousses qui recou- 
vrent l'écorce des grands arbres, comme diverses espèces 
de Clausilia et de Pupa. 

D'autres grimpent de préférence sur les arbres à écorce 
plus ou moins lisse, comme certains Pomatias. 

Il en est un grand nombre qui se cachent volontiers dans 
les anfractuosités des rochers, comme YH. muralis ; dans 
les fentes des vieux murs ou à l'abri des herbes qui crois- 

(1) On en trouve chez Deyrolle, 23, rue de la Monnaie, à Paris. 



— 30 - 

sent à leur pied, comme bien des Hélix, Pupa, Pomatias, etc. 

Certains recherchent les roches granitiques, comme YH. 
Des Moulinsii, mais la plupart préfèrent les terrains calcaires. 

Quelques-uns ne vivent que dans les sables des Landes, 
comme Y H. ponentina. 

Il en est qui ne peuvent vivre que dans l'atmosphère ma- 
ritime, comme les //. explanata, aperla, etc. 

D'autres préfèrent se tenir sur les tiges desséchées des 
plantes, comme YH. Irochoides. 

Beaucoup habitent sous les pierres où ils se cachent et se 
mettent à l'abri du soleil et de la chaleur. 

Enfin, il faut, dans les contrées que l'on habite, chercher 
les coquilles dans les alluvions des rivières et des ruisseaux, 
surtout pendant ou nprès les débordements. C'est ainsi que 
l'on recueille un grand nombre de petites espèces. Ainsi, 
MM. Moitessier et Paladilhe ont-ils trouvé ces genres mi- 
croscopiques, connus aujourd'hui sous les noms de Moites- 
siéra, Paladilhia, Lartelia, etc., qu'on n'aurait certainement 
jamais trouvés autrement qu'en les cherchant dans les allu- 
vions du Lez ou d'autres rivières et ruisseaux. 

2° Du temps, des saisons et des époques ou il faut chercher 
les mollusques. 

Selon les lieux qu'ils habitent et leur manière de vivre, 
on doit chercher les mollusques pendant les temps chauds 
et secs, si l'on veut prendre ceux qui vivent appliqués sur 
les rochers au soleil, comme, par exemple, YH.candidissima, 
les Pupa megacheilos, etc., ou bien ceux qui ont l'habitude 
de se cacher sous les pierres où l'on est sûr de les trouver 
toujours en temps chaud, comme YH. Telonensis , le Pupa 
Mirhelii, le Cyclostoma sulcatum, etc. 

On cherche au contraire pendant les temps froids ceux 
qui ont coutume de se terrer, comme, par exemple, YH. 
aperta, que l'on ne trouve avec son bel epiphragme que 
l'hiver, enfouie sous les haies, les buissons, etc. 

Mais on trouve la plupart des espèces par les temps hu- 
mides, surtout l'été, après les pluies d'orage. Aussi appelle- 
t-on dans certaines contrées le tonnerre le « tambour des li- 



- 31 - 

maçons ». C'est après les averses que la plupart des Hélix, 
Pupa, Clausilia se mettent en voyage et qu'on les prend fa- 
cilement ; ce sont surtout les espèces comestibles, comme 
YH. aperta, la plus délicate de toutes, les H. pomatia, as- 
persa, vermiculata, etc., que l'on cherche avec succès la 
nuit, le soir ou le matin après une pluie chaude. Dans les 
pays où Ton en fait une grande consommation, comme dans 
le Midi, c'est un spectacle curieux pour ceux qui n'en ont 
pas l'habitude, que de voir de tous côtés, le long des haies, 
des vieux murs, une multitude de lueurs qui se promènent, 
produites par les chandelles de résine, les lampes primitives 
{Careill) ou les lanternes. Cette scène a donné à l'un de 
nos plus délicats poètes gascons l'idée de son charmant 
poème intitulé : Le siège de Lectourepar les limaçons. 

Quant aux époques de l'année qui sont les plus favora- 
bles pour la recherche des mollusques, on peut dire que le 
printemps et l'automne sont les meilleures saisons. 

Au premier printemps, on trouve plus facilement qu'aux 
autres époques de l'année les espèces de petite taille qui re- 
cherchent surtout l'humidité. Ainsi, les Acme, les Vertigo, les 
petits Carychium, les Cœcilianella, etc., sont bien plus faciles 
à trouver vivants au printemps qu'à toute autre époque. 

Mais l'automne est sans contredit la saison où l'on trouve 
bien plus adultes la plupart des espèces d'Hélix, Pupa, 
Clausilia, Pomatias , etc., et en général toutes les espèces 
dont le péristome est bordé et épaissi. 

Il en est quelques-uns, comme certaines Limaces et Héli- 
ces luisantes, qu'on trouve plus facilement en hiver. Mais 
c'est le petit nombre. L'été est encore une bonne saison, 
mais on trouve à cette époque beaucoup plus de jeunes que 
d'adultes. 

Après ces généralités, passons à l'examen de la recherche 
spéciale des divers genres et des différentes espèces. Cet 
examen sera l'objet de deux chapitres consacrés, le premier, 
aux espèces terrestres, et le second aux espèces aquati- 
ques. 



— 32 — 
CHAPITRE III. 

DE LA RECHERCHE SPÉCIALE DES MOLLUSQUES TERRESTRES. 

\° Mollusque nus : Avions, Limaces, etc. 

Nous reproduisons sur ce sujet les renseignements sui- 
vants qui nous ont été transmis par notre excellent ami, 
M. Baudon. 

Limaciens. 

« Tous les endroits doivent être examinés attentivement 
pour la recherche des limaciens. Les coteaux secs , les ma- 
rais demi-inondés, les bois sombres et épais sont tous plus 
plus ou moins peuplés de ces mollusques. Pour beaucoup 
d'entre eux, il est nécessaire de commencer la chasse de 
bon matin. On peut trouver ces animaux depuis le printemps 
jusqu'à l'entrée de l'hiver, et même quelquefois lorsque la 
neige couvre le sol. Si la température est douce et humide, 
les bords des chemins, les haies, les troncs d'arbres sont 
visités par eux. 

» Au milieu des forêts, sur la mousse qui entoure les gros 
arbres, sous les feuilles tombées, sous les roches , au cœur 
des gros champignons vous rencontrerez bien des espèces. 
En automne surtout, beaucoup de fausses oronges sont 
recherchées et creusées par des arions et des limaces. J'ai 
rencontré sur les arbres, à une assez grande élévation, le 
Umax arborum, même en hiver, pelotonné par groupes de 
cinq à six. 

» J'ai vu en été , sur des coteaux arides garnis de petits 
champignons, un petit limacien logé au-dedans et dévorant 
sa propre demeure. Dans les prairies demi-inondées, sous 
les arbres et les écorces qui reposent sur la bourbe, on 
trouve le Krynickia, qui seul vit dans ces conditions. 

» Les caves et les celliers devront aussi être visités avec 
soin. » 



- 33 — 

2° Mollusques demi-nus. 

A. Parmacelles. 

Les Parmacelles sont des mollusques essentiellement noc- 
turnes. On ne les a trouvées jusqu'à présent en France que 
dans la plaine de la Grau, aux environs d'Arles, où elles se 
cachent le jour sous les pierres et les buissons épais. On ne 
les rencontre que très-rarement le jour ; mais la nuit et le 
matin de très-bonne heure, surtout après une pluie chaude 
au printemps, on en trouve toujours quelques-unes. Ainsi, 
un de mes correspondants, M. Martin de Martigues, conchy- 
liologïste très-distingué, m'écrivait que, dans une excursion, 
il en avait pris huit ou dix exemplaires. 

B. Testacelles. 

Les Testacelles sont aussi des animaux nocturnes. Se 
nourrissant principalement de vers de terre, elles se plai- 
sent le long des murs, des champs pierreux, des vignes, au 
bord desquels se trouvent de grosses pierres, sous lesquelles 
elles aiment à s'abriter pendant le jour. On les voit, le matin 
avant le lever du soleil, marcher le long des chemins comme 
aussi dans les allées des jardins et des vignes. 

On peut donc faire la chasse aux testacelles le matin de 
très-bonne heure, et, pendant le jour, en les cherchant sous 
les grosses pierres ; mais, par ce moyen, c'est à peine si 
l'on en trouve quelques échantillons dans une journée. 

Cette année, je me suis avisé d'un procédé qui m'a mis 
sans grande difficulté en possession de deux à trois cents 
échantillons de Testacella haliotidea. 

J'avais remarqué que notre jardin était fréquenté par les 
testacelles ; le terrain en étant argilo-calcaire et rempli de 
lombrics ou vers de terre. J'enseignai à notre jardinier à dis- 
tinguer les testacelles des autres limaces et, en bêchant les 
carreaux, il parvint à m'en recueillir quelquefois jusqu'à 
trente par jour. Ce sera là, pour tous ceux qui habitent des 
contrées à testacelles, le moyen d'en récolter en quantité 
et de vérifier la valeur, douteuse jusqu'à présent, de la 
plupart des espèces décrites dans ces derniers temps. 

3 



— 34- — 

3° Mollusques testacés à coquille recouvrant, au moins à 
certains moments, l'animal tout entier. 

A. Vitrines. 

Les vitrines habitent toujours les lieux humides, sous ou 
à travers les mousses dans les bois, au voisinage des sour- 
ces, dans les landes, les marécages, principalement dans 
les pays montueux. C'est donc là qu'il faut aller les cher- 
cher. M. Baudon s'en est procuré d'assez nombreux échan- 
tillons en mettant , dans les lieux fréquentés par ces 
animaux, de petits morceaux de viande en décomposition. 

B. Ambreltes ou Succinées, 

Personne n'est aussi propre à donner des renseignements 
exacts sur la recherche des espèces de ce genre que M. Bau- 
don, qui vient de publier dans le Journal de Conchyliologie 
une si remarquable monographie sur ce genre difficile ; 
aussi nous empressons-nous de reproduire mot pour mot 
l'article ci-après, qu'il a bien voulu nous envoyer pour ce 
travail. 

« Les Succinées seront toujours recherchées dans le voi- 
sinage ou auprès des eaux. Les sources et les ruisselets des 
collines même élevées sont habités par certaines espèces qui 
vivent sur les plantes de leurs rives. Ce sont en général de 
petites variétés du S. Pfeifferi qui sont dans ces conditions. 

» Les coteaux calcaires desquels découlent de minces 
filets d'eau, de simples pleurs, et que garnissent des jon- 
cées, des cypéracées, etc., nourrissent ces mollusques en 
grand nombre. On ne les aperçoit pas toujours de prime 
abord, mais ils se tiennent sur le sol, au pied des plantes 
qu'ils quittent le matin pour se rafraîchir. 

» Le bord des cours d'eau demande un examen attentif. 
La vase des rives, à l'embouchure des fossés principalement, 
est souvent couverte de légions de S. Pfeifferi. 

» Les fossés d'eau courante ou dormante fourniront aussi 
ces espèces soit sur la fange, soit sur les feuilles de Nwphar, 
de Typha ou de Sparganhm. Les prairies et les marais sont 
riches en Succinées. Vers le mois de juillet et août, le test 



- 35 — 

est ordinairemen arrivé à son développement complet, et 
alors vous faites une ample moisson sur les plantes à haute 
tige qui croissent dans ces localités. Il ne faut pas négliger 
d'examiner les végétaux secs et à demi décomposés qui sont 
sur le bord des rigoles ou des fossés. J'ai rencontré fré- 
quemment des compagnies de ces mollusques dans les or- 
nières profondes ou dans un creux détrempé. 

» Certaines espèces se plaisent au pied des herbes et ne 
grimpent jamais. On voit encore des groupes d'Ambrettes 
sur les pierres inondées de toutes parts par des eaux cou- 
rantes et ne laissant que leur partie supérieure à découvert. 

» Les Succinea debilis et oblonga seules s'écartent quelque- 
fois à une assez grande distance de toute source ou fossé. 
Que l'on soulève les amas de vieilles pierres gisant dans le 
voisinage, les troncs d'arbres appuyés sur la terre, et pro- 
bablement la chasse ne sera pas infructueuse, surtout vers 
septembre et vers octobre. A l'entrée de l'hiver même, on y 
en trouve encore. 

» Pour obtenir les succinées, il faut, en été, se mettre en 
chasse de bon matin. La rosée a humecté les feuilles, et 
toute la population de ces mollusques se met en marche 
afin de brouter. Quand le soleil commence à être ardent, 
les succinées se retirent et se cachent. 

» Vers la fin de l'automne, au milieu des prairies, l'on 
recueillera souvent au sommet des tiges sèches de grami- 
nées, de typhacées, de joncées, de Rumex, etc., certaines 
espèces qui cherchent à diminuer par le jeûne et l'évapora- 
tion l'obésité acquise pendant les mois précédents, et qui 
les empêche de rentrer dans leur coquille pour hiverner. 

» Au moment des premières gelées, on peut encore trou- 
ver des individus sur la lisière des bois, dans les fourrés, 
sous les feuilles d'orties, de ronces, sous les écorces touchant 
la terre. 

» En hiver, je n'en ai jamais vu ; cependant les contrées 
méridionales n'en manquent pas. 

» Les rivages de l'Océan et de la Manche, aux endroits 
marécageux, nourrissent les S. debilis , arenaria , longis- 
cata, etc. Ainsi, au pied des falaises dont la végétation est 
souvent assez pauvre, ces animaux pullulent. Les mêmes 



- 36 - 

espèces existent autour des étangs des contrées maritimes. » 
Ce que M. Baudon vient de dire des côtes de l'Océan, 
nous pouvons le dire des contrées voisines de la mer, dans 
la région méditerranéenne, où l'on trouve abondamment 
les S. elegans (Risso). 

C. De la recherche dans les prairies. 

A propos des Succinées, nous croyons devoir placer ici 
les lignes suivantes qui nous ont été adressées par M. P. Fagot 
sur la recherche spéciale des mollusques dans les prairies. 
« Depuis plusieurs années, jerecueillais dansles alluvionsune 
multitude de petites coquilles, certaines même relativement 
volumineuses , à l'état frais, mais privées de leur animal. 
J'explorais avec soin les berges des ruisseaux sur lesquelles 
se déposaient les alluvions, pensant trouver ces mollusques 
vivants. Efforts perdus! J'en retrouvais bien quelques-uns 
dans les bois, au milieu des mousses et parmi les feuilles 
mortes ; mais ces bois étaient tellement éloignés des ruis- 
seaux, que les espèces des alluvions ne pouvaient pas en 
provenir. Je désespérais de connaître leur lieu d'origine, lors- 
que j'eus un beau jour l'idée d'aller explorer les prairies 
voisines des cours d'eau. La plupart des coquilles que je 
prenais auparavant dans les alluvions vivaient au bord des 
fossés de ces prairies. J'eus bientôt l'explication de ce phé- 
nomène. Lorsqu'un orage survient, ces fossés sont comblés 
par l'eau pluviale dont l'excédant va se déverser dans les 
ruisseaux peu éloignés , entraînant avec elle les espèces 
praticoles qui ont élu leur domicile dans le voisinage des 
fossés. 

» Je passe maintenant à l'énumération des principales 
espèces que je me suis procurées dans la prairie. 

» Quelques petits Avions, notamment ceux du groupe de 
YAgrestis, ainsi que les Krynickillus grimpent sur toutes les 
plantes à l'entrée de la nuit, au point du jour et même à 
une heure quelconque après la nuit. J'ai constaté ce fait 
dans la Haute-Garonne, à Villefranche et à Martres-Tolosane, 
dans l'Ariége, à Aulus, dans les Hautes-Pyrénées, aux prai- 
ries d'Asté-Campan. 

Les Succinea du groupe des S. Pfeifferi se tiennent sur les 



- 37 - 

plantes ^aquatiques : Joncs, Iris, Massettes, etc., ou, à leur 
défaut, parmi les herbes humides soit dans les fossés, soit 
sur leurs berges. Pendant la chaleur, il faut aller les cher- 
cher dans leur bain. On les recueille indistinctement dans 
les prairies couvertes et découvertes, partout où il existe 
des fossés ou rigoles contenant un peu d'eau. Je sais positi- 
vement que la S. acrambleia vit dans de pareilles conditions. 
Les Succinea du groupe de Voblonga ont une autre manière 
de vivre. Elles se tiennent constamment le long des petites 
rigoles ou dans leur voisinage, principalement dans les prai- 
ries humides ; quelques espèces sont pourtant plus robustes 
et s'aventurent à quelque distance de l'eau. Mais il est plus 
aisé de les prendre après une ondée à la fin de mai, ou au 
commencement de juin. 

» Les plus beaux individus du Zonites nitidus rampent sur 
les mousses humides et autour des plantes et feuilles en dé- 
composition dans les prairies marécageuses de la plaine ou 
des points pas trop élevés des Pyrénées. Le Zonites radiatulus 
circule sur les mousses humectées par les rigoles et surtout 
près des pierres ou des troncs pourris. Les H. Pulchella et 
costata s'abritent de préférence sous les feuilles de Plantain. 
Lorsque la température ne leur est pas favorable, ils cher- 
chent un refuge dans les radicelles des graminées. Afin de 
se les procurer, il faut arracher des poignées de ces plantes 
et les secouer sur un mouchoir ou une feuille de papier. 

)> Les Vertigo s'appliquent contre les pierres, les troncs 
d'arbre ou mieux encore sous les feuilles de Plantain. On 
coupe ces feuilles à la base , on les ramène à hauteur de 
l'œil, et il est alors facile d'apercevoir les petites coquilles 
qu'on ne distinguerait pas autrement. » 

D. De la recherche des Hélix, Bulimus, Pupa, Clausilia, Balœa. 

Les espèces de ces genres de la famille des Hélicéens sont 
de mœurs très différentes, selon les diverses espèces, et 
exigent des moyens de recherche variés d'après leurs habi- 
tudes. 

Les unes, comme les H. conslricta, Rangiana, Desmoulinsii, 
s'enfoncent profondément dans la terre ou sous les pierres, 
ou dans les interstices des murs en grosses pierres sèches, 



- 38 - 

et c'est là qu'il faut aller les chercher si l'on ne veut 
attendre que des pluies chaudes et très-prolongées les fas- 
sent enfin sortir de leurs retraites, du voisinage desquelles 
elles ne s'éloignent jamais. C'est par des fouilles profondes 
que M. Bérillon parvient à se procurer en assez grand nom- 
bre les //. conslricta, qu'il a la générosité d'envoyer à tous 
les naturalistes. C'est en profitant de la démolition des 
vieux murs de soutènement que le docteur Pinchinat a 
récolté de grandes quantités d'#. Rangiana. A Cauterets, 
l'an dernier, au mois de septembre, 1'//. Desmoulinsii ne 
s'est décidée à sortir des profondeurs de ses retraites, entre 
les blocs de granit formant les murs de soutènement entre 
le Pont et la Raillère, qu'après une pluie chaude prolongée 
pendant trente-six heures. Vingt-quatre heures d'une pluie 
continue n'avaient pas suffi pour l'engager à quitter son 
habitation. 

D'autres espèces, en plus grand nombre, se plaisent dans 
les bois, sous les feuilles mortes, sous les haies, sous les 
pierres, comme toutes les espèces poilues ou très-lisses, et le 
Bulimus obscurus, etc. De même que les précédentes, elles 
s'éloignent peu de leur retraite, même après les pluies. 

Il en est qui se tiennent sous les haies, sous les bois 
taillis, les buissons, etc., comme les H. limbata, carthusiana, 
le Bulimus decollatus, etc.; certaines aiment à se cacher dans 
le feuillage. 

Plusieurs se plaisent à travers les mousses, sur les vieux 
arbres ou les vieux murs, comme beaucoup de Clausilia, 
Pupa, Balœa, etc., que l'on doit chercher après les pluies. 

Certains habitent les fentes peu profondes des vieux murs 
ou des rochers, d'où ils sortent après de petites ondées, 
comme les IL muralis et splendida. 

D'autres, enfin, recherchent les creux des vieux arbres 
ou leur écorce raboteuse , dans laquelle ils se cachent 
comme les H. serpentina et îiiciensis, qui vivent dans les 
creux ou dans l'écorce des vieux oliviers. 

Pour plus de détails encore, voir plus haut le chapitre 
second. 



- 39 — 

E. De la recherche des Zua, CœcUianella, Ferussacia, Azeca. 

Tous ces mollusques à coquilles lisses et luisantes re- 
cherchent les lieux frais et souvent humides. 

Ainsi les Zua et les Azeca se plaisent sous les mousses 
humides des prairies, sous les pierres dans les mêmes loca- 
lités , dans les régions montueuses, sous les pierres profon- 
dément enfoncées, au pied des rochers humides, parmi la 
terre dans laquelle ils pénètrent souvent profondément 
dans la saison sèche. 

Aussi est-ce surtout au premier printemps et à l'automne 
qu'il faut les rechercher pour être sûr de les trouver, même 
dans les lieux où ils sont abondants. 

La plupart des Ferussacia habitent la région méditerra- 
néenne. Elles se plaisent sous les pierres, comme à la mon- 
tagne de Cette , et surtout au pied des vieux murs , où on 
les trouve fréquemment à Toulon, à Marseille, à Cette, à 
Orange, etc. Le vrai moyen de les recueillir en abondance, 
c'est de les déterrer avec un couteau au pied des murs et 
au milieu des racines de certaines plantes où elles se terrent 
et d'où ellesne sortent qu'après les pluies, rares dans cette 
région. J'en ai pris un grand nombre en arrachant les plan- 
tes à racines un peu profondes, et en secouant la terre qui 
y est adhérente. Ainsi, à Toulon, j'ai recueilli dans les ra- 
cines d'une seule plante jusqu'à vingt et même trente Ferus- 
sacia. 

J'ai souvent trouvé les Cœcilianelles vivantes sous les 
pierres, les troncs d'arbres ou les feuilles à demi décompo- 
sées, dans les prairies et dans les bois frais. 

F. De la recherche des Cycloslomacés. 

Ils sont peu nombreux en France, mais ils renferment de 
jolies espèces, du genre Acme surtout, dont il a été jusqu'à 
ces derniers temps difficile de se procurer de bons échan- 
tillons vivants, la plupart étant recueillis dans les alluvions 
des rivières et des ruisseaux, sur les bords desquels ils 
habitent. 

Les vrais Cyclostomes ne sont représentés en France que 
par un très-petit nombre d'espèces qui se rapportent à 



— 40 — 

deux formes : celle du Cyclosioma elegans et celle du Cyclos- 
ioma sulcatum. 

Le Cyclosioma elegans se trouve partout où il n'est pas 
repoussé par une altitude trop considérable au-dessus du 
niveau de la mer. Il se plaît sous les haies, dans les bois, 
dans les jardins, etc., où de petites pluies le t'ont très-faci- 
lement sortir de ses cachettes en terre. C'est une des espèces 
les plus communes de l'Europe centrale et occidentale. 

Le Cyclosioma sulcatum habite exclusivement la région 
méditerranéenne, encore ne l'y trouve-t-on communément 
en France que dans une aire assez limitée. Nous l'avons 
recueilli très abondamment à Bandol (Var), dans le vallon 
qui s'ouvre un peu au-delà de la gare allant de Toulon k 
Marseille. 11 faut , pour le trouver en grand nombre, le 
chercher sous les grosses pierres, dans les bois découverts, 
où il n'est pas rare d'en recueillir jusqu'à dix ou quinze 
sous chaque pierre. Nous l'avons aussi rencontré, mais 
moins commun, à Marseille, sur la montagne de Notre - 
Dame-de-la-Garde. 

Les Pomatias habitent généralement au pied des arbres 
et des rochers, dans les bois, etc. Il faut les chercher ap- 
pliqués contre les rochers calcaires, comme les P. crassila- 
bris , Partioti , Lapurdensis, Spelœus , etc., ou bien sur 
les rochers calcareo-schisteux, comme les P. Fagoti, ou 
encore sur les arbres, au printemps et après les pluies. 
Ainsi, à Auch, j'ai recueilli dans un petit bois de chênes, 
en une chasse de deux heures avec mes élèves, au moins 
six mille Pomatias obscurum. 

Les Acme, de la même famille, sont, soit à cause de leur 
petite taille, soit à cause de leur rareté relative, les mollus- 
ques les plus intéressants et les plus difficiles à se procurer. 
Il faut les chercher, surtout au printemps, sous les pierres 
humides et dans les bois calcaires montueux, assez profon- 
ment enfouis. On les trouve aussi dans les pays humides, 
comme les Pyrénées occidentales, cachés dans les mousses. 
Aussi notre ami Bérillon s'exprime-t-il, dans une lettre, en 
ces termes : « Les mousses légèrement humides qui tapis- 
sent la terre et les rochers doivent être l'objet de recherches 
particulières, car elles recèlent souvent de fort petites espè- 



- 41 - 

ces (Acme , Pupa , Azeca monodonta , etc.), que l'œil ne 
perçoit que difficilement. Pour cette raison, un chasseur 
bien monté devra toujours être muni de plusieurs petits 
sacs numérotés qu'il remplira de mousses, de lichens et 
même de détritus de végétaux, en ayant soin d'inscrire sur 
un carnet le lieu de provenance en regard du numéro cor- 
respondant au sac. Les mousses et les détritus devront être 
séchés au grand soleil, sur une toile, et cardés (c'est le mot), 
en éliminant les feuilles mortes, les petits cailloux, etc., 
aussi minutieusement et aussi délicatement que possible. Le 
résidu de ce cardage sera ensuite examiné avec soin à la 
loupe, et les petites espèces enlevées avec le bout d'un 
petit pinceau et mises dans un tube. » 

CHAPITRE IY 

DE LA RECHERCHE DES MOLLUSQUES AQUATIQUES 

Ils se divisent, au point de vue de leurs coquilles, en 
univalves et bivalves. 

1° Recherche des Univalves. 

Les mollusques à coquilles univalves se" divisent en ino- 
perculés et operculés. 

A. Inoperculés. 

Les espèces à coquilles inoperculées sont les Planorbes, 
les Physes, les Limnées et les Ancxjles. 

Toutes ces espèces se plaisent dans les lacs, les étangs, 
les marais, les fossés, les ruisseaux et les rivières. Elles vi- 
vent généralement sur les plantes ; il est facile de les prendre 
au moyen du filet en canevas ou de la passoire emmanchée, 
soit lorsqu'ils nagent à la surface des eaux comme le Lim- 
nœa stagnalis, Planorbis corneus, etc., soit lorsqu'elles se 
reposent sur les plantes dont elles se nourrissent. On trouve 
souvent les petites espèces de Planorbes, comme les Planor- 
bis fontanus, imbricatus, etc., parmi les lentilles d'eau et 



- 42 — 

autres petites plantes que Ton recueille et que l'on fait 
sécher. 

Les ancyles seuls adhèrent aux pierres ou autres corps 
submergés, comme toutes les espèces du groupe du fluvia- 
tilio (simplex). On les trouve dans les eaux courantes des 
ruisseaux ou rivières, ou bien dans les eaux vives des lacs, 
comme VA, capuloïde*. Les espèces du groupe des Velletia 
{A. lacustris) habitent les eaux dormantes, sous les plantes 
à feuilles larges, comme les Nénuphar, les Hydrocaris, etc. 

B. Operculés. 

Ce groupe de mollusques comprend ceux dont l'ouverture 
se forme avec un opercule ordinairement arrondi, comme 
dans les Paludinées et les Valvées, ou bien plus ou moins 
obscurément triangulaire, comme dans les Néritines. 

Les grosses Paludinées, comme les Vivipara, se prennent 
à la main ou avec un tilet. Eles habitent les rivières, les 
canaux, etc. 

Les moyennes, comme quelques espèces de Bithynies, 
rampent à la surface de la vase et se pèchent aussi avec le 
filet, en recueillant la vase superficielle et la lavant avec 
soin. 

Les petites espèces des genres Paludinella, Belgrandia, 
Moitessiera, Paladilha, Lartetia , etc., habitent les sources 
d'eau vive, les réservoirs qui sont dans le voisinage, les 
ruisselets qui s'en échappent. 

On les trouve tantôt sur les pierres au fond des fontaines 
peu profondes ou des rigoles, tantôt sur la terre tout à 
l'entour, ou bien sur les racines dites queues de renards des 
saules, des aunes ou des peupliers qui se forment dans ces 
fontaines, ces réservoirs ou ces ruisselets, ou bien sur les 
herbes plongeant dans l'eau. Lorsque le fond des sources, 
réservoirs ou ruisseaux est garni de mousses plus ou 
moins grandes et épaisses, comme les Fontinalis, les Sphay- 
num, etc., ou de Potamogeton et d'autres menues plantes 
aquatiques , on trouve d'ordinaire des petits mollusques 
en abondance sur ces plantes. 

Lorsqu'ils sont sur les pierres en petite quantité, on les 
prend un à un avec les doigts, auxquels ils adhèrent facile- 



- 43 — 

ment. Mais quand ils sont sur les petites herbes et surtout à 
travers les mousses ou les conferves, les lentilles d'eau, etc., 
le meilleur moyen de les avoir en grand nombre, c'est de 
recueillir une quantité de ces petites plantes, et spéciale- 
ment des mousses, d'en exprimer l'eau, de les emporter 
chez soi, de les mettre à sécher au soleil sur une grande 
feuille de papier ou sur un mouchoir blanc. Lorsqu'elles 
sont bien sèches, on les secoue en séparant les brins, et si 
les mollusques sont abondants parmi ces mousses, le papier 
ou le mouchoir s'en trouvent couverts. Il n'y a qu'à les 
séparer des mêmes débris. 

C'est ainsi que M. Paul Massot, ayant eu l'heureuse 
pensée d'emporter une grande quantité de mousses d'une 
fontaine, qui depuis a été comblée par une route, trouva le 
lendemain, après avoir séché cette mousse, des milliers de 
la jolie Moilessiera Massoli, la plus petite espèce du genre. Et 
jamais, depuis lors, malgré les plus minutieuses recherches 
dans les environs, il n'a pu la retrouver. 

Me trouvant un jour à Nîmes et recueillant à grand peine 
dans la fontaine quelques rares exemplaires de la jolie Bel- 
grandia gibba, j'eus l'idée de pêcher, aussi profondément 
que ma canne en bec à corbin le permettait, une grande 
quantité des mousses qui tapissent le fond du bassin de la 
fontaine ; j'en remplis mon mouchoir et je les emportai à 
mon hôtel pour les faire sécher. Le surlendemain, je re- 
cueillais sur les feuilles de papier sur lesquelles je les avais 
mises sécher, au moins dix mille échantillons de Belgrandia. 

Quand donc on a l'heureuse chance de trouver une source 
peuplée de petites paludinées, il ne faut pas négliger ce 
moyen, le plus fructueux de tous. 

Au moment où je termine mon travail, je reçois de mon 
excellent ami, M. Pons d'Hauterive, la note suivante : 

« Voici mes moyens pour me procurer des Paludin elles. 
Dans les fontaines bâties, s'il y a des plantes contre les murs 
à fleur d'eau, je les récolte en ayant soin de bien appuyer 
contre le mur en les prenant. Je les dessèche, je secoue et 
je recueille mes petites coquilles. Dans les sources où il n'y 
a pas de plantes, je m'assure qu'il y a des Paludinelles en 
glissant légèrement les doigts contre les pierres. Si j'en ren- 



— 44 — 

contre, je fais de petits faisceaux de broussailles de bois 
pourri à demi, je les lie et place une pierre aux deux bouts, 
je les descends au bas de chaque mur, et ensuite avec un 
pinceau grossier je gratte les murs et détache ainsi les 
Paludinelles, qui tombent sur les brindilles et s'y attachent. 
Le lendemain, je lève doucement les petits paquets et je 
récolte. 

» Mon troisième moyen consiste à avoir un filet en mous- 
seline serrée, garni d'un triangle en fer dont j'appuie un des 
côtés contre un mur, et je brosse au-dessus pour faire tom- 
ber dedans les Paludinelles. » 

Les Néritines adhèrent aux pierres fixées sur les digues 
de moulin ou se trouvent sur les pierres mobiles au fond 
des rivières et des ruisseaux. 

Sur les pierres fixes, il n'y a d'autre moyen pour les re- 
cueillir que de les prendre à la main et ordinairement une 
à une ; on recueille ainsi les Neritina fluviatilis. Mais lors- 
qu'elles sont fixées sur des pierres mobiles, elles y sont 
souvent en grande quantité , et alors le procédé le plus fa- 
cile consiste à brosser les pierres et à faire tomber les Né- 
ritines dans un mouchoir ou dans la grattoire à pêcher. J'ai 
souvent , par ce procédé , recueilli en une ou deux heures, 
dans le ruisseau de Salut, à Bagnères-de-Bigorre , plusieurs 
milliers d'échantillons de la jolie Neritina thermalis, localisée 
dans l'eau un peu tiède de ce ruisseau. 

2° Recherche des biwlves. 
A. Des Union idées. 

Elles comprennent en France les Anodontes et les Mu- 
lettes. 

Les unes et les autres vivent dans la vase des eaux douces, 
dans les lacs, les étangs, les marais, les mares, les canaux , 
les larges fossés toujours pleins d'eau, les biefs des moulins, 
dans les ruisseaux et les rivières coulant lentement. On les 
y trouve enfoncées dans la vase, mais montrant d'ordinaire 
le dos de leurs coquilles. Quelquefois, mais plus rarement, la 
coquille est entièrement enfouie et recouverte. Dans ce cas, 
on reconnaît d'ordinaire la présence de ces mollusques au 



— 45 — 

sillon que trace le pied de l'animal en marchant sur le 
fond vaseux. 

Lorsqu'on peut les atteindre, soit avec les mains sur les 
bords, soit en se mettant dans l'eau, rien de plus aisé que 
de les prendre Mais c'est surtout quand on met à sec les 
canaux ou les biefs des moulins, qu'il est facile de se les 
procurer en quantité, 

Dans les lacs, les marais, les canaux et les fossés, c'est 
aux eaux basses, en août et septembre, qu'on peut les avoir 
facilement. 11 n'y a qu'à les prendre à la main, ces animaux 
étant complètement inoffensifs et ne pouvant jamais occa- 
sionner le moindre mal. 

Lorsque les eaux sont profondes, comme dans les lacs et 
rivières, et qu'on a un bateau à sa disposition, on peut très- 
aisément se procurer ces mollusques au moyen d'une 
drague (1), ou, quoique moins facilement, au moyen d'un 
râteau longuement emmanché. 

Quand on n'a pas de bateau, on drague du bord, en jetant 
son instrument aussi loin que l'on peut. 

Dès qu'on a ramassé les Unionidées par quelqu'un des 
moyens indiqués ci-dessus , si l'on veut avoir la coquille 
en parfait état, on introduit un couteau à lame mince, par 
le côté le plus arrondi de la coquille, et on coupe l'animal 
sans atteindre le ligament qui réunit les deux valves. On 
ouvre ensuite et l'on détache avec un couteau la bête qui 
tient à la coquille par deux points à chaque valve ; cela fait, 
on rapproche les deux valves et on les resserre avec un fil 
ou une ficelle fine. 

Lorsqu'on ne peut pas prendre ces précautions, on jette 
simplement les coquilles dans un coin, où la putréfaction, 
qui ne tarde pas à se déclarer, réduit l'animal et lorsqu'il 
est desséché, on met les coquilles dans une caisse, en les 
déposant par couches séparées les unes des autres par du 
foin de mer, des rognures de papier, du regain ou du foin 
ordinaire. 

Seulement, il faut éviter de les mettre dans un lieu où 
elles soient exposées directement aux rayons du soleil, sur- 



(1) Voir Chapitre I er , 4 6°. 



— 46 — 

tout pour les espèces minces comme certaines Anodontcs, 
parce que la chaleur ardente les fait fendre. Dans tous les 
cas, elle détériore l'épiderme, même dans les espèces dont 
le test est le plus épais, comme dans les mulettes sinuées, 
littorales, etc. Si on les met clans un lieu exposé à la cha- 
leur, ce qui les pourrit et les dessèche plus vite, il faut avoir 
soin de les recouvrir de foin ou de feuilles mortes, afin 
que le soleil n'y produise pas les effets indiqués plus 
haut. 

Il faut aussi ne pas manquer de mettre à chaque groupe 
recueilli dans un même lieu une étiquette indiquant la pro- 
venance, comme nous l'avons dit précédemment. 

Aussitôt que l'on est rentré chez soi, on doit mettre les 
coquilles à tremper dans l'eau froide ou tiède jusqu'à ce 
que les restes de l'animal soient suffisamment ramollis pour 
pouvoir les enlever. C'est le moyen d'avoir la nacre assez 
fraîche , mais pas autant que lorsque on arrache l'animal 
encore vivant; si on laisse les coquilles indéfiniment sans 
les nettoyer, la nacre intérieure perd de son éclat. 

B. Des Cyclades. 

Elles renferment les véritables Cyclades et les Tisidies. 

Les Cyclades (Sphœrium) sont de petites coquilles bival- 
ves à peu près équilatérales , de forme arrondie ou sub- 
quadrigone, dont la plus grosse espèce française (Cyclas 
rivicola, Lam.) ne dépasse pas 15-18 millimètres dans son 
plus grand diamètre. 

On les trouve dans les rivières et les ruisseaux, comme 
les Cyclas rivicola, rivalis, solida, Scaldiana, etc., ou bien 
dans les eaux stagnantes des fossés, des marais, des ma- 
res, etc., comme les Cyclas caliculata, Terveriana, Ryckhottii, 
cornea, etc. 

On les prend avec le filet ou la passoire, soit à la surface 
de la vase, soit enfoncées à une petite profondeur. 

Quand elles sont un peu grosses, comme le Cyclas rivicola, 
onenextraitl'animal,demêmeque pourles Unio. Seulement, 
comme on casserait presque toutes les coquilles en voulant 
y introduire un couteau, fut-il à lame très-mince, il faut 
laisser mourir l'animal ou le tuer en le plongeant dans l'eau 
chaude. 



- 47 — 

Quant à toutes les autres petites espèces, on les laisse 
mourir et sécher sans y toucher. 

Les Pisidies (Pisidium) sont de petites et le plus souven 
très -petites espèces à coquille équivalve et inéquilatérale. 

Sur la recherche des espèces de ce genre, nous laissons 
la parole à M. le D r Baudon, l'habile auteur de la Monogra- 
phie des Pisidies françaises. Il a bien voulu nous adresser à 
ce sujet la note suivante : 

« 11 est nécessaire, quand on recherche les Pisidies, d'être 
muni d'une passoire dont les trous aient deux millimètres 
environ de diamètre (1); le manche doit être assez fort et 
devra s'attacher à une canne plus ou moins longue, de façon 
à pouvoir la promener au loin dans les étangs ou les sour- 
ces profondes. La vase que l'on ramasse s'écoule par le trou 
au moyen du lavage et les Pisidies restent au fond de l'ins- 
trument. 

» Pour obtenir ces bivalves, il est esseniiel de pêcher 
dans toutes les eaux vives ou stagnantes et d'examiner 
même les flaques. Si mince que soit un filet d'eau, on devra 
prendre de la bourbe à l'endroit où le liquide s'accumule. 
Au milieu du lit des rivières il est rare d'en trouver, mais 
sur les bords il n'en est pas ainsi et l'on y pêche le Pisidium 
amnicum, la plus grosse espèce française du genre. Du reste, 
c'est principalement au pied des plantes, sur les rives des 
fossés grands et petits, que l'on fera les plus heureuses 
chasses. 

» Toutes les sources seront scrutées dans leur étendue 
toute entière. Il arrive souvent qu'au milieu on ne trouve 
rien et que les Pisidies sont concentrées dans un coin. Si le 
résultat est négatif, il faudra néanmoins visiter le ruisselet 
qui découle de la source. J'ai vu de nombreux et superbes 
exemplaires dans des trous faits par les pieds des bestiaux 
et qui étaient remplis par de petits écoulements d'eau. 

» Les terrains tourbeux et très-sableux sont contraires à 
la multiplication et au développement des Pisidies. Aussi les 
recherches resteront presque toujours infructueuses dans ces 
parages. » 



(1) Voir plus haut Chapitre I er , 4°. 



— 48 — 

11 faut en excepter le cas où un fond de sable est recou- 
vert par une couche de limon. Ainsi, je n'ai vu nulle part 
les Pisidies aussi abondantes qu'à Barbotan (Gers, aux con- 
fins des Landes), dans des ruisseaux, des fossés et des réser- 
voirs qui se trouvaient dans ces conditions. 

C. Dreissenées. 

Elles ne comprennent en France qu'une seule espèce, la 
Dreissena polymorpha. 

Ces mollusques en forme démoule, introduits de la Rus- 
sie au commencement de ce siècle dans nos cours d'eau du 
Nord, comme le Rhin et la Meuse, se sont tellement répan- 
dus, qu'il n'existe aujourd'hui que bien peu de rivières ou de 
canaux en France où on ue les trouve en abondance. Ils s'at- 
tachent aux parois des canaux maçonnés, aux corps flot- 
tants, et sont souvent disposés en longues grappes comme 
les moules. On les récolte avec la plus grande facilité à la 
main dans toutes les eaux où ils abondent. 

Je termine ici ma notice sur la recherche des mollusques 
terrestres et d'eau douce qui vivent en France. Puisse ce 
petit travail être agréable à mes collègues de la Société 
d'histoire naturelle de Toulouse et avoir quelque utilité pour 
ceux qui commencent à étudier les mollusques, ces êtres 
dont on peut former de si belles et si intéressantes collec- 
tions. 

Bagnères-de-Bigorre, le 21 août 1877. 



M. le Président fait ressortir toute l'importance de ce 
travail dans lequel des procédés tout-à-fait nouveaux sont 
indiqués. Ce Mémoire est destiné à servir de manuel à tous 
les malacologistes, et son incontestable utilité sera surtout 
appréciée par les commençants, qui, jusqu'à ce jour, man- 
quaient de travaux d'ensemble sur le sujet traité d'une ma- 
nière si supérieure par notre savant collègue. 

M. le Président fait observer qu'il est très-utile de faire 
tomber les détritus végétaux qui servent de retraite à de 



— 49 — 

nombreux mollusques, pincée par pincée sur un papier noir 
afin de discerner ainsi les petites espèces de couleur claire. 

Séance du 6 décembre 187*7. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance comprend les livraisons et volumes des 
Sociétés correspondantes et des Revues, et , en outre, les 
ouvrages suivants : 

LesOEuvres deLavoisier, Imprimerie Nationale, 4 volumes 
in-4° (échange avec la Société archéologique du midi de la 
France). 

Quatre volumes de la Revue scientifique (années 4 869 à 
4873) offerts par M. E. Gartailhac. 

M. Rey-Lescure offre, au nom de M. de La Remberque, 
membre correspondant de la Société, la collection botanique 
des Centuries de Schulz. MM. Balansa , Desjardin et Isarn 
sont priés d'examiner ce don et de faire un rapport à son 
sujet. 

L'ordre du jour appelle le renouvellement du Bureau qui 
s'effectue suivant les formalités voulues par le Règlement. 

Onzs membres titulaires ont envoyé leur vote par écrit. 

Sont nommés : 

Président : M. Bidaud, professeur à l'Ecole vétéri- 
naire de Toulouse. 
Vice-présidens : MM. Gaston de Malafosse et 

Balansa. 
Secrétaire-général, M. E. Gartailhac. 
Secrétaire-adjoint : M. G. Fabre. 
Trésorier . M. A. Lacroix. 
Archiviste : M. le colonel de Belleville. 
Membres du Comité d'administration : MM. de La Vieuvillb 
et Marquet. 

Membres du Comité de publication : MM. A. de Saint-Simon, 
G. de Malafosse, Fabre et Trutat. 

M. Paul Fagot, membre titulaire, envoie le Mémoire sui- 
vant dont il est donné lecture : 



- 50 — 



Rectifications et additions au Catalogue des 
Mollusques des petites Pyrénées de la Haute-Garonne , 
comprises entre Cazères et Saint-Maj'tory (4); 

Par M. P. FAGOT, membre titulaire. 

4° Rectifications, 

4° L'espèce que nous avons nommée Hélix squammatina, 
Marcel de Serres (p. 7), n'est point cette coquille méconnue 
de tous les conchyliologues et dont M.Letourneux signale le 
caractère dans son Catalogue des mollusques de Lamalou 
(Hérault) in Rev. et Magaz. de ZooL, mais constitue une va- 
riété de Y Hélix cornea, Draparnaud, Tabl. moll., p. 89, n° 34, 
1805, et Hist. moll. franc., p. 410, n° 45, pi. VIII, fig. 4-2, 
4805. 

2° La clausilie à laquelle nous avons donné le nom de 
Clausilia Andreana, n'est qu'une variété plus petite de la 
Clausilia Saini-Simonis, Bourguignat. En conséquence, la 
synonymie de cette espèce devra être établie de la manière 
suivante : 

Clausilia Saint-Simonis, Bourguignat. Hist. clausil. Franc, 
viv. et foss. (extr. Annal, scienc. nat.), 3 e partie, p. 3. 
4877 Var. minor. Coquille semblable au type mais plus 
petite. 
Clausilia Andreana. P. Fagot. Cat. moll. petit. Pyr. Haute- 
Garonne, (extr. Bull. Soc. Hist. nat. Toulouse), p. 44, 
4877. 

3° Nous reconnaissons que M. Bourguignat (loc. cit., p. 66) 
a eu raison de rapporter à la Clausilia parvula, Studer. 
Kurges. Vergeichn, p. 89, 4820, les échantillons appelés par 
nous Clausilia nana, Ruster. 

4° La coquille que nous avons présentée comme apparte- 
nant au Pupa cereana, Muhlfeldt n'est autre que : 

Bulimus avenaceus, Bruguières. Encycl. méthod. VERS. II, 
p. 355, n«> 97, 4792; 

(1) Voir Bulletin soc. Hist. nat. Toulouse, t. VI, p. 33-50, et tirage 
à part, br. in-8°, 18p., Toulouse, Bonnal et Gibrac, \ 877. 



- 51 - 

Pupa avenacea, Moquin-Tandon, Moll. Toulouse, p. 8, 
n° 18, 1843. 

5° Nous avouons franchement que nous avons des doutes 
au sujet de l'espèce nommée par nous Hélix caperata. Seu- 
lement les espèces du groupe de YHelix striata ;Draparnaud) 
étant encore très-peu connues, nous croyons devoir conser- 
ver ce nom provisoirement, de crainte de tomber dans une 
nouvelle erreur. 

2» Additions. 

Genus 2. — Krynickillus. 

1 bis. Krynickillus brunneus. 

Limax brunneus. Draparnaud. Tabl. Moll., p. 104, 1801. 

Krynickillus brunneus. J. Mabille. Archiv. malac. fasc. 1, 
p. 47, 1848. 

Rive droite de la Garonne en face Bordier (nummulitique), 
parmi les herbes humides. 

Genus 5. — Succinea. 
1 bis, Succinea debilis, 

Succinea debilis. Morelet in Pfeiffer. Monogr. helic. viv., 
t. IV, p. 811, 1859, et Bourguignat, Malac. algér. 

Auprès des flaques d'eau sur les bords de la Garonne, sur 
les tiges de Nasturtium officinale, sur les joncs dans les fossés 
aux environs de Martres. CG. S'avance jusqu'à Portet , où 
elle a été recueillie par M. de Saint-Simon. 

Genus 6. — Zonites. 

3 bis. Zonites nitidulus. 

Hélix nitidula. Draparnaud. Hist. Moll., p. 117, n° 55. 

Zonites nitidulus. Gray. in Turton Schells. brit., p. 172, 
fig. 136,1840. 

Jardins et Bois aux environs de Martres (diluvium), sous 
les pierres, les feuilles mortes, parmi les mousses humides. R. 

3 ter. Zonites radiatulus. 

Hélix radiatula. Aider. Catal. en Newcastl.transact. vol. I, 
p. 38, et tir. à part p. 12, n° 60, 1831 . 



— m — 

Zonites radiatulus. Gray. in Turton Schells. brit., p. 173, 
n°52, tab. X, fig. 437, 1840. 

Bois sur la rive droite de la Garonne vis à-vis Bordier 
(nummulitique), s. individu. 

Genus 7. — Hélix. 

8 bis. Hélix costata. 

Hélix costala. Muller. Verni, hist. t. Il, p. 31, n6 233, 4774. 
Draparnaud, Hist. moll., tab. VII, fig. 30-32 (Hélix pulchella, 
explic. planch.), 4805. 

Prairies de M. de Bellecour, près Martres. 

43 bis. Hélix submarilima. 

Hélix submaritima. Dupuy. Hist. Moll. France, 3 e fasc., 
p. 293, tab. XIII, fig. 9, 4849. 

Sur les talus de la voie Romaine, aux abords du passage 
de cette voie sous le chemin de fer. G. Environs de Martres. 
Toujours sur le diluvium. 

N'étant point assurés de l'identité de notre espèce avec 
V Hélix submaritima &q Rosmassler, dont le type se trouve en 
Algérie, nous préférons lui laisser le nom de M. l'abbé Du- 
puy, les échantillons que nous avons recueillis étant presque 
identiques à ceux des environs d'Auch, décrits et figurés par 
ce dernier. 

Nous croyons devoir faire remarquer qu'il règne une assez 
grande confusion dans la synonymie et la spécification de 
YHclix submaritima* confusion qu'il importerait de faire ces- 
ser par une étude approfondie des espèces de ce groupe. 

Genus 9. — Ferussacia. 

4 . Ferussacia subcylindrica. 

Hélix subcylindrica. Linnœus, Syst. nat., edit. XII, p. 4248, 
1767. 

Ferussacia subcylindrica. Bourguignat, amén. malac, t. I, 
p. 209. 4856. 

Dans les prairies du diluvium, parmi les racines des gra- 
minées. 

Espèce de la plaine dont nous n'avons point encore trouvé 



- 53 - 

un exemplaire ni sur le nummulitique, ni sur le crétacé, 
bien qu'elle puisse y vivre. 

La Ferussacia exigua (n° 1 ) devra être placée après la pré- 
cédente. 

Genus 9 bis. — Azeca. 

4. Azeca tridens. 

Turbo tridens. Pultney. cat. of Dorset, p. 46, tab. XIX, 
fig. 12, 1799. 

Azeca tridens. Leach, Brit. moll., p. 422, 1820. 

Var. Alzenensis de Saint-Simon descript. espèc. nouv. Midi 
France (extr. Annal, malac), p. 4, avril 1870. 

Cette variété , parfaitement caractérisée, a été recueillie 
par nous pour la première fois dans la Haute-Garonne sur 
les collines crétacées de la rive gauche de la Garonne, en- 
tre Martres et Boussens, au pied des rochers , parmi les ra- 
cines de fougères et sous les mousses. Nos individus ne dif- 
fèrent point du type d'Alzein (Ariége). 

Genus 13 bis. — Vertigo. 

1. Vertigo muscorum. 

Pupa muscorum. Draparnaud. Tabl. Moll., p. 56, n° 4, 
4801, etHist. pi. III, fig. 36, 37, 1805. 

Vertigo muscorum. Michaud, complém. Drap., p. 70, n° 1, 
4831. 

Prairies de M. Bellecour, parmi les mousses. 

2. Vertigo pygmœa. 

Pupa pygmœa. Draparnaud. Tabl. Moll., p. 57, n° 2, 1801, 
et Hist., pi. III, fig. 30, 31, 1805. 

Vertigo pygmœa. Férussac père , Ess. méthod conchyl., 
p. 121, 1807. 

Avec le précédent, au milieu des racines de graminées , 
sous les feuilles de plantago y etc. G. Alluvions de la Garonne 
à Saint-Vidian. 

Genus 45. — Limn^ea. 

1 bis. — Lirhnœa canalis. 

Limnœa canalis. Villa ex Graëls in htt. teste Dupuy, Hist. 
Moll, France, 5 e fasc, p. 482, tab. XXII, fig. 78, 1851. 



- 54 — 

Nous avons recueilli une variété de cette espèce, ne diffé- 
rant du type que par une taille moindre, dans un ruisseau, 
sur la rive gauche de la Garonne, auprès du bac de Saint- 
Vidian. Nos exemplaires sont semblables à ceux trouvés par 
M. de Saint-Simon dans les flaques de la Garonne près du 
pont d'Empalot. 

Genus 47 bis. — Paludinella. 

4. Paludinella Companyoi. 

Paludinella Companyoi. Bourguignat in Paladilhe, Etud. 
monogr. Palud. France (extr. Annal, malac), p. 39, 4870. 

Fontaine, au pied des rochers sur la rive gauche de la 
Garonne vis-à-vis Saint-Vidian (crétacé), parmi les feuilles 
mortes. G. G. G. Espèce déjà signaléeà Bourrassol près Tou- 
louse. 

Genus 48. — Pisidium. 
4. Pisidium Cazertanum. 

Cardium Cazertauum. Poli, testac. utriusq. Sicilise, p. 65, 
pi. XVI, fig. 4,4794. 

Pisidium Cazertanum. Bourguignat. Gâtai, coq. d'Orient in 
voy. mer Morte, p. 80, 1853. 

Avec l'espèce précédente. R. R. 

Afin que l'on puisse saisir d'un seul coup d'œil l'ensemble 
de la faune de la région que nous avons étudiée, nous don- 
nons la liste des espèces citées jusqu'à ce jour : 



Arion ru fus. Hélix 


rotundata. 


Bulimus obscur us. 


subfuscum. 


obvoluta. 


Azeca tridens, var. Al- 


Krynickillus brunneus 


comea. 


zenensis. 


Bourguignati 


lapicida. 


Ferussacia subcylin- 


Limax agrès tis. 


nemoralis. 


drica. 


Vitrina Draparnaldi. 


hortensis. 


exigua. 


elongata. 


aspersa. 


Cœcilianella Lesviellei. 


Succinea Pfeifferi. 


pulchella. 


Clausilia laminata 


debilis. Hélix 


costata. 


nigricans. 


Zonites fulvus. 


limbata. 


Saint-Simonis 


stœchadicus. 


carthusiana. 


var. minor. 


nitens. 


hispida. 


parvula. 


nitidulus. 


ericetorum. 


Rolphii. 


radiatulus. 


neglecta. 
submaritima. 


Pupa avenacea. 


diaphanus. 


pyrenœaria. 


crislallinus. 


s tria ta. 


Baillensiiy var. 


incertus. 


rugosiuscula. 


Garumnica 



— 55 — 

Pupa granum, Limnœa auricularia* Cysecyîus simplex. 

muscorum. canalis. lacustris. 

— var. îimosa. Cyclostoma elegans. 

bigranata. peregra, var. Pomatias obscurus. 
Vertigo muscorum. Boubecian. crassilabris. 

pygmœa — var. Mar- Marquetianus 

•Planorbis rotundatus. trensis. Paludineila Companyoi 

Physa acuta. truncatula. Pisidium Cazertanum. 

M. le docteur Gobert, membre titulaire à Mont-de-Mar- 
san, communique le travail suivant : 



Catalogue raisonné des Coléoptères des Landes 

LAMELLICORNES. 

COPRIDJE. 

Ateuchus , Wel . 

Pius, lllig très-rare. Dans les bouses. Marchant sur. les sen- 
tiers. 

Gymnopleurus, lllig. 

Mopsus, Pall assez commun. Dans les bouses. Sos (P. B.) 

Flagellatus, F rare. Dans les bouses, dans les terrains calcaires et 

argileux. 

Sisyphus , Latr. 

Schœfferi, L Rare. Dans les bouses. 

Larve. Dollinger, in Hoppe, entomol. Tascheub, 
1797, p. 175, 

Copris, Geoff. 

Lunaris, L très-commun. Dans les bouses, sous lesquelles il se 

creuse un trou assez profond. 
Larve. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. — fig. 
72-81. 



- 56 - 

Onthophagus, Lalr. 

Taurus, L très-commun. Partout dans les bouses. 

Larve. Publiée par divers. Voy. Chap. Cand., 

p. 123. 

Nutans, F rare. Dans les bouses. 

Vacca, F commum. id. 

Larve. Muls. Hist nat. des Coléoptères de France. 

— Lamellicornes, 1842. 
Cœnobita, Herbst, . . . commun. Dans les bouses. 

Fracticornis, F commun. id. et dans les fientes de porc. 

Nuchicornis, L commun. id. 

Larve. Perris. Soc. Lin. Lyon. Fig. 82-84. 

Ovatus, L très-commun. id. 

Furcatus , F id. id. 

Fcheberi, L id. id. J'en ai trouvé une 

variété toute noire qui n'est pas signalée dans 

Mulsant. 

Oniticellus, Serv. 

Flavipes, F assez commun. Sous les bouses presque sèches. 

Pallipes, F très-rare. id. Sos (P. B.). 

APHODID.E. 

Aphodius , Illig. 
S. -G. Colobopterus. Muls. 

Erraticus, L assez commun. Dans les bouses, surtout dans les 

terrains calcaires. 

S. -G. Euplerus. Muls. 

Sublerraneus, L. . . . . commun. Dans les bouses et divers excréments. 
S. -G. Teuchestes. Muls. 

Fossor, L commun. Dans les bouses où vit sa larve. — Juin, 

juillet. 
Larve. Voy Chap. Cand., p. 125. — Perris, Soc. 
Lin. Lyon. Fig. 85-92. — Vit dans les bouse s 
presque desséchées en septembre et octobre. 



- 57 — 

S. -G. Otophorus. Muls. 

Hœmorrhoïdalis, L. . . . commun. id. 

S.-G. Aphodius. Muls. 

Conjugatus , Panz. ... Je l'ai reçu de Bordeaux, mais il doit provenir de 
la rive droite de la Garonne ; je ne l'ai jamais 
trouvé dans les Landes. 

Larve. Kog et Bœhm, de Haan, Erichson. 

Scybalarius, E.* commun. Dans les bouses et divers excréments. 

Fœtens, F rare. Dans les bouses en Armagnac , au printemps. 

Larve. Heeger, Sitzb. Wien Acad. Wiss., 1854, 
p. 35. 
Fimetarius, L très-commun. Dans les bouses, un peu partout. 

Larve. Voy. Chap. Cand., p. 124. 

Constans, Duff commun. id. 

Granarius, L id. id. 

Sordidus, F moins commun. id. 

Rufescens, F rare. id sur les bords de la mer. 

Nitidulus, F assez rare. id. 

Immundus, Creutz .. . . très-rare. id. 

Corvinus, Er très-rare. Dans les bouses et divers excréments. 

Bimaculatus, F très-commun, ainsi que la variété noire. id. 

Larve. Muls, Lamell. 1842. 
Plagiatus, L. . . , . . . très-rare. id. 

Rufus, Illig. .-..., très-rare. id. 

Lividus, 01 très-rare. id 

Larve. Boucbé. Nalurg, der Insekt. 1834, p. 190, 
n° 16. 
Inquinatus, F très- commun. 

Larve. Muls. Lamell, 1836. 
Melanostictus, Sch. , . , très-commun. id. 

Sticticus, Panz commun. id. 

Conspurcatus, L assez rare. id. 

Tessellatus, Panz assez commun. id. 

Porcus, F rare. id. 

S. G. Tricbonotus. Muls. 

Scrofa, L. très-rare. Dans les bouses, lieux arides. 

Tristis, Panz assez commun. Dans les bouses et divers excréments 

Pusillus, Herbst plus commun. id. 

4-Guttatus; Herbst. . . . assez commun . id. 

4-Maculatus, L assez rare. id. 



— 58 - 

Merdarius, F assez commun. Sous les détritus des inondations 

de l'Adour. 

Castaneus, Iliig rare. Trouvé à Sos par M. Bauduer. 

S. -G Melinopterus. Muls. 
Prodromus, Brahm. . . . très-commun. Dans les bouses et divers excréments,. 

parfois au vol autour des fumiers. 
Conspudus, Creutz. . . . très-commun. id. 

Contaminatus , Herbst. . id. id. 

Obliteratus, Panz moins commun. id. 

S. -G. Acrossus. Muls. 

Rufipes, L commun. Dans les bouses et divers excréments, 

surtout dans les terrains argileux. 
Luridus, F rare, id. 

S. -G. Plagiogonus. Muls. 

Arenarius ,01 rare. Dans les terrains sablonneux arides. 

S. -G. Heptolacus. Muls. 

Sus, Herbst assez rare. Dans les terrains sablonneux arides. 

Testudinarius. F plus commun. id. 

S. -G. Oxyomus. Muls. 

Porcatus, F peu commun. Dans les champignons pourris, avec 

la F. Rufa (Rouget). 

Ammœcius, Muls. 

Brevis, Er rare. Dans les détritus d'inondation de l'Adour, et 

au vol le soir. 
Gibbus, Germ très-rare. id. et dans les terrains 

sablonneux. 

Rhyssemus , Muls. 

Germanus, L commun. Au vol, le soir, et dans terrains sablon- 
neux. 

Psammodius , Latr. 

Cœsus, Panz très-commun. Partout, au vol autour des fumiers* 

Vulneralus, Sturm. . . . très-rare. Sur le sable des dunes. 

Sulcicollis, Illig id. id. 

Porcicollis, Illig très-commun. id. 



Scutellaris, Muls. 



Arenaria, F. 



— 59 - 
très-rare. Pris au vol dans les environs de Dax. 

.dGgialia , Lalr. 

très-comraun. Vit dans le sable des dunes. 



hybalim;. 

Ochodïeus , Lep. 

Cbrysomelinus, F se prend au coucher du soleil au mois de septem- 
bre ; il vole ras de terre au-dessus des pelouses 
fraîchement coupées, parfois dans les sentiers. 
On le trouve parfois très-communément, d'au- 
tres fois, il est très-rare. 



GEOTRUP1D.E. 



Odontœus, Klug. 

Mobilicornis , F rare. Au vol, le ?oir, au-dessus des herbes. Saint- 

Sever (Pérez). 

Gcotrupes , Latr. 

Typhaeus, L très-commun. Dans les bouses , surtout au prin- 
temps et en automne ; il creuse dans la terre 
des trous assez profonds. 

Laevigatus, F assez commun. Sur le sable des dunes au bord de 

la mer, au printemps et en automne. 

Sericeus, Yck moins commun. id. 

Stercorarius, L très-commun. Sous les broussailles et les crottins, 

surtout sur les routes et les sentiers. Vole le 
soir au coucher du soleil. 
Larve. Voy. Ch. Cand., p. 423. — Frisch. de 
Geer. Herbst. Mulsant, Erichson. 

Hypocrita, Illig assez commun. Au printemps et en automne, dans 

les dunes, sous les bouses. 

Sylvaticus, Panz commun. Dans les bois, sous les bouses, les gros 

champignons pourris. 



— 60 — 

Varnalis, L commun. Dans les bouses, sur les dunes du littoral, 

aussi dans les forêts sous des matières en dé- 
composition. 

TROG1D/E. 

Trox, F. 

Hispidus, Laich rare. Dans les sablonnières et aussi sous les cada- 
vres. 
Latve. Perris. Soc. Lin. Lyon, 1876; ,fig. 93-98. 

Sabulosus, L assez commun. id. 

Scaber, L id. id. et avec Lasius fuli- 

ginosus (Mœrkel). 
Larve. Waterhouse, "Westwood. 

MELOLONTHID2E. 

Hoplia , Illig. 

Philanthus, Sulz commun. Sur les fleurs , les graminées , en fau- 
chant dans les prairies. 

Farinosa, L rare. Sur les fleurs. Dax. Sos. 

Cœrulea, Drury très-commun. Sur les fougères, dans les lieux hu- 
mides. La femelle, d'une couleur terne, est très- 
rare ; voici la manière de la prendre : lorsque le 
soleil est à son zénith , elle voltige autour des 
mâles pour choisir son préféré ; ceux-ci , qui 
étaient immobiles, s'agitent comme saisis d'un 
frémissement d'espérance. La coquette semble 
prendre plaisir à leur tourment , mais bientôt 
elle se précipite sur l'heureux élu et tombe à terre 
avec lui. — Si on laisse passer le moment favo- 
rable, la femelle est introuvable, au moins dans 
ces régions. 
Larve, Perris. Soc. Lin. Lyon, 1 876; fig. 135-136. 

Triodonta , Mu';S. 

Aquila, Muls très-commun. Volant le soir, au mois de mai, au- 
tour des chênes. Son vol est peu rapide. 
Larve. Perris. Soc. Lin. Lyon, 1876; fig. 127-132. 



— 61 — 

Homaloplîa , Steph . 

Ruricola, F rare. Sur les fleurs au printemps. Sos (P. B.). 

Serica, M e Leay. 

Holosericea, Scop assez commun. Sur les routes, les fossés sablon- 
neux. 
Larve. Piochard de la Brûlerie. Soc. ent. 1864; 
p. 663. — La description de cette larve est bien 
faite, sauf à donner 5 articles aux antennes au 
lieu de 4 (E. P.). 
Métamorphoses. Soc. ent. 1864, p. 663. 

Brunnea, L assez commun. Se prend au vol le soir dans les 

dunes. 
Larve. Voir Ch. Cand., p. 122. 

Rliizotrogus , Latr. 

Marginipes, Muls commun. Au vol autour des arbres, vers 9 heures 

du soir, en juin et juillet. 
Larve. Rosenhauer. Entom. Zeitung, 1850, p. 15. 

FtlSCUS, Scop rare. Au vol au point du jour. 

Ruficornis , F très rare. Au vol. Sos (P. B.). 

Larve. Germar. Magas. fiir entom. 1833, p. 8. 
Ochraceus, Knoch ; var. 

Tropicus, Muls rare. Au vol. Sos (P. B.). 

Rufescens. F très-commun. Vers la fin de juin. A l'entrée de la 

nuit, il tourbillonne par essaims autour des ar- 
bres et des buissons, et l'on n'a qu'à se tenir au 
pied d'un arbre pour les voir et les entendre 
tomber comme grêle, mâle et femelle accouplés. 
Larve. Perris. Soc. Lin. Lyon, 1876; fig. 119-125. 

Anoxia , Gast. 

Villosa, F très-commun. Au coucher du soleil au mois de 

juillet. Vole par essaims autour des arbres et des 
buissons -, son vol est rapide , le mâle esl plein 
d'ardeur. Un soir, je ne sais comment, une fe- 
melle s'étant jetée sur mon chapeau, je fus im - 



- 62 — 

médiatement entouré de plusieurs centaines de 
mâles et j'eus beaucoup de peine à m'en débar- 
rasser malgré mon filet. 
Larve. Perris. Soc. Lin. Lyon, 1876 ; fig. 148. 
— Vil sous terre dans les lieux herbeux. 

Polyphylla, H. 

Fullo, L assez commun. Vole le soir en juillet. Se trouve 

parfois dans le jour engourdie sur les jeunes pins. 
Plus commun sur les dunes, ce qui .lui a fait 
donner le nom de Hanneton de mer. 
Larve. VoirCh. Cand., p. 121. 

Melolontha , F. 

Vulgaris, F , très-commun. Partout sur les arbres , surtout les 

peupliers et les noisetiers. En juin. 
Larve. Voir Ch. Cand, p. 121. 

Pectoralis, Germ moins commun. id. 

Hippocastani F plus rare. id. 

ANOMALIDiE. 

Anîsoplia , Gast. 

Agricola, F commun. Sur les épis des graminées par les fortes 

chaleurs, et en général dans les lieux secs, où on 
le trouve volant de 10 heures à midi. 

ïempestiva. Er.. . . • • assez commun. Sur les épis de froment par les 
fortes chaleurs en juin, juillet ; dans les terrains 
argileux. 

Anomala , Burin. 

Vitis, F commun. Au printemps et en été sur les feuilles de 

ronce et les feuilles de vignes. 
Larve. Soc. ent. 1869. B. 106. Op. ent. Muls. 
14 cah. 1870. 

Frischi, F j commun. id. 

QEnea, Deg j Larve. Frisch. Beschreib. von. ail. Ins. 1720. 

4 e parlie. 



- 63 - 

Phyllopertha , Steph. 

Çampestris. Lalr très-commun. Partout au printemps et en été, sur 

tout sur les feuilles de vignes et dans les pétales 
des roses. 

Horticola, L commun. En juin, juillet, en battant les chênes, 

en fauchant sur les fleurs et les genêts à balais- 
Larve. Voir Ch. Cand., p 120. 

NOTE. 

Connaissant les heures où l'on trouve plus particulièrement les diverses espèces 
de Melolonthides, on pourrait presque faire une horloge entomologique. 

Ainsi, à midi on trouve la femelle de YHoplia cœrulea ; vers 2 heures, YAni- 
soplia tempestiva et agricola ; vers 5 heures du mation, à l'aurore, le Rhyzolrogus 
fuscum ; à 9 heures du soir, le Rhyzolrogus murginipes ; au crépuscule, YOcho- 
dœus t le Rh. rufescens, le Polyphylla fullo et les Melolvntha, etc. 

ORYCTIDiE. 

Callicnemis , Cast. 

Latreillei, Cast très-rare. M. Duverger, de Dax, en a trouvé un 

individu vivant, sous une planche, sur les bords 
de la mer, à Cap-Breton, dans une excursion que 
que nous fîmes sur le littoral avec mon excellent 
collègue M. Royer, de Langres. 
Larve. Laboulbène. Soc. ent. 1861, p. 607. 

Oryctes , Ulig. 

Nasicornis. L commun. Dans le tan des serres et les tanneries. 

Larve. Voir. Ch. Cand., p. 116. 
Grypus Illig rare. Au pied des troncs de chênes vermoulus. 

Larve Costa, Corresp. zool. 1839, p. 95. 

CETONID/E. 

Cetonia , F. 

Squalida, L commun. Sur les fleurs. 



— . 64 — 

Hirtella, L , commun. En mai, sur les fleurs et surtout sur les 

blés. 

Stictica, L commun. Au printemps, sur les fleurs et en fau- 
chant dans les prairies. 

Morio, F assez rare. Sur les fleurs, surtout les ombelles. 

Aurata, L très-commun. id. 

Larve. Voir Ch. Cand., p. 119. — Avec F. rufa 
(Mœklin). 

Floricola, Herbst rare. id. 

Larve. De Geer. Ratzburg. Avec L. fuliginosus 
(Mœklin) ; avec F. Rufa ( the scottisch. natur. 
1872, p. 261). 

Marmorata, F assez rare. Sur les fleurs, surtout les ombelles. 

Larve. Voir Ch. Cand, p. 119. — Muls. et Rey, 
2 r édit. Lamel. p. 666. 

Opaca, F très-commun. Dans la Grande Lande, autour des 

ruches d'abeilles. On la prend au vol , mais on 
peut en prendre en quantité dans les ruches elles- 
mêmes après en avoir éloigné les abeilles. On la 
trouve aussi sur les fleurs de chardon. 

Speciosissima, Scop.. . . rare. Sur les aulnes. 

Larve. Vit dans les vieux troncs d'aulnes. \oir Ch. 
Cand., p. 119. Frisch, de Haan. Ratzcburg , 
Burmeister. 

Osmoderma , Lcpell. 

Eremita, L très-rare. Se trouve dans les bûchers. 

Larve. Voir Ch. Cand., p. 117. 

Gnorimus , Lepell. 

Variabilis, L assez rare. Sur les troncs pourris de chênes et de 

hêtres, au milieu des détritus. 
Larve. Elle a été trouvée dans le terreau des sou- 
ches de pins par M. Perris et élevée par lui. — 
Voir Ins. Pin. mar., p. 140. 

Nobilis, L , , commun. Sur les ombellifères. 

Larve. VoirCh. Cand., p. 117. 

Trichius, F. 

Abdominalis. Scht. . . . très-commun. Sur les fleurs, en fauchant dans les 
prairies. 



- 65 - 

Larve. Blanchard. Hist. desins., t. 1, p. 232 ; la 
figure seulement, pi. 7, fig. 5, 6. 

Valgus, Scriba. 

Hemipterus L. . . . , . très-commun. Sur les fleurs les graminées, en fau- 
chant dans les prairies. 
Larve. Lucas. Soc. ent. 1851. Bull. 6, 83, Ch. 
Caud., p. 118. 



STERNOXES. 

BUPRESTHLE. 

Capnoctis ; Esch. 

Tenebrionis, Linn. . . . très-rare. Sur le Prunus spinosa, dans lequel il vît ; 
il est abondant sur le prunelier, dans les envi- 
rons d'Auch. 
Larve. Laporte et Gory. Hist nat. des insectes. 
Col. Buprest, 1840, t. II, p. 3. 

Dicerca , Esch. 

JEnea, L rare. Sur le peuplier, le saule blanc et l'aulne. 

Larve. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876 : p. 390. 

Pœcilonota , Esch. 

Rutilans, F commun. Vit sur le tilleul. 

Larve. Ch. Cand., p. 135. 
Decipiens, Manh. .... très-commun. Vit dans l'orme. J'en ai obtenu plu- 
sieurs centaines d'un morceau d'orme que j'avais 
mis dans ma chambre d'éducation. 
Larve. Muls. et Revelière, 11 e opusc. Ent., p. 86, 
sous le nom de Mirifica, 

Fesliva, L très-rare. Sur le genévrier, dans lequel il vit (Sos, 

P. B.). 
Larve. Lucciani. Soc. ent., 1845. Bull., p. 112. 

5 



— 66 — 

Ancylochira , Esclî. 

Flavomaculata, F assez commun. Sur les troncs de pins récemment 

abattus, lorsque le soleil est très-fort. Il est très 
agile et très-difficile à prendre ; il faut s'appro- 
cher avec précaution et projeter sur lui l'ombre 
de son parapluie. C'est un procédé qui réussit 
assez bien. 

Larve Vit dans le pin déjà assez gros. — Voy. 
Ins. pin. mar., p. 149. — Perris, Soc. ent., 
1854, p. 110. 
8-Guttata, L assez commun. En ballant les branches de pins. 

Larve. Vit dans les jeunes pins. — Yoy. Ins. pin. 
mar. , p. 153. — Perris, Soc. ent., 1854. 
p. 115. 

Eurjthyrea, Sol. 

Carniolica, Herbst. . . . rare. Vit dans le chêne pourri. J'en ai pris un jour 
trois dans la cour de l'hôpital où l'on avait en- 
tassé une grande provision de bûches de chêne. 

Mclaiiophila, Escb. 

Cyanea, F commun. Il s'abat en juillet sur les troncs de pins 

malades ou récemmcnts morls. Comme il préfère 
les arbres sur pied, qu'il est très-agile et que sa 
couleur est sombre; il est très-difficile de le voir 
et de le prendre. La seule manière de se le pro- 
curer en abondance consiste à conserver en lieu 
clos des tronçons de pins habités par sa larve. 
Larve. Vit dans le pin, sous l'écorce et plus tard 
dans l'écorce même. Voy. Perris, Soc ent., 1854, 
p. 121. — Elle a pour parasite le Dracon pal- 
pebrator. 

Deccstigma, F assez commun. En battant des branches de peuplier 

en élé. 
Larve. Vit dans le peuplier. Voy. Perris, Soc. Lin. 
Lyon, 1876, p. 392. 

Appendiculata, F assez commun. Cet insecte, longtemps réputé rare, 

a élé trouvé assez abondamment par suile des 



— 67 — 

incendies qui ont été si fréquents il y a quelques 
années dans nos forêts de pins. C'est à M. Bau- 
duer que nous devons sa vulgarisation. Il vit 
évidemment dans le pin ainsi que sa larve. 

Antaxia » Esch. 

Cichorii, 01 commun. En battant les arbres fruitiers. 

Larve. Yit dans les branches mortes du pommier, 
du prunier et du cerisier. Perris, Soc. Lin. Lyon, 
1876, p. 394. 
Manca, F moins commun. En fauchant dans les prairies sur- 
tout sur les corymbifères. 
Larve. Yit dans l'orme au mois de mars. — Voy. 
Ann. soc. Lin. Bordeaux. 1838. 

Salicis, F rare. Sur les saules. Sos (P. B.). 

Nitidula , L assez rare. En fauchant dans les lieux humides. 

Funerula, Illig commun. En fauchant sur les fleurs de Renoncules, 

de Cistes, des Callha, dont ils rongent les pétales. 
Larve. Vit dans les tiges mortes de YUlex Euro- 
<pœus. — Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876, 
p. 395. 

Morio, F » commun. En fauchant au printemps sur les fleurs 

jaunes de Renoncules. Cet insecte attaque les 
pins de 8 à 1 2 ans malades ou récemment abat- 
tus; il aime surtout à pondre dans l'écorce des 
pieux qui servent de tuteurs et sur la traverse 
des clôtures. 
Larve. Aux approches de l'hiver, et quelquefois seu- 
lement à la fin de cette saison,, elle s'enfonce dans 
l'aubier, et c'est là que s'opèrent les dernières 
métamorphoses. — Voy. Ins. pin. mar., p. 161. 
Perris, Soc. ent. 18S4, p. 120. — Celle larve, 
décrite par M. Perris, est celle du Sepulchralis . 

Sepulchralis, F commun. En mai sur les fleurs des Renoncules, des 

Cistes, des Callha^ 
Larve. Vit sur le pin en avril. Elle a pour parasite 
le Bracon denigralor et le Bracon patyehrator. 

Praticola , Laf moins commun. Sur le Cislus ahjssoïdes, en avril. 

Si le Cistus n'est pas encore en fleur à cette épo- 
que, on le trouve sur les fleurs jaunes de la Tor- 
menlilla wpians ou sur les corolles blanches de la 
Potentilla splendens. 



— 68 — 

Larve. Vit dans l'écorce des branches de pins ré 
comment morts. Voy. 1rs. pin. mar., p. 485. 
Soc. ent., 1862, p. 200. 

Ptosima , Sol. 

Flavoguttata, Illig. . . . assez commun. En fauchant dans les prairies au 
printemps , en battant les branches mortes de 
cerisier. 
Larve. Vit dans le bois mort de cerisier, en avril. 
Voy. Gemminger. Entom. Zeit. Zu.Stet, 1849, 
p. 63. 

Acmœodera , Esch. 

18-Gultata, Pill très-rare. Un seul individu pris sur une clôture de 

pin, à la Teste (Souverbie). 
Taeniata, F commun. En juin, juillet, sur les ombelles, surtout 

les fleurs de carotte. 

Splienoptera, Sol. 

Gemellala, Manh rare. Sur le sable de la plage. 

Larve. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876, p. 398. — 
Elle vit dans les racines de sainfoin. 

Clii'ysobothrys, Esch. 

Afiînis, F assez commun. En battant les branches de chênes et 

de bouleau, aussi sous l'écorce des troncs de ces 
mêmes arbres, 
Larve. Vit sous l'écorce des chênes et se trans- 
forme habituellement dans l'épaisseur de l'écorce; 
mais si l'écorce est trop mince, elle va se trans- 
former dans le bois. — Consulter pour de plus 
longs détails un travail de Léon Dufour, publié 
dans les Annales des sciences naturelles, juillet 
1840. L'insecte que Léon Dufour appelle Chry- 
sosiigma, est le C. Aftinis. — Voy. Perris, Soc. 
Lin. Lyon, 1876, fig. 170, 173, p. 38. 

Solieri, Cast assoz commun. En juillet, sur les branches de pin 

abattues et les tiges de jeunes pins utilisées pour 



— 69 — 

les clôtures et qui nourrissent sa larve. — Pour 
prendre cet insecte, il faut, d'après M. Perds, 
se porter , au mois de juillet, près des jeunes 
pins récemment abattus et frappés par le soleil. 
C'est toujours là qu'il vient s'abattre, dédaignant 
les troncs de vieux arbres qui se trouveraient à 
côté ; il est très-agile. 
Larve. Voy. Ins. pin. mar. , p. 155. Perris, Soc. 
ont., 1854, p. 117. 

* 
Corœfous , Cast. 

Bifasciatus, 01 peu commun. En fauchant sur les fougères autour 

des chênes ou en battant ces derniers ; au vol 

par les fortes chaleurs. 
Larve. Vit dans les branches de chêne. — Voy. 

Muls., 15 op. p. 85, Mœurs. Soc. ent., 1867, 

p. 66. — Abeille de Perrin. — Champenois, 

pet. nouv. ent. n° 43, p. 171. — Perris, Soc. 

Lin. Lyon, 1876, p. 398. 
Undatus, F assez commun. En battant les chênes et les chènes- 

liéges. 
Larve. Vit sur le chène-liége. — Voy. Perris, Soc. 

Lin. Lyon, 1876, p. 402. Mœurs. — Soc- 

ent., 73, CLXXX. 
Rubi, L assez commun. En battant les ronces sur les bords 

des champs. Juin, juillet. 
Elatus, F Peu commun. En fauchant dans les prairies, au 

printemps. 
OEneicollis, Villers.. . . Peu commun. En secouant des branches déjeunes 

chênes tauzins. En juillet. 
Larve. Vit dans les petites brindilles sèches du 

chêne tauzin. — Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 

1876, p. 403. 

Agrilus , Sol. 

b-Gutlatus, Hrbst. . . . rare en chassant, commun par l'éducation des 
larves. 
Larve. Vit sous l'écorce des peupliers qui est dure 
et épaisse. Un entomologiste soucieux de recueil- 
lir les insectes propres au pays qu'il habite, ne 



- 70 - 

doit pas se contenter de battre les champs et les 
bois et de promener son filet sur les herbes ; il 
doit aussi appliquer ses soins et sa patiente acti- 
vité à rechercher les lieux où les insectes on* 
l'habitude de s'assembler, les végétaux ou les subs- 
tances qui leur servent de berceau. Je pourrais 
citer de nombreux insectes en témoignage; mais 
puisqu'il s'agit de TA. §-guttalus, je me borne à 
dire que malgré toute l'ardeur que j'apporte dans 
mes recherches , cet insecte ne m'était jamais 
tombé sous la main ; que M. L. Dufour, qui a 
exploré si longtemps les mêmes contrées, ne 
l'avait jamais rencontré, et qu'un peuplier abattu 
par mon ordre et transporté par tronçons dans 
une annexe de mon cabinet consacrée à ces sor- 
tes de dépôts , m'a fourni, en mai et juin, plus 
de 250 Agrilus (E. P.). — Voy. Verris, Acad. 
des sciences et arts de Lyon, 1851, p. 7. — 
Mœurs. Ancey-Abeille, 1870, p. 88. 

Bigutlatus , F assez rare. Se trouve sous l'écorce des troncs de 

chêne et chène-liége , ainsi que sa larve, qui se 
transforme dans l'épaisseur de l'écorce. — Voy. 
Goureau, An. soc. ent., 1843, p. 23. Ralze- 
burg, die fort insekt. 1, p, 57. 

SinuatUS, 01 assez rare. En battant les poiriers, les aubépines et 

surtout les néfliers. 

Viridis. L commun. Nos vignerons se servent quelquefois de 

branches do saule blanc pour appuyer les vignes; 
ces échalas fixés en terre, poussent toujours quel- 
ques brindilles. Ce phénomène est commun à 
beaucoup d'arbres dont les branches coupées et 
mises en communication avec le sol, ont la pro- 
priété de dépenser en petits rameaux chargés de 
feuilles la sève qui s'est accumulée dans leur 
tissu, jusqu'à ce que le soleil d'août étouffe ce 
simulacre de vie, à moins que des racines ne se 
soient formées si l'arbre en est susceptible. C'est 
sur ces brindilles qu'on trouve fréquemment, au 
mois de juin, V Agrilus viridis, voltigeant au 
grand soleil. On en voit d'autres posés sur l'écorce 
des échalas, et ceux-là sont ou accouplés ou oc- 



— 71 — 
cupés à pondre, car c'est sous celte écorce et à 
ses dépens que doit vivre leur progéniture (E. P.). 
On le trouve également sur le peuplier, le charme 
et le tremble. 
Larve. Elle creuse des sillons entre l'écorce et le 
bois, et pour subir sa métamorphose, s'enfonce 
dans le bois à la profondeur d'un centimètre en- 
viron, y creuse une galerie, puis une loge ovale, 
et c'est dans cette loge qu'elle se change en nym 
plie. — « Voy. Perris, Ac. se. arts, Lyon, 4 851. 
Soc. ent., 1837. D'Aube. — Celte larve a pour 
parasites un Teirastichus, une Alysia, un He- 
miteles. 

Viridis, L. var. Nocivus, 

Ratz La larve vit dans le Myrica gale. 

Ce fait, découvert par M. Perris, est intéressant , 
car, d'après Ratzeburg, la larve du Nocivus vit 
dans les jeunes hêtres. 

Viridis, L. var. Fagi. . . Rare. En battant des hêtres en Armagnac. Sos 
(P. B.) 

Viridis, L. var. Distin- 

guendus Rare. Sur le tremble. 

Pseudocyaneus, K. . . . Très-rare. Deux individus de cette espèce ont été 
seulement trouvés par M. Bauduer. 

Pratensis, Ratz très-rare. Sur les rejets de peupliers. Sos. (P. B.) 

Angustulus, Il très-commun. En battant des branches de ronces, où 

vit sa larve. On le trouve aussi sur le chêne, le 
charme, le hêtre. 
La larve a pour parasite un hyménoptère du genre 
Alysia. Voy. Ratzeburg. — Die forst insect., 
1857, t. p 54. — Perris, Soc. Lin. Lyon , 

1876, p. 385. 
Angustulus, II. var. Ru- 

gicollis, Ratz assez rare. Sur le chêne. 

Scaberrimus, Ratz. . . . très-rare. Sur le chêne et sur l'aulne. — Un indi • 
vidu mâle sur le chêne, en juin 4 876 , et une 
paire, mâle et femelle, sur l'aulne, le 7 juillet 

1877. Sos. (P, B.) 
Laticornii, Illig peu commun. Sur le chêne. 

Olivicolor, K peu commun. En battant les chênes et surtout les 

charmes. 
Hastulifer. Ratz rare. En secouant les branches de chênes, d'aulnes 



— 72 — 

et surtout de chêne tauzin après qu'on l'a écorcé 
et quand la tige reste sur pied. On l'obtient aussi 
d'éducation des bûches de ces arbres. 
La larve se trouve dans les branches mortes de 
tauzin (janvier), dans les branches mortes d'aul- 
nes (mai). — Yoy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 4 876. 
p. 405. 

Graminis, Cast assez rare. Se trouve dans les mêmes conditions que 

le précédent, mais il ne fait son apparition que 
quinze jours ou trois semaines plus tard (P. B.). 
Curtulus, Muls M. Bauduer a pris deux individus de cette rare es- 
pèce, le 1 7 juillet , en battant des chênes tau- 
zins. 
DerasofasciatUS, Lac. . . très-commun. Sur la vigne, en juin et juillet. 

Larve. Vit dans les tiges et les rameaux récemment 
morts de la vigne sauvage et cultivée ; elle rampe 
sous l'écorce en traçant des galeries sinueuses ; 
son existence est de près d'une année, et pour 
se transformer en nymphe, elle pénètre dans le 
bois lorsque l'écorce est mince ou dans les feuil- 
les même de l'écorce, lorsque celle-ci est épaisse. 
( E. P.) Voy. Perris, Acad. se. et arts de Lyon, 
1851, p. 2. 

Linderi, Man très-rare. En battant des branches de pommiers 

sauvages. 

Cinctus, Ob assez rare. En battant le genêt à bala's. 

Larve. Vit soit sous l'écorce , soit dans l'intérieur 
du bois du genêt à balais. — Voy. Perris, Acad. 
se. et arts, Lyon, 1851, p. 9. 
Aurichalceus, Redf.. . . rare. En battant les branches de ronces. 

Larve. Vit dans les tiges malades ou mortes de la 
ronce. — Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876, 
p 406. 
Hyperici, Cr. . . . t. . assez rare. Sur YHyperinm perforatum (mai). 

Larve. Vit dans la lige de VHypericum perforatum. 

— Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876, p. 
406. 

Roscidus, Kiesw commun. Sur la ronce, le tremble, le poivrier, le 

prunier, le néflier. 
Obscuricollis, Kiesw. . . rare. Sur le noisetier (Abeille), sur le chêne (P. B.). 
var. obscurus, Bauduer.. très rare. Sur le chêne. — Cette variété est à 



- 73 - 

VObicuricollis ce que le Rugicollis est à YAn- 
gustulus. 

Reyi, Bauduer très-rare. Sur les cbênes. On le rencontre quinze 

à vingt jours après YObscuricollis ; il se distin- 
gue de cette espèce par la forme de la lame 
prosternale. 

NOTE DE L'AUTEUR. 

Je dépose la plume pour un moment et je la cède ? mon collègue et 
ami, M. Bauduer. C'est une bonne fortune pour moi d'offrir l'hospitalité à un 
travailleur sérieux et bien connu du monde entomologique. Depuis plusieurs an- 
nées, M. Bauduer s'occupe de l'étude des Agrilus ; il a pu recueillir de nombreux 
documents, des types précieux, et c'est le fruit de son expérience qu'il vient con- 
signer dans ce travail sur les Agrilus, qui intéressera, j'en suis convaincu, les 
entomologistes. 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 

11 y a deux ans , j'avais, dans mes différentes chasses, ramassé une grande 
quantité d'Agrilus. Quand je voulus les déterminer , j'éprouvai 1?. plus grande 
difficulté pour arriver à une détermination exacte de certains exemplaires, qui 
pouvaient, par les caractères énumérés par les diîférent auteurs, se rapporter à 
telle ou telle autre espèce, indifféremment. Il fallut donc chercher des caractères 
qui eussent passé inaperçus à des savants comme M. de Kiésenweter, c'était, je 
l'avoue , un peu présomptueux de ma part ; je crois cependant y être arrivé. 
C'est le résultat de ce travail que je livre aujourd'hui aux entomologistes , sous 
forme de tableau synoptique. 

Ce tableau est bien loin de me satisfaire ; cependant, tel qu'il est, je le leur 
soumets, en leur demandant leur indulgence pour cette ébauche. 

Je ne terminerai pas sans remercier tous mes collègues qui ont bien voulu me 
seconder f'un, en me confiant ses insectes, l'autre en m'aidant de ses conseils. Je 
citerai en particulier M. de Kiésenweter, qui a bien voulu me confier tous ses 
types; M. Rey, le savant collaborateur de M. Mulsant; M. Pandellé, l'infati- 
gable explorateur de nos Pyrénées-, M. Pétris , mon excellent maître et ami, le 
savant historien des insectes du pin maritime , qui ont bien voulu me confier , 
soit leur collection, soit des types précieux. Enfin, mon excellent ami, M. Go- 
bert, qui a bien voulu traduire pour moi une certaine quantité de descriptions 
écrites en allemand, langue que je ne connais pas. Si dans ce travail il y a quel- 
que chose ds bon, c'est à eux qu'en revient tout le mérite. 

Une espèce française, décrite par M. de Marseul, m'est restée inconnue; aussi 
je n'ai pu la comprendre dans le tableau synoplyque ; c'est YHemiphanes.. 



- 74 - 

Voici quelques indications qui permettront plus facilement de séparer quel 
ques espèces très-voisines. 

Agrilus sinuatus et mendax, 

Le Mendax se distingue à première vue du Sinuatus par la couleur vert doré 
brillant du dessous du corps et par l'allongement et la gracilité des articles des 
tarses postérieurs. Je ne parle pas de l'absence d'une tache soyeuse juxla-suturale 
formée de poils blonds dorés , car cette tache soyeuse n'est visible que chez les 
exemplaires très-frais du Sinuatus. 

Agrilus lineola et viridis. 

Il sera toujours facile de reconnaître le Lineola et de le séparer nettement 
du Viridis et de ses nombreuses variétés, au moyen des caractères suivants : dans 
la Lineola y la pubescence est condensée à la base des segments abdominaux et 
les rides du pronotum sont très-fines et serrées, tandis que dans le Viridis et 
toutes ses variétés la pubescence est uniformément répandue sur toute la surface 
de l'abdomen, et les rides du pronotum sont très-fortes et espacées. 

Agrilus viridis et auriehalceus. 

VAurichakeus est excessivement voisin du Viridis, et je ne trouve pour les 
séparer que le caractère suivant ; dans le Viridis, la largeur des élytres aux 
épaules ne dépasse pas le sommet des angles postérieurs du pronotum, tandis 
que dans VAurichakeus les épaules dépassent le sommet des angles postérieurs du 
pronotum. 

Agrilus laticornis , angustulus et scaberrimus. 

Les mâles de ces trois espèces sont assez faciles à distinguer entre eux , mais 
les femelles présentent beaucoup plus de difficulté. Le Laticornis mâle a les an- 
tennes fortement dilatées à partir du 4 e article; V Angustulus mâle a les anten- 
nes normalement conformées, mais il porte deux tubercules sur le premier seg- 
ment abdominal -, le Scaberrimus mâle a les antennes normalement conformées, 
et le premier segment abdominal sans trace de tubercules. Pour séparer nette- 
ment les femelles de ces trois espèces, il faut avoir recours à la forme du pro- 
longement du prosternum entre les hanches antérieures ; c'est à ce prolongement 
que j'ai appliqué le nom de lame prosternale ; comme j'ai remarqué que la forme 
de cette lame était constante dans tous les Agrilus que j'ai examinés, cela m'a 
permis de séparer nettement les trois espèces. La forme de la lame est la môme 



- 75 - 

pour les mâles et '.es femelles de la même espèce. Cela exposé, voici en quoi dif- 
fèrent les femelles des trois espèces qui nous oecupent : Dans YAngustulus fe- 
melle, la lame est parallèle entre les hanches; dans le Laticornis femelle, elle a 
la forme d'un losange très-court dont les hanches antérieures ont une ouverture 
de 106 à 410 degrés; dans le Scaberrimus femelle, la lame a encore la forme 
d'un losange, mais il est beaucoup plus allongé, les angles opposés situés entre les 
hanches antérieures ayant une ouverture de 1 40 à 1 50 degrés. 

Agrilus obscwricolïis et Reyi. 

Ces deux espèces ne se distinguent en réalité que par la forme de la lame 
prosternale, et dans presque toutes les collections que j'ai vues, j'ai trouvé les 
deux espèces mélangées sous le nom YObscuricollis. J'avoue même que j'aurais 
été fortement embarrassé pour savoir à laquelle des deux je devais conserver le 
nom ^obscuricollis f si je n'avais eu sous les yeux un exemplaire typique obligeam- 
ment communiqué par M. de Kiésenwetteb. Dans le Reyi, la lame prosternale 
est identiquement conformée comme celle du Scaberrimus , tandis que celle de 
YObscuricollis est semblable à celle de l' Anguslulus . De plus, je ferai observer 
que quoique se trouvant dans les mêmes localités et sur la même essence d'ar- 
bres, elles ont une époque d'apparition différente. Je prends à Sos les deux es- 
pèces sur les chênes et aussi sur le charme ; mais YObscuricollis se trouve du 15 
mai jusque vers le 8 juin, tandis que le Reyi ne commence à paraître que vers le 
20 juin. 

Voici maintenant quelques indications sur les plantes, arbustes et arbres sur 
lesquels se trouvent les différentes espèces d'Agrilus français que je connais : 
Hypericum perforatum. . . Agrilus hyperici. 

Artemisia Agrilus Artemisiae (Brisoul, Pellet). 

Cistes Agrilus cisti (Brisout, Lethierry). 

Saule Marceau Agrilus Guerini (Brisout, Lebrun, Rouget). 

Agrilus subauratus (Bris). Agrilus laticornis 
(Lethierry). 

Noisettier Agrilus angustulus, Agrilus olivicolor. 

Chênes Agrilus biguttatus, Agrilus viridis, Agrilus an- 
gustulus ( Brisout, Pandellé, Rey), Agrilus 
laticornis, Agrilus caerulœus (Brisout, Le- 
thierry), Agrilus curtulus (Pandellé, Rey) r 
Agrilus hastulifer (Gobert), Agrilus graminis, 
Agrilus obscuricollis, Agrilus Reyi. 

Charme Agrilus viridis, Agrilus olivicolor (Brisout). 

Hêtre Agrilus viridis (Brisout, Pandellé). 

Erable » Agrilus angustulus, Agrilus olivicolor (Brisout), 

Agrilus obscuricollis. 



— 76 - 

Poirier Agrilus Roscidus, Agrilus sinualus (Puton). 

Néflier Agrilus sinualus, Agrilus Roscidus. 

Aubépine Agrilus sinualus. 

Pommier Agrilus Linderi. 

Ronce , . . . Agrilus aurichalceus (Pcrris), Agrilus Roscidus. 

Peuplier Agrilus sexguttalus (Perds), Agrilus pratensis 

(Rrisout, Lebrun). 

MyricaGale Agrilus viridis (Terris). 

Genêts Agrilus cinclus (Perris, Pandellé). 

Ajoncs Agrilus antiquus (Mayel). 

Cytise Agrilus Baudii (Baudi, Kiésenwetter). - 

Vigne. , Agrilus dcrasofasciatus (Perris, Brisout, Le- 

thierry, Pandellé). 
Chêne Agrilus tenuis (Brisout) , Agrilus convexicollis 

(Brisout). 

Tremble Agrilus viridis (Brisout). 

Framboisier Agrilus aurichalceus (Brisout). 

Rosier , . . Agrilus viridis (Brisout). 

Ormeau Agrilus convexifrons (Rey). 

Bouleau Agrilus Betuleti (Brisout). 

Tableau synoptique des Agrilus de France. 

1 Elytres terminées en pointe à. l'extrémité 2 

Elylres arrondies à l'extrémité qui est plus 

ou moins denticulée 3 

2 Les pointes longues et divergentes. Guerini (Lacord.). 

Les pointes courtes et droites. Sex-gutlatus (Herbst.). 

3 Dernier segment abdominal arrondi au bout. 4 

Dernier segment abdominal échancré ou 

sinué au bout 28 

4 Elytres marquées chacune d'une tache de poils 

blancs bien marquée, Biguttatus (Fab.)- 
Elylres sans taches de poils blancs 5 

5 Elylres glabres 6 

Elytres pubescentes 16 

6 Ecusson portant une carène transversale suivie 

d'une coulisse 7 

Ecusson sans trace ni do carène ni de coulisse. Subauratus (Gebl.). 

6 Angles postérieurs du pronotum sans carène 8 

Angles postérieurs du pronotum carénés 9 

8 Bronzé sur tout le corps, mentonnière arron- 



10 



11 



ta 



13 



14 



15 



16 



47 



18 



- 77 — 

die, vertex fortement sillonné, abdomen sans 

pubescence soyeuse blancbe. Integerrimus (Ratz.). 

Bleu ou vert sur les élytres ; tête, pronotum et 
dessous doré brillant ; mentonnière sinuée; 
vertex très-faiblement sillonné -, abdomen 
garni d'une pubescence soyeuse blanche Auricollis (Kiesw.)' 

Pronotum marqué d'une fossette latérale , 
lisse. Pseudocyneus (Kiesw.). 

Pronotum sans fossettes latérales lisses 10 

Abdomen pubescent ; la pubescence condensée 
à la base do chaque côté des segments ab- 
dominaux, Lineola (Kiesw.). 

Abdomen pubescent ; la pubescence uniforme 

sur tout l'abdomen 4 1 

Mentonnière fortement sinuée ou échancrée 4 2 

Mentonnière arrondie ou à peine sinuée 4 4 

Taille grande de 9 à 1 1 millimètres 4 3 

Taille petite inférieure à 7 millimètres. Pratensis (Ratz.). 

Violet cuivreux en-dessus et en-dessous, tarses 

postérieurs robustes, peu allongés. Sinuatus (Oliv.). 

Violet cuivreux en- dessus, vert doré en-des- 
sous, tarses postérieurs grêles et allongés. Mendax (Manh.). 

Bout des élytres sans denticules. Betuleti (Ralz.). 

Bout des élytres denticules 4 5 

Taille plus grande, verlex sans sillon bien 
marqué; élytres dilatées aux 2/3 postérieur 
aussi larges que le prolorax 12 la base. Viridis (Linné). 

Taille plus petite , vertex avec un sillon bien 
marqué ; élytres subparallèles plus larges 
que le prothorax à la base. Aurichalceus (Redt.). 

Pronotum sans trace de carène sur les angles 

postérieurs. Hyperici (Creutz.). 

Pronotum avec les angles postérieurs carénés 4 7 

Carènes des angles postérieurs du pronotum 

courtes 4 8 

Carènes des angles postérieurs du protonum 

longues, prolongées le long du bord latéral 26 

Carènes peu arquées, peu sensibles 4 9 

Carènes très-arquées, très-marquées , rejoi- 
gnant presque le bord latéral vers son mi- 
lieu SO 



— 78 - 

19 Grand, cuivreux, brillant, mcntonière à peine 

saillante. Solieri (Cast.). 

Plus petit, bronzé ; mcntonière large et sail- 
lante. Gisti (Bris.). 

20 Elylres creusées le long de la suture d'un sillon 

garni d'une pubescence plus dense que le 

reste de l'élytre 21 

Elytres sans sillon le long de la suture 24 

21 Sillon profond, limité en dehors par une ligne 

élevée, saillante 22 

Sillon moins profond, non limité en dehors par 

une ligne élevée, saillante^ 23 

22 Taille plus petite ; bronzé cuivreux, brillant 

sur toute la surface. Linderi (*Wars.). 

Taille plus grande ; bronzé obscur sur les ely- 
tres, bronzé doré sur le pronotum. Ginctus (Oliv.). 

23 Eiytres fortemeut dilatées aux 2/3 ; corps 

épais, verlex avec un sillon bien marqué. Anliquus (Muls.). 
Elylres subparallèles ; corps moins épais, ver- 

tex sans sillon bien marqué. Baudii (Baudr.). n. sp. 

24 Elylres légèrement déprimées le long de la 

suture, avec la pubescence sensiblement 

plus dense dans la dépression. Proximus(Baud.) n. sp. 
Elylres sans trace de dépression Je long de la 
suture; pubescence uniforme sur toute la 
surface 25 

25 Vertex très-convexe, sans trace de sillon dans 

son milieu. Convexifrons (Liesw.). 

Yertcx peu convexe, avec un sillon bien mar- 
qué dans son milieu. Prasinus (Muls.). 

26 Taille grande de 8 à 1 millimètres 27 

Taille petite, 6 1/2 millimètres au plus. Roscidus (Kiesw.). 

29 Pronotum marqué dans son milieu d'un sillon 
longitudinal, étroit, profond, non inter- 
rompu au milieu ; abdomen parsemé de 
mouchetures de poils blancs. Albogularis (Gast.). 

Pronotum marqué dans son milieu d'un sillon 
large, peu profond, interrompu au milieu ; 
abdomen pubescent, sans mouchetures de 
poils blancs. Artemisiœ (Bris.). 

28 Elytres glabres 29 



— 79 — 

Elytres pubescentes 39 

29 Antennes très- fortement dilatées à partir du 

quatrième article. Laticornis (Illig.). a* 
Antennes sans dilatation sensible 30 

30 Deux tubercules sur le premier segment abdo- 

dominal.| 31 

Pas de tubercules sur le premier segment ab- 

minal 32 

31 Grande mentonière sans sinuosité distincte; 

tubercules allongés. Tenuis (Ratz.). <j* 

Petite mentonière assez fortement sinuée ; tu- 
bercules courts. Angustulus (Illig.). o* 

32 Pronotum rétréci à la base 33 

Pronotum non rétréci à la base. Convexicollis (Redt.). 

33 Corps large, épais, front et vertex fortement 

et profondément sillonné ; élytres non den- 
ticulées à leur extrémité. Cœrulœus (Rossi). 
Corps étroit, moins épais ; vertex à sillon peu 
marqué ; élytres denticulées à leur extré- 
mité 34 

34 Mentonière fortement sinuée 35 

Mentonière très-faiblement sinuée 37 

35 Lame prosternale parallèle entre les hanches 

antérieures, acuminée au bout. Angustulus (Illig.)* $ 

Lame prosternale dilatée entre les hanches 

antérieures 36 

36 Dilatation très-forte ; dessous du corps noir 

bronzé assez luisant. Laticornis (Illig-)* 9 

Dilatation de la lame prosternale moins pro- 
noncée ; dessous du corps d'un vert brillant. Scaberrimus (Ratz.). 

37 Taille grande de 8 à 10 millimètres. Tenuis (Redt.). 9 
Taille petite de 5 1/2 millimètres au plus.' 38 

38 Lame prosternale subparallèle , couleur plus 

obscure. Obscuricollis (Kiesw.). 

Lame prosternale dilatée entre les hanches 

antérieures; couleur assez brillante. Reyi (Baudr.). n. sp. 

39 Elytres pubescentes sur toute leur surface 40 

Elytres transversalement dénudées après leur 

milieu 42 

40 Premier segment ventral bttuberculé. Olivicolor (Kiesw.). a* 
Premier segment ventral inerme 41 



— 80 - 

41 Etroit, allongé, taille plus petite. Olivicolor (Kiesw.). 9 
Large, épais, court, taille plus grande. Curtulus (Muls.). 

42 Antennes dentées à leurs côtés interne et ex- 

terne. Graminis (Cast.). a* 
Anlennnes simplement dentées à leur côté in- 
terne 43 

43 Premier segment abdominal bituberculé. Hastulifer (Ralz). a* 
Premier segment abdominal inerme 44 

4i Pronotum creusé d'un sillon médian, profond, 
atteignant le bord antérieur ; élytres enfu- 
mées à leur extrémité. Hastulifer (Ratz. ). £ 
Pronotum creusé d'un sillon médian, peu pro- 
fond , n'atteignant pas le bord antérieur ; 
élytres concolores à l'extrémité 4?> 

45 Taille plus grande : dernier segment abdomi- 
nal impressionné à l'extrémité. Graminis (Cast.). 2 
Taille plus petite; dernier segment abdominal 

sans impression à l'extrémité. Derasofasciatus (Lacd.). 

DESCRIPTION D'ESPÈCES NOUVELLES. 
Agrilus proximus (Rey inédit) Bauduer. 

Allongé, assez luisant, bronzé, légèrement cuivreux, à peine pubescent. Tête 
rugueusement ponctuée ; vertex convexe , ridé longitudinalement ; pronotum ridé 
en travers, à rides ponctuées , légèrement impressionné sur son disque , plus 
fortement sur les côtés, à angles postérieurs obtus, surmontés d'une carène fine, 
arquée, n'atteignant pas le milieu des côtés. Elytres squammuleuses , arrondies 
séparément au bout, finement denticulées à leur extrémité. 

o* Front cuivreux, crochets des tarses égaux, armés d'une dent à la base. 

$ Front vert, crochets des tarses inégaux, l'externe des antérieurs et des in- 
termédiaires bifide au bout , tous les autres armés à leur base d'une dent sub- 
émoussée. 

Longueur : 4 à 5,8 millimètres; largeur: 4 à 4,2 millim. 

Tète ridée, ponctuée ; vertex assez grossièrement et longitudinalement ridé 
obsolètement sillonné sur son milieu. 

Yeux ovales, légèrement sinués sur le front vus de face. 

Antennes courtes à 4 er article gros, obeonique 5 le 2° renflé, obeonico-ova- 
laire ; le 3 e obeonique, plus grêle et un peu plus court que le 2 e ; les 4 e à 4 e 
graduellement plus courts , fortement mais obtusémenl dentés à leur angle an- 
téro-inlerne ; le 4 4 e subelliptique. 



- 81 - 

Pronotum très -transversal, légèrement bisinué en dedans, fortement trisinué à 
la base, à angles antérieurs très-fortement abaissés, à côtés arrondis sans sinuo- 
sité distincte au-devant des angles postérieurs, qui sont obtus et chargés d'une 
carène fine, arquée ; creusé d'un sillon médian interrompu au milieu, d'une im- 
pression peu profonde sur le milieu des côtés du disque et d'une autre plus grande 
et plus forte vers la marge latérale ; assez fortement ridé, ponctué en travers. 

Ecusson cordiforme, finement chagriné , surmonté d'une carène transversale 
presque droite, suivie d'une coulisse. 

Elytres plus larges à leur base que le pronotum, cinq fois environ plus lon- 
gues que celui-ci, à impression basilaire bien marquée, à calus humerai peu 
saillant ; légèrement déprimées le long de la suture, qui se relève à partir à 
peu près du milieu ; sinuées sur les côtés vus latéralement, légèrement dilatées 
aux deux tiers de leur longueur, arrondies séparément au bout, finement denti- 
culées au sommet, squammuleuses , très-légèrement pubescentes, pubescence un 
peu plus épaisse dans la dépression suturale. 

Dessous du corps bronzé verdâtre, recouvert d'une pubescence fine et courte ; 
prosternum à peine sinué en avant, à lame prosternale oblongue, lancéolée , 
émoussée au bout. Ventre finement aciculé ponctué, à dernier segment arrondi au 
sommet. 

Pieds éparsement pointillés, légèrement pubescents, d'un bronzé verdâtre , tar- 
ses plus obscurs; cuisses, surtout les postérieures, renflées; jambes antérieures et 
intermédiaires arquées au moins à leur base, postérieures droites, finement pec- 
tinéessur les deux tiers de leur tranche externe, excepté près du sommet. 

Patrie. — Cette espèce a été trouvée dans les environs de Lyon par M. Rey, 
qui me l'a communiquée sous ce nom que j'ai cru devoir conserver ; M . Valéry 
Mayet m'en a soumis plusieurs exemplaires pris par lui dans les environs de 
Montpellier et a bien voulu en enrichir ma collection. 

Rapports et différences . — Cette espèce se rapproche beaucoup des Agrilus 
cindus, Linderi, Baudii, avec lesquels on pourrait la confondre ; cependant elle 
en est bien distincte par sa taille, sa pubescence très-peu dense et surtout par la 
dépression juxta-suturale très- peu marquée ; elle a aussi des rapports avec VAu- 
richalceus, mais elle s'en distingue tout d'abord par sa pubescence 5 YAurichalceus 
est complètement glabre. 

Agrilus Baudii (Baildlier). 

Allongé, assez brillant , bronzé un peu clair, pubescent ; tête rugueusement 
ponctuée ; vertex longitudinalement ridé ; pronotum ridé en travers légèrement 
impressionné sur son disque et sur les côtés ; angles postérieurs obtus, à som- 
mets arrondis, surmontés d'une carène fine, arquée ; élytres densément squam- 
muleuses, arrondies séparément à leur extrémité, très-finement den ticulées lout- 
à-fait à leur sommet. 

6 



— 82 — 

cf" Front vert ; crochets dos tarses inégaux, les deux antérieurs, l'externe des 
intermédiaires bifides à l'extrémité, les autres armés d'une dent mousse un peu 
avant la base. 

9 Front cuivreux, crochets des tarses subégaux, armés à la base d'une dent 
plus courte qu'eux. 

Longueur : 6 à 7, 8 millim.-, largeur : 1, 2 à*, 5 millim. 

Tête rugueusement ponctuée, bi-impressionnée entre les yeux qui sont légè- 
rement sinués vus de face ; verlex fortement et longitudinalement ridé obsolète- 
ment sillonné dans son milieu. 

Antennes courtes , à 4 or article très-renflé, obeonique; 2« fortement renflé, 
obeonico-ovalaire ; 3 e de même forme que le 2 e , plus grêle et plus court; 4 e à 
4 e graduellement plus courts, fortement mais obtusément dentés à leur angle 
antéro-interne ; 1 \ c subelliptique. 

Pronotum beaucoup plus large que long, légèrement bisinué en devant , for- 
tement trisinué à la base, finement ridé , ponctué en travers ; très-légèrement 
impressionné sur son disque, plus fortement sur les côtés, à angles antérieurs 
fortement abaissés, à côtés arrondis très-légèrement sinués au-devant des angles 
postérieurs qui sont obtus, à sommet arrondi et surmonté d'une carène fine, ar- 
quée , n'atteignant pas la marge latérale. 

Ecusson cordi forme, obsolètement pointillé, traversé par une carène subarquée 
suivie d'une coulisse. 

Elytres à peine plus larges à la base que le pronotum, cinq fois et demi en- 
viron plus longues que celui-ci, à impression basilaire, large, peu profonde, à 
calus humerai peu saillant, largement déprimées le long de la suture qui est 
relevée à partir de son quart antérieur ; légèrement sinuées sur les côtés vus la- 
téralement au niveau des hanches postérieures, sans dilatation sensible aux deux 
tiers de leur longueur ; allant en se rétrécissant à partir de ce point jusqu'à leur 
sommet, arrondies séparément, Irès-fincmcnt denliculées à l'extrémité. 

Dessous du corps verdâtre, luisant, revêtu d'une pubescence pâle, fine et 
courte. Proslcrnum arrondi en avant, à lame postérieure allongée, parallèle , 
arrondie au sommet. Ventre aciculé ponctué à dernier segment arrondi au bout. 

Pieds éparsement ponctués, légèrement pubescents, bronzés verdâlres ; tarses 
plus obscurs , jambes antérieures et intermédiaires subarquées ; postérieures 
droites, finement pectinées sur les deux tiers de leur tranche externe. Premier 
article des tarses de la longueur des deux suivants réunis. 

Patrie. — Celte espèce m'a été communiquée par M. <le Kiesenwetter, sous 
le nom de Cinclus, variété venant de Tricste. Mon savant collègue, M. Baudidc 
Selve, m'en a envoyé deux exemplaires sous le nom de Cylisi Baudi, inédit , 
pris par lui dans les Alpes, sur le cytise. Je le lui ai dédié comme témoignage 
d'admiration pour ses beaux travaux sur les coléoptères et en particulier la fa 
mille des Ténébrionides. 



— 83 — 

Rapports et différences. — Cette espèce ne peut être confondue qu'avec 
les Agrilus cinctus, antiquus et proximus. Elle diffère du premier par la couleur 
verte du dessous du corps et par la dépression suturale non nettement limitée en 
dehors par une ligne élevée; du second, par son vertex à peine visiblement 
sillonné, sa forme plus parallèle, ses élytres non ou à peine dilatées aux deux 
tiers de leur longueur; enfin elle diffère du troisième par une taille plus grande, 
les élytres plus parallèles et une conformation différente des crochets des 
tarses. 



Agrilus Keyi (Bauduer). 



Allongé, étroit, peu convexe, vert olive clair, assez luisant ; tête convexe, 
ridée ponctuée , vertex avec un large sillon médian , ridé longitudinalcment ; 
pronolum fortement ridé ponctué , creusé d'un large sillon médian et de deux 
impressions latérales bien accusées, à angles postérieurs obtus, surmontés d'une 
forte carène arquée, atteignant le milieu; élytres densément squammuleuses , 
obtusément et séparément arrondies à l'extrémité, finement denticulées à leur 
sommet. 

o* Front vert. Crochet des tarses antérieurs externe, des intermédiaires bifides 
à l'extrémité, interne des intermédiaires et les deux des postérieurs armés d'une 
dent plus courte que le crochet. 

9 Front cuivreux. Tous les crochets armés à leur base d'une dent large. 

Longueur : 3,8 à 4,5 millim.; largeur : 0,8 à 1 mill. 

Il est inutile de donner la description détaillée de cette espèce, qui, en réalité, 
ne diffère de YObscuricollis que par les caractères suivants : la couleur est moins 
obscure même dans les individus les plus foncés ; les tarses postérieurs sont un 
peu plus grêles, mais la différence capitale réside dans la forme de la lame pos- 
térieure du prosternum, qui est parallèle dans le véritable Obscuricollis , et en 
losange allongé dans le Reyi. Pour la description détaillée de YObscuricollis, je 
renvoie à la description de M. de Marseul, qui est très-exacte. Abeille, t. III, 
pages 491 et 492. 

Cette espèce a vraisemblablement été confondue par tous les entomologistes 
avec YObscuricollis ; M. Rey le premier m'a signalé le caractère qui les sépare. 
Je la lui ai dédiée en témoignage d'admiration pour ses beaux travaux. 

Cette espèce se trouve dans les mêmes lieux que YObscuricollis ; elle vit comme 
lui sur le chêne, le charme ; mais, au moins dans nos contrées, elle est un peu 
plus tardive que lui. Je l'ai vue de Lyon (Key), Pyrénées (Pandellé), Allier 
(Desbrocher), Paris, (Bedel), Aube (Lebrun), Landes (Perris, Gobert). Sos ! elle 
est médiocrement commune. 

P. Bauduer. 



— 84 - 

Trachys. F. 

Minuta, L commun. En battant les branches de saules. 

Larve Voy. Deyden, Berl. Ent. Zeit. 1562, p. 61. 

Soc. ent., 1862. B. L. XVI. 

Pygmœa, F commun. En fauchant sur les malvacées. 

Larve. Elle est mineuse des feuilles de malvacées. 

Voy. Leprieur, Compte-rendu, 1867, p. 314 

(rapport par Duméril), Soc. ent., série 4, t. I, 

p. 459. 
Troglodytes, Gyl commun. En fauchant sur les fleurs dans lès lieux 

humides, surtout sur les Inula. Juin. 
Pumila, Illig commun. En fauchant dans les prairies, sur les 

menthes. 
Larve. Vit dans les feuilles de la mentha rotun- 

difolia et Pulegium, dans le stachys recta. 

Voy. Perris, Abeille, 1870, p. 31. Frauen- 

feld, soc. zool. Bot. Vien. 1864. 
Pandellei, Fairm. = 
Triangularis, Lacd. . . très-rare. En fauchant sur les Erodiums de di- 
verses espèces (P. B.\ et sur les genêts à balais. 
Fragaria?, Bris Un seul individu sur un fraisier sauvage. — Sos 

(P. B.). 
Marseuli, Bris Un seul individu pris en fauchant dans une prairie 

où il y avait beaucoup de salvia pratensis. 

M. Brisout l'indique sur cette plante. 
Nana, Herbst rare. En fauchant dans les lieux secs. Sos (P. B.). 

Aplianisticus Lalr. 

Emarginalus, F. . . . très-commun. En fauchant sur les joncs et dans les 
lieux humides. 
Larve. Elle est mineuse des feuilles et des tiges du 
Juncus articulatus, D. C. et obtusiflorus, 
Erh. — Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876, 
p. 407, fig. 182-188. 

Pusillus, Ol plus rare. En fauchant sur les joncs et sur les her- 
bes cà et là. 

Bedeli,Bauduer (inédit). . très-rare. En fauchant dans les endroits secs. 
M. Bauduer en a pris un individu sur un Hype- 
rtcum . 



- 85 — 
THROSCIDjE. 

Throscus Latr. 

Dermestoïdes, L commun. En battant les aulnes et les saules le long 

des ruisseaux, dans les détritus d'inondation. — 
Avec L. fuliginosus, Mœrkel. 

Carinifrons, Bouv. . . . assez commun. En hiver dans les mousses et les 
lichens du chêne. 

Elateroïdes, Heer rare. En fauchant dans les bois. Sos (P. B.). 

Obtusus, Curt. ..... commun. En fauchant dans les prairies, au vol le 

soir. 

Drape tes, Redt. 

Equestris, F très-rare. En secouant des fagots de cbêne, en 

juin. 

EUCNEMIDyE. 

Rielasis, 01. 

Buprestoïdes, L assez rare. En battant des bois d'aulnes assez ré- 
cemment morts. 
Larve. Elle creuse dans le bois d'aulne des galeries 
déprimées et nettement taillées. Elle est lignivore. 
Voy. Erichson, Arch. de Wiegm, 4 848, \, 
p. 84. — Guérin, Soc. ent., 4 843, p. 4 63. 
Perris, Soc. ent., 1847, p. 541. — Nordlin- 
ger, Ent. Zeit Stettein, 1848, p. 226. 

Eucnemis, Ahr. 

Capucinus, Ahr très-rare. Trouvé par M. Bauduer entre les feuil- 
lets d'un orme dont le bois avait été décompo-é 
par la pourriture sèche. 
Larve. Cussac, Soc. ent., 1857. Bull. p. 74. — 
— Perris, Soc. ent. , 1871. Eucnémides de 
M. de Bonvouloir, p. 49. — Avec F. rufila- 
bris (Mœrkel). 



- 86 - 

Microrliagus, Esch. 

Pygmacus, F très-rare. Touvé à Sos par M. Bauduer sous 

Técorce des chênes morts. 

rais h s. Dur. 

Unicolor, Latr très-rare pendant longtemps. M. Bauduer l'a de- 
puis trouve abondamment dans une souche pour- 
rie de chêne. 
Larve. Elle est lignivore. — Voy. Perris , Soc. 
ent., 1871 , Eucnémides, loc. cit., p. 31. 

ELATERID/E. 

Adelocera, Latr. 

Carbonaria, Schrk. . . . rare. Sous les écorces un peu soulevées des souches 
et des troncs de pin (mai-juin). 
Larve. Se trouve dans la vermoulure des troncs et 
des souches de pin, labourés par des larves de 
Longicornes. — Voy. Perris, Ins. pin. mar. 6, 
178. — Soc. ent., 1854, p. 140. 

Varia, Ol très-rare. Trouvé à Sos par M. Bauduer. 

Larve. Guérin, Soc. ent., 1845. Bull., p. 104. 
— Blisson, Soc. ent., 1846, t. IV, 2 e série, 
p. 65. 

Lacon, Cast 

Murinus, L très-commun. En fauchant dans les prairies, sur 

les fleurs, au vol en été. 
Larve. Voy. Chap. Cand., p. 142. 

Drastcrius, Esch. 

Bimaculatus, Rossi. . . . très-commun. Sous les pierres, les écorces, dans 
les détritus des inondations, sous les détritus 
végétaux en décomposition. 
Larve. Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1877, p. 24, 
f. 215-216. 



— 87 - 

Elater, L. 

Sanguineus, L très-commun. En août et septembre et même en 

hiver dans les souches pourries de pin. 
Larve. Dans les vieilles souches de pin pleines de 
vermoulures et habitées principalement par des 
larves de Longicornes. — Voy. Ins. pin. inar., 
p. 487. —Soc. ent, 4854, p. 4 48. — Bou- 
ché, Naturg derlnsekl, 4 824, p. .4 85, n° 6. 

Cinnabarinus, Esch . . . rare. En battant des branches de pêchers ; se trouve 
aussi mais très- rarement dans le pin. 

Sanguinolentus, Schrk. . assez rare. Sous l'écorce des vieux saules. Je l'ai 
trouvé sur des graminées en été. 

Pomonae, Steph. .* . . . très-rare. Dans les vieilles souches de pin. 

Praeustus, F commun. Dans les vieilles souches de pin avec le 

Sanguineus. 
Larve. Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 4 877, p. 4 0. 

Pomorum, Geoff assez rare. Sous l'écorce des vieux arbres fruitiers 

et dans les troncs d'aulnes. 
Larve. Oeeger, Sitzber-wien. acad. wiss , 4 854. 
— Curtis, Soc. ent., 4 853, p. 43. 

Crocatus, Geoff. rare. En battant les branches d'aulnes. Sos (P. B.). 

Larve. Vit dans les souches d'aulnes, nourrissant 
ou ayant nourri des larves de Dorcus paralle- 
lipipedus, de trichius abdominale, de stran- 
galia aurulenta. — Yoy. Perrrs, Soc. Lin. 
Lyon, 4 877, p. 4 4. 

Elongatulus. 01 rare. Sous l'écorce des saules pourris.; sous l'écorce 

des vieux cerisiers. Avril 4 874 (Duverger-Dax). 

Balteatus, L assez rare. Dans les bois morts, surtout celui du 

saule. Dans les Pyrénées il vit dans le sapin 
pourri. 
Larve. Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 4 877, p. 4 4. 

Rufîceps, Muls assez rare. Vit sous l'écorce des chênes, sous des 

petits lichens blancs. Celte découverte est due à 
mon ami Bauduer. D'après lui , c'est également 
dans ces conditions qu'on trouve le Corymbites 
bipustulatus et sa variété, le throscus carini- 
frons et le rare Camptorhinus simplex. 

Megerlei, Lacd. très-rare. En battant des haies. 

iEthiops, Lacd rare. Dans la pourriture du chêne -, en battant les 

fleurs de chêne. 



— 88 — 
Nigerrinius, Lacd rare. Dans les vieilles souches de pin et de chêne. 

Megapenthes , Kiesw. 

Tibialis, Lacd assez rare. En battant les saules ; dans les vieux 

troncs de chêne-liege en hiver. Sos (P. B.). 
Dans le chàtaigner. 
Larve. M. Pénis rapporte dans les Annales de la 
Société Linnéenne de Lyon, 1877, p. 4, qu'il a 
trouvé plusieurs individus de cette larve ainsi 
que des nymphes et des insectes parfaits, dans 
un vieux châlaigner creux, dont le bois, qui 
avait déjà nourri des larves tfAnobium , de 
Helops et autres , était altéré et ramolli par 
l'humidité. J'ai des raisons de croire, dit-il, 
qu'elle vivait des déjections et des dépouilles des 
larves qui l'avaient précédée et, à l'occasion, de 
celles que ses cheminements à travers ce bois 
tendre et presque feuilleté pouvaient lui faire 
rencontrer. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'aux 
approches de la métamorphose elle creuse dans 
les couches ligneuses une cellule en ellipse dé- 
primée, car c'est dans ces conditions qu'on trouve 
la nymphe. 

Lugens, Redt rare. Dans les vieux chênes-liège pourris. 

Larve. id. Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 

1877, p. 5. 

Sanguinicollis P Un seul individu pris sur les fleurs de carottes, en 

juin. Sos (P. B.). 

Betarmon, Kiesw. 

Bisbimaculatus, Sch. . . rare. Sur des ronces dans des lieux ombragés, sur 
le bord des ruisseaux, en juillet. 

Cryptohypnus, Esch. 

Rivularius, Gyl assez commun. Sous les pierres au bord des eaux 

douces. 

4-Pustulatus, F assez commun. Bords de la Leyre, sur le sable. 

Pulchellus , L Plus rare. Bords des ruisseaux, sous les pierres et 

dans les racines du Triticum repens , au dé- 
pens desquelles la larve paraît se nourrir. 



- 89 — 

Curtus , Germ rare. Sous les pierres au bord des eaux. 

Lapidicicola, Germ. . . . commun. Sur les graviers de l'Adour. Saute avec 
une grande agilité; il est assez difficile à prendre. 
Minutissimus, Grm. . . rare. En battant les haies. Sos (P. B.). 

Cardiophorus, Esch. 

Thoracicus, F commun. Dans les maisons et en secouaut les toi- 
tures de chaume. 

Ruficollis, L rare. Vit dans les souches de pin ; se trouve par- 
fois englué à la résine du tronc. 
Larve. Schiodte, Icc. cit., p. 496. 

Rufipes, Fourc très-commun. Partout, en fauchant dans les prai- 
ries, en battant les arbrisseaux. 
Larve. Se trouve dans le sable, au pied des vieux 
chênes , dans les détritus des nids de L fuligi- 
nosus. — Voy Perris, Soc. Lin. Lyon, 1877, 
p. 41, f. 204-208. 

Nigerrimus, Er rare. En secouant les pins sur le littoral. 

Asellus, Er assez commun. Sur le seigle, en été. 

Larve. Schiodte, p. 494. 

Ebeninus, Grm peu commun. En battant les chênes en juin, juillet. 

Atramentarius, Er. . . . très-rare. En battant les pins. 

Cinereus, Herbst très-rare. En fauchant dans les marais desséchés. 

Agnathus, Cand très-rare. Pris à Sos dans un marais sous des plan- 
tes coupées. 

Equiseti, Herbst très-rare. En fauchant çà et là. 

Melanotus, Esch. 

Niger, F peu commun. En fauchant sur les plantes basses 

des dunes. 
Larve. Bouché, Naturg. derlnsekt. 4 834, p. 4 86, 
n° 8. 

Brunnipes, Grm plus commun. Au vol au coucher du soleil en été. 

Castanipes, Payk très-commun. En battant les chênes et au vol le 

soir en été. 
Larve. Vit dans les vieux chênes vermoulus. — 
Voy. Schiodte, loc. cit., p. 513. — Perris, 
Soc. Lin. Lyon, 4 877, p. 4 7. 

Rufipes, Herbst plus rare. Sous les écorces des pins. Quelquefois on 

le prend au vol au déclin du jour. 

7 



- 90 - 

Larve. Vit dans le chêne (juin). On latrouveéga- 
lemcnt sous Pécorce des gros pins morts, déjà 
labourée par les larves de Rhagium et des 
OEdilis, des excréments desquels elle se nour- 
rit — Voy. Tns. pin. mar , p. 172 — Perris, 
Soc. ent, 1854, p. 134. — Bouché, Naturg. 
der lnsekt, 1834, p. 185, n° 7. 

Limonius, Esch. 

Nigripes, Gyl Irès-commun. En fauchant dans les prairies et sur 

les fleurs au printemps. 
Cylindricus, Payk. . . . plus rare. id. id. 

Parvulus, Panz peu commun. En battant les chênes. Sos (P. B.). 

Minutus, L très-rare. En tamisant des feuilles en hiver. Sos 

(P. B.). 
Lythrodes, Germ Un individu trouvé à Dax par M. Duverger , en 

fauchant cà et là. 

Bructeri, Panz rare. En fauchant dans les prairies. 

Larve. Schiodle, loc. cit. y p. 517, sous le nom 

de Elater (Pheletes) Bructeri. 

\tiious, Esch. 

Rufus, Deg assez rare. Nocturne ; juin, juillet. Sous les écor- 

ces de pin soulevées, sous les troncs couchés à 
terre ; parfois sous les pots qui servent à re- 
cueillir la résine d'après le système Hugues. 
Larve. Vit au collet de la racine des vieux pins 
morts et des vieilles souches, parmi les vermou- 
lures, mêlées d'excréments, laissées par diverses 
larves de Longicornes. — Voy. Ins. pin. mar., 
p. 181. — Perris, Soc. ent., 1854, p. 143. 

— Schiodle, loc. cit., p. 522. 
Rhombeus, Ol très-rare. En battant des chênes. Vit dans le chêne, 

le pin, l'aulne, probablement même sur le chà- 
taigner. 
Larve. Dufour , Ann. des sciences nat., 1840, 
2» série, t. XIV, p. 41, pi. 3 B, fîg. 1 et suiv. 

— Perris, 1ns. pin. mar., p. 135; Soc. ent., 
1854, p. 143. 

Niger, L commun. En battant des chênes, en fauchant dans 

les prairies, souvent aussi au vol le soir. 



— 91 - 

Larve. Chap. Cand., p. 144, pi Y, fig. 1. 
Hœmorrhoïdalis, F. . . . commun. En battant les arbres et souvent sur les 

fleurs en fauchant. 
Larve. Scbiodte, loc. cit., p. 525, sous le nom 

de Ruficaudis, Gyl. 

Vittatus, F rare. En fauchant çà et là. 

Longicollis, 01 assez commun. Sur les graminées, parfois aussi sur 

les arbustes. 
Difformis, Lacd commun. En fauchant. Trouvé en nombre le 25 

mai 4 871, au coucher du soleil, endormis sur 

des feuilles A' orties et de verbascum. 

Corymbites , Latr. 

Hœmatotes , F peu commun. En battant les saules j sur les ter- 
rains sablonneux en pente. La 9 pl us rare - 

TessellatUS, L peu commun. En fauchant sur les pins (souverbie), 

aussi dans les lieux humides et les prairies. 
Larve. Scbiodte, loc. cit., sous le nom tfElater 
( tactocomus) tessellatus. 

Holosericeus, F plus commun. En battant les arbres et en fauchant 

dans les prairies sur le genêt à balais. 

Latus, F commun. En battant les arbustes, en fauchant 

dans les prairies, aussi au vol dans les terrains 
secs et calcaires. 
Larve. Vit dans la terre, soit d'autres larves ou 
insectes, soit de racines. Elle cause parfois des 
dégâts aux fleurs des jardins. — Voy. Perris, 
Soc. Lin. Lyon, 1877, p. 17, fig. 209-212. 

Bipustulalus, L peu commun. Se prend dans les mêmes conditions 

et variété que VElater ruficeps. 

Cruciatus, L assez rare. En battant des noisetiers. 

Larve. Vit dans le chêne (avril, juin). 

Ludius, Latr. 

Ferrugineus, L très-rare. Sous les écorces et dans le tronc des 

vieux arbres. 
Larve. Février -, souches de Robinier. Avril , 
souche vermoulue de chêne. — Voy. Blisson , 
Ann. soc. ent., 1846, p. 65, pi. n. n° 1, 
fig. 4.— Muls., Soc. Lin. Lyon, 1856, p. 190. 
Opusc. 7, p. 187. 



— 92 - 

Agriotes , Esch. 

Pilosus, Panz rare. Au vol le soir ; en battant les arbres et les 

buissons. 
Ustuladus, Schal. et var. 
Blandus, Germ. . . . commun. En fauchant dans les prairies, sur les 
fleurs, surtout les corymbifères . 
Larve. Vit dans la terre où elle ronge le collet des 
racines de diverses plantes qu'elle fait périr; elle 
est chez nous quelquefois très-nuisible, comme 
la chenille de VAgrotis segetum, au maïs, à la 
betterave, au tabac (E. P.). — Voy. Perris, 
Soc. Lin. Lyon, 1877, p. 22, ûg. 214. 

Sputator, L commun. id. id. 

Larve. Paraît être nuisible aux plantes potagères, 
surtout aux salades. — Voy. Kollar, Naturg der 
schaedl. insekt, 1837, p. 149. 

Lineatus, L très-commun. Sur les corymbifères au printemps et 

en été. 
Larve. Fait beaucoup de mal aux récoltes, telles 
que maïs , betteraves, laitues , etc. Elle 
mange les graines sous terre après l'ensemence- 
ment. — Voy.de Geer, Mém.,1752, t. IV, 
p. 155, pi. V, fig. 23-25. — . Bouché, Naturg. 
der Insekt, 1834, p. 186, n° 9, tab. VIII, 
fig. 34. — Kollar, Natur. der Schaedl Insekt 
1837, p. 105. 

Obscurus, L commun. En fauchant dans les prairies (juin). 

Larve. Voy. Marsham, Trans. of the Linn. soc, 
t. IX, pi. XVIII, fig. 4. — Westwood. Introd. 
to themod. class. 1839, t. I, p. 233, fig. 24 
(14-19). 

Sobrinus, Kiesw commun. En Armagnac, sur les fleurs de sureau et 

sur les saules qui les avoisinent (mai-juin); n'a 
pas encore été trouvé en Chalosse ni dans la 
Lande. 

Gallicus, Lacd rare. En fauchant çà et là et en battant les arbres 

et les buissons. 

Sericosomus , Reds. 

Brunneus, Kiesw. et var. 



- 93 — 

Fugax, F rare. Ed fauchant sur les fleurs au printemps et 

en été. 
Marainatus, L plus commun. Sur les fleurs de sureau. 

Ctenonyehus, Steph. 

Filiformis, F peu commun. Sur le Salix viteîlina. 

Adrastus, Esch. 

Limbatus, F très-commun. Partout, surtout en fauchant dans les 

prairies et en battant les saules. 

Pallens, F très-commun. id. 

Pusillus, F très-commun. id. 

Humilis, Er moins commun. En battant les haies sur le para- 
pluie au printemps. 

Campylus , Fisch. 

Linearis, L assez rare. En fauchant sur les pins ; le soir au 

vol autour des aulnes dans les terrains maréca- 
geux. 
Larve. Chap Caud p. 147. — Mein., Soc. se. 
Liège, VIII, p. 486, pi. V, fig. 2. 



Séance du 19 décembre -1877. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance comprend les livraisons et volumes 
des Sociétés correspondantes et des Revues, et, en outre, 
l'ouvrage suivant : 

Catalogue des plantes vasculaires du département de l'Avey- 
ron, par Antoine Bras. Villefranche, 1877. 558 p. in-8° et 
carte. 

La Société remercie M. Bras de s'être souvenu qu'il était 
un de ses membres correspondants ; elle charge M. Desjar- 
dins de faire un rapport sur ce livre. 



— 94 - 

M. Peyronnet, pharmacien à Rabastens, membre titulaire, 
fait don d'une série d'ossements tertiaires d'Issel (Aude). 
Remerciements. 

M. le Trésorier dépose ses comptes pour l'année écoulée. 
MM. Izarn et Lasserre sont chargés de les examiner. 
Le Président annonce une présentation. 

M. Balansa, au nom de la commission chargée d'examiner 
l'herbier donné par M. de Larembergue, s'exprime en ces 
termes : 

« La commission (1 ) que vous avez nommée pour exami- 
ner la collection de plantes sèches offerte à la Société par 
M. de Larembergue, a l'honneur de vous faire son rapport. 

» Cette collection se compose de douze centuries publiées 
par M. Schultz. Elle est en bon état de conservation. 
% » Vous connaissez, Messieurs, l'importance de cette pu- 
blication classique ; aussi votre commission vous propose- 
t-elle de la mettre en état d'être consultée par les botanis- 
tes. En effet, Messieurs, les plantes sèches que les botanistes 
ont l'habitude de publier en centuries, ne ressemblent guère 
à un herbier, bibliothèque végétale plus utile, plus indis- 
pensable encore que celle des livres. Dans ces centuries, les 
plantes non classées ne peuvent être consultées qu'avec la 
plus grande difficulté ; n'étant pas en outre empoisonnées, 
elles sont sujettes à être dévorées par les insectes. Votre 
commission vous propose donc de faire empoisonner et 
classer les plantes offertes. Ce sera le noyau d'un herbier 
de France, herbier indispensable à une société dont l'étude 
de l'histoire naturelle est le but. 

» Votre commission vous propose, en outre, de voter des 
remerciements à M. de Larembergue. » 

L'auteur, membre titulaire fondateur, donne lecture du 
mémoire suivant : 

(1) Cette commission se composait de MM. Desjardins, Izarn et 
Balansa. 



— 95 — 

Catalogue des Mammifères des Pyrénées; 
ParM.E. TRUTAT. 

Les Pyrénées ont depuis longtemps le privilège d'attirer 
tous les ans de nombreux naturalistes, et tour à tour zoolo- 
gistes, botanistes ou géologues viennent récolter dans nos 
montagnes de nombreux documents. 

Malgré cela, une étude générale de la chaîne reste encore 
à faire, et tandis que nous possédons de nombreuses mono- 
graphies des continents éloignés, les Pyrénées n'ont pas 
encore eu l'honneur d'une exploration complète. 

Ce n'est pas à dire pour cela qu'il n'a été rien publié ; 
tout au contraire, il n'y a pas de branche de l'histoire natu- 
relle des Pyrénées qui n'ait donné lieu à quelque mémoire ; 
mais ces travaux sont épars de tous côtés, et le plus ordi- 
nairement ils n'ont trait qu'à une région fort limitée. 

En attendant que cesse pareil état de choses , j'ai cru 
qu'il y aurait quelque intérêt à publier le résultat de mes 
observations sur les vertébrés de nos montagnes, et je com- 
mence cette série de catalogues par celui des mammifères. 

Je n'ai nullement la prétention de signaler exactement 
toutes les espèces que peut renfermer cette riche région ; 
et malgré mes nombreuses explorations et toutes mes recher- 
ches, je ne doute pas qu'il y ait encore plusieurs espèces à 
ajouter à cette première liste. 

Les travaux publiés sur cette classe de vertébrés ne sont 
pas nombreux ; le premier en date est dû à Philippe Picot 
de Lapeyrouse ; il est intitulé : Tables méthodiques des mam- 
mifères et des oiseaux de la Haute-Garonne. Toulouse, 
an VII (4799). 

Ces tableaux indiquent 43 espèces et 5 variétés. 

Le second travail est du docteur Gompanyo et forme la 
3 e partie de son Histoire naturelle des Pyrénées- Orientales. 
Perpignan, 1863. 



— 96 — 

Le docteur Companyo signale 89 espèces ou variétés. 

Enfin, M. de Bouille a donné dans le tome 1 des Comptes- 
rendus du Congrès scientifique de Pau, 1873, une note sur 
les Mammifères des Pyrénées, dans laquelle il n'énumère 
que 25 espèces ; car il ne compte ni les petits rongeurs, ni 
les taupes. 

Malgré le mérite réel de ces trois études, il n'en reste pas 
moins vrai qu'aucune d'elles ne peut être considérée comme 
faisant connaître la faune mammalogique des Pyrénées.. 

FAMILLE DES CHÉIROPTÈRES 

( CHAUVE-SOURIS). 

Les Chauves-souris ne sont pas, à proprement parler, 
des animaux de montagne, et malgré toute mon atten- 
tion, je n'ai pu constater leur présence dans les hautes 
régions. Lorsque au contraire l'on explore les grottes des 
vallées, les chauves-souris se rencontrent par milliers, et 
les espèces sont également nombreuses. Dans certaines 
cavernes de l'Ariége , au Mas-d'Azil, à Lherm, à Bédeilhac, 
les déjections accumulées par ces animaux forment des dé- 
pôts énormes, et les montagnards n'ont pu encore épuiser 
ces puissants approvisionnements d'engrais. Je dois même 
ajouter que c'est grâce à ce matelas peu aromatique de 
guano , que j'ai dû de ne pas me briser la tête lors d'une 
chute dans le caveau de Tantale de la grotte de Lherm. 

Il est assez ordinaire de trouver réunies dans la même 
station, trois et quatre espèces différentes; ainsi, dans la 
grotte du Mas-d'Azil, il est très-facile, pendant les froids de 
l'hiver , de faire une abondante récolte de rhinolophes, 
d'oreillards et de vespertilions. Ces espèces si différentes 
s'accrochent pêle-mêle dans les excavations du plafond de 
la grotte, dans les points à l'abri de toute infiltration, points 
que l'on a quelquefois baptisé : les cloches. 

Lorsque ces animaux sont engourdis par le froid, ils suffit 



- 97 — 

de lancer des pierres au milieu des grappes de chauve-souris 
pour les faire tomber par centaines sur le sol. 
Les espèces que nous pouvons citer sont : 

Rhinolophe grand fer-à-cheval 

Rhinolophus unihastatus (Schinz). 

Je n'ai jamais rencontré cette espèce dans les Pyrénées 
centrales; mais elle est assez répandue dans les Pyrénées- 
Orientales. M. Gompanyo la dit très-abondante dans les sou- 
terrains de la forteresse de Salces. Le grand fer-à-cheval est 
surtout une espèce méditerranéenne ; elle encombrait au- 
trefois les réduits des fortifications d'Aigues-Mortes ; mais 
on lui a fait une guerre tellement acharnée dans ces der- 
nières années, qu'elle deviendra rare d'ici à peu de temps. 

Rhinolophe petit fer-à-cheval. 

Rhinolophus bihastatus (Geoffroy). 

Le petit fer-à-cheval se rencontre, de loin en loin, dans 
la grotte de Lherm, au Mas-d'Azil ; il est toujours rare, et 
suspendu seul et isolé dans les recoins les plus éloignés. 

Vespertilion murin. 

Vespertilio murinus (Daubenton). 

Abondant dans les grottes des basses vallées, mais cepen- 
dant moins commun que l'espèce suivante dont il se dis- 
tingue facilement par une taille plus grande (43 à 45 centi- 
mètres d'envergure) et par son ventre blanchâtre. 

Vespertilion pipistrelle. 

Vespertilio pipistrelus (Daubenton). 

Pelage roux enfumé uniforme, de petite taille (17 à 49 cen- 
timètres) ; de beaucoup le plus abondant au Mas-d'Azil , à 
Lherm, etc., etc. 

Vespertilion sérotinc. 

Vespertilio serotinus (Daubenton). 

La sérotine est rare partout ; elle est facile à reconnaître 



- 98 — 

par les verrues que portent sa lèvre supérieure, et par son 
pelage brun fauve. Elle vit isolée, par paires et hiverne plus 
longuement que les autres espèces. 

Oreillard commun. 

Plecolus auritus (Geoffroy). 

Isolé dans toutes les cavernes, dans les combles des vieux 
édifices ; se reconnaît facilement à ses oreilles, de longueur 
égale à celle du corps. 

M. Companyo cite encore comme habitant les Pyrénées- 
Orientales les 

Vespertilio emarginatus (Geoffroy). 

— noctula (Daubenton). 

— barbastellus (Daubenton). 

FAMILLE DES INSECTIVORES 

Les insectivores forment une petite famille des plus inté- 
ressantes. Gomme les Chéiroptères, toutes ces espèces : hé- 
risson, taupe, musaraigne, sont nocturnes et ne chassent 
que pendant la nuit. Aussi, pendant longtemps, les mœurs 
de ces animaux ont-ils été complètement ignorés ; et sans 
aucun doute il y aurait de ce côté bien des sujets d'obser- 
vation pour le naturaliste. 

Hérisson commun 

Erinaceu Europa;us (Linné). 

La répartition du hérisson dans la région pyrénéenne sem- 
ble fort inégale : ainsi le D' Companyo affirme que cette es- 
pèce se rencontre très-rarement dans les Pyrénées-Orientales. 
Le hérisson est au contraire très-abondant dans les plaines des 
Pyrénées centrales; aussi est-il permis de croire que la ra- 
reté du hérisson dans le Roussillon n'est qu'apparente. En 
effet, la présence de cette espèce passe souvent inaperçue ; 
le hérisson est essentiellement nocturne, et c'est toujours 



- 99 - 

par l'effet du hasard que les chiens d'arrêt le rencontrent 
dans les fourrés. 

Dans ce cas, il arrive souvent qu'ils ne font aucune at- 
tention à cette boule piquante et passent à côté ; les jeunes 
chiens , au contraire , s'acharnent après cette innocente 
bête et se mettent la gueule en sang sans parvenir à lui 
faire abandonner sa position de défense. 

Malgré tout, le hérisson est beaucoup plus abondant dans 
les fourrés de la plaine que dans les vallées de la monta- 
gne ; je ne l'ai jamais observé dans les hautes régions. 

MUSARAIGNE (Sorex). 

Les musaraignes sont confondues par le vulgaire avec les 
petit rongeurs qui habitent nos champs : rats, campa- 
gnols, etc., etc. ; cependant il est facile de reconnaître les 
espèces de ce genre lorsqu'elles tombent sous la patte d'un 
chien ou d'un chat. Jamais ces animaux, si friands cepen- 
dant de petites proies vivantes, ne mettent la dent sur une 
musaraigne, et cela à cause des glandes sébacées que portent 
ces animaux sur leurs flancs et d'où s'échappe une humeur 
acre et fétide. 

musaraigne musette. 

Sorex araneus (Linné). 

Commune partout, très-voisine de l'espèce suivante dont 
elle se distingue par une taille moindre et par ses deux in- 
sives inférieures blanches. 

musaraigne carrelet. 

Sorex tetragonurus (Hermann). 

Brun canelle en dessus, grisâtre en-dessous, incisives in- 
férieures noirâtres ; queue plus grosse et plus longue que 
la précédente. Je n'ai rencontré cette espèce qu'une fois 
dans les prairies de la vallée du Touch (Haute-Garonne). 



- 100 - 

Musaraigne rayée. 

Sorex lineatus (Geoffroy). 

Cette espèce, regardée par beaucoup d'auteurs comme une 
simple variété, se reconnaît facilement à une bande blanche 
qui va du front aux narines : elle a été indiquée par le D r 
Gompanyo dans les prairies humides de Gollioure. 

musaraigne des Alpes. 

Sorex Alpinus (Schinz). 

Je n'ai rencontré cette espèce intéressante qu'une seule 
fois au Plan des Estangs (massif de la Maladetta). Elle est 
d'un gris uniforme et de la taille de la musaraigne d'eau. 
Voici la diagnose de cette espèce : S. unicolor schistaceo mu- 
rinus, cauda longa supra niyricante, infra aïbida. 

Musaraigne d'eau. 

Sorex Daubentonii. 

Espèce aquatique, atteignant parfois une grande taille : 
20 cent. Rare partout. 

Nous réunissons sous le nom de Musaraigne de Dauben- 
ton les deux espèces aquatiques appelées par les auteurs : 
Sorex fodiens (Pallas), et Sorex remifer (Geoff.), cette der- 
nière espèce n'étant pour nous qu'une variété de grande 
taille. 

La Musaraigne de Daubenton varie beaucoup de couleur; 
le plus ordinairement, les sujets pris dans les vallées sont 
plus foncés que ceux qui proviennent des régions plus 
élevées. 

Desman. 

Mygale Pyrenaica (Geoffroy). 

Nous voici arrivés à l'espèce la plus intéressante de la 
famille des insectivores et peut-être môme de tous les 
mammifères des Pyrénées. Il est, en effet, bien singulier 



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— 101 — 

que cet animal si remarquable soit resté inconnu aux na- 
turalistes jusqu'en 4825 , époque à laquelle M. Rouais , de 
Tarbes, le signalait à Geoffroy ; presqu'à la même époque, 
il était reconnu à Saint-Laurent de Cerdans parleD r Com- 
panyo. 

Le desraan est une sorte de grande musaraigne aqua- 
tique chez laquelle le nez s'est prolongé en une trompe 
effilée. Cet organe est formé par deux conduits cartila- 
gineux accolés l'un à l'autre et qui représentent les na- 
rines ; cette trompe est mise en jeu par des muscles parti- 
culiers qui permettent au desman de la mouvoir en tous 
sens, et font de cet appareil un organe de tact presque 
semblable à la trompe de l'éléphant; ajoutons qu'elle porte 
de longs poils soyeux qui viennent concourir également 
à cette fonction. 

Une particularité à signaler encore, est la présence à la 
base de la queue d'une glande odorante qui répand une 
forte odeur musquée. Cette odeur est tellement tenace que, 
même après les préparations du montage, ces petits ani- 
maux la conservent pendant de longues années. 

Le desman des Pyrénées mesure de 23 à 30 centimètres de 
long, la queue comptant pour la moitié de la longueur to- 
tale ; son pelage est marron sur le dos, gris-brun sur les 
flancs, et argenté sous le ventre ; sur le dos surtout, l'extré- 
mité de tous les poils est irisée comme chez la taupe dorée 
du Gap. Cette irisation est surtout visible sur les sujets plon- 
gés dans l'alcool. 

Le desman est un animal aquatique à la manière de la 
loutre : il habite de longs terriers creusés dans les berges 
des vallées de la montagne ; il ne sort sur terre que la nuit et 
ne se prend guère que par hasard. Il existe cependant deux 
moyens de se procurer des desmans : le premier est de 
Rendre des pièges amorcés avec de gros insectes vivants ; le 
second, plus fructueux, consiste à visiter avec soin les meu- 
lons de foin nouvellement coupé, il n'est pas rare de trou- 



- 102 - 

ver caché sous le foin quelque desman surpris dans ses 
chasses nocturnes par le lever du soleil. 

Le desman habite toutes les vallées des Pyrénées, mais 
il est rare partout. Dans ces derniers temps, M. Graélls, du 
musée de Madrid, l'a signalé assez avant en Espagne. 

Taupe. 

Talpa Europœa (Linné). 

La taupe est, de tous les insectivores, l'espèce qui s'élève 
le plus haut dans la montagne ; elle se trouve aux pieds 
même des glaciers, et nous l'avons rencontrée en abondance 
sur le plateau de Pena-Blanca et dans toutes les hautes 
vallées qui entourent la Maladetta : Malibierne, Plan des Ai- 
gouillats, lac de Paderne, etc., etc. Dans les basses vallées 
elle fait souvent de tels dégâts, que les montagnards lui font 
une chasse acharnée. Seulement les taupiers sont quelque- 
fois fort étonnés de ne pas prendre une seule taupe dans 
leurs pièges , et de trouver tous les terriers occupés par 
diverses espèces de campagnols; aussi est-il toujours fruc- 
tueux pour le naturaliste à la recherche des petites espèces 
de s'adresser aux chasseurs de taupes. 

Une variété connue sous le nom de taupe d'Alais se ren- 
contre quelquefois dans les vallées élevées ; je ne sais trop 
encore quelle valeur l'on peut accorder à cette espèce dont 
le caractère consiste uniquement dans la couleur qui est 
uniformément d'un jaune nankin. 

Les taupes blanches se rencontrent de temps en temps , 
et le D r Companyo a signalé d'assez nombreuses variétés de 
pelage : mélange de noir, de jaune et de blanc, que nous 
n'avons jamais rencontré pour notre part. 

FAMILLE DES CARNASSIERS 

La famille des carnassiers, peu abondante en espèces et 
surtout en individus, voit tous les jours diminuer le nombre 



- 103 - 

de ses représentants ; une chasse active a déjà détruit pres- 
que totalement le loup ; l'ours devient de plus en plus rare, 
et renard, genette, marte, fouine sont activement recher- 
chés par les pelletiers. Dans certaines localités des hautes 
vallées de la Garonne et de l'Aude, ce commerce est assez 
important pour occuper un certain nombre de chasseurs , 
et ils trouvent dans cette industrie de fort belles rémuné- 
rations. 

Ours des Pyrénées. 

Ursus arctos (Linné). 

Var. Pyrenaicus (Cuvier). 

Dans la période géologique qui a précédé l'époque actuelle 
et jusque dans les premiers temps de l'homme dans nos 
régions, les ours ont été les maîtres souverains des Pyré- 
nées. Une espèce de taille et de force colossales habitait 
les nombreuses grottes de la région ; ses ossements sont 
tellement nombreux en certaines localités, dans la grotte 
de Lherm surtout, que c'est par milliers que nous avons pu 
les recueillir. Mais cette espèce, le grand ours des cavernes 
{ursus spelœus), a bientôt disparu et avec elle la grande 
faune de cette période : le mammouth, le rhinocéros, le 
lion des cavernes, la grande hyène, etc., etc. 

De nos jours les ours sont une rareté presque introuvable, 
et je ne mets pas en doute qu'un malheureux animal de 
cette espèce n'habiterait pas huit jours une grotte sans en 
être délogé par un chasseur ou par un simple berger. 

L'ours des Pyrénées , que bien des auteurs veulent éle- 
ver au rang d'espèce sous le nom d'Ours des Asturies, n'est 
cependant qu'une simple variété de l'ours brun, Ursus 
arctos (Linn.). 

D'après Schinz, voici les diagnoses qu'il convient d'ap- 
pliquer à l'espèce type et à la variété des Pyrénées : 

Ursus arctos : U. fronte supra oculos convexa, rostor 



- 104 - 

abrupto alternato ; plantis podariorwn mediocribus , vellere 
fusco vel nigro. 

Ursus Pyrenaicus : Vellere flavicante ; pilis apice flavidis, 
cœterum fuscis, capite saturatius flavido ; pedibus nigris. 

En résumé, les caractères de l'ours des Pyrénées ne ré- 
sident que dans la coloration du pelage ; et d'après nos 
observations, cette coloration varie extrêmement; elle peut 
aller du marron foncé au fauve clair, presque isabelle. Nous 
possédons au musée de Toulouse ces deux colorations ex- 
trêmes ; cependant, même dans le sujet le plus foncé, l'ex- 
trémité des poils est fauve : pilis apice flavidis ; il est vrai 
que ce sujet a été tué en hiver; et sur des peaux de sujets 
tués en été, cette coloration disparaît et alors le brun ordi- 
naire est la couleur générale. 

M. Bazin a même décrit dans les Actes de la Société lin- 
néenne de Bordeaux, un ours tué aux environs de Ludion , 
et chez lequel la couleur isabelle était extrêmement claire; 
mais ce devait être là un cas d'albinisme. 

Le seul caractère que nous n'avons jamais vu manquer, 
est la coloration des pieds, pedibus nigris, ainsi que la cou- 
leur de la jarre du pelage qui est toujours noire chez les 
ours des Pyrénées, passant quelquefois au gris, tandis qu'elle 
est toujours plus ou moins brune chez les ours du Nord ou 
de-l'Allemagne, 

L'ours devient de plus en plus rare ; sa peau , sa 
graisse, sa chair atteignent une valeur considérable ; aussi 
les montagnards lui font-ils une guerre acharnée ; en été, 
il est de toute impossibilité de le chasser régulièrement, et 
c'est pendant les neiges que les traques s'organisent : partie 
de chasse assez dangereuse , non pas que l'ours soit un 
dangereux gibier, mais par l'inadvertance des chasseurs qui 
tirent souvent à tort et à travers et blessent plutôt leurs 
voisins que l'ours qu'ils attendent. 

Dans le massif de la Maladetta j'ai assez souvent rencontré 
des ours; mais une fois seulement, dans la vallée de Malibierne , 



— 105 — 

je me suis rencontré à découvert avec un d'eux. Je chassais 
alors une petite espèce de bec-fin propre à cette région, et 
quoique le fusil en main, il m'a été de toute impossibilité de 
tirer ce maître Martin ; il ne m'eut pas plutôt aperçu que, 
tournant bride , il se mit à dégringoler une pente des plus 
rapides avec une vitesse vertigineuse ; jamais je n'aurais pu 
croire que cet animal aux formes lourdes, à l'air gauche, 
pût détaler avec une telle vélocité : huit jours plus tard, les 
bergers espagnols tuaient à l'affût ce même animal. 

La chasse à l'ours s'est longtemps pratiquée dans les 
montagnes de l'Ariége par les habitants du petit village 
d'Ustou ; c'était chez eux une véritable spécialité, et pres- 
que chaque famille avait son ours dressé avec lequel se 
faisait en été la tournée des stations thermales. 

L'un de ces montagnards s'était acquis une juste réputa- 
tion de force et de courage par ses exploits : il partait seul 
à la recherche de son adversaire, simplement armé d'un 
énorme coutelas , mais le dos et la tête cuirassés par une 
triple épaisseur de cuir de bœuf; l'ours trouvé, il cher- 
chait à lui couper la route et le forçait à se dresser sur ses 
pattes de derrière ; il fondait alors sur lui, s'étendait par 
terre, et pendant que l'ours s'acharnait sur sa cuirasse, il 
lui ouvrait le ventre avec son coutelas. Je ne sais le nom- 
bre de victimes ainsi éventrées, mais il était considérable. 
Aujourd'hui pareille chasse est devenue impossible , et , 
d'un autre côté, je ne sais si le chasseur d'Ustou trouverait 
beaucoup d'imitateurs. 

Genette vulgaire. 

Genetta Yulgaris (Cuvier). 

La genette est beaucoup plus abondante sur le versant 
sud des Pyrénées que sur le versant nord ; en Espagne elle 
fait l'objet d'un commerce important. Cependant, chez nous 
elle est encore assez abondante et elle descend assez avant 
dans les plaines ; c'est ainsi que nous avons au Musée de 

8 



— 106 — 

Toulouse un sujet tué dans la forêt de Bouconne, aux por- 
tes de Toulouse , et un autre dans la forêt de la Grésigne, 
non loin d'Albi. 

Pendant longtemps les naturalistes ont regardé cette es- 
pèce comme africaine, et sa présence en Espagne était indi- 
quée comme preuve d'une ancienne communication entre 
ce pays et l'Afrique. Mais, petit à petit, la genette a été si- 
gnalée dans les départements méridionaux, et il semble 
certain maintenant qu'elle remonte jusqu'aux bords de la 
Loire. 

Loup commun. 
Canis lupus (Linné). 

Le loup devient extrêmement rare dans les Pyrénées, et 
bientôt cette espèce sera complètement éteinte, grâce à la 
chasse à la strychnine. Le loup et le renard sont, en effet, 
les deux espèces qui se prennent le plus souvent aux bou- 
lettes empoisonnées. 

Cependant, les grandes forêts de la vallée supérieure de 
l'Aude abritent encore des loups ; et ceux-ci sont surtout 
remarquables parleur grande taille et leur pelage clair. 

Chien «les Pyrénées. 

Il ne nous est pas possible de passer sous silence le chien 
des Pyrénées, cette magnifique espèce, que tous les touris- 
tes admirent dans nos montagnes. Elle est de haute taille , 
admirablement musclée ; la tête large et forte, les yeux in- 
telligents ; les oreilles ordinairement tombantes ; les pattes 
larges et palmées ; le fond du pelage est toujours le blanc, 
et sur celui-ci se détachent de larges taches noires ou 
jaunes. 

Dans la haute montagne, ils portent de larges colliers 
hérissés de pointes, et souvent cette armure les empêche 
d'être étranglés parles ours; leur voix retentissante sert 
souvent à écarter pendant la nuit l'ours ou le loup. Il est 



— 107 — 

vrai que leur odorat est d'une subtilité telle qu'ils signalent 
la présence d'un de ces dangereux voisins à une distance 
incroyable. 

Enfin, le chien des Pyrénées est quelquefois digne des 
chiens du Saint-Bernard, et la chienne Méra , de l'Obser- 
vatoire du Pic du Midi , a déjà conquis ses titres de no- 
blesse en allant au secours de voyageurs égarés dans la 
nuit; à notre dernière ascension au Pic, 26 décembre 4876, 
cette intelligente bête nous avait signalés au général de 
Nansouty une heure avant notre arrivée, et elle venait nous 
joindre au bas du défilé. 

Le Renard. 

Vulpes vulgaris (Brisson). 

Le Renard abonde dans toutes les Pyrénées ; son pelage 
varie du brun foncé au fauve clair ; j'en ai même vu un 
presque blanc pris à Luchon par un garde forestier. 

Chat sauvage. 

Felis catus (Linné). 

Le chat sauvage est assez rare dans nos montagnes, il vit 
seul, isolé, et ce n'est que par les temps de neige qu'il est 
possible de l'approcher. L'on rencontre, au contraire, assez 
souvent des chats marrons , chats domestiques échappés 
dans les forêts et devenus sauvages; ces derniers se dis- 
tinguent du chat sauvage par une taille moindre et par des 
couleurs moins tranchées et dans lesquelles on arrive à 
distinguer quelques poils jaunes , ce qui n'arrive jamais 
chez le chat sauvage. 

Lynx. 

Felis lynx (Linné). 

Le lynx est presque complètement détruit dans les Py- 
rénées ; je ne connais que trois sujets provenant bien réel- 
lement de la région : l'un tué dans la forêt de Paderne 



- 108 — 

(Maladetta), les deux autres cités par le D r Gompanyo et 
provenant tous deux des Pyrénées-Orientales , de la forêt 
de Formiguières et de Salvanère : la dépouille de ce der- 
nier figure dans les collections du Musée d'Histoire natu- 
relle de Perpignan. 

Blaireau. 

Mêles taxus (Schreber). 

Le blaireau monte peu dans la montagne; il choisit tou- 
jours les parties les mieux cultivées, car il trouve ainsi plus 
facilement les fruits dont il raffole (le maïs et les raisins). 
Sa nourriture animale consiste en petits rongeurs qu'il 
chasse toujours de nuit. 

Sans être rare, le blaireau n'est pas commun, et sa four- 
rure est très-recherchée par les harnacheurs. 

Marte. 

Muslela martes (Linné). 

La marte fournit la fourrure la plus estimée de nos pelle- 
tiers, mais elle est aussi l'espèce la plus rare que recherchent 
nos chasseurs de fourrures. Elle vit isolée dans les grands 
bois de sapin, et se prend au piège , pendant les temps de 
neige surtout. Cette espèce est assez facile à confondre avec 
la fouine ; mais, ainsi que l'indique le D r Gompanyo : 

« La marte se distingue de la fouine par la finesse de 
son poil et particulièrement par la tache jaune qu'elle porte 
sous la gorge, et par les poils qui garnissent la plante de 
ses pieds. » 

Fouine. 

Mustela foina (Linné). 

Beaucoup plus commune que l'espèce précédente, et en 
différant par la tache blanche du cou et par les teintes de son 
pelage un peu plus claires. 



— 409 — 

Putois. 

Putorius fœtidus (davier). 

Habite surtout les bois et se nourrit de petits rongeurs ; 
fourrure plus courte et moins soyeuse que celle des espèces 
précédentes, et par cela de bien moindre valeur. 

Hermine. 

Putorius herminea (Cuvier). 

Rare partout, et variant énormément de taille ; en hiver 
elle devient d'un blanc éclatant. Nous en possédons une au 
musée de Toulouse, tuée au Pic du Midi, et qui ne le cède 
nullement en blancheur aux hermines du Nord. 

Belette. 

Putorius vulgaris (Cuvier). 

Très-commune dans toutes les vallées, et variant beau- 
coup de pelage : quelques sujets deviennent couleur café 
au lait. 

Loutre vulgaire. 

Lutra vulgaris Storv). 

Assez commune sur le bord de toutes nos rivières ; elle 
atteint quelquefois une grande taille , et j'ai tué sur les 
bords du Touch un sujet qui mesurait près de 1 mètre de 
long et chez lequel le pelage était d'un brun foncé. 

FAMILLE DES RONGEURS 

Je ne prétends nullement donner ici la liste complète 
des Rongeurs des Pyrénées ; sans aucun doute il reste 
encore bien des espèces à signaler, et il faudra encore 
longtemps pour réunir les documents nécessaires à cette 
énumération. Il est difficile, en effet, de faire une chasse 
régulière à ces petits animaux, et le plus ordinairemen 



— 110 - 

c'est le seul hasard qui met entre les mains du naturaliste 
quelque sujet intéressant. 

Deux espèces importantes ont jusqu'à présent échappé aux 
recherches des chasseurs : la marmotte et le lièvre blanc 
des Alpes ; cependant, quelques auteurs les indiquent dans 
les Pyrénées, et rien ne semble s'opposer à ce fait; seu- 
lement, jusqu'à ce jour, je crois pouvoir affirmer qu'aucune 
observation sérieuse n'a dévoilé la présence de ces deux 
espèces. 

Lièvre. 

Lepus timidus (Linné). 

Une race particulière semble confinée dans la région 
montagneuse ; elle est de forte taille , à pelage épais et 
rude, et sa chair est de beaucoup inférieure à celle du lièvre 
de la plaine. En août le lièvre montagnard s'élève fort haut 
et semble suivre les troupeaux de moutons. 

Lapin. 

Lepus cuniculus (Linné). 

Partout dans les vallées, plus rare en montagne. 

Ecureuil vulgaire. 

Sciurus vulgaris (Linné). 

L'écureuil commun se trouve assez souvent dans les forêts 
de hêtre (vallée de la Barousse) ; il semble ne pas s'élever 
au-dessus des régions propres à cette espèce forestière. 

Il devient quelquefois très-foncé et se confond assez fa- 
cilement avec l'espèce suivante, qui pourrait bien n'être 
qu'une simple variété. 

Ecureuil des Alpes. 

Sciurus Alpinus (Desmarest). 

L'écureuil alpin est toujours brun très-foncé, et les jeu- 
nes portent des tiquetures jaune sale sur les parties supé- 



— Mi- 
neures du corps; le ventre est d'un blanc pur, la face 
interne des bras et des jambes grise, la queue noirâtre ; 
enfin une bande fauve sépare les parties supérieures de la 
face ventrale, caractères que Schinz indique de la façon 
suivante : 

Dorso saturate fusco castaneo, cauda nigra, ventre guîaque 
pure albis, colli lateribus extremitatibus fulvo ru fis f fascia 
fulva colorem album ventris fusco dorsi séparante, auriculis 
hieme barbatis. 

Cette variété, ou espèce, est toute spéciale aux forêts de 
sapins, elle ne descend jamais dans les forêts de hêtre, et 
elle est beaucoup moins abondante que l'espèce ordinaire. 

Loir. 

Myoxus glis (Schreber). 

Rare partout et ne se rencontrant que de loin en loin dan 
les parties élevées : Observatoire du Pic du Midi. 

Lérot. 

Myoxus nitela (Gmelin). 

Commun partout; s'élève jusqu'aux régions les plus éle- 
vées. Dans une de mes dernières courses au Néthou, nous 
avons été assaillli à la Rencluse par une véritable armée 
de Lérots ; nous avions emporté une série de traquenards 
afin de récolter quelques campagnols des neiges ( autrefois 
abondants dans cette région ), et partout nos pièges se sont 
trouvés garnis par les Lérots, autant dans la Rencluse même 
que dans la forêt de Paderne 

Miiscft?4im. 

Myoxus avellanarius (Schreber). 

Indiqué par le D r Companyo comme habitant les Pyré- 
nées-Orientales ; je ne l'ai jamais rencontré. 



— 112 — 

Campagnol des champs. 

Arvicola arvalis (de Seljs\ 

Commun partout ; commet parfois des dégâts considéra- 
bles dans les basses vallées ; plaine de Valentine. 

Campagnol de Savi. 

Arvicola Savii (de Selys). 

Espèce très-voisine du campagnol des champs , qui se 
trouve dans les mêmes localités et qu'il est facile de con- 
fondre ; le campagnol de Savi a les oreilles peu velues et 
plus courtes que les poils qui les entourent ; gris brun en 
dessus, dessous cendré ; queue brune en dessus , blanche 
en dessous ; pieds cendré clair; sa diagnose serait : 

A. magnitude arv. arvalis, auriculis absconditis , cauda 
tertiâ parte corporis breviore. Cor pore supra fucescente, 
subtus albescente. 

Le campagnol de Savi est toujours rare ; nous l'avons 
rencontré à Montréjeau et à Portet. 

Campagnol fauve. 

Arvicola fulvus (Desmarest). 

Même taille que les précédents, dont il se distingue sur- 
tout par ses pieds blancs ; il paraît propre aux Pyrénées- 
Orientales, où il habite les prairies humides du bord de la 
mer (D r Gompanyo). 

Campagnol des neiges. 

Arvicola nivalis(Martins). 

Je n'ai eu l'occasion de rencontrer cette espèce qu'une 
seule fois à la Rencluse (Maladetta) ; elle était alors abon- 
dante, et, comme je l'ai dit, le Lérot l'a complètement chas- 
sée. Ses caractères sont : taille un peu plus forte que celle 
de VA. arvalis', oreilles plus longues que les poils de 
la tête ; pelage gris cendré, plus ou moins foncé selon les 



— 113 — 

sujets ; flancs et ventre gris clair maculé de noirâtre; queue 
plus longue que la moitié du corps, à poils blancs. 

Campagnol rat d'eau. 

Arvicola amphibius (Schreber). 

Partout, mais plus abondant sur les bords des petits cours 
d'eau que des grandes rivières. 

Campagnol montagnard. 

Arvicola monticola ( Selys). 

Cette espèce s'empare souvent des taupinières, en chasse 
les laborieux ouvriers et passe l'hiver dans ces retraites com- 
modes et sûres. 11 est quelquefois très-abondant. — Luchon, 
La Barousse. Ces caractères sont: 

A. griseo flavidus, subtus albido canus ; cauda pallide ci- 
nerea, corporis dimidio paululum breviore, vellere œquali. 

Le campagnol montagnard est à peu près de la taille du 
campagnol rat-d'eau , et il a avec ce dernier de grandes 
ressemblances ; il a été confondu également avec une es- 
pèce du Nord, le Shermaus. 

La Souris. 

Mus musculus (Linné). 

Partout où l'homme peut habiter ; monte avec les ber- 
gers jusques dans les régions élevées, mais alors elle n'abonde 
plus comme dans les villes. 

mulot. 

Mus sylvaticus (Linné). 

Très-voisine de l'espèce précédente ; se distingue cepen- 
dant par ses oreilles plus grandes, noires, et par son pelage 
plus fauve. Partout, jusque sur les sommets. 

Rat noir. 

Mus ratlus (Linné). 

Espèce asiatique, importée, croit-on, au temps des Croi- 



— 114 — 

sades, et à son tour chassée d'Europe, surtout des grandes 
villes, par une espèce beaucoup plus forte, le surmulot. 

Le rat noir est encore seul dans les Pyrénées ; c'est lui 
que l'on prend dans tous les villages ; dans les grandes 
villes il devient rare. — Tarbes , Pau. A Toulouse on ne le 
voit que de loin en loin. 

Rat surmulot. 

Mus decumanus (Pallas). 

Espèce indienne arrivée en Europe pendant le siècle der- 
nier et qui a déjà détruit le rat noir et infesté toutes les 
régions habitées ; espèce Carnivore et dangereuse quelque- 
fois par les blessures qu'elle peut faire. Les grandes villes, 
surtout les égouts. 

Rat d'Alexandrie. 

Mus Alexandrinus (Geoffroy). 

Espèce propre à l'Egypte et qui s'est naturalisée dans les 
plaines du Roussillon; se distingue du rat noir par un 
pelage cendré ferrugineux avec quelques poils clairsemés 
très-rudes , de très-longues moustaches noires et blanches ; 
les doigts couverts de poils raides. 

FAMILLE DES PACHYDERMES 

Ce serait ici le cas de nous occuper des deux espèces 
principales que l'homme utilise dans les montagnes : le 
cheval et l'âne, et de leur hybride le mulet ; mais leur étude 
nous entraînerait beaucoup trop loin, et elle nous obligerait 
à parler de toutes nos espèces domestiques. Malgré tout 
l'intérêt qui peut s'attacher à l'étude de ces races, je ne crois 
pas devoir traiter ici ce sujet, et je ne parlerai que de la 
seule espèce sauvage dans nos montagnes. 



- 145 - 

Sanglier. 

Sus scrofa (Linné). 

Le sanglier n'habite guère les régions élevées, et ce n'est 
que dans quelques basses forêts des Hautes et des Basses- 
Pyrénées, et dans les Albères et les Gorbières du Roussillon 
que Ton signale encore quelques sujets ; encore est-il à 
supposer que ces animaux proviennent des forêts des Lan- 
des ou de la Montagne-Noire. 

FAMILLE DES RUMINANTS 

Deux espèces sont toutes spéciales aux Pyrénées, et nous 
n'avons guère à parler que pour souvenir du chevreuil, à 
peu près détruit, et qui ne se voit que de loin en loin. 

Isard des Pyrénées. 

Antilope rupicapra (Pallas). 

L'isard des Pyrénées, que les naturalistes séparent quel- 
quefois du chamois des Alpes, n'est, à proprement parler, 
qu'une variété à caractères constants de la grande espèce 
européenne qui habite les grandes chaînes de montagnes 
de notre continent. Mais cette question est encore assez 
obscure, et je suis heureux de pouvoir donner à ce sujet 
l'opinion de l'un de nos plus éminents anatomistes , de 
M. Rutimeyer. Voici textuellement ce que m'écrivait le sa- 
vant professeur : 

« L'isard adulte n'atteint pas la grandeur moyenne du 
chamois. Le crâne et la dentition accusent un animal plus 
petit, plussvelte, moins robuste; les cornes sont plus fines, 
plus effilées, mais pas moins longues (les noyaux des cornes 
sont même plus longs que chez le chamois) et plus rappro- 
chées de la ligne médiane du crâne, pendant qu'elles sont 
très-sensiblement plus séparées entre elles chez le chamois, 
ce qui frappe à première vue. 



— 116 — 

» La dentition est plus fine, je dirai même plus élégante. 
Les dents machelières d'en-haut et d'en-bas sont plus étroi- 
tes, plus comprimées, moins fortes et, ce qui est plus im- 
portant, moins longues en sens vertical que dans le même 
âge du chamois. En ce sens elles restent sous l'état de dents 
de moindre âge du chamois. 

» Je ne puis découvrir de différence dans la boîte crâ- 
nienne; mais pour la face il y en a de très-sensibles. En 
première ligne, la face de l'isard est plus courte, moins 
haute, plus effilée en sens vertical, mais plus large, surtout 
dans la partie nasale et prédentale (ouverture du nez avec 
la partie intermaxillaire et la partie prédentale des mâ- 
choires). 

» Os nasaux plus courts, plus plats. 

» Tous ces caractères de la face et du crâne correspon- 
dent à un âge moins avancé du chamois : ils constituent un 
arrêt de développement très-prononcé. ' 

» La différence la plus sensible dans la face consiste dans 
la forme du lacrymal. Cet os est plus étendu dans la face 
chez l'isard que dans le chamois, plus haut et plus long, de 
sorte qu'il recouvre le nasal sur une partie plus étendue et 
qu'il ferme absolument la lacune ethmoïdale qui ne se 
ferme que très-tard et souvent jamais chez le chamois. Ce 
qui ajoute à exagérer cette différence, c'est la position sen- 
siblement moins haute dans l'isard que dans le chamois de 
la crête massétérine. Sa facette massétérine est donc moins 
haute chez l'isard, ce qui correspond à la moindre hauteur 
des molaires, mais la crête massétérine est néanmoins plus 
prononcée chez l'isard. 

» La face palatine est plus large et plus courte dans sa 
partie intermaxillaire chez l'isard. 

» Tous ces caractères accusent, sans aucun doute, un 
arrêt de développement chez l'isard comparé avec le cha- 
mois. 

» L'isard présente dans son âge adulte un âge Rio in 



- 117 - 

avancé, ou, si vous le voulez, ce qui revient au même, un 
type féminin du chamois. 

» Cependant deux choses accusent en même temps une 
différence importante chez l'isard : c'est la grande éten- 
due, surtout en longueur, du lacrymal et la position plus 
médiane des cornes. 

» En somme l'isard représente un chamois juvénii avec 
des tendances vers une différence dont le chamois ne laisse 
rien apercevoir. Je le considère donc comme un chamois ré- 
duit avec quelques caractères nouvellement acquis ; en langue 
systématique, on pourrait lui donner le nom d'une bonne va- 
riété du chamois des Alpes. » 

Je ferai observer que toutes ces remarques ne s'appli- 
quent qu'à la tête, seule partie étudiée par M. Rutimeyer. 
J'ajouterai aux caractères, si savamment décrits plus haut, 
que le trait qui différencie à première vue l'isard du cha- 
mois, est la position des cornes ; rapprochées chez l'isard , 
écartées chez le chamois en même temps que plus courtes ; 
enfin, les membres moins robustes chez l'isard, mais le pied 
au moins aussi trapu que chez le chamois. 

L'isard tend rapidement à disparaître ; les sommets les 
plus élevés en conservent encore quelques troupeaux, mais 
les chasseurs ne leur laissent ni trêve ni merci. Dans les 
Pyrénées espagnoles cependant, les bandes sont assez nom- 
breuses et elles ne paraissent pas diminuer encore. 

Pendant quelques années, une sorte d'épidémie (maladie 
de la peau) s'était emparée de ces charmants animaux, et 
les bandes étaient décimées rapidement ; le mal semble 
s'être complètement arrêté, et depuis trois ou quatre ans les 
portées semblent avoir été nombreuses, 

Il n'en est pas de même de la dernière espèce que nous 
ayons à étudier, et il est fort probable que d'ici peu le 
bouquetin des Pyrénées n'existera que dans les musées. 



— 4-18 - 

Bouquetin des Pyrénées. 

Ibex Pyrenaicus (Schinz). 

Le bouquetin, que les Espagnols appellent herx, du latin 
hircus, ne se trouve plus maintenant que sur les flancs 
déserts de lu Maladetta et du Mont-Perdu. Cette magnifique 
espèce est devenue d'une rareté telle qu'il se passe bien des 
années sans qu'aucune capture soit signalée. 

Il existe en Europe trois espèces de bouquetin : celui des 
Alpes, celui des Pyrénées et celui de la Sierra-Nevada ; les 
deux espèces pyrénéenne et alpine sont extrêmement voi- 
sines par le pelage, et seule l'espèce de l'Espagne en diffère 
totalement ; mais le noyau osseux des cornes, la forme même 
de l'enveloppe cornée donnent de bons caractères pour sé- 
parer ces deux espèces. 

Voici encore, d'après M. Rutimeyer , les différences les 
plus saillantes de cette partie importante du squelette : 

« L'ibex des Alpes a le noyau osseux des cornes à coupe 
triangulaire, avec une large face antérieure, tandis qu'elle 
est cylindrique chez les deux espèces d'Espagne. 

» La direction des cornes chez l'ibex des Alpes est simple- 
ment courbée, et les cornes ont de fortes proéminences 
distancées sur la crête antéro-intérieure, pendant que dans 
les deux espèces d'Espagne les cornes sont en spirale, avec 
noyau cylindrique et avec des anneaux presque circulaires 
autour de la gaîne cornée. 

» L'ibex des Pyrénées a enfin une face concave très-pro- 
noncée du côté interne des gaines cornées, tandis que chez 
celui de la Sierra-Nevada cette face est effacée ; elle se 
rapproche très-sensiblement de l'ibex du Caucase, où les 
cornes et leurs gaines sont parfaitement cylindriques. » 

J'ajouterai que les caractères tirés de la forme du noyau 
osseux des cornes m'avaient été déjà indiqués par Falconer 
lors d'un de ses voyages dans le Midi ; et c'est grâce à ces 
différences qu'il était parvenu à débrouiller les formes un 




A Quinsac, phot. lith. 



BOUQUETIN DES PYRÉNÉES 

Ibex Pyrenaicus Schinc. 



' tt, 



i, : $f'\. < . , 



— 119 — 

peu extraordinaires alors pour nous que nous avions ren- 
contrées dans les grottes des Pyrénées et du Plateau central. 

Je ne peux donner enfin de meilleure description de l'es- 
pèce pyrénéenne, que la diagnose établie par Schinz dans 
son Synopsis mammalium. 

Ib. cornibus cr assis magnis subtriangularibus, antice rotun- 
datis nodosis, postice carinatis, medio extrorsum apice in- 
trorsum torsis divergentibus, mente tempore hyemali in mori 
barbato, barba brevi denso. Color corporis supra et lateribus 
cinerascente fuscus, capitis latero nigro fusca ; barba, linea 
dorsalis, cauda supra, collum aniicum, pedes antice et stria 
mediana sublus nigra aut cano nigra. Estate pilosis est brevis 
rufescente alba, frons nasusque fusci, genœ fucescente cinerea, 
collum anticum pectus et abdomen nigrescenies cani, artuum 
partes externe rufo fusci. 

Le musée de Bordeaux possède un mâle et une femelle 
de bouquetin en pelage d'hiver, tués dans le massif du 
Mont-Perdu, et le musée de Toulouse vient de recevoir de 
la vallée de Gregonio (massif de la Maladetta), un vieux 
mâle. Nos collections possédaient déjà une femelle de la 
même région. 

Chevreuil. 

Cervus capreolus (Linné). 

Le chevreuil paraît exister encore dans quelques-unes 
des basses forêts des Hautes et des Basses Pyrénées ; mais, 
comme nous l'avons dit déjà pour le sanglier, il est fort 
probable que les sujets tués dans cette région provenaient 
des contrées voisines ; il en était probablement de même 
du chevreuil tué au port d'Oo et dont les cornes peuvent se 
voir au musée de Luchon. 

Je ne parlerai pas dans ce catalogue de la chèvre, du 
mouton et du bœuf, et cela pour les mêmes raisons qui 
m'ont empêché de parler du cheval et de Fane. 



- 120 - 
ORDRE DES PHOQUES 

Phoque moine. 

Phoca monacus (Gmelin). 

Cette grande espèce a été rencontrée en septembre 1864, 
par le docteur Penchinat, de Port-Vendres. C'était une 
femelle qui vint s'échouer dans la rade de Banyuls pour 
mettre bas. 

Phoque commun. 

Phoca vitulina < Linné). 

Se rencontre parfois aux deux extrémités de la chaîne des 
Pyrénées : Méditerranée et Océan. 

ORDRE DES CÉTACÉS 

Les cétacés de la Méditerranée ont une importance toute 
particulière : il semble même qu'une espèce est toute 
spéciale à cette mer ; enfin , il est extrêmement étonnant 
d'avoir à signaler sur les côtes du Roussillon la présence 
d'une espèce aussi peu méridionale que le cachalot. 

Dauphin vulgaire. 

Delphinus delpbis (Lacépède). 

Vit en troupe et fait le désespoir des pêcheurs dont il 
détruit souvent les filets. 

Dauphin marsouin. 

Delphinus phocena (Lacépède). 

Plus petit que le précédent, il n'est pas rare qu'il s'appro- 
che, assez près pour être harponné , des barques de pêche. 



- 121 - 
M. Campanyo cite encore le 

Dauphin orque. 

Delphinus orca (Lacépède). 

Et le 



Grand Dauphin. 

Delphinus tursio (Bonnaterre). 

Cachalot macrocéphale. 

Physeter macrocephalus (Lacépède). 

Un cachalot de 60 pieds de long a été pris à Collioure, 
sous Louis XV, et les mâchoires de ce sujet figurent encore 
au Muséum où elles furent envoyées par M. Sanquine ; c'est 
la seule capture dont nous ayons trouvé mention. 

Baleine des Basques. 

Balama Biscayensis (V. Beneden). 

Dès le ixe et le x e siècle , la baleine appelée Sarde par les 
Basques, se péchait aux pieds océaniques des Pyrénées ; 
cette espèce est maintenant presque détruite, et ce n'est 
que de loin en loin qu'on signale l'apparition d'un de ces 
énormes souffleurs. 

Une des dernières captures a donné un magnifique sque- 
lette qui figure au musée de Copenhague sous la désigna- 
tion de Baleine de Saint-Sébastien; cette prise date de 1855. 

Les caractères principaux de cette espèce peuvent se ré- 
sumer ainsi : 

Tête mesurant le 1/4 de la longueur totale, alors que 
dans le Mysticetus la tête atteint presque au tiers de la lon- 
gueur du corps. Fanons plus courts et plus épais; peau 
bleuâtre , plus lisse et plus épaisse. Les sept vertèbres cer- 
vicales toujours soudées, les trois dernières par le corps seu- 
lement. 

9 



— 122 — 

Rorqual de la Méditerranée. 

Balœnoptcra musculus (Cuvier). 

Le rorqual est le seul grand souffleur qui pénètre dans la 
Méditerranée : c'est la baleine de cette région; celle qu'Aris- 
tote avaitdéjà signalée et caractérisée en disant qu'elle avait 
dans la bouche des poils qui rappellent ceux du porc. 

Le rorqual est maintenant fort rare et les captures devien- 
nent de plus en plus éloignées; cependant, les côtes du 
Roussillonont vu échouer plusieurs sujets, mais presque tous 
étaient encore jeunes et offraient des caractères tels que les 
différents auteurs qui les ont signalés en ont fait autant 
d'espèces différentes ; aujourd'hui il est reconnu que toutes 
appartiennent à la même espèce. Ces caractères sont : 

Vertèbres ne dépassent pas 62 ; l'axis et souvent les quatre 
premières cervicales portent sur les côtés un anneau com- 
plet ; sternum trifolié et plus long que large ; quatorze cô- 
tes , la première simple ou bifide ; os en V au nombre de 
seize ou dix-sept; frontal plus large à sa base qu'au dessous 
des orbites ; nageoires pectorales noires ; fanons noirs. 

Le musée de Toulouse possède un squelette entier de cette 
espèce. 



Séance du 9 janvier 1878. 

Présidence de M. Bidaud. 

M. Bidaud , en prenant possession du fauteuil du prési- 
dent, expose rapidement l'état des travaux de la Société. 
Il a le plaisir de constater sa prospérité : ses membres sont 
nombreux, ses ressources suffisantes et sa bibliothèque 
considérable. Il rend donc hommage à ceux qui par leur 
zèle et leur dévouement ont créé cette situation excellente, 
et remercie tout particulièrement M. de Saint-Simon, prési- 
dent sortant, et M. le colonel Belleville, archiviste. 



— 123 — 

Toutefois, M. le Président insiste pour regretter que plu- 
sieurs membres aient perdu l'habitude d'assister aux séan- 
ces ; le zèle de tous est nécessaire pour obtenir un résultat 
sérieux. La Société, dans sa spécialité, a un champ énorme 
à explorer, et bien longtemps encore l'horizon de la science 
paraîtra aussi éloigné qu'aujourd'hui. 

M. Bidaud montre l'intérêt de l'histoire naturelle à bien 
des égards, et déplore que la majeure partie du public lettré 
reste étrangère à ces études qui procurent les plus pures 
jouissances, 

M. A. de Saint-Simon répond en quelques mots au nom de 
la Société. 

M. G. Mestre est proclamé membre titulaire, sur la pré- 
sentation de MM. Marquet et Trutat. 

Plusieurs présentations sont annoncées. 

M. le colonel Belleville lit le rapport suivant sur la biblio- 
thèque et les archives pour l'année 4877: 

« La bibliothèque , qui se composait de 632 ouvrages 
au 34 décembre 4876, en compte aujourd'hui 744. Elle en 
a reçu cette année 82 répartis ainsi qu'il suit : 

Dons , 68 ; Échanges , 4 4. — Total, 82. 

Nous possédions à la même époque 4340 volumes de divers 
formats, brochures, atlas, cartes, etc. Aujourd'hui ce nombre 
se trouve porté à 4608 , soit 268 volumes acquis cette année. 

Depuis son existence, notre société a entretenu des rela- 
tions avec 439 sociétés savantes dont 24 sociétés étrangères. 
L'année dernière nous correspondions avec 4 25 sociétés; 
mais par suite de la disparition de quelques-unes, ce chiffre, 
diminué d'une part, mais augmenté d'une autre, se trouve 
aujourd'hui porté à 427, réparties ainsi qu'il suit: 

Sociétés françaises, 4 09; Sociétés étrangères : Angle- 
terre, 2 ; Belgique, 3; Brésil, 4 ; Espagne, 4 ; Etats-Unis, 4; 
Italie , 3 ; Japon , 4 ; Bussie , 4 ; Suisse, 2. — Total , 427. 

L'échange nous a été demandé par la Société Zoologique 
de Finlande à Helzingfors ; nous attendons ses publications, 



— 124 — 

pour la comprendre parmi nos sociétés correspondantes. 

Nous sommes en instance pour obtenir de nouvelles rela- 
tions parmi les sociétés savantes des Etats-Unis dont les pu- 
blications , généralement splendides, sont toujours précieu- 
ses. Nous nous sommes assurés les moyens de correspondre 
sans trop de frais et nous sommes convaincus que nos dé- 
marches ne seront pas stériles. 

Les échanges se font avec assez de régularité ; le bibliothé- 
caire a profité de son voyage à Paris pour réclamer et obte- 
nir de plusieurs sociétés de Paris , des fascicules qui man- 
quaient depuis longtemps aux collections. Sa visite au dépôt 
des livres du Ministère de l'instruction publique a été fruc- 
tueuse et nous ne tarderons pas à recevoir l'avis d'une con- 
cession relativement importante. 

Les ouvrages qui manquaient à la bibliothèque n'y ont 
pas été réintégrés ; ce fait est d'autant plus regrettable que 
plusieurs d'entre eux se trouvent épuisés , il devient impos- 
sible de les remplacer. Nous avons cependant trouvé à rem- 
placer quelques volumes à des prix avantageux et atteignant 
la somme de 27 fr. 55 que nous vous prions de vouloir 
bien faire supporter par les frais généraux. 

Les catalogues sont au courant. 

Les dépenses d'entretien de la bibliothèque se montent 
à la somme de 79 fr. 05 ; l'excédant de 20 fr. 35 devra 
être réservé dans la prévision d'un accroissement du mo- 
bilier devenu insuffisant, sans préjudice des allocations 
que la société voudra sans doute accorder pour l'exercice 
1878. 

Les frais d'abonnement étaient de 80 fr., mais nous avons 
supprimé V Abeille , de sorte qu'il ne reste plus que les 
suivantes montant à la somme de, savoir : 

La Revue scientifique 25 fr. 1 

La Revue des sciences de Montpellier.. 20 10 
La Revue zoologique 31 10 

Total ~66 50~ 



— 125 — 

Vous voudrez bien me faire connaître les abonnements 
que vous voulez maintenir ou admettre et en faire mettre le 
montant à ma disposition afin d'éviter des retards. 

Il n'a été fait aucun achat. 

Les archives sont cla'ssées avec soin. » 

De nouveau, au nom de la Société, le Président exprime 
à M. le colonel Belleville les sentiments de gratitude de tous 
ses confrères. Le travail auquel il se livre dans l'intérêt de 
la bibliothèque demande un dévouement bien rare. La So- 
ciété ne l'oubliera jamais. 

L'auteur, membre titulaire, envoie la note suivante : 

Notice sur la nidification de Guêpier vulgaire 

Par Laurent DEGRÉAUX. 

L'un des plus jolis oiseaux que possède la faune Euro- 
péenne est sans contredit le Guêpier vulgaire {merops apias- 
ter). — Son élégant costume, aux couleurs vives et variées, 
semblerait lui assigner, comme au Martin-Pêcheur et au 
Rollier, une patrie plus chaude que notre zone tempérée. 
Tous les trois ont pourtant pris droit de cité chez nous, puis- 
qu'ils y nichent et s'y reproduisent. 

Le Guêpier, connu dans tout le Midi sous le nom de Se- 
reno, se nourrit exclusivement d'insectes hyménoptères. — 
C'est l'un des derniers voyageurs qui nous arrivent au prin- 
temps ; rarement le voit-on apparaître en grand nombre 
avant le 15 mai. 11 est probable qu'à cette époque il quitte 
ses stations hivernales, n'y trouvant plus sa nourriture ha- 
bituelle. L'insecte, dans ces contrées plus rapprochées de 
l'équateur, opère, plutôt que chez nous, sa retraite d'où il 
ne sort qu'au printemps prochain. Le Guêpier est donc 
forcé de venir chercher dans des climats plus tempérés, les 
guêpes et abeilles non encore rentrées dans leur ruche. 

Vers la fin mai 4876, me trouvant à la chasse des oiseaux 
de passage, dans les marais ftHyères qui avoisinent la près- 



— 126 — 

qu'île de Gien (Var), je voyais chaque jour plusieurs couples 
de Guêpiers venir tournoyer sur ma tête, mais à de trop 
grandes hauteurs pour que mon fusil pût les atteindre. 
L'idée me prit de-les suivre. Ils me menèrent au sud de la 
presqu'île, tout-à-fait au bord de la. pleine mer. Là, ils dis- 
paraissaient derrière un grand monticule de terre sablon- 
neuse, taillé à pic vers la plage et d'une hauteur de 4 à 
5 mètres. 

Je fis le tour de ce monticule et j'établis sur la grève un 
poste d'observation. Huit à dix trous, dont les ouvertures 
étaient grandes comme un écu de cinq francs, existaient 
déjà, fabriqués sans doute dans les années précédentes. Ils 
étaient tous occupés. Les femelles, que je reconnaissais à 
leur plumage plus terne, y rentraient seules en rampant et 
les mâles se contentaient de tournoyer en faisant entendre 
des cris fréquemment répétés, que l'on pourrait traduire 
par : groul groul proui. 

Deux ou trois jours après mon installation dans cette par- 
tie de la presqu'île, une femelle, trouvant probablement 
toutes les places prises, entreprit le percement de son al- 
côve nuptiale. Le bec lui servait de pic et les pattes de 
truelle pour expulser du trou le sable détaché Vingt fois 
par heure elle faisait ce manège ; puis, probablement pour 
se délasser, elle sortait à reculons, la queue la première, 
prenait son vol, disparaissait à mes regards et revenait en- 
suite, en compagnie de son mâle, continuer son œuvre. 

Cette opération dura 4 à 5 jours à peine, car la veille de 
mon départ je la vis sortir la tête première; ce qui me 
démontra qu'au fond du couloir la chambre était suffisam- 
ment creusée pour pouvoir s'y tourner à l'aise. 

Cette galerie horizontale, longue de 0,70 à 0,80 c, se ter- 
mine par une cavité garnie de mousses et de fucus secs où 
reposent les œufs (4 à 6 d'un blanc pur, de la grosseur de 
ceux du merle). 

Un vieux chasseur du pays, observateur digne de foi, me 



— 127 — 

disait que ces oiseaux restent un gros mois dans ces para- 
ges. On ne les tue pas, parce que leur chair exhale une 
odeur de moucheron qui la rend très-désagréable au goût. 
Il a assisté plusieurs fois à leur départ de la presqu'île et a 
observé qu'ils se dirigeaient toujours non vers le nord, mais 
bien vers l'est de la France. 

Les petits, quelques jours après leur sortie du nid, ont le 
plumage exactement semblable à leur mère. 

Je conclus de ces diverses remarques que la femelle fait 
seule tous les frais de nidification et d'incubation, qu'elle 
ne fait qu'une ponte, car elle résiderait plus longtemps dans 
le pays pour en terminer une seconde. 

Il est difficile d'apprécier, dans ces galeries obscures et le 
plus souvent inaccessibles, le temps qu'elle met à couver 
ses œufs ; mais 45 à 18 jours doivent être toujours nécessai- 
res à l'éclosion. Chaque année, sans interruption, une ving- 
taine de couples viennent faire leur nid dans cette partie de 
la presqu'île de Gien. 

L'auteur, membre titulaire, lit la note suivante : 

La Perdrix Gambra. — Perdix petrosa dans les 
environs de Toulouse 

Par Adrien LACROIX. 

Perdix petrosa , Lath. ind. 1790, t. Il, p. 548 

— Temm. , Manuel d'ornit. 1 re édit. , 1815, 

p. 308. 
; — » » » 2 e édit., 1820 , 

t. II, p. 487. 

— » » » 3 e édit. , 1840, 

p. 335. 

— Degland, Omit. Europ., 1849, t. II, p. 56. 

— Degl. et Gerbe, Omit. Europ., 1867, t. II, 

p. 71. 



— 128 — 

Cacabis petrosa, Gray, Gen of Birds, 1844, t. III, p. 508. 

— Gray, 1870, H. List. Birds, part. II, n» 9811. 

— Dresser a Hist. of the Birds of Europ, 

part. XXXVetXXXVl. January, 1815. 

— Saunders, Cat. des ois. du midi de l'Espagne, 

Bull, de la S. Z. F.: 2 e année, 3 e et 
4 e parties. 1877, p. 186. 
Perdix petrosa . Dubois, pi. col. des Ois. de l'Europe, 2° sé- 
rie, t. Il, pi. 129. 

Le 3 décembre 1877, je recevais d'un de mes amis deux 
perdrix tuées aux environs d'Auriac près Garaman (Haute- 
Garonne.) Ces deux sujets faisaient partie d'une compagnie 
de 5 à 6 individus dans laquelle notre chasseur avait cru 
capturer des perdrix rouges ; mais il les avait cependant 
trouvées différentes de l'espèce commune. Effectivement, je 
reconnaissais immédiatement la Perdrix gambra, espèce 
parfaitement caractérisée et qu'un naturaliste ne peut mé- 
connaître. 

L'existence de cette perdrix dans notre département 
est, si je ne me trompe, un fait entièrement nouveau ; et 
malgré toutes mes recherches, je n'ai pu trouver la moin- 
dre indication de la présence de celle-ci dans les auteurs 
qui se sont occupés de la faune ornithologique de nos dé- 
partements pyrénéens. 

La Perdrix Gambra a pour patrie tout le littoral Africain 
du nord, où elle remplace la perdrix rouge ordinaire d'Eu- 
rope ; ses mœurs et sa manière de vivre sont peu ou mal 
connus. Aussi je donne ci-dessous, par ordre de date, les 
différents extraits des ouvrages publiés dans les contrées où 
cet oiseau est sédentaire et où il a été observé accidentelle- 
ment. 

Polydore Roux : Omit, provençale. Paris et Marseille, 1825 à 
1830; t. II, p. 42, pi. col. 260. 
La Perdrix de Roche ou Gambra est très-rare et 



— 129 — 

ne se montre que Irès-accidentellement dans les en- 
virons de Marseille. Cette perdrix, dont le chant et 
les habitudes sont à peine connus, niche dans les 
champs, pond de 14 à 16 œufs d'un jaune sale, tout 
couverts de petits points jaune vermillon ; elle ha-* 
bite la Sardaigne, où elle est assez abondante ; la 
Corse, la Sicile et diverses autres îles de la Méditer- 
ranée ; on la trouve aussi en Espagne, en Algérie et 
au Sénégal. 

Risso : Histoire naturelle de l'Europe méridionale et princi- 
palement des environs de Nice et des Alpes- 
Maritimes. Paris, 1826. 
Cet auteur semble ne pas l'avoir observée, à moins 
qu'il ne se trompe en citant deux fois la Perdrix Bar- 
tavelle sous le n° 192, p. 63, et n° 195, p. 64, t. III, 
la première sous le nom de Perdix saxatilis, Perdrix 
Bartavelle, la deuxième, Perdix Grœca, Perdrix Grec- 
que. Tout me porte à croire que sous la seconde 
dénomination il a voulu parler de la Perdrix Gambra, 
qui était très-peu connue à cette époque ; pourquoi 
aurait-il désigné deux fois le même oiseau ? 

Paolo Savi : Ornitologia Toscana, 1827-1829-1831; t. II, 
p. 190. 
Cette espèce ne se trouve pas en Toscane ; d'après 
Temminc, et on la rencontre en Calabre et communé- 
ment en Sardaigne ; elle habite aussi les montagnes de 
l'Espagne, les îles Baléares, la Corse, la Sicile, Malte, 
et tout-à-fait accidentellement la France méridionale. 

Luigi Benoît : Ornitologia Siciliana, 1S40, p. 119. 

Cet ornithologiste déclare que, malgré toutes ses 
recherches, il n'a jamais pu se procurer des individus 
de cette espèce capturés dans la Sicile, quoique le 
savant naturaliste Temminc l'ait déclarée commune 
dans cette île. 



- 130 - 

Crespon : Ornithologie du Gard, 1840, et Faune méridionale» 
184!. 
11 ne la mentionne pas dans ses deux ouvrages 
comme ayant été trouvée dans cette partie de la 
France. 
Alfred Mailherbe : Faune ornithologique de la Sicile, 1843, 
p. 153. 
Cet auteur annonce que cette belle espèce, qui est 
très-répandue en Espagne , est très-rare en Sicile, 
contrairement à l'opinion émise par Temminc ; de 
plus, il déclare qu'elle est assez rare en Sardaigne 
et encore plus dans le midi de la France ; il ajoute 
que M. Ledoux, ofïicier du génie dans la province de 
Bône, lui a écrit que cette perdrix est très-commune 
en Algérie, et qu'il en a tué un grand nombre d'indi- 
vidus au sommet des montagnes de Ledong. 
Rodolphe Germain : Catalogue raisonné des oiseaux observés 
dans la subdivision de Milianah (Algérie), de 
1856 à 1858. 
Il dit que cette perdrix est très-commune dans 
toute cette subdivision. 
Loche : Catalogue des mammifères et oiseaux observés en 
Algérie, 1858, p. 119, 
Déclare qu'elle habite toute l'Algérie. 
Jaubert et Barthélémy Lapommeraye : Richesses ornithologi- 
ques du midi de la France. Marseille et Paris, 
1859. 
Ces auteurs n'en parlent pas dans cet important 
ouvrage sur l'ornithologie méridionale. 
Barbosa du Bocage : Instrucçoes praticas sobre o modo de 
colligir préparar et remetter productos zoolo- 
gicos para o Museu de Lisboa. 1862. 
Lista das Aves de Portugal ( page 88, n° 4 93). 

Perdix petrosa (Lath.). Syn. Franc. 
Perdrix Gambra. 



— 131 — 

Obs. da Afriea septentrional en contra-se tambem 
na Italia et no sul da Hespanha. 
Companyo Louis (D r ) : Histoire naturelle du département des 
Pyrénées-Orientales ; t. III. Perpignan, 1863. 
Il ne l'a jamais observée dans les Pyrénées-Orien- 
tales. 
Doumet-Adanson : Notices ornithologiques appliquées à l'agri- 
culture et à l'horticulture. Montpellier, 4870, 
p. 72. 
Perdrix Gambra, rare et accidentel sur le continent 
français ; sédentaire en Corse. 
Howard Saunders : Catalogue des oiseaux observés dans le 
midi de l'Espagne ; Bulletin de la Société zoo- 
logique de France, 1877.2 e année, III e et IV e 
partie, p. 486. 
Cette belle espèce se trouve isolément sur le rocher 
de Gibraltar, où sa présence est constatée depuis plus 
d'un siècle. Don Angel Guisao, de Murcia, m'a assuré 
que dans le temps elle n'était pas très-rare dans cette 
province, quoique à présent c'est à peine si on la 
trouve. Son musée (collection) en possède un exem- 
plaire. 



Comme on le voit d'après ce qui précède, la Perdrix Gam- 
bra habite d'une manière fixe le nord de Y Afrique, qui est 
sa véritable patrie, et semble s'être naturalisée en Sardai- 
gne, en Corse, en Sicile, le sud de Y Espagne; elle aurait 
été observée tout à-fait accidentellement et de loin en loin 
dans la France méridionale et jamais dans la région pyré- 
néenne. Il est vrai de dire que l'étude de la faune ornitholo- 
gique du midi de la France est à peine commencée ; il est 
hors de doute que bien des sujets intéressants sont passés 
inaperçus , et nous ne devons pas nous étonner de pareille 
chose. 



— 132 — ' 

Les chasseurs s'occupent trop rarement des espèces qu'ils 
rencontrent ; les amateurs d'ornithologie sont encore trop 
rares ; une seule combinaison peut nous faire espérer un 
meilleur état de choses, c'est la création de sociétés et de 
musées d'histoire naturelle ; les musées, en effet, sont visi- 
tés par les observateurs , et leur attention est appelée sur 
bien des sujets qu'ils ignoraient auparavant ; enfin les socié- 
tés mettent en reliefles spécialistes, et le chasseur qui vient 
d'abattre une pièce inconnue de lui, sait à quelle porte 
frapper pour s'éclairer ; de cette façon il sauvera souvent 
du naufrage un fait des plus intéressants. Or, c'est grâce à 
un chasseur intelligent que j'ai pu , Messieurs, vous faire 
cette intéressante communication et déposer sur le bureau 
de la société les sujets qui en font l'objet. 

La Perdrix Gambra étant déjà venue dans nos régions, 
nous sommes en droit d'espérer de nouvelles visites de cette 
belle espèce ; aussi je crois ne pouvoir mieux faire qu'en 
terminant cette note par la description du mâle et de la fe- 
melle ; les chasseurs auront ainsi la possibilité de la recon- 
naître si elle venait à leur tomber sous la main. 
Taille : 30 à 33 centimètres. 

Mâle adulte : Partie supérieure olivâtre cendrée, nuancée 
de roussàtre sur le dos; cou et dessus de la tête roux mar- 
ron sombre; gorge et joues d'un cendré bleuâtre clair; 
poitrine cendré bleuâtre plus foncé dans la plus grande par- 
tie de son étendue; bas de la poitrine, jambes et abdomen 
roux ocre clair ; flancs cendrés avec chaque plume coupée 
transversalement par une bande blanchâtre, puis par une 
bande noire et terminée par une large frange rousse ; au 
bas du cou et montant angulairement sur les côtés et jus- 
qu'à la région parotique est placé un large collier roux bri- 
que foncé, lequel est couvert de points plus ou moins grands 
et de couleur blanc pur ; une bande d'un cendré bleuâtre 
descend du dessus des yeux jusqu'au dos et sépare parfai- 
tement le collier des plumes de la nuque ; scapulaire varié 



— 133 — 

de taches rouges et bleues et produisant le plus joli effet; 
rémiges bordées d'ocre jaune clair en dehors et vers !e 
bout ; rectrices d'un roux rouge plus sombre à la base, les 
médianes exceptées, qui sont de la couleur du dos ; pieds, 
bec, espace nu autour des yeux et iris rouges. 

Femelle adulte : Elle ne diffère du mâle vieux que par 
une taille plus petite, le collier plus étroit et les teintes gé- 
néralement moins pures. 



Séance du 23 janvier 18*98. 

Présidence de M. Bidaud. 

Conformément aux statuts, le président proclame membre 
honoraire M. le baron de Watteville, directeur des lettres et 
des sciences au ministère de l'instruction publique, pré- 
senté par MM. Belleville, Gartailhac, Bidaud, de Malafosse, 
Lacroix; Membres titulaires, M. Victor Romestin, proprié- 
taire, présenté par MM. Belleville et Gartailhac ; 

M. Gustave Cossaune, propriétaire, présenté par MM. Bel- 
leville et Gartailhac ; 

M. le D r Lafont Gouzi , présenté par MM. Bidaud et Car- 
tailhac. 

Le président annonce une présentation. 

M. Marquet signale dans le dernier volume de la société 
Linnéenne du nord de la France, un intéressant article de 
M. Brauer, de Vienne (Autriche), sur les Métamorphoses des 
insectes (traduction de M. Lefèvre) ; — une révision de la 
famille des Leptides, Diptères, par notre collègue M. Gobert 
de Mont-de-Marsan , — et un catalogue des Coléoptères du 
département de la Somme. 

M. Trutat donne lecture de la note suivante : 



— 134 - 

Note sur la reproduction en captivité de 
quelques félins : lion, tigre, panthère; 

Par M. Emile PIANET. 

Le fait de la reproduction en captivité des grandes espè- 
ces de félins : lion, tigre, panthère, a été signalé ; mais bien 
des particularités intéressantes ont passé inaperçues. Ainsi, 
non-seulement, des animaux réduits en captivité se sont 
reproduits, mais encore la nouvelle génération a conservé 
sa fécondité. 

Ce dernier fait s'est montré dans notre ménagerie. Un 
lion, de la variété dite de Nubie, né dans une ménagerie 
ambulante, s'est accouplé avec une lionne de môme variété, 
née dans un jardin zoologique : déjà ce couple a eu trois 
portées, à un an d'intervalle environ. L'étude attentive 
des circonstances survenues en ces occasions, nous permet 
d'afiirmer que l'on peut aisément élever les jeunes lionceaux 
nés en ménagerie. 

En 1875, lors de la première portée, le lion avait 6 ans et 
la lionne 7; elle mit bas 4 lionceaux mâles, qui séparés trop 
tôt de leur mère , c'est-à-dire vers l'âge de 5 mois, périrent 
tous à 7 et 8 mois. 

Cet accident doit être attribué non-seulement à un allai- 
tement trop court , mais aussi au genre de nourriture qui 
leur était donnée et qui consistait en viande désossée. 

En janvier 1876, la lionne mit bas une seconde fois, à 
Rome, dans d'excellentes conditions climatériques ; les jeu- 
nes lionceaux , deux femelles cette fois , ne furent séparés 
de leur mère que lorsqu'elle refusa de se laisser téter; ils 
avaient alors 8 mois. Ceux-ci vécurent, c'était déjà un pro- 
grès ; mais nourris de la même manière que les premiers , 
ils devinrent rachitiques. Ils furent en outre atteints d'une 
constipation qui dure toujours. 

Enfin, le 29 janvier 1877, à Gênes , la lionne, après une 



— 135 — 

gestation de 108 jours, mit bas 5 petits, 3 mâles et 2 femelles. 
Oa les laissa avec la mère jusqu'à 8 mois, comme ceux de 
la deuxième portée, mais en leur faisant suivre un traite- 
ment ; ainsi dès l'âge de 4 mois , je leur faisais prendre du 
phosphate acide de chaux incorporé à des boulettes de 
viande. (C'est la seule manière de leur faire avaler du phos- 
phate , car jamais il n'a été possible de leur faire boire de 
l'eau dans laquelle il avait été dissous.) On leur donnait en 
même temps des os à ronger, pour faciliter la dentition, et 
des têtes de mouton finement hachées. Les résultats de 
cette éducation furent aussi satisfaisants que nous pouvions 
l'espérer. 

Aujourd'hui, ces jeunes lionceaux ne laissent rien à dé- 
sirer tant sous le rapport de leurs formes que pour leur 
vigueur : les mâles sont un peu plus forts que les femelles 
et leur crinière s'est montrée vers le 10 me mois. 

La lionne a toujours été extrêmement douce avec ses pe- 
tits, et on peut dire qu'il en est de même du lion, quoique 
dans toutes les ménageries on ait toujours le soin de séparer 
les mâles de leurs femelles lorsqu'elles vont mettre bas. 
Lors de la première portée, cette précaution n'avait pas été 
prise. L'accouchement eut lieu pendant la nuit sans que 
personne s'en aperçût ; le lendemain matin, la lionne était 
accroupie dans un coin de la cage tournant ses petits entre 
ses pattes de devant ; le lion était debout et examinait avec 
attention les nouveaux nés. La tendresse de cette mère 
pour sa progéniture est extrême ; ainsi, à la dernière portée, 
elle supportait et allaitait patiemment ses 5 petits ; cepen- 
dant ceux-ci se bousculaient continuellement pour prendre 
le lait : la lionne n'ayant que quatre mamelles. 

Dès l'âge de 6 semaines, les jeunes lionceaux venaient lé- 
cher la viande et s'essayaient à la mâcher; à 2 mois ils com- 
mençaient à manger. Plus tard la mère leur laissait sa ration 
quoiqu'étant fatiguée par l'allaitement ; aussi fut-on obligé 
d'en venir à la séparer au moment des repas ; mais alors 



- 136 — 
elle touchait à peine, ou pas du tout, à sa ration et atten- 
dait qu'on lui rendît ses petits pour la leur donner. 

Les lionceaux furent allaités jusqu'à l'âge de 8 mois, épo- 
que où ils furent séparés complètement de leur mère. 

Cette lionne n'était pas plus dangereuse pendant l'allaite- 
ment qu'en temps ordinaire ; ce n'est que dans les moments 
où les petits étaient séparés qu'elle devenait redoutable. 

Par contre les lionceaux ne se laissèrent jamais caresser; 
dès qu'ils furent en état de griffer, ils ne se firent faute de 
le faire toutes les fois qu'ils le pouvaient, plus tard ils en 
arrivèrent à mordre ; aujourd'hui encore ils sont très sau- 
vages et il n'y a pas eu moyen de les apprivoiser ni de les 
dompter. 

Le 25 mai 1867 nous avons eu encore dans notre ména- 
gerie un autre cas de reproduction. Une lionne provenant 
directement du Sénégal avait été fécondée par un lion de la 
variété dite de Nubie, né dans une ménagerie ambulante ; 
elle mit bas 4 mâles après une portée de 110 jours. Elle était 
primipare. Deux lionceaux moururent le jour de leur nais- 
sance : l'un d'eux mesurait 31 cent, du bout du museau à 
la naissance de la queue , qui se prolongeait encore de 
14 cent., et il avait 13 cent, de hauteur au garrot. 

Cette lionne, quoique plus douce que la première, avait 
cependant beaucoup moins de tendresse pour ses petits. 
Mais par contre ceux-ci, habitués tout de suite à être sortis 
de la cage, sont devenus très-doux ; ils n'essayent ni de 
mordre ni de griffer ; ils jouent entre eux, et font souvent 
tous leurs efforts pour rompre leurs liens , quand ils y par- 
viennent, ils courent au plus vite du côté où est enfermée 
leur mère. 

Si de la lionne on passe à la tigresse, le caractère change 
entièrement : celle-là est tendre mère , celle-ci est indif- 
férente et ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle allaite ses 
petits. 

La fécondité de cette espèce paraît plus grande que celle 



- 137 — 
du lion. Nous possédons un coupîe de tigres du Bengale qui 
a déjà eu cinq portées de 5 petits que la mère n'a jamais 
voulu allaiter; nous avons essayé, mais inutilement, de les 
taire élever par une chienne. 

Un autre couple nous a donné quatre portées : la première 
de 4 petits nés avant terme, la deuxième et la troisième de 5; 
un seul fut allaité par la mère, tous les autres avaient été 
écrasés; la quatrième portée était de 4 petits dont la mère 
ne s'occupa même pas. 

La gestation chez la tigresse est de 115 jours, c'est un peu 
plus que chez la lionne. * 

Un jeune tigre mort le lendemain sa naissance mesurait 
15 cent, de hauteur au garrot, et 51 cent, du bout du mu- 
seau à l'extrémité de la queue, qui avait 14 cent. 

La panthère des Indes se reproduit également en captivité; 
sa fécondité est même plus grande que celle des lions et 
des tigres, en ce sens qu'il se présente moins de couples 
stériles. La gestation est d'environ trois mois, et il n'y a 
ordinairement que 2 petits à chaque portée, rarement 3; la 
mère les allaite et les soigne bien, et en général les jeunes 
sujets de cette espèce s'élèvent mieux que les autres félins ; 
mais nous devons dire , à cet égard , que nous n'avons que 
quatre observations. 

Le jaguar et le guépard se reproduisent également en 
captivité. 

Métis de félins. — Il y a quelques années, le Jardin zoolo- 
gique de Londres possédait un métis de lion et de tigre royal, 
ainsi qu'un métis de lion et de panthère de Barbarie; ces 
sujets sont décrits dans l'Encyclopédie du D r Chenu. Nous 
avons vu dans une ménagerie ambulante un métis de jaguar 
etde panthère noire. Ce curieux sujet ressemblait totalement 
au jaguar dont il avait la robe jaune fauve ; il n'en différait 
que par la forme des taches qui, au lieu d'être des roses, 
comme chez le jaguar, étaient pleines. 

Enfin* dans notre ménagerie nous avons obtenu un métis 

10 



— 138 — 

de tigre du Bengale né dans une ménagerie et d'une tigresse 
provenant de Sumatra. 

Il est probable, puisque l'on a obtenu ces différents métis, 
qu'à plus forte raison on obtiendrait des métis de panthère et 
de léopard, ces ceux espèces différant peu l'une de l'autre. 

M. L\sserre, capitaine d'artillerie en retraite, membre ti- 
tulaire, présente diverses observations anatomiques et phy- 
siologiques sur deux cas de monstruosité double offerts, en 
1877, par deux jeunes poulets d'une même couvée : 

Sur deux cas de monstruosité double offerts 
par deux jeunes poulets ; 

Par M,R. LASSÈRE. 

L'un de ces monstres appartient à la famille des monocé- 
phaliens, genre des Déradelphes : il présente, en effet, tous 
les caractères de cette famille et de ce genre : unité appa- 
rente de la tête sans aucune partie surnuméraire à l'ex- 
térieur ; deux troncs soudés par les régions thoraciques et 
abdominales, les parties dorsales et latérales conservant les 
formes de la duplicité ; quatre membres thoraciques; quatre 
membres pelviens ; deux moelles épinières distinctes jus- 
qu'à leur extrémité supérieure; deux moelles allongées; 
deux canaux vertébraux, mais un seul trou occipital, mani- 
festement double par l'étendue de son diamètre, donnant 
passage aux deux moelles épinières. 

Lps vertèbres cervicales sont pour ainsi dire à l'état rudi- 
mentaire: les canaux vertébraux cessent d'être fermés à la 
première vertèbre dorsale, les moitiés droite et gauche ne 
s'étant pas rejointes par suite d'un arrêt d'ossification, d'où 
résulte une anomalie connue sous le nom de spina bifida. 
Les apophyses épineuses de cette série de vertèbres man- 
quent donc complètement dans toute la région supérieure 



- 139 - 

du cou. Les moelles épinières et allongées de toute cette 
étendue, ne sont recouvertes que par les membranes du cou. 

Les corps des vertèbres dorsales et lombaires existent ou 
sont en voie de formation, ainsi que leurs apophyses épi- 
neuses et transverses. 

Si l'individualité s'est conservée dans les organes qui pré- 
sident à la vie de relation jusqu'au cerveau, — je ne sais 
s'il faut dire inclusivement ou exclusivement, — il n'en est 
pas de même des appareils de la vie organique : un seul 
cœur, un seul estomac, mais deux poumons, ou mieux, 
doubles poumons; intestin simple jusqu'à l'insertion des 
ccecums où il devient et reste double dans toute l'étendue 
des cloaques ; une seule rate et un seul pancréas débouchant 
dans l'anse duodénale, comme les canaux hépatique et cys- 
tique ; un foie ; canaux hépatique et cystique débouchant 
directement en un même point de l'anse duodénale, sans 
l'intermédiaire du canal cholédoque, qui ne s'est pas déve- 
loppé; deux ccecums seulement. 

Les cavités thoracique et abdominale sont simples et for- 
mées évidemment par le concours des deux sujets. Nous 
dirons que ces cavités splanchniques sont simples, tout en 
les supposant formées concurremment par les deux sujets, 
parce qu'elles n'ont pas de divisions, ni leurs boîtes de solu- 
tion de continuité. 

Voilà, sommairement esquissée, la partie afférente à l'ana- 
tomie descriptive de ce monstre double. 

— M. le capitaine Lassère expose ensuite les théories aux- 
quelles ont donné lieu l'étude des monstres depuis les tra- 
vaux classiques de Geoffroy Saint-Hilaire. 11 fait observer 
que deux êtres aussi profondément modifiés que ceux qui 
constituent le monstre double autositaire monocéphalien ne 
peuvent pas être viables. 

Celui que nous avons eu en notre possession n'a pas vécu 
plus de vingt-quatre heures après sa sortie de l'œuf: il iiî 
devait pas en être autrement avec ce conflit de phénomènes. 



- 140 — 

Le deuxième phénomène qu'il nous a été donné d'ob- 
server n'avait, à l'inverse de celui qui vient d'être décrit, 
qu'un seul corps surmonté de deux têtes et deux cous, 
dont un presque rudimen taire. L'une de ces têtes était un 
peu pendante, par suite de l'imperfection de son cou. Cette 
tête doit être considérée comme appartenant à un parasi- 
taire qui suspend là son évolution organique, pour ne re- 
prendre son œuvre de monstruosité qu'aux membres abdo- 
minaux. 

Ici, en effet, nouvelle anomalie : la cavité cotiloïde droite 
reçoit deux fémurs d'apparence normale ; l'extrémité infé- 
rieure de chacun d'eux donne attache à un tibia ; l'un de 
ces tibias reçoit un tarse avec ses quatre doigts, normale- 
ment constitué et devant être considéré comme le congé- 
nère de celui du côté gauche de l'autositaire, ou sujet prin- 
cipal. 

L'autre tibia reçoit deux tarses au moyen d'un aplatisse- 
ment de sa partie inférieure : ces deux tarses n'ont que trois 
doigts chacun, l'intérieur de l'un et l'extérieur de l'autre 
étant avortés ; il y a coalescence dans toute l'étendue de 
ces deux tarses, qui doivent appartenir au parasitaire. 

Le jeune poulet qui vient d'être décrit présente visible- 
ment deux cas de monstruosité double. Les caractères 
offerts par un corps unique supportant deux têtes le classent 
très-naturellement dans le genre des Atlodymes, de la 
famille des Monosomiens, ordre des Autositaires, 

D'un autre coté, l'insertion sur le sujet principal d'un 
troisième membre abdominal et de quelques rudiments d'un 
quatrième, lui assignent une place dans les Polymétiens, 
ordre des Parasitaires. 

Ce poussin n'a pas vécu plus longtemps que le précédent, 
-à-dire, le temps seulement pendant lequel le principe 
de vie peut persister sans alimentation et sans l'harmonie 
indispensable pour l'exercice des fonctions de la vie orga- 
nique. 



— 141 - 

Dans ce genre de monstres la vie peut se prolonger 
des jours, des mois et des années, même avec un léger 
trouble dans l'harmonie organique de l'Autositaire,à la con- 
dition expresse, toutefois, que ce dernier prendra la nourri- 
ture nécessaire à l'entretien des deux sujets. Dans ce cas 
même, la durée de la vie est subordonnée à l'état de déve- 
loppement du Parasitaire et du degré d'altération que 
celui-ci a fait subir à l'Autositaire. 



Séance du 30 février £878. 
Présidence de M. Bidaud. 

La Société reçoit une série d'ouvrages gracieusement 
donnés par lé Ministère de la Marine. 

Une lettre de M. Marius Esparseil, architecte à Garcas- 
sonne , envoyant sa démission de membre titulaire. 

M. de Saint-Simon donne lecture d'un rapport sur les 
récents travaux malacologiques de MM. de Folin et Bérillon. 

Leur remarquable Mémoire se compose de deux parties. 

La première nous fait connaître une description détaillée 
de l'animal du Cryptazeca monodonta ; le genre Cryptazeca, 
créé par ces deux auteurs, est caractérisé comme les Lowea 
de Madère par l'existence d'un pore muqueux situé entre 
les couches épidermiques et musculeuses de la queue. 
MM. de Folin et Bérillon entrent dans des considérations 
générales et font ressortir les rapports qui existent entre 
les Azeca et les Lowea, ainsi que la nécessité de maintenir 
la nouvelle coupe qui fait le sujet de leur étude. 

Le reste du mémoire est consacré à l'examen de deux 
variétés du Cryptazeca) à celui d'une variété hyaline du 
Pupa cylindracea, d'une variété blanchâtre de VAcme lineata 
var. Pyrenaïca. Ces deux auteurs publient la description de 
l'animal de VAcme cryptomena, Acme particulière aux envi» 



— 142 - 

rons de Bayonne et caractérisée par le bourrelet extérieur 
qui borne le péristome de la coquille. Enfin, ils donnent la 
diagnose d'une variété curieuse du Neritina fluviatilis; celle- 
ci est caractérisée par une ouverture quadrangulaire. Seule- 
ment le nom quadrigonostoma m'a paru laisser à désirer, 
car il se compose d'un mot latin et d'un mot grec. 

Le numéro 22, intitulé : Une imporlante station mala- 
cologique, se rapporte à une localité appelée Bramapan, qui 
est située au sud-est de Bayonne, à Saint-Pierre d'irube. Les 
auteurs ont recueilli dans un espace de 400 mètres de'long, 
10 espèces de Cyclas et de Pisidium et 80 espèces ou varié- 
tés de Gastéropodes, c'est-à-dire la plus grande partie de 
ceux qui ont été signalés dans les Basses-Pyrénées. Je citerai 
entre autres : Les Zonites alliarius, Subglaber, YHelix cons- 
tricta,\eCryptazecamonodonta, ieClausilia Pauli, les Succi- 
nea longiscuta et putris, le Physa fontinalis, les Acme lineata, 
cryptomena, YAmnicola lanceolata, etc. Il est à remarquer 
naturellement que presque tous les mollusques terrestres 
de Bramapan, sont ceux qui vivent dans les localités humi- 
des et boisées. En résumé, le mémoire intéressant dont je 
viens de vous donner un aperçu, est de nature à rendre des 
services importants à la science et contribue à nous faire 
connaître la faune du sud-ouest de la France, faune qui a 
été déjà étudiée de la manière la plus consciencieuse par 
MM. de Folin et Bérillon. Nous devons, par conséquent, dé- 
sirer que ces auteurs continuent â nous donner le fruit de 
leurs observations qui se rattachent si bien à l'objet de nos 
études. 

Deux planches accompagnent ce travail : la première 
contient les figures grossies des espèces dont il a été 
question dans la première partie du mémoire. On y 
remarque l'animal du Cryplazeca monodonta. La seconde 
planche est consacrée à la représentation des organes 
de ce dernier mollusque , et principalement de la mâ- 
choire, du ruban lingual ; celui-ci, bien reconnaissable, 



- 143 - 

est caractérisé, comme dans les Azeca, par des dents rachia- 
les plus petites que celles qui les avoisinent. 11 ne me 
reste plus qu'à parler du système médullaire dont les élé- 
ments sont bien représentés. Seulement, la figure de ces 
organes importants manque de relief et les contours ne sont 
pas assez nettement accusés. 11 sera facile au dessinateur de 
rectifier ces imperfections peu importantes, et cette légère 
critique ne doit pas m'empêcher de rendre justice à son 
talent consciencieux et bien reconnu, 

M. Gaston de Malafosse entretient la Société de la ques- 
tion si débattue de « La Mer glaciaire au pied des Alpes. » 
11 expose les divers arguments invoqués par M. le chanoine 
Stoppani à l'appui de sa théorie, et fait connaître ensuite les 
objections des très-nombreux géologues italiens , français 
et suisses qui n'ont pas accepté la manière de voir du savant 
professeur de Milan. 

La théorie de M. l'abbé Stoppani et de M. Desor est 
basée sur la découverte, aux environs de Corne et dans cer- 
taine? autres localités de la Lombardie, de dépôts glaciaires 
contenant des fossiles pliocènes. D'après M. Stoppani, il 
faudrait, pour expliquer la présence de ceux-ci, admettre 
que, dans la dernière période des temps tertiaires, les gla- 
ciers des Alpes venaient aboutir directement à la mer et y 
déversaient incessamment leurs moraines de fond, donnant 
ainsi naissance à un dépôt à la fois marin et glaciaire. 

Les adversaires de M. Stoppani, parmi lesquels il faut 
surtout signaler MM. Sordelli, Favre, Rutimeyer, Gastaldi, 
expliquent tout autrement les faits : ils ne voient dans les 
prétendues moraines de la région de Corne qu'un dépôt di- 
luvien. Les cailloux striés que l'on y remarque auraient été 
enlevés à des moraines placées en amont; de même que les 
fossiles pliocènes ne seraient pas en place, mais auraient été 
entraînés par érosion des marnes qui les contenaient. Ainsi 
s'expliquerait le mélange observé, sans avoir besoin de 



- 144 - 

recourir à l'hypothèse d'une mer glaciaire pliocène, hypo- 
thèse singulièrement en désaccord avec le caractère tempéré 
de la l'aune vivant à la fin de la période tertiaire. 



Séance du 33 mars flS'ÏS. 

On remarque dans la correspondance : 

Une lettre de M. de Watteville, directeur des sciences et 
des lettres au ministère de l'instruction publique , remer- 
ciant la Société de lui avoir décerné le titre de membre 
honoraire ; 

Une brochure de M. le marquis de Folin, membre cor- 
respondant, intitulée: Lettre à la Société de Borda, à Dax, 
et relative à la création de musées cantonaux d'Histoire 
naturelle ; 

Une lettre de M. le Préfet de la Seine, qui envoie à la So- 
ciété un exemplaire du magnifique ouvrage de M. Belgrand: 
Assainissement de la Seine, épuration et utilisation des eaux 
d'égout; 4 vol. in-8° ; Paris, 4877. 

Il est donné lecture du projet de budget dressé par le 
conseil d'administration. La discussion des différents arti- 
cles est renvoyée à la prochaine séance. 

L.'auteur, membre titulaire, envoie le travail suivant : 

Notes sur les Leptodirites; 
Par M. Elzear ABEILLE de PERRIN. 

Lorsque le Leplodirus Hohenivarthi fut découvert, l'aspect 
étrange de ce curieux insecte dérouta tout d'abord h-s 
entomologistes. Où placer dans l'échelle des êtres un ani- 
mal aussi fantastique? Peu à peu l'élude comparative de sa 
charpente le fit ranger dans le voisinage des Scydménides 



- 145 - 

et des Silphales, entre lesquels, dit Duval, ce genre forme 
parfaitement le passage. Puis Schiodte, Duval et d'autres 
savants de premier ordre remarquèrent la ténuité relative de 
son 8 e article antennaire. Ce caractère joint à d'autres par- 
ticularités lui assignait positivement sa place dans la famille 
même des Silphales. Pourtant sa structure anormale parais- 
sait si remarquable qu'on n'hésita pas à créer en son hon- 
neur un groupe particulier que quelques auteurs (M. de 
Marseul entre autres) érigèrent en tribu sous le nom de Lep- 
todérites. 

Ici je demande la permission d'ouvrir une parenthèse 
étymologique : je ne puis comprendre pourquoi l'on a 
voulu changer l'orthographe de ce mot. Schmidt a évidem - 
ment tiré le nom qu'il créait de Xettcoç , grêle, et Sstpr] (en 
Ionien Sip^, manche, cou, ce qui est fort correct. Pourquoi 
donc -s'obstiner à écrire Leptoderus, dénaturant ainsi l'éty- 
mologie choisie par le créateur du genre ? 

Depuis la découverte de cet insecte, les explorations de 
grottes se sont multipliées. D'autres intéressantes découver- 
tes sont venues s'amasser à côté de la première. A l'heure 
présente, 14 ou 15 autres espèces différentes forment le cor- 
tège du primitif Leptodims Hohenwarthi, et, au lieu de 
confirmer son autonomie, sont venues, contre toute attente, 
remplir exactement les passages et servir de transition 
entre lui et le grand genre aveugle et hypogé des Âdelops. 
11 ne reste donc plus aucun motif pour maintenir la classi- 
fication primitive et le groupe aberrant des Leptodirites. 
Pourtant l'intitulé même de cette note semble en contradic- 
tion avec ce que je viens d'établir et j'en dois donner l'ex- 
plication. 

Depuis un certain temps j'étudie ces curieux animaux, 
mais leur nombre s'accroît tous le> jours d'une manière 
effrayante et l'avenir nous réserve, j'en ai peur, une propor- 
tion plus grande encore de découvertes. J'ai réussi à amas- 
ser dans ma collection près de 80 espèces d' Adelops; mais 



— 146 - 

je connais l'existence d'un grand nombre de types inédits, 
d'Italie et d'Espagne. Si je considère en outre les grottes 
qui restent à explorer, je vois qu'en France 300 et tant sont 
encore vierges de toute investigation entomologique. N'y 
a-t-il pas lieu de croire qu'une partie d'entre elles sont han- 
tées par des Adelops ? Bien plus, il ne faut pas oublier que 
ces insectes habitent non-seulement les cavernes, mais 
les profondeurs du sol et même les mousses humides : leur 
zone remonte beaucoup plus haut dans le Nord et descend 
bien plus bas dans le Midi que celles des Anophtalmus . On 
en a trouvé depuis l'Angleterre {Wollastoni) jusqu'au sud de 
l'Espagne (Hispanus). Or, tous les pays d'Europe compris 
entre ces deux latitudes extrêmes ont-ils été scrutés par des 
spécialistes ? Que sera-ce donc lorsqu'après avoir épuisé 
l'Europe sous ce rapport, on se mettra à étudier les autres 
parties du globe ? 11 est évident pour moi qu'elles doivent 
être aussi riches que la nôtre. Puisque les Adelops existent à 
la fois dans le Rentucky et chez nous, il est plus que proba- 
ble que le reste de l'Amérique et l'Asie doivent aussi être 
peuplées; j'ai du reste déjà décrit un Adelops syrien et il en 
existe une autre espèce de moi connue. M. Doria vient même 
:1e m'en donner une espèce persane. 

Donc j'avais raison de dire que ce seul genre rendra un 
jour des points au genre Homalota pour le nombre et la dif- 
ficulté de ses espèces. Un de nos collègues, qui n'a exploré 
en fait de grottes que les armoires des collectionneurs, s'est 
agréablement raillé de cette prédiction. M. Abeille, dit-il, 
qui décrit tous les jours quantité c/'adelops, nous promet d'en 
faire un genre plus difficile que celui des myhmedonia. Je lui 
ferai d'abord observer que, sur 70 Adelops décrits, 10 jus- 
qu'ici sont seuls de mon fait. Vais-je lui reprocher les cen- 
taines d'espèces dont il s'est fait le parrain dans une seule 
famille? Et pourtant je crois avoir visité autant de grottes 
que notre collègue a pu soulever de crottins, habitat ordi- 
naire de ses insectes préférés. De plus, en substituant Mur- 



— 147 — 

medonia à Homalota, il ôte à ma phrase toute espèce de 
sens, attendu que les Myrmedonia ne sont ni nombreuses 
ni difficiles. Enfin, ce n'est pas moi qui ferai la difficulté de 
ce genre, si ce n'est en découvrant peut-être de nouvelles 
espèces. Je travaille au contraire de toutes mes forces à être 
en mesure un jour d'aplanir quelques-unes de ses difficultés. 
Est-ce ma faute si chaque centre de grottes est pour les 
Adelops comme un centre de création particulière ? M'accu- 
sera-t-on de voir des espèces là où il n'y a en réalité que 
des races constantes? Mais quelle différence fait-on entre 
ces deux termes, au point de vue de la classification ? Du 
reste, pour ne pas être obligé de répondre longuement à ce 
propos d'un collègue qui n'a jamais sérieusement loupé un 
seul de ces insectes, je n'ai qu'à me retrancher derrière 
l'autorité de MM. de Kiesenwetter, de Saulcy, et enfin d'un 
entomologiste que j'ai entendu nommer le grand réunisseur, 
mon très-regrettable ami La Brûlerie, qui n'a pas hésité à 
décrire d'un seul coup 7 espèces (et ce sont peut-être les 
moins distinctes), habitant un rayon très-peu étendu. Je 
borne là ma justification. 11 est plus facile et moins scienti- 
fique de bien tourner une phrase ironique que d'exposer sa 
santé dans l'exploration des cavernes et ses yeux dans 
l'étude de ses habitants. 

Toutes ces considérations prouvent que l'on ne peut 
encore rien écrire de très-positif sur un genre si imparfaite- 
ment connu. Cependant, pour diminuer le nombre de ses 
espèces, j'ai cherché à établir des démembrements parmi 
celles que je possède. Mais tous les passages existent pour 
les proportions antennaires et la dilatation des tarses. Seul 
le nombre des articles de ces derniers organes peut donner 
lieu à une division : en effet, tous mes Adelops ont 5 articles 
aux tarses antérieurs des d* et 4 à ceux des 9, sauf une 
exception : le Milleri et deux autres espèces innommées ne 
présentent que 4 articles aux tarses antérieurs des deux 
sexes. Je me suis empressé de les séparer des autres sous le 



- 148 - 

nom générique iVÂphaobius. Je sais pourtant que le Cisnerosi 
a été décrit par M. Pérez Arcas comme ayant au contraire 
5 articles aux tarses antérieurs des deux sexes. Mais ayant 
voulu vérifier ce caractère sur les types, je puis déclarer 
qu'il y a eu erreur dans l'indication de notre confrère: les 
9 n'ont positivement que 4 articles aux tarses antérieurs, et 
dès lors il n'y a plus de motif pour le détacher du grand 
genre Adelops. 

A part cette distinction, les autres caractères des espèces 
de ce genre se fondent si bien les uns dans les autres, qu'il 
faut nécessairement ou réunir toutes les espèces en une, ce 
qui serait évidemment plus agréable et plus commode, mais 
contre nature, ou décrire minutieusement et même figurer 
les différences qui sont toujours légères, il est vrai, mais 
absolument constantes. C'est à quoi je travaille. Mais je 
crois que c'est ici le cas ou jamais de ne pas se hâter, si l'on 
veut donner des conclusions un peu moins incomplètes. 

Je demande donc l'autorisation de laisser en ce moment 
de côté le genre Adelops qui mérite à lui seul d'être étudié, 
pendant bien des années, ainsi que VAphaobius Milleri et 
ses congénères, et de ne m'occuper ici que des autres gen- 
res de la même famille. 

On peut dire avec M. Bedel (Liste des ar!iculés cavernico- 
les), que les genres qui ont été proposés jusqu'ici ont été 
fort mal caractérisés : aucune vue d'ensemble n'a présidé à 
eur établissement, et je crois qu'il ne peut être mauvais de 
dresser un tableau qui permette de les reconnaître sûrement. 

Malheureusement, il en est deux, Spelœochlamys et Cytodro- 
mus, dont je ne connnisjusqu'ici que les femelles. Je pourrai 
probablement avant peu parler du d* du premier; mais je 
crois qu'il n'en sera jamais de même du second : d'après les 
renseignements que je tiens de M. Ehlers, la grotte où 
habite le Spclœocldumys est ou détruite ou obstruée et il n'en 
existe point d'aulresdans les environs. Je ne puis donc faire 
rentrer ces deux genres dans le tableau suivant; du reste, 



— 149 — 

ils ne peuvent se confondre avec aucun des autres à cause 
delà forme aberrante de leur corselet qui a ses bords, sur- 
tout postérieurement, tout-à-fait tranchants, translucides, 
relevés et séparés du disque par un sillon ou une dépression 
longitudinale. Le genre Cytodromus se distinguera de l'autre 
par ses pattes et ses antennes d'une longueur démesurée, ses 
élytres régulièrement arrondies à l'extrémité, au lieu d'être 
très-acu minées et divariquées un peu à la façon du Lixus 
paraplecticus, et la forme aberrante du repli des élytres. 

Quant aux autres genres, voici un tableau qui les fera dis- 
tinguer tout de suite : 

A. Elytres à bords latéraux convexes et à repli nullement 
visible par-dessus. 

B. Ecusson peu visible, en réalité très-court et s'étendant 
tout le long de la base du corselet. 

G' Elytres glabres Leptodirus. 

G' Elytres velues. s. -g. Propus. 

B' Ecusson normal. 

G' Elytres de la longueur du corps. 

Corsebt subcylindrique et étran- 
glé Antrocharis. 

C Elytres plus longues que le corps. 

Corselet subplan et peu resserré 

avant sa base s, -g. Diaprysius. 

A' Elytres à bords au moins en partie tran- 
chants et visibles pardessus. 

B Tarses antérieurs 4 articulés a* Oryotus. 

B' Tarses antérieurs 5 articulés <?. 
G Repli des élytres mince. Avant derniers- 
articles antennaires brusquement 

renflés à leur sommet Pholeuon. 

G' Repli des élytres très-large. Avant-der- 
niers articles des antennes ren- 
flés de la base au sommet Drimeotus. 



— 150 — 

Les espèces actuellement connues se répartissent ainsi : 
Leptodirus Schm. 

Hohemvarthi Schm. 

Angustatus Schm. 
S. -G. Propus Ab. 

Senceus Schmidt. 
Antroeharis Ab. 

Querilhaci Lespès. 

Dispar Ab. 

Me.strei Ab. 
S. -G. Diaprysius Ab. 

Caudatus Ab. 

Caudatissimus Ab. 
Pholeuon Hamp. 

Leplodemm Frivv. 

Angnsticolle Hamp. 

Gracile Friw. 
Oryotus Mil. 

Schmidti Mil. 
Drimeotus Mil. 

Kraatzi Friw. 

Kowaczi Mil. 
Cytodromus Ab. 

Dapsoïdes Ab. 
Spelœochlamys Dieck. 

Ehlersi Dieck. 

Description des Genres et des Espèces. 
Genre Cytodromus Ab. 

(Qui court dans les grottes). 

Corps peu convexe. Tête large et courte. Antennes très- 
minces et très-longues, à 2 me article un peu plus long que 
le 3 me . Palpes maxillaires à dernier article très-court et trian- 
gulaire, pointu. Corselet large, non rétréci à la base, à peine 



— 451 - 

convexe, profondément creusé de chaque côté d'une gout- 
tière qui fait paraître les bords comme transparents. Ecusson 
médiocre, triangulaire. Elytres ovales, dépassant de beau- 
coup l'abdomen, nullement en pointe au sommet. Repli à 
bord supérieur très-tranchant et visible presque jusqu'au 
sommet, très-large aux épaules* et décroissant très-rapide- 
ment de là aux deux tiers. Pieds très-allongés. 

Ce genre diffère, on le voit, des Pholeuon par la forme du 
repli. Du reste, la sculpture de son corselet l'éloigné consi- 
dérablement de tous les autres genres et le rapproche du 
seul Spelœochlamys. Mais ce dernier est trapu; il a les an- 
tennes et pattes courtes et son repli ne décroît pas rapide^ 
ment au-dessus des épaules. 

Genre Antrocharis. 

(Qui aime les cavernes). 

Caractères des Pholeuon, sauf les suivants : antennes à 
2 me article tout au plus de la longueur du suivant, au lieu 
d'être sensiblement plus long. Elytres allongées, ovales, 
très-convexes; repli à bord supérieur nullement tranchant 
et nullement visible pardessus ; vu par côté, ce repli est 
peu large, il a sa plus grande largeur tout-à-fait à la base 
et va en décroissant de la base au sommet, au lieu d'être 
renflé peu à peu de la base au tiers antérieur et aminci des 
deux tiers à l'extrémité. 

Ce genre, par son repli nullement visible par dessus, s'éloi- 
gne de tous les genres de Silphales aveugles et se rapproche 
du seul Leptodirus, parmi lesquels Lespès avait placé avec 
raison son Qaerilhaci. La forme de son écusson l'en distingue 
nettement. Les proportions des antennes et la forme du 
repli viennent achever de le séparer des Pholeuon, qui du 
reste sont tous étrangers à la France. Jusqu'ici, au contraire, 
tous les Antrochcwis connus sont français. 

J'ai préféré remplacer le nom d ! 'Antrodictus que je lui 



- 152 - 

avais donné (Petites nouvelles entom.), parce (jue ce nom 
avait été précédemment appliqué à un genre d'Arachnides. 

Antrocharis dispar. Ab. n. sp. — Longueur 3 1/4 mil]. 
Rouge testacé, pubescent, allongé, très-convexe. Antennes 
très-allongée;, un peu plus chez le mâle que chez la femelle. 
Prothorax pointillé guilloché, aussi long que large, forte- 
ment échancré de chaque côté au-dessous du milieu. Elytres 
très-convexes, modérément allongées, arrondies ensemble 
au sommet, un peu arrondies chacune à la suture , fortement 
ridées transversalement. Pieds allongés. 

Cette espèce, très- voisine du Querilkaci Lespès, et con- 
fondue avec lui, a été prise par moi en bon nombre dans 
les grottes de l'Ariége dites de Fontsaint, l'Herm et Cram- 
pagna. Le Querilkaci n'a été en réalité rencontré que dans 
celles de Lombrive et de Sabart. Le dispar en diffère par ses 
antennes sensiblement plus longues, surtout sur leurs der- 
niers articles, et de plus ces organes sont un peu plus longs 
chez le a* que chez la g, ce qui n'existe pas chez son con- 
génère. Ces caractères sont faibles, si l'on veut, mais cons- 
tants chez tous mes exemplaires. 

Antrocharis Mestrei. Ab. n. sp. — Longueur 4 mill. Rouge 
testacé, allongé, pubescent. Tête assez large, mais à museau 
étroit et allongé. Antennes dépassant la moitié du corps, à 
articles allongés. Corselet moins large à la base que long, 
convexe, à cotés assez fortement échancrés avant la base, 
bien arrondis au sommet, ponctué très-dru. Elytres trois 
fois longues comme le corselet, ayant leur plus grande lar- 
geur un peu après le milieu, fortement rétrécies au sommet 
qui n'est pas arrondi comme chez le précédent, ni prolongé 
comme chez le suivant, fortement ridées transversalement. 
Tarses antérieurs de cinq articles chez le ç/ 1 , avec leurs deux 
premiers articles élargis d'une façon tout-à-fait anormale et 
n'ayant de similaire que chez VOryotus Schmidti. 

Cette magnifique espèce, dont lesélytres ridées rappellent 
celles du Querilkaci et du dispar, mais qui dillère à première 



- 153 — 

vue des deux par sa grande taille, ses ély très acuminées et sur- 
tout la dilatation incroyable des tarses (cf), a été découverte 
dans la grotte de l'Homme-Mort, près Puivert (Aude , par 
MM. Valéry Mayet et Gaston Mestre. Ce dernier l'a retrouvée 
dans celle de Nébias (Aude). Je me fais un plaisir de la lui 
dédier. 

Antrocharis caudatissima Ab (Petites nouvelles ento- 
mologiques}. — Longueur 2 3/4mill. Roux, brillant, pubes- 
cent. Tête assez large. Corselet aussi large à la base que 
long, convexe, à côtés peu échancrés vers la base, peu 
arrondis au sommet, ponctué très-éparsement. Elytres trois 
fois et demie longues comme le corselet, étroites, ayant 
leur plus grande largeur près de la base, rétrécies de là au 
sommet, très-acuminées et très-fortement prolongées au- 
delà de l'abdomen, arrondies séparément au bout, ponctuées 
plus dru que le corselet, nullement ridées. Tarses antérieurs 
à deux premiers articles fortement élargis chez les o*. 

Je l'ai découvert dans la grotte de Vallon (Ardèche). Il se 
distingue à première vue du Caudata Ab. par sa forme très 
allongée, aussi allongée ? que le Caudata <?, ses élytres 
très-prolongées postérieurement et les tarses antérieurs & 
deux fois plus larges que ceux du Caudata. Quant aux trois 
autres, ils en sont absolument distincts par leurs élytres 
ridées, leur corselet plus ou moins cordiforme, etc. 

Je crois devoir joindre à cette note quelques synonymies 
sur les Silphales aveugles et les diagnoses d'espèces récem- 
ment découvertes dans le département de l'Aude, dont la 
faune , limitrophe de celle de l'Ariége, complète l'explora- 
tion que nous avons faite il y a quelques années. 

Leptodirus Schmidti Snots . Me paraît une variété de grande 
taille de YHohenwarthi. 

Adelops meridionalis Duval. Excellente espèce que 
M. l'abbé Lucante a retrouvée à Lectoure. Très-distincte du 
Schiodtei, auquel il avait été réuni, par la grande dilatation 

41 



- 154 - 

du corselet chez le &, ce segment plus court et les élytres 
plus aspèrement ponctués. 
A. Erberi Schauff. = Cœlatus Hampe. 
A. pruinosa Schauff. = Narintina Mil. 
A. Kerimi Fairm. = Tar salis Kies. 

A. Mayeti Ah,— Linden Ab. Ce n'en est qu'un exemplaire 
mal venu. Depuis lors j'en ai pris dans une chasse 430 sujets, 
que j'ai tous longuement étudiés. 

A. subcurvipes Ab. n. sp. — 3 mill. 2/5. Rouge testacé , 
allongé, peu convexe, peu atténué postérieurement. Corselet 
plus large chez le <?, strie suturale bien visible, suture dé- 
primée, élytres transversalement striolées, pieds et antennes 
allongés, celles-ci plus allongées chez le o*, leurs articles 
7, 9, 10 renflés chez les deux sexes, tardes antérieurs très- 
dilatés chez le o* et formant patille. 

Espèce découverte dans la grotte de Nébias (Aude), par 
M. Gaston Mestre. Très voisine de Curvipes La Brul. Ayant 
comme elle les quatre tibias postérieurs, surtout les derniers, 
courbés chez le o*. Distinct de celui-ci par le corps plus 
allongé, moins atténué proportionnellement et les tibias 
des a* courbés moins fortement et seulement après leur 
milieu. 

A. subrectipes Ab. n. sp. — 3 mill. 2/5. Rouge testacé, 
allongé, peu convexe, très-atténué postérieurement, corselet 
plus large chez le &, strie suturale bien visible, suture dépri- 
mée, élytres transversalement striolées, pieds et antennes 
assez allongés, celles-ci plus allongées chez le a*, dilatées 
comme chez le précédent, tarses de même. 

Espèce découverte dans la grotte de Belvis (Aude), par 
le même zélé explorateur. Très-voisine de la précédente, 
mais évidemment distincte par les articles antennaires sensi- 
blement moins allongés et plus dilatés, surtout les derniers. 
Les tibias sont courbés de même chez les à*. 

A. Hecatœ Ab. n. sp.— Longueur 1 mill. 3/4. Bruntestacé, 
allongé, assez convexe, très-atténué postérieurement, strie 



— 455 - 

suturale à peine visible, suture déprimée, élytres transver- 
salement striolées, antennes et pieds allongés, celles-ci, 
avec leurs articles 5, 7, 9 et 40, dilatés chez le <?, tarses an- 
térieurs dilalés dans le même sexe. 

Espèce découverte également par M. G. Mestre dans la 
grotte d'Espezel (Aude) . Très-distinct des précédents par sa 
très-petite taille, son corps beaucoup plus convexe etla dila- 
tation du 5 e article antennaire chez !e o*. 

A. Proserpinœ Ab. n. sp. — Longueur 2 mil. 4/3. Brunâtre, 
très-convexe, très-atténué en arrière, strie suturale nulle, 
suture non déprimée, élytres transversalement striolées, 
antennes assez robustes, médiocrement allongées avec leurs 
articles 1, 9 et 40 très-dilatés, tarses antérieurs très-di^ 
latés. 

Espèce découverte par MM. Valéry Mayet et G. Mestre dans 
la grotte de PHomme-Mort (Aude). Très-semblable aux De- 
larouzei et Infernus, dont il diffère à première vue par les 
élytres moins arrondies au sommet et les tarses antérieurs 
fortement dilatés chez le d*. Encore plus voisin du Chardonis, 
mais beaucoup plus convexe et à tarses antérieurs plus dila- 
tés chez le cf. 



Séance du flO mars. 

Présidence de M. Bidaud. 



La correspondance comprend une lettre de M. le Dr Des- 
jardins, chirurgien-major au 2 e régiment du génie, membre 
titulaire de la Société, annonçant la création à Montpellier 
d'une Société de géographie. — Un volume de M. Cazalis 
de Fondouce, membre correspondant de la Société , sur Les 
allées couvertes de la Provence. — Les publications de l'Aca- 
démie des arts et sciences de Philadelphie et de l'Académie 
des sciences de Boston. — Le programme du Congrès des 
orientalistes à Lyon, — et les publications ordinaires. 



— 156 — 

La Société approuve le rapport de la commission du 
budget et vote des remerciements à M. A. Lacroix, tréso- 
rier en fonction. 

L'auteur, membre titulaire, a envoyé le travail suivant : 

Catalogue raisonné des Coléoptères des Landes 

{Suite) (1). 
Par M. le D' GOBERT. 

MALAGODERMES 

cyphonim:. 

Helodes, Latr. 

Minutus, L commun. En fauchant dans les terrains forts , en 

battant au mois de mai les saules, les sureaux, 
principalement dans les lieux humides et om- 
bragés. 
Larve. Voy. Ch. Cand., p. 4 55. — Sous le nom 
de Cyphon palhdus. 

Marginatus, F rare. En fauchant autour des marais. 

Microcara , Thoms. 

Testacea. L rare. En fauchant dans les lieux humides et ma- 
récageux et en battant les arbrisseaux autour des 
marais. 

Cyphon, Payk. 

Coarctatus, Payk .... assez commun. — En fauchant, en juin et juillet, 

dans les lieux humides. 
Nitidulus, Thoms. . . . assez commun. — En battant les arbres au bord 

des eaux. Sos. (P. B.). 
Variabilis, Thunb. . . . très-commun, id. 

Larve. — Vit sous les lentilles d'eau. — Frauen- 

feld. — Soc. zool. bot. de Vienne, 1866, 

p. 369. 
Padi, L très-commun. — En battant, en été, les aulne» 

^1) Voir Bulletin. 



- 157 - 

et les saules, en tamisant les mousses en hiver. 

— Avec (F. Rufa. Mœklin). 

Var. Gratiosus, Tourn. . . très-rare. Id. Sos. (P. B.). 

Depressus, Muls Un seul individu pris en secouant des chênes dan» 

un endroit très-sec. Sos. (P. B.). 
Baudueri, Tourn très-rare. — En fauchant çà et là. 

Prionocyphon, Redt. 

Serricomis, Muls très rare. — En battant les jeunes pousses de 

chêne-tauzin. Juin-juillet. 

Hydrocyphon, Redt. 

Deflexicolks, Mull. . . . très-rare. — Sous les pierres d'un ruisseau (E. P.). 

— en fauchant dans les marais. 

Scirtes, Illig. 

Hemisphœricus, L. . . . très-commun. — Sur les saules au printemps, 

dans les lieux humides. 
Orbicularis, Panz moins commun, id. 

Eubria, Redt. 

Palustris, Germ Peu commun. — En fauchant sur des herbes au 

milieu desquelles passe un filet d'eau, en juin , 
surtout sur les bords des étangs maritimes. 

Eucinetus, Germ. 

Hsemorrhoïdalis, Germ. . assez rare. Vit dans les productions fongueuses 
telles que des moisissures, des Byssus, des My- 
célium. Sous les écorces de pin couvertes de 
moisissure blanche. — En tamisant des feuilles 
pourries. Sos. (P. B.). 

Meridionalis , Cast. . . . commun Vit dans les mêmes conditions que le pré- 
cé lent. 
Larve. Perris, Soc. ent., 1856, p. 48, t. IX, 
2 e série. 

LYCULE. 

Dyctyoptcrus, Latr. 

Sanguineus, L assez commun. Sur les ombellifères dans les jour- 
nées chaudes, en juillet. 



- 158 - 

La femelle pond de 40 à 50 œufs de près de 4 mil- 
limètre de long, d'un blanc mat jaunâtre et 
parfaitement elliptiques. 

Larve. Ch. Cand., p. 1 61 . — Muls., mollipen- 
nes, p. 32. 

Eros, New. 

Cosnardi, Ch Un seul individu trouvé en mai 4 868, m fau- 
chant en Armagnac dans une prairie humide. 

Oraalisus, Geoff. 

Suturalis, F rare. — En fauchant dans les prairies, mai et juin. 

IAMPYRID2Ë". 

Lainpyris, Geoff. 

Lusitanica, Mots très-rare. — Au vol, au coucher du soleil, en été. 

Noctiluca, L commun. — Au vol, le soir est attiré par la lu- 
mière. 
Larve. — Newport, Journ. Linn. Soc. 1857, 
p. 40. — Waga, Motschulsky. — Etud. 4 856, 
p. 40. — Lucas, Soc. ent. ,1854, p. 4 04. — 
Muls., mollipennes, p. 79. — Divers. Ch. Cand. 
p. 459. 

Splendidula, L très-rare. — Le soir dans les maisons, attiré par 

la lumière. C'est avec doute que je signale ce 
Lampyris comme habitant la région ; je ne l'ai 
jamais pris et ne le possède que d'Alsace. Il a 
été trouvé par M. Perris une seule fois et il est 
à supposer qu'il a dû faire erreur. 

Pliosphœtius, Cast. 

Hemipterus F très-rare. — En fauchant ras de terre. La femelle 

est plus rare encore. 
Larve. — W. Miiller, in Illig. Magaz. fUr Insek- 
ten, t. IV, 4 822. 

DRIL1D/E. 

Drilus, 01. 

Flavescens , F assez commun. — En fauchant çà et là. La fe- 
melle est rare. 



- 159 - 

Larve. — Vit dans les escargots dont elle se nour- 
rit. — Voy. Chap. Cand., p. 159 

Mœurs. Soc. ent., 70, p. 35. — (Abeille, 70, 
n. 14, Nouvelles,) 

TELEPHORID/E. 

Telephorus, Schœf. 

Fuscus, L commun. — Sur les fleurs et dans le* prairies, 

mai-juin. 
Cet insecte est carnassier. — Je l'ai vu en juin, 
dévorant au sommet d'une haute graminée un 
Cryptocephalus bipustulatus , qu'il tenait 
avec beaucoup de dextérité entre ses pattes an- 
térieures. 
Larve. — Fi?cher, V. Waldheun, Feruss. Bull, 
t. XV11I, 1829, p. 308. (Aus , Bull, du Nord, 
1828, p. 45.) — Capieux, Leipz. Intelligenz, 
1811, n° 12, p. 97. — Muls. moliipennes, 
p. 182. — Divers, Ch. Cand , p. 163. 

Pulicarius, F très-commun. — En fauchant un peu partout au 

printemps et en été. 

Rusticus, Fall assez rare. Idem. 

Pellucidus , F très-rare. • Idem. 

Lividus, L commun. Idem. 

Larve. — Blanchard, in Guérin. Menev. Magaz. 
de Zool, 6° année, 1836. 

Rufus, L. peu commun. — En fauchant dans les prairies au 

printemps, et en battant les saules dans les lieux 
humides. 
Larve. — Waterhouse, trans. of the Entom. Soc. 
of London, vol. 1, 1836, p. 31. 

Fulvicollis. F rare. Idem. 

Lateralis , Schrk , var. 

Oralis , Germ très-commun. — En fauchant dans les mar«is et 

généralement dans les lieux humides. 

BivittatUS, Mars très-rare. — En battant sur le parapluie les 

chênes et les surriers. Sos. (P. B ) 

Rhagoiiycha, Escll. 

Fuscicornis, Ol assez raie. — En battant les arbres et en fauchant 



— 160 — 

dans les prairies. 

Nigiïreps, W rare. Idem. Sos. (P. B.) 

Melanura, L très-commun. Idem. 

Testacea, L rare. — En fauchant et en battant les aibres fruitiers. 

Femoralis, Brul très-commun. — En fauchant et en battant les saules 

aux bords des prairies. 
Pallida, F assez rare. Idem. 

MALTHINIDiE. 

Malthinus , Lai. 

Fascialus, Fall commun. — En battant des chênes et des hêtres au 

printemps, juillet. Dans le bois pourri d'un 
vieux tronc de chêne habite par diverses larves 
et notamment celle du Dorcatoma serra — 
Obtenu aussi de branches de chêne et de chà- 
taigner. 

Var. série punclalus, Kr. assez rare. —En battant les chênes. Sos. (P. B.). 

Rubricollis, Baud très-rare. — En battant les arbres et arbustes. 

Sos. (T. B.) 

Glabellus, Kie.sw assez-rare. — En battant des coudriers, au prin- 
temps et en été. 

Punctatus, Fourc assez commun. En battant les charmes et les or- 
meaux. Sos. (I*. B.). 

Frontalis, Marsh idem. Idem. Idem. 

niaitiiodcs, Kiesw. 

Mini mus, L assez commun. —En battant des coudriers et des 

tauzins. 

Marginatus, Latr très-commun. — En fauchant dans les lieux frais et 

ombragés. En battant les chênes. 

Dispar, Germ très-rare. Idem. Sos. (P. B.). 

Brevicollis, Payk commun. — En fauchant dans les prairies, mai, 

• juin, juillet. 

Larve. — Avec F. Rufa. Mœklin. 

MALÀCHIDiE. 

Malachitis, F. 

jEneu.% L très-commun. — Sur les graminées et les fleurs. 



— 161 — 

Larve. — Vit dans les chaumes. — Voy. Soc. 
ent. 1852, p. 591. Hammerschmidt, de Insect. 
agric. damnosis. Yiennae, 1832. 
Bipustulatus, L. . . . . très-commun. — Sur les fleurs, en fauchant dans 
les prairies. Je l'ai obtenu d'une larve parasite 
d'un hyménoptère nidifiant dans la ronce. 

Larve. — Heeger. Sitzber. Wien. ac. wiss. 1857, 
p. 320. — Métamorphoses. Soc. ent. 1863. 
B. 138. 

Viridis, F très-commun. — En fauchant dans les prairies, en 

battant les saules. 
Marginellus, 01 très commun. — En fauchant surtout sur les gra- 
minées. 

Larve. — Se trouve sous les écorces de pin d'en- 
viron 12 ans. — Elle fait la chasse aux larves 
du Dinoderus substriatus et à celles de 
VAnobium angusticolle. Elle vit aussi dans 
les tiges de YEryngium maritimum, où vi- 
vent également celles du Psilotrix nobilis et 
la chenille d'un Micro. — Elle est aussi parasite 
des insectes de l'orme. 

Axiiiotarsus, • Er. 

Pulicarius, F très-commun. — Au printemps, en fauchant dans 

les prairies, sur les fleurs, les graminées. 
Larve. — Vit sous les écorces, surtout celles de 
l'orme, en juillet. Elle est Carnivore. — Voy. 
Perris, An. soc. Lin. Lyon, 1876. 

Marginalis, Er très-commun. Idem. 

Larve. — Vit en juin dans les tiges de YEryngium 
maritimum. Je l'ai obtenue d'un Boletus sua- 
veolus, dans lequel avait vécu sa hrve aux 
dépens d'autres larves fungivores. — M. Perris 
l'a aussi obtenue de l'orme, • 

Ruficollis, F rare. — En fauchant çà et là, au printemps. 

Anthocomtis, Er. 

Equestris, P rare. — En fauchant dans les prairies ; en battant 

de jeunes charmilles sur le parapluie. 



- 162 — 

Fasciatus, L peu commun. — En fauchant dans les prairies en 

mai. 
Larve. — Vit dans le bois pourri des vieux troncs 
de chêne habités par diverses larves et notam- 
ment celle du Dorcatoma serra. On obtient 
également l'insecte parfait des branches de chêne 
et de châlaigner. 
Fenestratus, Lincî. . . ) très-rare. — En mai et juin , en secouant les 

Regalis, Charp j vieux surriers, les chênes, les pins, et aussi en 

fauchant dans les bois sous les grands, arbres. 
Sos. (P. B.). 

Aitalus, Er. 

Lateralis, Er assez commun. — Mai, juin. En secouant les 

toitures de chaume et parfois dans les maisons. 
Larve. — Vil sous les écorces des jeunes pins 
morts, parmi les larves du Bostrycus bidens t 
dont elle fait sa proie. — Yoy. Ins. pin. mar., 
p. 199. — Perris, Soc. ent., 1854 , p. 593. 

Amictus, El" rare. — En secouant les saules. Mai. 

Lobatus, 01 très-commun. — En battant les ormeaux et les 

lierres en juin. 
Larve. — Vit dans l'ormeau, le lierre. Je l'ai 
également trouvée dans les branches de cbêne et 
de châlaigner. 

Ebœus, Er. 

Thoracicus, 01 commun. — En fauchant dans les prairies , en 

battant les rosiers sauvages et les aubépines. — 
Mœurs, Bedel, Soc. ent., 72, LI. 

Humilis, Er très-rare. — En fauchant çà et là. 

Hyplicbrctis, Kiesw. 

* 

Albifrons, 01 commun. — En battant les lierres des murailles. 

Mai, juin. Trouvé en abondance en Armagnac 
sur les feuilles de figuier. 
Larve. — Vit dans le lierre. — Voy. Hist. met. 
div. ins., p. 17. Liège, 1855. — Perris, Mém- 
Soc. Liègo. 1855, p. 241. 



— 163 — 

Flavipes, F assez rare. — En battant divers arbres et en fau- 
chant, en juillet. 
Charoptis , El*. 

Pallipes, Ol assez rare. — En fauchant dans les prairies, en 

mai et juin. 

Antidipnis, Woll. 

Punctatus, Er assez commun. — La Teste. Juillet. — Aux bords 

du bassin d'Arcachon sous les touffes de Salsola 
et autres plantes. 

Troglops, Er. 

Albicans, L très-rare. — Obtenu de l'ormeau mort. Sos. 

(P. B.). 
Dufouri, Perris assez rare. — En battant des toitures de chaume. 

M. Perris l'avait d'abord capturé à Biscarosse. 

M. Bauduer l'a depuis trouvé à Sos. 

Colotes , Er. 

Maculatus, Cast assez commun. — En battant les buissons sous 

le parapluie. 

DASYTID.E. 

Dasyles, Payk. 

Niger, L. commun. — En fauchant dans les prairies, au 

printemps et en battant les saules. 

Pilicornis, Kiesw rare. — En battant les chênes en fleur. 

Cœruleus, F très-commun. — Sur les graminées et en fauchant 

dans les prairies. Juin, juillet. 
Larve. — Laboulbène, Soc. ent. 1858, p. 54 3. 

Plumbeus . Illig commun. — En fauchant sur les herbes. Ma!, 

juin. — En battant les chênes en fleur. 
Larve. — Sous l'écorce des jeunes pins dans les 
galeries du Bostrychus bidens, dont elle dé- 
vore les larves. — Obtenu en quantité d'un 
orme mort dans lequel vivait sa larve avec 
beaucoup d'autres qu'elle détruit et dont elle 



- 164 — 

mange les déjections. — Perris, Soc. ent., 
1854, p. 599. — Soc. Lin. Lyon, 1876. 

Flavipes , F très-commun. — Espèce distincte de Plumbeus , 

quoiqu'elle en soit synonyme dans le catalogue 
de M. de Marseul. On l'obtient de l'ormeau, en 
battant les chênes en fleur, en fauchant dans 
les prairies. Mai, juin. 
Larve. — Vit comme celle du Plumbeus dans 
presque tous les arbres et arbrisseaux occupés 
par d'autres larves, tels que chêne, cbâlaigner, 
pin, vigne, pommier. 

iErosus, Kiesw commun. — En battant les chatons du' pin. 

Larve — Vit sous l'écorce des pêchers avec celle 
du Scolytus rugulosus. 

Quercicola, Muls et Rey. très-rare. — En battant les chênes. 

Coxalis, Muls. et Rey. . peu commun. — En secouant les haies. Mai, juin. 
Sos. (P. B.). 

Dolichosoma , Stph. 

Lineare, F commun. — En juillet, en Armagnac, sur les 

épis de seigle, au coucher du soleil, et en fau- 
chant dans les lieux humides pendant la furte 
chaleur. 

Nobile, Illig commun. — Sur les plantes dans les dunes, et sur 

les fleurs dans la lande. 
Larve. — Vit dans les tiges de YEryngium ma- 
ritimum Juin. Muls. 15 e op., p. 87. — Perris. 
Soc. Lin. Lyon, 1876. — Elle a pour parasite 
un Ichneumonide du genre Trachynotus. 

Haplocnemus, Steph. 

Fini, Redt peu commun. — En tamisant les mousses en hiver. 

Sos. (P. B.). 

i anacœa, Gast. 

Pallipes, Pànz très-commun. — En battant les haies au printemps. 

Sos. [y. B). 

Tomentosa, Panz assez commun. — Paraît plus tard que le Palli- 
pes et se trouve dans les mêmes lieux. Sos. 
(P.B.). 



— 165 — 

Ambigua, Muls commun. — En fauchant dans les prairies. Mai. 

— En secouant les poiriers, les pommiers et les 

saules. Juin. — Plus commun dans les terrains 

argileux. 
Longiceps, Muls. et Rey. rare. — En Armagnac , en battant les saules au 

printemps. 

Phloiuphilus, W. 

Edwardsi, Steph Un individu pris le 12 janvier i 873, en battant un 

pin mort. Sos. (P. B.). 



TEREDILES 

CLERIDiE. 

Denops, Fiscll. 

Àlbo fasciatus, Charp. . très-rare. — Dans les sarments morts de la vigne 
sauvage. 
Larve. — Vit dans la vigne sauvage. — Voy. 
Angusticolles, Muls, p. 34. — Mœurs. — 
Abeille nouv. n° 1 . 

Tillus, 01. 

Elongatus, L assez rare — En battant des saules. — Vit dans 

les bois habités par les Anobium. 
Larve. — Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 

Unifasciatus, F assez commun. — En battant les sarments morts. 

Larve. — Vit dans les sarments morts où elle 
dévore celles du Sinoxylon œ-d. — Perris, 
Ann. Soc. ent., 1847, t. V, p. 32. 

opiius, Latr. 

Mollis, L Se trouve, mais rarement, dans les maisons, S'ob- 
tient par éducation des rameaux du pin. 
Larve. — On la trouve dans les sarments de vigne 
morte où elle fait la chasse aux larves de Xyh" 
pertha sinuata, dans les jeunes pousses mor- 



— 166 — 

tes de pin où elle attaque celles de YAnobium 
molle ; sous l'écorce du même arbre, où elle 
dévore celles des B. bidens et laricis. M. Per- 
ris l'a prise dans les maisons courant sur les 
planchers et l'a vue entrer dans les trous des 
Anobium pertinaœ, ce qui prouve qu'elle est 
carnassière. — Voy. Ins. pin. mar, p. 214. — 
Walerhouse, trans. of Ihe ent. soc. of London, 
t. I, 1836, p. 30. — Mœurs. — Soc. ent., 
1838. B LVi. 

Domesticus, Sturm. . . . peu commun. — En battant les pins, les lierres 
(mai). 
Larve. — Se trouve dans les rameaux de pin atta- 
qués par les larves de Tamnophilus carbona- 
rius. — Est parasite de Mordellistena inœ- 
qualis. — En Corse, elle est parasite de 
Pseudochina testacea, de Cynara corsica, 
et de Ylcosium tomentosum. — Ici elle est 
encore parasite iï Anobium longicome dans le 
pin, et de Clytus massiliensis. — Lelzner, 
arb.schles. Gesells. 1856, p. 1 04.— Ch. Cand. 
p. 467. —Soc. ent. 1862 B. LXVI. 

Pallidus, 01 rare. — Obtenu des brindilles de l'ormeau (E. P.) 

— En battant des chênes (P. B.). Parfois en- 
glué dans la résine ; dans les branches mortes 
de l'orme dans lesquelles a vécu sa larve parasite 
de celle de YExocentrus punctipennis. Obtenu 
en 1870 de brindilles de pin habitées par les 
larves tfAnobium longicome. 

Larve. — Perris, Soc Lin. Lyon. 

Clerus, Geoff. 

Mutillarius, F très-commun. Sur le tronc des arbres où il fait la 

chasse aux insectes. Parfois en quantité dans les 
bûchers. — On le voit sur des tiges d'ormeau, 
poursuivant des Bostrychus et les tenant et les 
retournant adroitement entre ses quatre pattes 
antérieures. 
Larve. — Vit sous les écorecs d'ormeau, de chêne, 
de peuplier où elle mange les larves lignivores. 

— Voy. Angusticolles, Muls, p. 48. 



- 167 — 

Rufipes, Brahm très-rare. En battant les branches de vieux pins 

récemment abattus (août). 11 paraît être plus 
tardif que le formicarius. 

Formicarius, L très-commun. — Au printemps sur les troncs de 

pin et dans les bûchers. 
Larve. — Se trouve dans plusieurs arbres et aussi 
sur le pin. dans les galeries du B. stenogra- 
phus, du Melanophilâ tarda, des JEdilis, etc. 
— Voy. Ins. pin. mar., p. 209. — Perris, 
Soc. ent., 1854. — Gh. Gand., p. 166. 

4. Maculatus, F rare. — Sur l'écorce des vieux pins où vit sa larve, 

aux dépens des chenilles de Tinettes. — On le 
trouve aussi parfois englué dans la résine. 
Larve. — Voy. Ins. pin. mar., p. 213. — 
Soc. ent., 1854. 

Tarsostenus, Spilt. 

Univittatus, Rossi. . . . commun. — Au mois de juin, sur les tas de 
bûches de chêne exposées au soleil. Il est cos- 
mopolite et se trouve en Californie, au cap de 
Bonne Espérance, à Ceylan, et dans l'Amérique 
du Nord. 
Larve. — Vit dans le chêne, parasita des larves du 
Lyctus canaliculatus. — V. H. met. div. 
ins., p. 12, Liège, 1855. — Perris, même soc. 
Liège, 1865, p. 238. 

Trie hoc! es, Herbst. 

Alvearius, F, très-commun. — En été, sur les fleurs, principa- 
lement les ombellifères et les achillées, en fau- 
chant dans les prairies. Il est carnassier. 
Larve. — Vit dans les ruches d'abeilles. — Voy. 
Ins. pin. mar., p. 119, — Perris, Soc. ent, 
18 54. —Divers. Ch. Cand., p. 166. 

Apicarius, L très-commun — Mêmes conditions que Y Alvearius, 

il est également carnassier. 
Larve. — Divers. Ch. Cand., 1866. — Angusti- 
colles, Muls., p. 85. 

Orthopleiira, Spilî. 

Sanguinicollis, F Je signale cet insecte pour mémoire, car il n'ap- 



— 168 — 

particnt pas à la faune landaise. Il a été trouvé 
une seule fois dans une cour où il y avait des 
sapins du Nord. 

Corynetcs , Herbst. 

Cœruleus, de G commun. — Dans les vieux troncs d'arbres (P. B.). 

En fauchant dans les prairies. 
Ruficornis, Sturm. . . . commun. — En battant les arbres. Sos. (P. B.) 
Larve. — Vit de matières animales décomposées. 

— Voy Perris , Soc. Lin, Lyon, 4 876. 
Kuficollis, 01 assez commun. Dans les charognes. — Trouvé en 

mars, ainsi que sa larve , dans un tronc d'orme 
vermoulu , envahi par le Rhyncolus refleocus. 
Larve. — Heeger, Isis, 4 848, p. 974. — Angus- 
ticolles, Muls., p. 419. — Perris, Soc. Lin. 
Lyon, 1876. 

Rufipes, F assez rare. — Sur les murs des maisons, au 

printemps, mais surtout en fauchant dans les 
champs de panis, lorsqu'il est encore en herbe. 

Violaceus, L rare. —Trouvé sur le cadavre desséché d'un hé- 
risson. 

HYLECŒTIDiE. 

Lymexilon, F. 

Navale, L rare. En secouant des branches mortes de châtai- 

gner. Parfois au vol. 
Larve. — Westwood, Int., t. I. — Herklols- 
Bonwsloffcn, 4 852, t. I, p. 4 4 8. — Ratzeburg 
die fortinsekt, p. 44. Sturm Deutschl. Insekt, 
4839, p. 63. 

SINOXYDIDiE. 

Apate, P. 

Capucina, L très commun. — Dans les bûchers où se trouvent 

des bûches de chêne ; en battant les branches 
de chêne. 
Larve. — Vit dans les souches mortes de chêne et 



— 169 



Varia, Illig. 



Substriatus, Payk.. . 



Sex dentatum, 01. . 



principalement celles du chêne-tauzin, ainsi que 
dans les grosses racines de cet arbre, tronquées, 
mises à nu et privées de vie. — On les rencon- 
tre le plus souvent réunies en grand nombre, et 
dans le cours de leur vie, qui est de onze mois 
environ, elles réduisent le bois en une poussière 
fine mêlée d'excréments. C'est au milieu de cette 
poussière qu'elles se transforment en nymphe 
(E. P.). — Voy. Perris, Soc ent., t. VIII , 
2 e série, 1850, p. 155. — Ralzeburg, die 
fortinsekt, t. I. p. 231. — Elle a pour parasite 
un Cecabolus. 
. commun. — Sur les échalas de chataigner. Fin 
juin. — Cet insecte, d'après M. Perris, doit 
être nocturne, car, durant le jour, il demeure 
immobile sur les pieux ou sous leurs écorces, où 
il se laisse prendre sans difficulté. Il aime à 
pondre ses œufs dans les vieux échalas dont 
l'écorce est soulevée et qui ont déjà été labourés 
par les larves de YAnœsthetis testacea , 
de YExocentrus adspersus , etc. — Voy. 
Perrris Soc. ent., t. VIII, 2 e série, 1850, 
p. 553. — Klingelhœffer. Ent. zeit. zu Stett, 
1843, p. 86. 

Dinoderus, Steplî. 

. peu commun. — Avec sa larve sous les écorces de 
pin de 10 à 15 ans servant à faire des clô- 
tures. 

Il a pour parasite un Entedon. — Voy. 
Ins. pin. mar,.p. 490. Fuss. abhandl, siebend, 
ver., 1856, p. 35. 

Sinoxylon, Dufl. 

. commun. — Vit dans plusieurs sortes d'arbres et 
d'arbrisseaux malades ou récemment morts, mais 
ne s'adresse qu'aux rameaux qui ont de un à deux 
centimètres de diamètre. — Je l'ai trouvé dans 
le robinier, le figuier, la clématite; mais la 
femelle a une prédilection marquée pour les 
sarments de la vigne cultivée. 



— 170 — 

Larve. Elle vit dans ces sarments et la transfor- 
mation en nymphe s'opère sans apprêt à l'extré- 
mité de la galerie creusée par la larve. — 
Parasites : larves de VOpilus mollis, du Tillus 
unifasciatus, et de YAxinotarsus pulica- 
riwi. — Un insecte de la tribu des Holopedinœ 
et le Cephalonomia formiciformis. 

Xylopertha, Guer. 

Sinuata, F très-commun. — Dans les tiges mortes do vignes 

sauvages et en battant les sarments réunis en 
fagots, paifois aussi, mais rarement, sous les 
écorces de chêne. 
Larves. — Comme celles de Sinoxylon. — Perris, 
Soc. ent., 2c série, 1850, p. 562. — Para- 
sites: Perilampus lœvifrons, Calyptus an- 
gustinus (Ruihe). 

LYCTIDiE. 

Lyctus, F. 

Canaliculatus, F très-commun. — Dans le chêne ; rarement dans 

les sarments de vigne. 
Larve. — même habitat. — Voy. Perris, Soc. 

Lin. Lyon, 1876. — Parasites: un Trigono- 

derus, le Perilampus splendidus, Eusanda- 

lum inerme. 
Impressus, Com..'. . . . assez rare. — Sur la Clematis flammula , 

YHybiscus sijriacus, et l'aubépine. 

CIIDiE 

Xylographus, Mel. 

Bostrichoides, Duft.. . . commun. — Dans les bolets amadouviers. 

Larve. L. Duf., An soc. ent., t. VII, 2 e série , 
1850, p. 551. 

Bapalodontns, Mel. 

Fronticornis, Panz. . . . très-commun.— Dans tous les agarics qui poussent 
sur les vieux arbres. 



— 171 — 

Baudueri, Ab assez commun. — Dans le bolet ainadouvier avec 

le Xyîographus. 

Cis, Latr. 

Boleti, Scop très-commun. — Dans la plupart des champignons. 

Larve. — Walker, Zoologist, 1841, p. 116. — 
Ch. Cand.,p. 172. 

Rugulosus , Mel assez rare Id. 

Setiger, Mel très-commun. Id. Sos. (P. B.). 

Micans , Herbst rare. — Champignons sur le chêne, Sos. (P. B.). 

Hispidus, Payk assez commun. Id. 

Comptus, Gyl rare. — Dans le Pohjporus tomentosus. 

Laminatus, Mel commun. — Vit dans le Dedalœa maxima. 

Brot, champignon qui vit sur les souches de pin. 
Larve. — Même habitat. — Voy. Ins. pin. mar. 
p. 497. — Soc. ent., 1 848, p. 318. — - Mellié, 
Soc. ent., t. VI, 2 e série, 1848, p. 319. 

Perrisi, Ab assez rare. — Dans les vieilles souches d'orme 

ayant des substances fongueuses. 

Nitidus, Herbst très-commun. — Dans la partie ligneuse de bolets 

de diverses espèces. Sos. (P. B.). 

Alni, Gyl. ......... commun. — En battant les branches mortes de 

chêne tapissées de mycélium. 
Larve. — Lucas, Expl. de l'Algérie, 2 e partie, 
1847, p. 4 69 (sous le nom de punctulatus, 
Luc). 

Var. Recticollis, Ab. . . rare. — Sur le chêne, le pin. Sos. (P. B,). 

Coluber, Ab très-commun. — En battant les branches mortes 

des chênes et des châtaigners tapissées de mycé- 
lium, pendant toute la belle saison. 
Larve. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 

Bidentulus, Ros assez commun. — Dans les bolets du peuplier, du 

charme. 

Oblongus, Mel assez commun. — Sous diverses écorces fon- 
gueuses. 

Feslivus, Panz rare. — Dans le bois de chêne et de chêne-liége 

atteint de pourriture sèche et imprégnée de fon- 
guosi tés. Dans le Poîyporus ver$icolor,Màrs. 

Castaneus, Mel assez commun. — Dans les vieux troncs fongueux 

de surrier, sous des mycélium, sous l'écorce des 
saules, des ormes. 



— 172 — 

Pruinulosus, Pénis. . . assez rare. — Vit dans l'ormeau. 
Vestitus, Mel.. . . , . . très-rare. — Avec le Festivus. Sos. (P. B.). 
4 dentulus, Perris. . . . rare. — Dans les petits bolets ligneux qui vien- 
nent sur le cbêne-liége. Sos. (P. B.). 
Bicornis, Mel assez rare. — Dans divers bolets. Sos. (P. B.). 

Ennearthron , Mel. 

Cornutum Gyl commun. — Dans le bolet du pin avec Carida 

flexuosa. 
Larve. — Se trouve dans un bolet qui s'altacbe 
exclusivement aux vieux pins, le Polyporus 
pini (Tbore). — Voy Ins. pin. mar., p. 245. 
— Soc. ent., 1854. — Mellié , Soc. ent., 
t. VII; 2 e série , 1849. — Bull. , p. XL. — 
Parasite : Astichus, an nov. sp. ? 

Affine, Gyl très-commun. — avec le Rhopalodontus fron- 

ticornis. — Parasite : Astichus arithme- 
ticus. 

Filum, Ab assez commun. — Avec le Cis festivus. 

Orophius, Rcdt. 
Glabriculus, Gyl très-commun. — Xvecle Cis nitidus. 

ANOBIDiB 

Dryophilus, Chevl. 

Pusillus , Gyl assez commun. — En secouant des genêts. 

Rugicollis, Muls très-rare. — Habitat inconnu. — Collection Perris. 

Pi'iobium, Mots. 

Caslaneum, F peu commun, — Dans les branches mortes d'aul- 
nes, de saules et de cbàtaigners. En battant des 
ronces sèches. 

Anobium, F. 

Denticclle, Panz très-rare. — Trouvé à Uchacq avec sa larve dans 

les parties mortes du tronc d'un vieux chàtai- 
gner. 



— 173 



Striatum, 01. 



Larve. Perris. Soc. Lin. Lyon, 1876. 

très-commun. — Mai, juin. — Dans les maisons. 

Larve. — Vit dans le bois de nos meubles, dans 
les planchers, les charpentes de nos maisons. — 
On la trouve également dans les tiges mortes 



Perris, Soc. ent., 1854 , p. 630. — Rouzet 
Soc. ent., t. VM, 2 e série, 1849, p. 311. — 
Parasite : Spathius clavatus. 

Fulvicome, Sturm. . . . assez commun. — En battant les branches mortes. 

Larve. — Obtenue du châtaigner, du charme, du 

rosier. En Corse, elle a été trouvée dans l'aulne 

par M. Révelière. — Perris, An. Soc. Lin. Lyon, 

1876. 

Reyi, Bris rare. —Le 6 août, M. Perris en a trouvé dans son 

grenier où il n'y avait guère que de jeune bois 
de pin. 

Hirtum, Illig assez commun. — En battant les aubépines. — 

Parasites : Bethylus cenopterus et Pteroma- 
lus gonatas. 

Paniceum , L très-commun, — Le fléau des herbiers ; dévore les 

biscuits et les racines médicinales des herbo- 
ristes . 
Larve. — Vit dans les mêmes conditions, 
rare. — En battant divers arbres. Sos. (P. B.). 



Tomentosum, Muls. 



Xestobium, Mots. 



Tessellalum, F. 



très-commun. — Dans les vieux bois de surrier , 

de chêne, de châtaigner. 
Larve. — Yoy. Ch. Cand., p. 169. 



Abietinus , Gyl. 
Pruinosus, Muls. 



Angusticollis , Ratz. 
Abietis, F. . • . . . 



Ernobius, ThoiïlS. 



. rare. — Au vol et en secouant des pieux. 

. commun. — En battant les pins au printemps et 

en été. 
. rare. — Au vol et en battant des pieux. 
. commun. — Au vol en mai et juin près des tas de 

bois de pin. — Il se rencontre aussi dans les 

maisons. 
Larve. — Vit dans l'écorce épaissie et crevassée des 



— 174 - 



Mollis, L 



Consimilis, Muls.. 
Parens, Muls, et 
Crassicornis, Muls. 
Piui, Sturm. . . 
Longicornis, Sturm. 



var. 



Densicornis, Muls. 



vieux pins. — Voy. Ins. pin. mar., p. 234. 
— Perris, Soc. ent., 1854, p. 628. — Rouzet, 
Ann. soc. ent., t. VIII, 2 e série, 1849, 
p. 308. 

commun. Idem. 

Larve. — Dans la moelle des jeunes pousses de 
pins récemment abattus et sur celles que les at- 
taques du Hylurgus ligniperda , de la Tor- 
trix buoliania ou tout autre accident ont 
rendu malades. — Voy. Ins. pin. mar., p. 229. 
— Soc. ent., 1854, p. 622. 

commun. Idem. 

1 assez commun. En battant les jeunes pousses de 
pin. 

très-rare. Sous les écorces de pin. 

commun. Mai et juin. — Au vol près des tas de 
bois de pin. 

Larve. — Vit dans les grosses branches des vieux 
pins ou dans les tiges de pins de 10 à 15 ans. 
Voy. Ins. pin. mar., p. 235, — Soc. ent., 
1854, p. 629. — Parasites : Eusandalum 
inerme et une Halidea ; Eurytoma galla- 
rum, Spathius rubidus , Eubadizon brevi- 
caudis , Sigalphus striatulus. 

très-rare. — Dans les brindilles de pin. 



Oligomerus, Redt. 



Brunneus, Sturm. . 



assez rare. Dans les troncs et les branches des 
vieux chênes pourris qui nourrissent sa larve ; 
aussi dans les branches mortes de frêne. — 
Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 



Gastrallus, Duv, 



Lsevigatus, 01. 



Sericatus, Cast. 



peu commun. En battant les branches mortes de 
chêne, de charme, de prunier, etc. — Il a été 
obtenu en Corse, par M. Révelière , de vieilles 
écorces de châtaigner, de figuier. — Il est né 
dans le cabinet de Perris de ramilles de genêts 
envoyés par M. Rey de Sainl-Raphael. 

plus rare. — Sur le chêne. Juin, juillet. — Perris 



- 175 - 

l'a obtenu des brindilles de genêts de Saint- 
Raphael avec le Lœvigatus, il vit aussi daus 
le figuier, le lentisque. — M. Révelière l'a 
trouvé en Corse avec sa larve dans une tige de 
Brassica insularis. 

Ptilinus, Geoff. 

Coslatus, Gyl rare. — En battant les vieux saules morts. 

Larve. — Vit dans les troncs morts des vieux 
saules. 

Pectinicornis, L très-commun. — En juin, au coucher du soleil par 

les temps d'orage. 
Larve. — Dans les troncs de saule marceau morts. 
Voy. Perris. Soc. Lin. Lyon, 1876. — Para- 
site : Cleonymus depressus, Hecabolus sul- 
catus. 

Ochina , Steph. 

Hederae. Mull assez commun. — En battant les lierres. 

Larve. — Dufour, Soc. ent., 4843, p. 313. 

Xyletinus, Latr. 

Ruficollis, Gebl rare. Se trouve dans les dunes sous les crottins 

secs, dans lesquels il va sans doute pondre. 

Pectinatus , F très-rare. — Au vol , le soir , au coucher du 

soleil. 
Larve. Soc. ent.. 1850. B. CCLXXXI, notice de 
Letzner et Kraatz, p. 307. 

Oblongulus, Muls. . . . assez rare. — Pris trois individus en secouant un 
poirier mort. Sos. (P. B.). — Obtenu en juin 
de branches mortes de pommiers et de pêchers 
qui avaient nourri sa larve. — En juillet, en 
battant des branches sèches de chêne. — Voy. 
Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 

Laticollis, Duft assez rare. — En secouant des pins, sous les crot- 
tins secs de cheval dans les dunes. 
Larve. — Vit dans les vieilles branches de pin. 



- 176 — 

Mcsocœlopus, DllV. 

Niger, Muller commun. — En battant les lierres. — Parasites: 

Sigalphus striatulus , caudatus et flavi- 
palpis. 
Collaris, Muls commun. Id. 

Stagetus, Woll. 
Pilula, Aube Un seul individu pris par Perris en Chalosse. 

Dorcatoma, Herbst. 

Dresdendis, Herbst. . . . rare. — Dans l'intérieur des chênes cariés où vit 

aussi sa larve. 
Larve. — Voy. Ent. Hefte; 1803. — Hefte, 2, 

p. 96. 
Serra, Panz commun. — Sur divers arbres, dans le Boletus 

suberosus, dans le bois pourri de chêne. — 

Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 
Dommeri, Ros commun. — Obtenu d'un champignon récolté sur 

une vieille souche de peuplier. — Sos. (P. B.). 

— Dans l'agaric du saule (E. P.). — Voy. 

Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 
Setosella, Muls peu commun. — Vit dans le champignon du pin 

avec la Carida flexuosa. — Voy. Perris, Soc. 

Lin. Lyon. 1 876. — Parasite : Cephalonomia 

formiciformis. 
Chrysomelina, Sturm . . commun. — Vit dans le Dedalœa maxima , 

champignon parasite du pin, ainsi que sa larve, 

et dans le Boletus ungulatus, champignon qui 

vit sur le chêne. 
Larve. — Voy. Ins. pin. mar., p. 492. — Pa- 
rasites : Diospilus filator , un Eubadizon. 

Enneatoma, Muls. 

Subalpina, Bon assez rare. — En fauchant dans les bois en juin 

et juillet. 
Larve. — Vit dans les Lycoperdon. 



- 177 - 

Affinis, Sturm assez rare. Idem. ainsi que sa larve. 

Subglobosa, Muls très-rare. — Deux individus pris en juillet 1854, 

par Perris dans un Lijcoperdon. 

Amblytoma, Muls. 

Rubens, Ent très-rare. — Dans l'intérieur des chênes cariés et 

pénétrés de productions fongueuses, byssus et 
mycélium. 
Larve — Même habitat. — Yoy. Letzner, Arb. 
seules, Gesells, 1853. — Giraud', Grundl, 
versamml der Bolan. zool. vereins in wien. 
Avril, 1851, p. 14. 

Sphindus, Chevl. 

Dubius, Gyl très-commun. — Se trouve sur le Reticularia 

horiensiSy champignon qui se développe sur les 
souches mortes de peupliers. Il est toujours en 
compagnie avec VAspidiphorus orbiculalus 
et le Lathridius rugosus. — Per., Mém. Soc. 
Liège, 1855, p. 251. 

Aspidiphorus, Latr. 

Orbiculatus, Gyl assez commun. — Avec le précédent et aussi dans 

les détritus végétaux ; parfois le soir au vol au- 
tour des fumiers. 

Lareyniei, Duv rare. — Avec le Sphindus dubius et en tami- 
sant les feuilles très-pourries. 
Larve. — Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 

PTINIME. 

ffedobia, Sturm. 

Imperialis, L commun. — Sur le chêne et la vigne. 

Regalis , Dufl En battant des haies en avril. 

Ptinus, L. 

Germanus, F assez rare. — En secouant des haies d'aubépine. 



- 178 - 

Larve. — Vit dans le mois mort de cet arbrisseau. 
Voy. Perds, Soc. Lin. Lyon. 1876. — Para- 
sites : Hecabolus sulcatus, Sigalphus ? 

Variegatus, Rossi Un seul individu trouvé en battant des haies. 

Sex punclatus, Panz. . . assez rare. — En battant les chaumes pas très- 
pourris. — Mœurs. Bedel, Soc. ent., 72, LI. 

Aubei, Bold peu commun. — Sur les échalas de chàtaigner. — 

M. André de Beaune l'a trouvé avec la larve et 
la nymphe dans des galles de chêne en décom- 
position. 

Dubius, Sturm assez commun. — Dans les chatons mâles du pin 

où vit sa larve. Elle a pour parasite le'Spathius 
rubidus. 

Ornatus, Muls commun. — En battant les haies d'aubépine. 

Larve. — Voy. Perris, Soc. Lin. Lyon, 1876. 

Bicinctus , Sturm. . . . rare. — En tamisant les mousses en hiver. Sos. 
(P. B). 

Fur. L très-commun. — Dans les greniers de céréales, au 

vol le soir. 
Larve. — Divers. Ch. Cand., p. 169. 

Pusillus, Sturm très-commun. — Dans les détritus des greniers. 

Sos. ( P. B. ). — Je l'ai obtenu en mai des 
branches mortes du chàtaigner. 

Pilosus, Muls très-rare. — En tamisant des mousses. 

Brunneus. Duft très-commun. — Vit surtout dans les excréments 

de volaille et en général dans les matières dé- 
composées animales ou végétales. 

Latro, F assez rare. — En battant les lierres. 

Testaceus, 01 rare. — Avec le Pusillus. 

Bidens , 01 très-commun. — En tamisant les mousses en hi- 
ver. — Perris l'a obtenu , comme V Aubei, des 
galles en pomme du chêne. — 11 hiverne sous 
les mousses des chênes. 

Niptus, Boield. 

Crenatus, F rare. — Dans les lieux obscurs et humides, prin- 
cipalement dans les celliers , parfois dans les 
greniers. 

(La suile à une prochaine séance.) 



— 179 - 

L'auteur, membre titulaire, donne lecture de la note 
suivante : 

Notes sur le Catalogue des Mollusques de la 
région de Toulouse, réponse à M. P. Fischer; 

Par M. Paul FAGOT. 

M. Paul Fischer, rendant compte dans le Journal de Con- 
chyologie (1) de notre Catalogue des Mollusques de la région 
de Toulouse (2), a lancé quelques insinuations qui nous 
paraissent contraires à la vérité et contre lesquelles nous 
croyons de notre devoir de protester dans le seul intérêt 
scientifique. 

4° Il a laissé supposer que notre travail renfermait des 
espèces douteuses pour la région, notamment en ce qui 
concerne les Hélix vermiculata et Pomalia. 

VHelix vermiculata a été positivement recueillie à Tou- 
louse à plusieurs reprises, et nous avons eu le soin de dire 
qu'elle s'y était sans doute introduite par la voie du canal 
du Midi. VHelix pomatia existe dans les environs de Vil— 
lemur d'où elle nous a été envoyée par M. Sévène, juge de 
paix, du canton, qui pourra la faire retrouver à ceux qui 
doutent de son affirmation. Sa présence dans cette localité 
n'a rien de surprenant, puisqu'elle a été prise à Rabastens 
et à Cordes par M. le D r Noulet. Il serait facile de suivre sa 
trace jusque dans l'Aveyron, d'où elle est descendue. 

2° Plusieurs espèces créées par mes amis MM. Bourgui- 
gnat et de Saint-Simon, paraissent contestables à M.Fis- 
cher. Je suis loin de vouloir ôter à ce dernier son entière 
liberté d'appréciation ; mais je puis affirmer, sans crainte 



(1) T. XXV, p. 313-315. 

(2) Bullet,, t. IX, p. 101 et suiv., 1875, et tirage à part, br. in- 8», 
Bon nal et Gibrac. Toulouse, 1875. 



- 180 — 

d'être démenti, que mes déterminations sont d'une exacti- 
tude rigoureuse, les noms employés ayant été donnés par 
les créateurs. C'est à dessein que j'ai employé ces noms 
dans un catalogue local, désirant que mes lecteurs puissent 
se rendre un compte exact des formes que j'ai rencontrées. 
Une discussion approfondie sur leur validité aurait occupé 
trop de place dans notre bulletin et aurait dépassé le but 
que je me proposais. 

3° D'après le savant directeur du Journal de Conchyliolo- 
gie, notre faune malacologique offrirait une grande similitude 
avec celles de la Gironde et de l'Agenais et n'aurait aucune 
connexité avec celle de l'Aude. 

Cette proposition ainsi formulée prouve que M. Fischer 
possède des renseignements incomplets sur la distribution 
géographique de nos mollusques indigènes ou que les lois 
par lui assignées à leur répartition offrent des lacunes qu'il 
nous paraît utile de combler. La comparaison attentive des 
diverses faunes distribuées dans les départements cités par 
M. Fischer, nous permettra sans doute d'éclairer ce point 
important; mais auparavant nous croyons devoir mettre 
sous vos yeux les ouvrages qu'il nous a été donné de con- 
sulter pour asseoir les bases de cet examen. 

Gironde 

Moulins (Charles des). Catalogue des espèces et variétés 
de Mollusques terrestres et fluviatiles observés jusqu'à ce 
jour à l'état vivant dans le département de la Gironde et 
dans l'arrondissement subsidiaire de la Société Linnéenne 
de Bordeaux, in Bullet. Soc. Linn. Bordeaux, t. II, n° 8, 1827, 
et tirage à part, 31 p., 2 lith. (sans date). — Réimprimé in 
Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. II, p. 39-69. 184$. 

Moulins (Charles des). Supplément au Catalogue, etc. In 
Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. III, p. 211-227, 1829, et tirage à 
part, br. in-8°, 16 p. (sans date). 



- 181 - 

Burguet (H.). Note sur une excursion conchyliologique à 
Lormont in Ami des champs, p. 314, 1843. 

Moulins (Charles des). Deuxième supplément, etc., in Act. 
Soc. Linn. Bordeaux, t. XVII, p. 421-434, 1852. 

Souverbie. Mollusques terrestres et fluviatiles à ajouter au 
Catalogue de la Gironde, recueillis par MM. Fischer et Gas- 
sies. In Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. XVIII , p. 492-499. 
1853. 

Gassies (J.-B.). Mollusques terrestres observés à Saint-Emi- 
lion dans une excursion du 30 juin 1853, in Act. Soc. Linn. 
Bordeaux, t. XVIII. 

Gassies (J.-B.) Description des Pisidies observées à l'état 
vivant dans la région aquitanique du S.-O. de la France, 
in Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. XX, p. 330-353, 2 pi., 1855, 
et tirage à part., br. in-8°. 26 p. (sans date). 

Coudert (Hippolyte). Notice sur la faune conchyliologique 
du Spics au Bouscat, près Bordeaux, in Act. Soc. Linn. 
Bordeaux, t. XX, p. 439. 1855. 

Grateloup (J. de). France méridionale. Région du S.-O. 
Zone aquitanique, département de la Gironde. Essai sur la 
distribution des Mollusques terrestres et fluviatiles vivants 
de ce département. Bordeaux. In-8°, 96 p. 1858. 

Fischer (Paul), Dispersion et migration des Mollusques. In 
Journ. Conchyl, t. VII. 1858. 

Gassies (J.-B.). Catalogue raisonné des Mollusques ter- 
restres et d'eau douce de la Gironde. In Act . Soc. Linn. Bor- 
deaux, t. XXII, p. 233 306, 1859, et tirage à part (même 
pagination); br. in-8°, 74 p. (sans date). 1859. 

Gassies (J.-B.). Malacologie terrestre et fluviatile delà 
région intra-littorale de l'Aquitaine. In Act. Soc. Linn. 
Bordeaux, t. XXVII, 1867, et tirage à part, br. in-8°. Pans, 
1867. 1 pi. 

Bourguignat (J.-R.). Lettres malacologiques. Ma première 
à M. Gassies. Paris, in-8 , 19 p. 1867. 

Dupuy (D ). Une seconde visite à l'île Cazaux, accompa- 



— 482 — 

gnée du Catalogue des Mollusques terrestres et d'eau douce 
qui vivent dans l'île. In Rev. hort. et agric. Gers., 4878, 
et tirage à part, br. in-8°, 42 p. Savy. 4 878. 

Lot-et-Garonne 

Lafon du Cujula. Statistique du Lot-et-Garonne. 

Férussac. Catalogue des Coquilles terrestres et fluviatiles 
observées dans les départements du Lot et Lot-et-Garonne. 
In Essai method. Conchyl., p. 4 35-136. 4807. 

Reyniès (Paul de). Lettre à Moquin-Tandon sur quelques 
Mollusques terrestres et fluviatiles , datée de Montauban, 
4 "juin 4 843, in-8\ 8 p., 4 lithogr. Toulouse (sans date). 

Gassies (J.-B.). Tableau méthodique et descriptif des Mol- 
lusques terrestres et d'eau douce de l'Agenais. In-8<\ 213 p. 
4 pi. color. Paris, 4849. 

Gassies (J.-B.). Catalogue des Mollusques terrestres et 
d'eau douce du département de Lot-et-Garonne, in Recueil 
des trav. de la Soc. d'agr, scienc. et arts d'Agen. Deuxième 
série, t. I, et tirage à part, 23 p. (sans date). — A la fin de 
la préface : Bordeaux, 20 mars 4861. 

Gassîes (J.-B.). Supplément au Catalogue des Mollusques 
terrestres et d'eau douce du département de Lot-et-Garonne. 
In. Rull. Soc. Borda Vax. Premier trim. 4878, et tirage à 
part, br. in-8°, 9 p. (sans date). 1878. 

Haute-Garonne 

Voir l'appendice bibliographique à la fin de notre catalo- 
gue (loc. cit.). 

Aude 

Il n'existe point à notre connaissance de catalogue de 
mollusques de ce département. Les citations particulières 
sont répandues çà et là dans les ouvrages suivants : 

Michaud (Gaspard). Complément à l'Histoire naturelle des 



— 183 — 

Mollusques terrestres et fluviatiles de la France, par Dra- 
parnaud. Verdun, in-4°, 416 p., 3 lith. dessinées par Terver, 
de Lyon, 4 831. 

Boubée (Nérée). Bulletin d'histoire naturelle de France 
pour servir à la statistique et à la géographie naturelle de 
cette contrée. Troisième section : animaux vertébrés, mol- 
lusques et zoophytes, pour servir de complément périodique 
à la cinquième et sixième sections de la faune française. 
Édit. in-18, 40 p. 4833. Édit. in 8°, 40 p. 4833-4835. 

Moquin-Tandon (Alfred). Mémoire sur quelques Mollusques 
terrestres et fluviatiles nouveaux pour la faune de Toulouse. 
In Mém. Acad. scienc. Toulouse. Deuxième série, t. VI, 
p. 467-484, 4843, et tirage à part, br. in-8°, 48 p. 4843. 

Gompanyo. Ile Sainte -Lucie. Histoire naturelle, conchylio- 
logie. In Bullet. Soc. agric. sci. Pyrénées-Orient., t. VI, 
deuxième partie, p. 319 (années 1841-4 844). Perpignan, 
4845. 

Moquin-Tandon (Alfred). Histoire naturelle des Mollusques 
terrestres et fluviatiles de France, contenant des études gé- 
nérales sur leur anatomie et leur physiologie, et la descrip- 
tion particulière des genres, des espèces et des variétés. 
Paris, 2 vol. gr. in-8°, avec atlas de 54 pi. col. ou noires. 
4855. 

Mabille (Jules). Des Limaciens français. In Annal. Malac. 
4 870, et tir. à part, br. in-8*, 40 p. 1870. 

Bourguignat (J.-R). Species novissimse molluscorum. Gr. 
in-8°, 80 p. Juillet 1876. 

Bourguignat (J.-R.). Aperçu sur les espèces françaises du 
genre succinea. ln-8°. 32 p. Juillet, 1877. 

Mabille (J.). Catalogue des paludestrina des côtes de 
France. In Rev. et Mag. zool., troisième série, t. V, n<> 8, 
p. 215 et suiv. 1877 (paru en 1878). 

Mabille (J.). Etudes sur les Peringies de France, de Corse 
et de nos possessions du nord de l'Afrique. In Rev. etMagas. 
zool., troisième série, t. V, n«M0, 11 , p. 300-312, 4877 (paru 
•en 1878). 



— 184 - 

A ces citations il nous a été permis de joindre les espèces 
que nous avons recueillies nous-mêmes à Narbonne, au 
Mas-Saintes-Puelles et dans la partie du département avoi- 
sinant la Haute-Garonne, ainsi que celles qui nous ont été 
adressées de Carcassonne par M. Edmond Sourbieu, d'Axat 
par M. de Bigouse, et des environs de Carcassonne par 
M. Léon Partiot. 

Parmi les espèces énumérées dans les catalogues de la 
Gironde et non mentionnées dans le nôtre, je signalerai : 
Milax Sowerbyi. 
Testacella Maugei. 
Succinea debilis. 

— oblonga. 
Hélix revelala. 

— fusca, espèce du littoral hispanique 

que vous retrouverez en Portugal» 
Succinea putris. 
Hélix incarnata (\). 

— strigella. 

— sericea. 

— candidula. 

— intersecta. 
Bulimus tridens. 
Pupa dolium. 

— doliolum. 

— multideniata. 
Vertigo pusilla. 
Linnœa glutinosa. 
Planorbis nitidus. 
Physa fontinalis. 

(1) Quoique cette espèce ait élé citée par MM. Des Moulins, Grale- 
loup et Gassies, nous doutons de sa présence dans la Gironde. Nous ne 
serions point surpris d'apprendre que ces auteurs ont pris pour Y Hélix 
incarnata une forme de V Hélix limbala, qui s'en rapproche par plu- 
sieurs caractères. 



— 185 — 

Pomatias septemspiralis. 

Acme lineata. 

Paludina ferussina. 

Valvata (du groupe de la minuta). 

Sphœrium rivicola, etc., espèces venues des 
Alpes (je ne dis point du centre Alpique pour ne point parler 
d'un système que M. Fischer n'adopte pas sans doute). 

Si nous passons dans l'Agenais, nous voyons disparaître, 
parmi les espèces du littoral hispanique : 

Milax Sowerbyi. 
Teslacella Maugei. 
Succinea debilis. 
— oblonga. 

Les Hélix fusca et revelata sont cantonnées dans la partie 
de l'arrondissement de Nérac avoisinant les Landes; V Hélix 
incarnata (?) etlePupa doliolum n'existent plus. Les individus 
des espèces alpiques deviennent moins nombreux à mesure 
que vous vous éloignez du haut Agenais et ne sont plus 
signalés au sud du département. 

Dans la région de Toulouse, c'est-à-dire dans la plaine 
comprise entre la Garonne et l'Aude (nous laissons de côté 
la région pyrénéenne que nous n'avons point à examiner 
pour le moment et qui offre des différences encore plus 
caractéristiques»), toutes ces espèces se sont évanouies ; le 
littoral hispanique n'a plus un seul représentant, et les Alpes 
ont cessé de faire sentir leur influence. 

Je ne parlerai point de l'Aude où vous ne retrouverez que 
les Hélix striyella et Vertigo Venetzi venus par une autre 
voie, comme il sera aisé de le voir tout-à-l'heure. 

Si maintenant nous prenons certaines espèces des bords 
de la Méditerranée formant la limite de l'Aude, et si nous 
suivons leur course en remontant vers la Gironde, voici ce 
que nous constatons : 

1° Une zone littorale maritime caractérisée par: 

43 



— 186 — 

Hélix apalolena. 

— pyr antidata . 

— (rochoïdes. 

Clausilia bidens (?) (ex. Moquin). 
2° Une zone circumlittorale dans laquelle nous remar- 
quons : 

1° Espèces méditerranéennes : 
Hélix splendida. 

— vermiculata. 

— apicina. 

— striata. 

— rugosiuscula. 

— conspurcata. 

— neylecta. 

— terrestris. 
Bulimus décollatus. 
Ferussacia folliculus. 
Pupa quinquedentata. 

2° Espèces alpiques : 

Hélix strigella, 
Bulimus détritus, 
Vertigo Venetzi, 
venus sûrement de l'Hérault par les Pyrénées-Orientales. 

Cette faune règne dans une grande partie des Corbières 
et paraît avoir, pour limite la région des oliviers ; vous ne 
la retrouverez guère après Garcassonne. 

Cependant quelques espèces plus robustes et plus cosmo- 
polites ont franchi cette zone et se sont propagées, en sui- 
vant principalement la ligne des grands cours d'eau, dans 
les plaines qui semblent former un couloir entre l'Océan et 
la Méditerranée. 
Ces espèces sont : 

Hélix apicina. 

— striata. 



— 187 — 

Hélix rugosiuscula. 
— neglecta. 
Bulimus decollatus. 

V Hélix apicina s'arrête dans l'Agenais et ne pénètre point, 
nous le croyons du moins, dans la Gironde. 

VHelix striata paraît ne point franchir les mêmes li- 
mites. 

Ce n'est qu'exceptionnellement que VHelix rugosiuscula 
se trouve dans votre département. 

VHelix terrestris s'est franchement acclimatée dans une 
partie de la Gironde, notamment dans les environs de 
Bordeaux. 

Le Bulimus decollatus règne sans interruption de Nar- 
bonne à Paillet, qu'il ne franchit point. 

L'acclimatation de ces espèces n'a pu se faire que par la 
vallée de la Garonne, puisqu'il est impossible de les retrou- 
ver dans les départements voisins. Inutile de répéter que 
les stations deviennent moins nombreuses à mesure que l'on 
s'éloigne de la Méditerranée. 

De cette étude il nous semble aisé de conclure : 

Que la faune malacologique de la région de Toulouse 
présente une analogie complète avec celle qui règne dans 
la partie de l'Aude comprise entre notre département et 
Garcassonne d'un côté, et le sud de l'Agenais de l'autre; 

Qu'elle s'éloigne de k faune circumlittorale Méditerra- 
néenne de la région des oliviers et encore davantage de 
celle de l'ouest du Lot-et-Garonne et de celle de la Gironde 
notamment dans les parties soumises à l'influence de la 
faune alpique et de la faune du littoral hispanique. 

Si M. Fischer est assez heureux pour nous montrer des 
documents constatant que nous nous sommes trompés, nous 
serons les premiers à reconnaître notre erreur. 

Si, au contraire, les faits que nous avons énoncés ne 
sont point contredits, nous persisterons à croire que l'ap- 
préciation du directeur du « Journal de Conchyliologie » 
n'était point l'expression complète de la vérité. 



- 188 - 

Séance du 1 er mai 1878. 

Présidence de M. Bidaud. 

M. le Président, au nom de la Société, exprime à M. le 
colonel Belleville sa sympathie à l'occasion de la perte dou- 
loureuse qu'il vient de faire en la personne de son petit- 
fils. 

M. le Président annonce la mort de M. le D r Guitard qui 
fut le fondateur de la Société et qu'un regrettable malen- 
tendu avait éloigné d'elle en 1871. La Société était repré- 
sentée aux obsèques par son secrétaire-général et plusieurs 
de ses membres. 

Enfin, M. le Président rappelle que M. le général de Nan- 
souty vient d'obtenir une médaille d'or à la réunion des 
délégués des Sociétés savantes à la Sorbonne ; il lui sera 
écrit pour lui témoigner la satisfaction de ses confrères. 

11 est donné lecture du mémoire suivant : 

Catalogue des blocs erratiques de la vallée de 
l'Arboust 

(Pyrénées de la Haute-Garonne); 

Par MM. TRUTAT et M. GOURDON, membres titulaires. 

11 y a déjà plus de dix ans, MM. Martins et Collomb commen- 
çaient par les lignes suivantes leur essai sur l'ancien gla- 
cier de la vallée d'Argelez : « Tous les géologues sont d'ac- 
cord pour admettre que les vallées des Alpes, des Vosges 
et des Pyrénées ont été occupées, pendant l'époque quater- 
naire, par d'immenses glaciers qui descendaient même jus- 
que dans les plaines voisines. La carte de l'ancienne exten- 
sion des glaciers des Alpes et des Vosges a été faite, celle 
des glaciers Pyrénéens ne l'est point encore. » 

Depuis cette époque, quelques travaux du même genre 



— 189 - 

que celui de MM. Martins et Collombontété entrepris, mais 
encore aujourd'hui, cette carte générale de l'ensemble des 
anciens glaciers Pyrénéens reste à faire. C'est, en effet, 
un travail long et d'une difficulté toute particulière, à 
cause de l'extrême importance que les phénomènes dilu- 
viens ont acquis aux pieds de toute la chaîne ; il est d'ordi- 
naire très-difficile de séparer nettement les dépôts glaciaires 
de ceux produits parles eaux. Aussi le critérium le plus sûr 
doit être demandé à la répartition des blocs erratiques. 

Mais ici encore les difficultés deviennent de jour en jour 
plus considérables, car les montagnards semblent pris d'une 
véritable rage de destruction contre ces malheureux blocs ; 
effectivement, la plupart du temps ils sont disséminés sur 
des pentes couvertes de puissants dépôts dans lesquels la 
boue glaciaire domine : par un défrichement très-superficiel 
ces terrains donnent d'excellentes récoltes en blé noir. 
Mais les blocs erratiques tiennent beaucoup de place ; 
il est donc |plus simple de les faire éclater à la pou- 
dre, et leurs débris servent à établir des murs de soutène- 
ment, indispensables pour empêcher le glissement des par- 
ties cultivées. 

Dans les environs de Luchon, et plus particulièrement 
dans la plaine de l'Arboust, ces défrichements ont pris une 
extension considérable, et les blocs erratiques de cette ad- 
mirable moraine de l'ancien glacier d'Oô tendent à disparaî- 
tre les uns après les autres. 

Il était cependant fort important de conserver des notions 
exactes sur la répartition de ces blocs, aussi avons-nous en- 
trepris d'en relever une carte détaillée ; de noter et me- 
surer les blocs les plus remarquables, et c'est le résultat de 
ce long travail qui nous a permis d'établir ce catalogue. 

Notre relevé comprend seulement la partie. moyenne de 
l'ancien glacier d'Oô, et c'est de beaucoup la plus intéres- 
sante : elle s'étend à la région limitée au sud par les crêtes 



— 190 — 

qui dominent la rive gauche du torrent de PArboust ; au 
nord par la vallée d'Oueil ; à l'est elle s'arrête au port de 
Peyresourde et à l'ouest au confluent des torrents de PAr- 
boust et de POueil, au cap de Saint-Aventin. 

Nous avons marqué sur place les blocs principaux avec 
de grands numéros rouges : 333 blocs portent cette prise de 
possession, et 2,616 d'une taille moindre ont été simple- 
ment catalogués : c'est donc un total de près de 3,000 blocs 
que nous avons reconnu dans cette région. 

Nous diviserons cette énumération en trois régions : la 
première comprend toutes les montagnes qui viennent abou- 
tir à la rive droite du torrent de PArboust, c'est la moins riche 
en blocs ; les pentes sont le plus souvent fort considéra- 
bles, et n'ont pu donner de points d'appui suffisants aux. 
blocs d'une certaine dimension ; enfin, cette région a été 
abandonnée une des premières par le glacier primitif. 

La seconde région s'étend à toute la vallée inférieure et à 
la grande terrasse qui vient s'appuyer contre les montagnes 
de la rive gauche : celle-ci est de beaucoup la plus riche en 
débris; de plus, elle est la plus facile à étudier, la plus en 
vue, car elle est traversée dans toute sa longueur parla route 
thermale de Luchon à Bagnères-de-Bigorre et par celle, 
plus fréquentée encore, qui conduit au lac d'Oô. 

La troisième région comprend toutes les montagnes de 
Benqué, que nous limiterons par le torrent d'Oueil ; nous 
trouverons dans cette région les blocs les plus élevés : ce 
sont ceux du port de Sarrieste, 1,900 mètres. 

Première région. 

Le meilleur point pour observer l'ensemble de cette ré- 
gion est le cap de Saint-Aventin , éperon rocheux qui sépare 
la vallée d'Oueil de celle de PArboust. Immédiatement en 
face de la vallée d'Oueil, et appliqué sur les pentes du che- 
min de Castel-Blanca, se remarque la moraine frontale du 



- 191 — 

grand glacier d'Oueil ; malheureusement les cultures ont 
dénaturé déjà la physionomie de ce dépôt et fait descendre 
en grande quantité les blocs erratiques. On en aperçoit ce- 
pendant une ligne au niveau du village de Trébons, et nous 
les regarderons comme nous donnant la hauteur maximum 
de cette moraine : elle mesurait 1 60 mètres au-dessus du fond 
de la vallée. 

Au-dessous du cap de Saint-Aventin commencent les dé- 
pôts qui appartiennent soit aux moraines latérales soit aux 
diverses moraines frontales que le glacier a successivement 
abandonné. Le premier bloc erratique que l'on rencontre est 
celui de la chapelle de Saint-Aventin, bloc sur lequel les 
montagnards ne manquent pas de montrer l'empreinte du 
pied de saint Aventin. 

Au temps des Maures, saint Aventin, ermite, fut saisi par 
les infidèles et enfermé dans la tour de Gastel-Blanca (mon- 
tagne de Trébons) ; mais le saint en rompit facilement un 
des angles , la brèche se voit encore , et franchissant la 
vallée vint tomber sur le lieu appelé Pons, laissant sur un 
bloc granitique l'empreinte de son pied. Une chapelle fut 
bientôt érigée en l'honneur du miracle, et la pierre jouit 
toujours d'une vertu toute spéciale : les jeunes filles à ma- 
rier n'ont qu'à poser le pied dans l'empreinte laissée par le 
saint, et dans l'année même elles trouvent un époux. Cette 
légende, racontée par les guides lors de la montée du sen- 
tier de Saint-Aventin, est ordinairement cause d'un arrêt 
devantla chapelle, et mainte jeune fille descend de cheval 
pour essayer du miracle. 

Tout le bas de la vallée au-dessous de la chapelle est en- 
combré par des dépôts glaciaires ; près du bloc 64, la mo- 
raine atteint une grande épaisseur, et il est facile d'en re- 
connaître l'étendue aux prairies qui en occupent toute la 
surface ; au milieu le torrent s'est frayé un passage et per- 
met d'étudier le mode de formation du dépôt. Une rangée 
de blocs, 4, 2, 3, 4, 5, 6, sont alignés sur un talus qui do- 



— 192 — 

mine la rive droite du torrent , et ils suivent assez régu- 
lièrement le chemin inférieur de Gourou. Au-dessus il 
est facile d'apercevoir encore quelques blocs irrégulièrement 
dispersés sur les pentes, et qui se perdent dans la forêt qui 
couvre les crêtes du chaînon. 

Nous allons successivement suivre les blocs de cette ré- 
gion , mais nous devons le dire , c'est de beaucoup la moins 
intéressante : 

A. DE LA CRÈTE DE POUY AU VALLON d'ArRIVALTIT. 

1. Inv. 6. — Alt. 1,102. Vol. 1 m. 50. — Ce bloc est exactement 
sur la crête qui descend du cap de Pouy et qui sépare la vallée 
d'Oueil de la vallée de Gouron. Au-dessous, on rencontre les 
traces d'une sorte de tumulus d'âge indéterminé. Enfin, plus 
haut, sur la même crête, se trouvent d'autres blocs. 

2. Inv. 4. — AU. 911. Vol. 12 m. c. — Repose sur la roche nue, 
schiste ; autour de lui 25 blocs, environ, plus petits, sans numéros. 

3. Inv. 3. — Alt. 817. Vol. 5 m. c. 

4. Inv. 2. — Alt. 806. Vol. 3 m. c. — Environ 20 autres blocs, sans 
numéros. 

5. Inv. 1. — Alt 771 . Vol. 2 m. c. 

6. Inv. 67. — Alt. 783. Vol. 3 m. c. — Grande dalle, mesurant 
seulement £0 c. d'épaisseur. 

7. Inv. 66. — Alt. 771. Vol. 6 m. c. — Au-dessous, environ 
10 autres blocs dans les prairies. 

8. Inv. 65. — Alt. 771. Vol. 2 m. c. - Dans la prairie. 

9. Inv. 64. — Alt. 771. Vol. 9 m. c. — Tous ces blocs forment un 
cordon qui limite assez exactement une sorte de moraine latérale, 
longe la rive droite du torrent et s'étend de la chapelle de Saint- 
Aveutin au ruisseau de Plagnère, qui débouche en face du village 
de Saint-Aventin. 

Les blocs suivants sont, au contraire, irrégulièrement dissé- 
minés sur le flanc de la montagne, et leur limite en aval est 
exactement placée sur la crête qui descend du cap de Pouy. 
iO. Inv. 17. — Alt. 935. Vol. 40 m. c. — A peu de distance, 20 au- 
tres blocs sans numéros. 



— 193 — 

11. Inv. 16. — Alt. 994. Vol. 29 m. c. 

12. Inv. 15. —Alt. 970. Vol. 36 m.c. — Autour de ces 2 blocs, 
4 5 autres sans numéros. 

13. Inv, 14. — Alt. 1,042. Vol. 80 m. c. 

14. Inv. 20. — Alt. 888. Vol. 42 m. c. —Entre ces 2 blocs, le 
flanc de la montagne est littéralement couvert de blocs. 

15. Inv. 7. — Alt. 1,1 14. Vol. 40 m. c. — Ici encore accumula- 
tion considérable, nous avons compté 150 blocs en ce point. 

16. Inv. 13. — Alt. 1,054. Vol. 12 m. c. — Les blocs de la région 
précédente montent jusqu'à ce point, ils ne sont pas éloignés de 
plus de 1 mètres les uns des autres. 

IV. Inv. 8. — Alt. 1,4 6 2. Vol. 4 3 m. c. — Dans les fougères, 
20 blocs de moindre taille. 

18. Inv. 9. — Alt. 1,211. Vol. 15 m. c. — A peu de distance au 
milieu des sapins, accumulation considérable de blocs granitiques 
de grosseur moyenne. 

19. Inv. 10. — Alt. 4,248. Vol. 4 60 m. c. — Un des blocs les plus 
volumineux de cette section en même temps qu'il est le plus 
élevé; au-delà, dans les sapins et à peu près à la même altitude, 
une trentaine de blocs moins volumineux. 

20. Inv. 11. — Alt. 4,175. Vol. 120 m. c. — A quelques pas 5 au- 
tres blocs sans numéros. 

21. Inv. 12. — Alt. 1,054. Vol. 72 m. c. — Au milieu des éboulis 
schisteux, plusieurs blocs à moitié ensevelis par ces mêmes 
éboulis. 

B. — Du ruisseau d'Arrivaltit aux granges de la Batche. 

Dans cette région il nous a été seulement possible de pla- 
cer des numéros sur les blocs au-dessous de la forêt ; nous 
ne comprenons dans cette section que ceux qui sont au-des- 
sus du talus qui longe la rive droite du torrent, et continue 
l'alignement que nous avons déjà signalé dans la partie la 
plus inférieure de la vallée. 

22. Inv. 28. — Alt. 852. Vol. 4 m. c. — Dans le pré, au-des- 
sus du talus, 50 blocs sans numéros. 



** 194 — 

23. Inv. 30. — Alt. 888. Vol. 2 m. c. — Autour 40 blocs sans nu- 
méros. 

24. Inv. 32. — Alt. 923. Vol. 20 m. c. 

25. Inv. 29. — Alt. 876. Vol. 12 m. c. — Autour, 9 blocs sans 
numéros. 

26. Inv. 31. — Alt. 925. Vol. 3 m. c. — En équilibre sur un autre 
bloc erratique, au-dessus 50 blocs sans numéros. 

27. Inv. 26. —Alt. 923. Vol. 42 m. c. — 15 blocs sans numéros. 

28. Inv. 27. — Alt. 888. Vol. 3 m. c. — 8 blocs plus petits sans 
numéros. 

29. Inv. 25. — Alt. 958. Vol. 12 m. c. — 10 autres blocs sans 
numéros au milieu des broussailles. 

Entre les blocs 28 et 30, interruption, causée par le glisse- 
ment des blocs dans les prairies inférieures, où ils apparais- 
sent à peine au milieu des prairies, les montagnards les 
font disparaître peu à peu pour en faire des murs de clô- 
ture. 

30. Inv. 22. — Alt. 1,006. Vol. 12 m. c. 

31. Inv. 23. — Alt. 982. Vol. 12 m. c. — 4 blocs sans numéros. 

32. Inv. 24. — Alt. 1,006. Vol. 1 m. c. — Ces deux numéros 
terminent une coulée de blocs, 30 environ, qui descendent de la 
forêt. 

Ici s'arrête la série des blocs de la rive gauche du torrent 
d'Arrivaltit. Les numéros suivants dépendent, au contraire, 
de la vallée de la Batche. Entre ces deux points, la forêt ne 
nous a pas permis de faire de relevé ; du reste, les blocs y 
sont rares. 

33. Inv. 37. — Alt. 1,090. Toi. 35 m. c. — A côté, 7 blocs de 
même volume, sans numéros. 

34. Inv. 33. — Alt. 1,066. Vol. 36 m. c. — De ce point part une 
longue traînée de blocs -, la forêt en est jonchée; ils descendent 
presque dans les prairies.de la vallée ; environ 300 sans nu- 
méros. 

33. Inv. 34. — Alt. 1,078. Vol. 8 m. c —Bloc debout. Accumula- 



- 195 — 

tion de blocs dans une dépression de lerrain. Au-dessus, dans la 

forêt, 4o blocs sans numéros. 
36. Inv. 36. —Alt. 1,102. Vol. 12 m. c. — Autour, 60 blocs sans 

numéros. 
3?. Inv. 35. —Alt. 1,187. Vol. 3 m. c. — Blocs nombreux de 

même volume sans numéros. 

38. Inv. 38. — Alt. 1,126. Vol. 1 m. c. — A côté bloc semblable. 

39. Inv. 39. — Alt. 1,487. Vol. 3 m. c. — A ce point, commence 
une accumulation de blocs qui se continue dans la forêt, tous de 
volume restreint, sauf le bloc suivant. 

40. Inv. 40. — Alt. 1,211. Vol. 12 m. c. —Celui-ci placé au mi- 
lieu d'une quantité considérable de blocs de moindres dimen- 
sions. 

G. — De la vallée de la Batche a la vallée d'Oo. 

Les blocs de cette série sont surtout nombreux sur la 
rive gauche du torrent de la Batche ; le plus grand nombre 
occupe les régions inférieures de la vallée; mais sans nul 
doute ils ont glissé sur les pentes abruptes qui descendent 
du talus assez prononcé qui règne à une certaine hauteur. 

41. Inv. 56. — Alt. 1,030. Vol. 8 m. c. — A côté, 8 autres blocs 
sans numéros. 

42. Inv. 55. — Alt. 1,078. Vol. 8 m. c. — Bloc fendu dans toute sa 
longueur. 

43. Inv. 54. — Alt. 1102. Vol. 2 m. c. 

44. Inv. 53. — Alt. 1 ,138. Vol. 8 m. c. — Au-dessous, dans les prai- 
ries, de nombreux blocs sont brisés en ce moment par les monta- 
gnards, pour en faire des murs de clôture. 

45. Inv. 52. — Alt. 1,187. Vol. 4 m. c. — Bloc sensiblement rond, 
reposant directement sur des schistes polis. 

46. Inv. 49. Alt. 1,334. Vol. 36 m. c. — A côté, plusieurs blocs sans 
numéros. 

47. Inv. 48. — AU. 1,334. Vol. 48 m. c. — Blocs nombreux; au 
milieu d'eux, cabane en ruines. 

48. Inv. 47. — Alt. 1,322. Vol. 9 m. c. — À côté, blocs nombreux 
descendus du talus supérieur. 



— 196 - 

49. Inv. 46. — Alt. 1,297. Vol. 3 m.c. — A côté, sorte d'enceinte 
faite de main d'homme (?) 

50. Inv. 45. * — Alt. 1,347. Vol. 8 m. c. 

Si. Inv. 44. — Alt. 1,359. Vol. 2 m. c. — Sur ce bloc est gravée une 
croix avec la date de 1848. A côté, la crête qui limite la partie 
inférieure de la vallée, est littéralement couverte de blocs. 

52. Inv. 42. — Alt. 1,248. Vol. 8 m. c. — Sur les pelouses de nom- 
breux blocs, certains paraissent disposés en cercles. 

53. Inv. 41. — Alt. 1,297. Vol. 12 m. c. — Môme remarque que 
pour le bloc précédent. 

Les blocs suivants occupent les régions supérieures au ta- 
lus dont nous avons déjà parlé ; les uns font partie de la 
vallée de la Batche, les autres au contraire sont placés sur 
l'éperon qui regarde le village d'Oô. 

54. Inv. 77. —Alt. 958. Vol. 32 m. c. — A côté, 20 blocs sans 
numéros. 

55. Inv. 79. — Alt. 982. Vol. 2 m. c. 

56. Inv. 78. — Alt. 1,006. Vol. 3 m. c. — A côté, 15 blocs sans 
numéros. 

57. Inv. 80. — Alt. 982. Vol. 3 m. c. — Au-dessous, 30 blocs sans 
numéros, rangés sur une ligne droite et arrivant jusqu'aux prai- 
ries inférieures. 

58. Inv. 81. — Alt. 1,006. Vol. 5 m. c. — A l'Est, 4 blocs sans 
numéros. 

59. Inv. 51. — Alt. 1,347. Vol. 18 m. c. — Sur le bloc deux croix 
gravées et le no 9. — (?) 

60. Inv. 50. — Alt. 1,394. Vol. 8 m. c. — Au-dessous, du côté 
d'Oô, nombreux blocs sans numéros. 

D. — Gouaoux. 

A cette première région, nous devons encore adjoindre 
celle qui fait face à l'éperon d'Oô et qui dépend du terri- 
toire de Gouaoux. 



- 197 - 

61. Inv. 7. — Alt. 1,006. Vol. 12 m. c. — En place sur des schistes 
polis. 

62. Inv. 8. — Alt. 98 2. Vol. 15 m. c. — 30 blocs sans numéros. 

63. Inv. 9. — Alt. 1,006. Vol. 3 m. c. 

64. Inv. 10. — Alt. 1,090. vol. 18 m. c. — Au-dessous, 4 o blocs 
sans numéros. 

Tous les blocs que nous venons d'énumérer sont graniti- 
ques, et la plupart d'entre eux appartiennent à cette espèce 
particulière au port d'Oô et qui se reconnaît à ses grands 
cristaux de feldspath. 

Leur volume est en général peu considérable et leur nom- 
bre relativement restreint, si on le compare aux régions de 
la rive gauche du torrent de l'Arboust. 

Effectivement, ces blocs ont été d'abord transportés lors 
de la plus grande extension du glacier, alors que la masse 
de glace était d'une puissance assez considérable pour dé- 
passer les sommets qui descendent du massif que termine 
le pic Céciré ; selon toute probabilité, de rares sommets 
dépassaient seuls les glaces supérieures et ne pouvaient en- 
core fournir de nombreux matériaux de transports. Plus 
tard le glacier se retirant a laissé deux sortes de dépôts, 
les uns appartenant à une moraine frontale, les autres à 
la moraine latérale du glacier moins ancien qui remplissait 
seulement le fond de la vallée et dont les limites semblent 
être assez nettement marquées par une traînée de blocs, dont 
les plus élevés au niveau du village d'Oô sont à 980 mètres 
d'altitude, et les plus inférieurs au défdé du cap de Saint- 
Aventin à 770 mètres. Les blocs de toute cette ligne 
étaient tous sensiblement déposés sur une pente continue. 

Deuxième région. 

Gomme nous l'avons déjà dit, nous comprenons clans 
cette deuxième région la vallée inférieure (village d'Oô) et 



— 198 - 

la terrasse qui forme le plateau supérieur que traverse dans 
toute sa longueur la route thermale de Luchon à Bagnères- 
de-Bigorre. C'est là que nous rencontrerons les blocs les 
plus volumineux de toute la vallée de l'Arboust; et grâce 
à ces dépôts glaciaires toute cette région est d'une fertilité 
toute particulière. Ces dépôts, moraines de fond, ont atteint en 
quelques points une épaisseur considérable ; dans le village 
de Saint-Aventin, une coupe faite pour l'établissement de 
la route, rend très-facile l'étude de ce dépôt. Mais le fait 
le plus remarquable est la cohésion extrême de ce magma 
glaciaire ; la compression a été si puissante, que les Ponts 
et Chaussées ont pratiqué dans ce dépôt une tranchée à pa- 
rois verticales de plus de 10 mètres de haut ; les maisons du 
village arrivent jusqu'à l'extrême bord de cet abrupt, et 
malgré cela il ne s'est pas produit un seul éboulement. Ce- 
pendant tout cet ensemble de débris n'est cimenté que par 
delà boue glaciaire, sans la moindre infiltration calcarifère ; 
la compression seule a donné une cohésion complète à cette 
masse. 

Nous diviserons cette deuxième région en trois sections : 
la première occupe le fond même de la vallée : la seconde, 
la plus intéressante, comprend le bord et l'abrupt de la 
terrasse que nous avons désignée sous le nom de promon- 
toire d'Oô ; enfin, la troisième, la plus supérieure, monte 
jusqu'au port de Peyresourde et ne comprend que les blocs 
situés au sud. 

A. — Vallée inférieure d'Oo. 

65. Inv. 63. — Alt. 794. Vol. 8 m. c. — A l'entrée de la vallée 
d'Arrivaltit. 

66. Inv. 61. — Alt. 806. Vol. 7 m. c. — 30 blocs moindres sans 
numéros. 

67. Inv. 62. — AH. 806. Vol. 26 m. c. — 50 blocs à peu de dis- 
tance sans numéros. 



— 199 — 

68. Inv. 60. — AU. 817. Vol. 3 m. c. — Beaucoup de blocs de petites 
dimensions sans numéros. 

69. Inv. 59. — Alt. 817. Vol. 15 m. c. 

10. Inv. 68. — Alt. 759. Vol. 12 in. c. — 12 blocs sans numéros. 
11 Inv. 58. — Alt. 842. Vol. 35 m. c. 

12. Inv. 57. — Alt. 876. Vol. 15 m. c. — 15 blocs sans numéros. 
«a. Inv. 59. — Alt. 817. Vol. 12 m. c. 

14. Inv. 71. —Alt. 876. Vol. 35 m. c. — 60 blocs sans numéros. 

15. Inv. 75. — Alt. 935. Vol. 3 m. c. 

16. Inv. 74. — Alt. 888 Vol. 60 m. c. — Rive gauche du torrent, 
dans les prairies inférieures. 

^H. Inv. 76. — Alt. 911. Vol. 8 m. c. — Dans une pente couverte 
de blocs de moindre volume. L'un d'eux est une phyllade nodu- 
leuse. 

18. Inv. 82. — Alt. 911. Vol. 80 m. c. — Plus de 100 blocs sans 
numéros. 

19. Inv. 83. —Alt. 854. Vol. 2 m. c — 60 blocs sans numéros. 

80. Inv. 84. — Alt. 829. Vol. 8 m. c. — 25 blocs sans numéros. 

81. Inv. 85. — Alt. 947. Vol. 3 m. c. 

82. Inv. 86. — Alt. 947. Vol. 3 m. c. — 15 blocs sans numéros. 

Il serait bien difficile d'affirmer que tous ces blocs sont 
en place ; il est au contraire beaucoup plus probable qu'ils 
ont été entraînés dans les parties inférieures par des éboule- 
ments postérieurs. Enfin, ceux qui sont visibles encore ne 
forment qu'une faible partie de la masse totale des blocs 
qui encombrent le bas de la vallée, mais que les dépôts 
meubles descendus des pentes voisines sont venus recou- 
vrir ; souvent au milieu des prairies de profondes excava- 
tions se forment après les pluies d'orage et permettent de 
voir le mode de formation de tout ce dépôt. Le sol de tout 
ce fond de vallée est par cela même rendu très-perméable ; 
aussi l'arrosage continu de ces prairies est-il rendu possible, 
et jamais ne rencontre- t-on de plantes marécageuses, malgré 
cette abondance des eaux. 



— 200 - 

Sectiois B. — Promontoire d'Oô. 

C'est sur ce point que s'est fait le plus bel entassement de 
blocs de toute la région ; et pendant ce temps, fort long sans 
doute, l'ancien glacier d'Oô, déjà réduit de beaucoup, aban- 
donnait en ce point, dans une moraine frontale, les blocs qu'il 
transportait depuis le port d'Oô. Quelques-uns de ces blocs 
sont d'un volume considérable, d'autres présentent un 
intérêt tout particulier soit par leur forme, soit par leur 
position. Les schistes sous-jacents ont conservé en quelques 
points des traces de polissage, mais en général leur surface 
a été érodée postérieurement par les agents atmosphéri- 
ques ; enfin, dans toute cette région les cailloux rayés 
abondent ; ils appartiennent en général à des phyllades. 

\ . — Oô inférieur 

83. Inv. 1. — Alt. 864. Vol. 30 m. c. — 30 blocs sans numéros. 

84. Inv. 2 — AU. 9< \ . Vol. 36 m. c. — Une quantité de blocs dans 
les champs cultivés; la plupart sont détruits peu à peu et servent 
à construire des murs de soutènement. 

85. Inv. 3. — Alt. 923. Vol. 280 m. c. — Nombreux blocs sans 
numéros. 

86. Inv. 4. — Alt. 923. Vol. 260 m. c. 

87. Inv. 5. — Alt. 958. Vol. 100 m. c. 

2. — Partie moyenne du promontoire. 

88. Inv. 6. — Alt. 681. Vol. 36 m. c. — Dans le torrent nom- 
breux blocs sans numéros, sur des schistes noirs polis. 

89. Inv. 65. —Alt. 681. Vol. 40 m. c. 

90. Inv. 64. — Alt. 935. Vol. 36 m. c. — Nombreux blocs sans 
numéros. 



— 201 — 

91. Inv. 63. — AU. 970. Vol. 18 m. c. — Reposant directement sur 
des schistes polis et striés. 

92. Inv. 62. — Alt. 947. Vol. 4 5 m. c. — Nombreux blocs sans 
numéros. 

93. Inv. 60. —AU. 982. Vol. 36 m. c. 

94. Inv. 51. — Alt. 1,006. —Vol. 30 m. c. — Bloc éboulé des 
parties supérieures. 

95. Inv. 61. — Ait. 970. Vol. 60 m. c. — Nombreux blocs dans les 
murs. 

96. Inv. 52. — Alt. 1,006. Vol. 96 m. c. —Bloc éboulé. 

9T. Inv. 56. — Alt. 982. Vol. 30 m. c. —Nombreux blocs sans 
numéros. 

98. Inv. 59. — AU. 970. Vol. 18 m. c. — Autour, les murs sont 
formés de blocs éclatés. 

99. Inv. 57. — Alt. 970. Vol. 30 m. c. 

100. Inv. 55. — Alt. 1006. Vol. 20 m. c. — Au milieu des champs 
cultivés, nombreux cailloux rayés 

101. Inv. 53. Alt. 1,006. Vol. 4 m.c. 
10». Inv. 54. — Alt. 1,018. Vol. 100 m. c. 

103. Inv. 66. — AU. 899. Vol. 100 m. c. 

104. Inv. 68. — Alt. 899. Vol. 15 m. c. 

105. Inv. 67. —Alt. 888. Vol. 30 m. c. 

106. Inv. 69. —AU. 911. Vol. 15 m. c. — Nombreux blocs sans 
numéros. 

Les blocs suivants occupent une région plus inférieure 
et sembleraient dépendre du fond de la vallée, mais en réa- 
lité ils appartiennent encore au promontoire. 

10¥. Inv. 70. — Alt. 935. Vol. 100 m. c. — Nombreux blocs sans 
numéros. 

108. Inv. 71. —Alt. 947. Vol. 100 m. c. 

109. Inv. 72. — Alt. 935. Vol. 60 m. c. 

110. Inv. 73. — Alt. 876. Vol. 26 m. c. 

111. Inv. 74. — AU. 864. Vol. 3 m. c. — Nombreux blocs sans nu- 
méros. 

112. Inv. 75. — Alt. 864. Vol. 3 m. c. 

113. Inv. 76. — Alt. 841, Vol. 3 m. c. 

14 



— 202 — 

114. Inv. 77. — Alt. 864. Vol. 245 m. c. — Un des plus beaux blocs 

de la région ; granité d'Oô à grands cristaux de feldspalt. 

115. Inv. 78. —Alt. 852. Vol. 64 m. c. 

116. Inv. 79. —Alt. 829.— Vol. 420 m. c. — Bloc remarquable 

par ses grands cristaux d'Orthose. 

117. Inv. 80. Alt. 897. Vol. 3 m. c. 



Partie supérieure du promontoire , territoire de San Tritous. 

118. Inv. 49. — Alt. 4,018. Vol. 18 m. c. — Dans les champs cul- 
tivés. 

119 Inv. 50. — Alt. 1,018. Vol. 50 m. c. — En place sur des schis- 
tes polis. 

120. Inv. 48. —Alt. 1,018. Vol. 3 m. c. 

121. Inv. 47. — Alt. 1,030. Vol. 480 m. c. — En place sur des 
schistes polis. 

122. Inv. 44. — Alt. 1,054. Vol. 15 m. c. 

123. Inv. 41. —Alt. 1,054. Vol. 120 m. c. 

124. Inv. 43. — Alt. 1,054. Vol. 18 m. c. 

125. Inv. 45. —Alt. 1,054. Vol. 3 m. c. 

126. Inv. 33. —Alt. 1,102. Vol. 15 m. c. —Aux environs 160 blocs 
sans numéros. 

Dans toute cette région nous n'avons numéroté que les 
blocs les plus saillants ; le sol en est littéralement couvert, 
mais les montagnards travaillent sans cesse à les faire écla- 
ter à la poudre et à construire des murs de clôture avec 
leurs débris. 

127. Inv. 35. — Alt. 1,102. Vol. 60 m. c. 

128. Inv. 34. — Alt. 1,090. Vol. 30 m. c— En place sur des schistes 
polis. 

129. Inv. 36. —Alt. 1,102. Vol. 15 m c. 

130. Inv. 46. —Alt. 1,054. Vol. 25 m. c. 

131. Inv. 37. — Alt. 1,090. Vol. 20 m. c— Tous les murs sont faits 
de blocs éclatés. 

132. Inv. 42. — Alt. 1,054. Vol. 36 m. c. 



- 203 — 

133. Inv. 38. —Alt. 1.900. Vol. 25 m. c. — En équilibre sur un autre 
bloc. 

134. Inv. 39. —Alt. 1,066. Vol. 100 m. c. 

135. Inv. 40. — Alt. 1,066. Vol. 100 m. c. 

Il est fort à craindre que le plus grand nombre de ces 
blocs ne soient détruits dans un espace de temps assez rap- 
proché ; car les montagnards se sont aperçu que tous ces 
dépôts glaciaires étaient d'une étonnante fertilité; et ils 
concentrent tous leurs efforts à enlever ces débris inu- 
tiles pour eux ; ils en font des murs de soutènement pour 
retenir les terres sur le flanc de la montagne ; et ils ob- 
tiennent d'excellentes récoltes en blé noir et même en 
froment. 

Région de Peyresourde 

A. — Territoire de Gouaoux. 

136. Inv. 11. — Alt. 1,297. Vol. 2 m. c. 

137. Inv. 12. — AU. 1,885. Vol. 38 m. c. — Autour de ces blocs de 
nombreuses dalles de schistes jonchent le sol; mais elles ne peu- 
vent être regardées comme glaciaires. 

B. — CÔTÉ SUD DE LA ROUTE DE BlGORRE. 

138. Inv. 13. — Alt. 1,236. Vol. 2 m. c. 

139. Inv. 14. —Alt. 1,223. Vol. 2 m. c. 

140. Inv. 15. —Alt. 1,236. Vol. 2 m. c. 

141. Inv. 16. — Alt. 1,248. Vol. 8 m. c. — 4 autres blocs sans 
numéros. 

142. Inv. 17. — Alt. 1,236. Vol. 3 m. c. — 15 blocs sans numéros. 

143. Inv. 18. — Alt. 1,236. Vol. 8 m. c. — 6 blocs sans numéros. 

144. Inv. 19. — Alt. 1,273. Vol. 9 m. c. — 4 blocs sans numéros. 

145. Inv. 20. —Alt. 1,297. Vol. 7 m. c. 

146. Inv. 21.— Alt. 1,310. Vol. 2 m. c. 

147. Inv. 31. — Alt. 1,236. Vol. 7 m. c. — 6 blocs sans numéros. 



- 204 - 

148. Inv. 30 — Alt. -5,214 . Vol. 7 m. c. — 30 blocs sans numéros. 

149. Inv. 29 —Alt. 1,223. Vol. 12 m. c. —50 blocs sans numéros. 
•150. Inv. 28. —Alt. 1,199. Vol. 12 m. c. — 80 blocs sans numéros. 

Tout le sol est couvert de blocs dans cette région; aussi n'avons- 
nous numéroté que les plus importants. 

151. Inv. 26. — Alt. 1,293. Vol. 9 m. c. 

152. Inv. 26. — Alt. 1,236. Vol. 3 m. c. 

153. Inv. 22. — Alt. 1,273. Vol. 3 m. c. 

154. Inv. 25. —Alt. 1,236. Vol. 3 m. c. 

155. Inv. 24. — Alt. 1,2 23. Vol. 2 m. c. 

156. Inv. 23. — Alt. 1,248. Vol. 7 m. c. 

G. — CÔTÉ NORD DE LA ROUTE DE BlGORRE. 

157. Inv. 187. — Alt. 1,102. Vol. 3 m. c. 

158. Inv. 188. — Alt. 1,090. Vol. 3 m. c. 

159. Inv. 185. — Alt. 1,114. Vol. 30 m. c. — Tout le sol jusqu'au 
torrent est couvert de blocs. 

160. Inv. 190. —Alt. 1,126. Vol. 7 m. c. — Une centaine de blocs 
sans numéros. 

161. Inv. 191 —Alt. 1,116. Vol. 26 m. c. — 60 blocs sans nu- 
méros. 

162. Inv. 192. — Alt. 1,126. Vol. 26 m. c. — 30 blocs sans nu- 
méros. 

163. Inv. 184. — Alt. 1,162. Vol. 36 m. c. 

164. Inv. 185. — Alt. 1,114. Vol. 34 m. c. — Toutes les pentes 
gazonnées qui descendent vers le ruisseau sont couvertes de 
blocs. 

165. Inv. 186. — Alt. 1,150. Vol. 2 m. c. — 50 blocs de volume 
moindre sans numéros. 

Troisième région. 

La troisième région comprend tout le chaînon qui court 
des crêtes de Peyresourde au cap Saint-Aventin et sépare 
nettement la vallée de l'Arboust de la vallée d'Oueil. 

11 n'est certainement pas un touriste qui n'ait remarqué 



- 205 - 

ces montagnes arrondies, sans arbres, et où seuls de nom- 
breux blocs erratiques font saillie au-dessus des pâturages. 
Toute cette montagne a été longtemps couverte par les gla- 
ciers, et les blocs du Port de Sarrieste nous permettent de 
constater qu'à un moment déterminé de sa course le fleuve 
glacé mesurait environ 1,400 mètres d'épaisseur. Mais aus- 
sitôt que cette épaisseur eut baissé de quelques centaines de 
mètres, le glacier changea de direction et pendant long- 
temps vint se buter contre les pentes de ces montagnes pour 
s'infléchir à l'est et suivre la vallée de l'Arboust ; plus tard, 
enfin, il terminait sa course au pied même de ces monta- 
gnes et y déposait ses moraines frontales. 

Toute cette région est donc recouverte par les dépôts dé- 
tritiques du glacier ; dans les parties hautes, une couche 
peu épaisse a donné naissance à des pâturages de monta- 
gne ; tandis que plus bas, une masse morainique plus puis- 
sante permet la culture des céréales. 

Nous diviserons encore cette région en plusieurs sections 
afin d'en faciliter l'étude; mais, hâtons-nous de le dire, 
ici moins que partout ailleurs, il est bien difficile de 
trouver une différence entre les blocs des sommets ou ceux 
des parties inférieures ; il ne paraît pas y avoir eu de retrait 
brusque des glaces , et leur distribution première doit 
s'être faite régulièrement par suite du retrait continu des 
glaciers ; les accumulations de certains points sont dues 
pour la plupart à des remaniements, à des éboulements qui 
ont fait descendre dans les parties basses les blocs incom- 
plètement calés sur des pentes trop rapides. 

En effet, presque tous les blocs des régions élevées sont 
calés par d'autres blocs plus petits, et c'est un fait que nous 
avons souvent constaté. 



— 206 — 

Partie inférieure. 

A. — Jurvielle-Bas. 

166. Inv. 3. — Alt. 1,485. Vol. 2 m. c. 

167. Inv. i. — AU. 1,485. Vol. 1 m. c. — Ces 2 blocs et le suivant 
forment une partie d'enceintes faites de main d'hommes (?) et appe- 
lées Boala de Portet. 

168. Inv. 2. — Alt. 1,485. Vol. 3 m. c. 

169- Inv. 4. — Alt. 1,485. Vol. 4. m. c. — Ce bloc est appelé par les 
montagnards Table de Bois-Garan. 
Tous ces blocs sont contenus dans une région que les 
gens du pays nomment Caoucado, et dont nous ne connais- 
sons pas l'étymologie ; toute cette région est en effet rem- 
plie de traditions plus ou moins singulières, et dont 
MM. Piette et Sacaze se sont occupés (1). 

170. Inv. 5. — Alt. 1,523. Vol. 2 m. c. — A quelques pas, enceintes 
faites de main d'hommes. 

171. Inv. 6. —AU. 1,535. Vol. 

172. Inv. 29. — AU. 1,236. Vol. 16 m.c. — Graiide dalle plate à. 
moitié ensevelie dans le sol. 

173. Inv. 28. — Alt. 1,273. Vol. 45 m. c. — A côté d'une source 
appelée par les montagnards Caillaou de Sagal. 

174. Inv. 27. — Alt. 1,310. Vol. 120 m. c. — Bloc tombé dans le 
torrent à la suite d'un éboulement. Connu sous le nom de Cail- 
laou de M a gras. 

175. Inv. 32. — Alt. 1,510. Vol. 10 m.c — En place sur des schistes 
polis. 

176. Inv. 31. — Alt. 1,434. Vol. 7 m. c. 

177. Inv. 30. — Alt. 1,434. Vol. 7 m. c. — Ces 2 blocs occupent le 
sommet d'un petit plateau couvert de blocs sans numéros. 

178. Inv. 25. —Alt. 1,523. Vol. 1 m. c. —En place sur des schistes 
polis. 



(1) V. Bulletin de la Société d'Anthropologie, 5 avril 1877. 



— 207 — 

179. — Inv. 20. Alt. 1,397. Vol. 9 m. c. 

180. Inv. 24. — Alt. 1,561. Vol. 7 in. c. —En place sur des schistes 
polis. 

181. Inv. 21. — Alt. 1,651. Vol. 3 m. c. — Calé par un bloc plus 
petit. Plusieurs blocs sans numéros. 

182. Inv. 26. Alt. 1,523. Vol. 16 m. c. 

183. Inv. 20. — Alt. 1,397. Vol. 9 m. c. 

184. Inv. 19. —Alt. 1,384. Vol. 7 m. c. — Au sommet d'un groupe 
de blocs. 

185. Inv. 36. — Alt» 1,625. Vol 1 8 m. c. 

186. Inv. 13. — Alt. 1 ,409. Vol. 6 m. c. 

187. Inv. 12. — Alt. 1,498. Vol. 3 m. c. 

188. Inv. 11. — Alt. 1,523. Vol. 8 m. c. 

189. Inv. 18. —Alt. 1,372. Vol. 1 m. c. 

190. Inv. 17. — Alt. 1,384. Vol. 12 m. c. 

191. Inv. 16. —Alt. 1,372. Vol. 8 m. c. 

192. Inv. 15. — Alt. 359. Vol. 40 m. c. 

193. Inv. 14. — Alt. 1,372. Vol. 40 m. c. — 15 blocssans numéros. 

194. Inv. 9. — Alt. 1 ,498 . Vol. 2 m. c. 

195. Inv. 8. — Alt. 1 498. Vol. 7 m. c. — 2 Blocs de même volume 
sans numéros. 

196. Inv. 10. — Alt. 1,472. Vol. 15. m. c. — 8 blocs sans numéros. 



B. — Jurvielle-Haut. 

197. Inv. 7 bis. —Alt. Vol. 

198. Inv. 7. —Alt. 1,625. Vol. 12 m. c. 

199. Inv. 7 ter. —Alt. 1,847. Vol. 

200. Inv. 7 quart. —Alt. 1887. Vol. 

201. Inv. 7 quint. — Alt. 1,887. Vol. 

Tous ces blocs occupent une région nommée Cueou de 
Sacouma; les deux numéros 198 et 499 sont les plus élevés 
de toute la région et ce sont eux qui nous permettent d'éta- 
blir l'épaisseur que le glacier a atteint au moment où il dé- 
posait en ce lieu (Port de Sarrieste) les blocs 498 et 499. 



- 208 - 

G. CATHER VIELLE. 

202. Inv. 64. — Alt. 1,334. Vol. 8 m. c. — Uue croix relativement 
moderne a été fixée au sommet de ce bloc, appelé par les 
montagnards Caillaou d' Arriba Pardin. 

203. Inv. 63. —Alt. 1,384. Vol. 18 m. c. 

204. Inv. 62. — Alt. 1,447. Vol. 12 m. c. — En place sur des schistes 
polis. 

205. Inv. 61 — Alt. 1,409. Vol. 2 m. c. 

206. Inv. 59. — Alt. 1,434. Vol. 14 m. c. 

207. Inv. 57. — Alt. 1,447. Vol. 16 m. c. 

208. Inv. 56. — Alt. 1,460. Vol*. 20 m. c. 

209. Inv. 60. — Alt. 1,434. Vol 9 m. c. 

210. Inv. 55. — Alt. 1 ,434. Vol. 3 m. c. 

211. Inv. 54. — Alt. 1,460. Vol. 3 m. c. 

212. Inv. 38. — Alt. 1,612. Vol. 7 m . c. 

213. Inv. 34. —Alt. 1,561. Vol. 54 m. c. — En place sur des 
schistes. 7 blocs encore plus volumineux sans numéros. 

214. Inv. 33 — Alt. 1,548. Vol. 100 m. c. 

215. Inv. 35. — Alt. 1,587. Vol. 8 m. c. — Table grossière que l'on 
pourrait croire portée de main d'homme, à cause de remplacement 
qu'elle occupe : petit pbiteau sur la crête qui sépare la Batchede 
Poubeau de celle deJurvielle. 

216. Inv. 67. — Alt. 1,078. Vol. 12 m. c. 

217. Inv. 69. — Alt. 1.102. Vol. 30 m. c. 

218. Inv. 68.— Alt. 1,066. Vol. 3 m. c. 

219. Inv. 70. — Alt. 1,066. Vol. 30 m. c. — En place sur des 
schistes polis. 

220. Inv. 71. —Alt. 1,102. Vol. 60 m. c. 

221 Inv. 74. — Alt. 1,126. Vol. 37 m. c. — En place sur des 
schistes polis. 

222. Inv. 72. — Alt. 1,138. Vol. 90 m. c. — 10 blocs sans numéros. 

223. Inv. 75. —Alt. 1,150. Vol. 12 m. c. 

224. Inv. 76. —Alt, 1,2H. Vol. 3 m. c. 
225 Inv. 77. — Alt. 1,223. Vol. 4 m c. 

226. Inv. 46. —Alt. 1,397. Vol. 120 m. c. 

227. Inv. 54. — Alt. 1,460. Vol. 3m.c. 



— 209 — 

228. Inv. 53. — Alt. 1,447. Vol. 8 m. c. — 25 blocs sans numéros. 

229. Inv. 52. — Ail. 4,460. Vol. 1 m. c. 

230. Inv. 51. — Alt. 1,185. Vol. 8 m. c. — 5 blocs sans numéros. 

231. Inv. 49. — Alt. 1,434. Vol. 2 m. c. — Bloc supportant une 
sorte de table, le tout au sommet d'un petit mamelon, peut-être 
monument mégalitique (?) A quelques mètres, 2 blocs de granité 
sans cristaux de feldspath. 

232. Inv. 50. — Alt: 1,460. Vol. 2 m. c. — 12 blocs sans numéros; 
grand nombre dans une petite prairie voisine. 

233. Inv. 41. — Alt. 1,625. Vol. 18 m. c. 

234. Inv. 40. — Alt. 1,574. Vol. 12 m. c. — Au dessous d'une 
fontaine. 

235. Inv. 39. —Alt. 1,574, Vol. 12 m. c. — Dans le torrent. 

236. Inv. 38. — Alt. 1,612. Vol. 8 m. c. 

237. Inv. 37. — Alt. 1,664. Vol. 36 m. c. 

238. Inv. 78. — Alt. 1,273. Vol. 1.2 m. c. —En place sur des schistes 
polis. 

239. Inv. 79. — Alt. 4,297. Vol. 6 m. c. 

240. Inv. 48. — Alt. 4,409. Vol. 10 m. c. 

241. Inv. 80 — Alt. 1,350. Vol. 2 m. c. 

242. Inv. 81. — Alt. 1,372. Vol. 8 m. c. — 3 blocs sans numéros. 

243. Inv. 45. —Alt. 1,536. Vol. 10m. c. 

244. Inv. 82. — Alt. 1,384. Vol. 8 m. c— Table ronde sur des 
schistes polis.-, 4 blocs plus petits sans numéros. 

245. Inv. 83. — Alt. 1,409. Vol. 2 m. c. — Bloc de schiste com- 
pacte de nature différente de celle qui constitue la montagne; pro- 
venant sans doute des contreforts du vallon d'Esquerry. 

246. Inv. 84. — Alt. 1,422. Vol. 1 m. c. — Au sommet d'un petit 
plateau. 

247. Inv. 44. —Alt. 1,677. Vol. 9m.c 
248 Inv. 42. — AU. 4,677. Vol. 12 m. c. 
249. Inv. 43 — Alt. 1,729. Vol. 36 m. c. 

D. BlLLlÈKE. 



La région de Billière est une de celles où les blocs sont le 
plus régulièrement distribués, et de la route qui va de Saint- 



- 210 — 

Aventin au village de Garin, il est facile de voir au Nord ce 
vallon parsemé de blocs dans la plus grande partie de son 
étendue. 

\ . — Rive droite du torrent. 

250. Inv. 136. — Alt. 1,054. Vol. 45 m. c. —Dans le torrent. 

251. Inv. 103. —Alt. 1,175. Vol. 12 m. c. 

252. Inv. 129. —Alt. 1,126. Vol. 140 m. c. 

253. Inv. 112. — Alt. 1,175. Vol. 28 m.c. — Autour une quantité 
de blocs sans numéros. 

254. Inv. 102. —Alt. 1,187. Vol. 1 m. c. 

255. Inv. 127. — Alt. 1,223. Vol. 12 m. c. 

256. Inv. 108. —Alt. 1,138. Vol. 12 m. c. — 40 blocs environ sans 
numéros. 

257. Inv. 126. — Alt. 1,248. Vol. 16 m. c. — 60 blocs environ sur 
un bourrelet de terrain au bord du ruisseau, à l'extrémité Sud, 
véritable muraille formée par une forte accumulation de blocs. 

258. Inv 125. — Alt. 1,273. Vol. 12 m. c. — A côté un autre bloc 
semblable sans numéro. 

259. Inv. 109 — Alt. 1,150. Vol. 2 m. c. 

260. Inv. 107. — Alt. 1,175. Vol. 8 m. c. 
26* . Inv. 124. — Alt 1,297. Vol. 12 m. c. 

262. Inv. 123. — Alt. 1,310. Vol. 36 m. c. 

263. Inv. 100. —Alt. 1,223. Vol. 20 m. c. 

264. Inv. 99. —Alt. 1,273. Vol. 8 m. c. 

265. Inv. 98. —Alt. 1,297. Vol. 8 m. c. 

266. Inv. 114. — Alt 1,297. Vol. 3 m. c. ' 

267. Inv. 115. — Alt. 1,359. Vol. 24 m. c — Au centre d'une sorte 
d'enceinte formée de blocs erratiques. 

268. Inv. 97. — Alt. 1,372. Vol. 200 m. c. —En place sur des 
schistes polis ; complètement évidé en dessous et sur une pente- 
très- inclinée. 

269. Inv. 101. — Alt. 1,347. Vol. 100 m. c. 

270. Inv. 116. — Alt. 1,434. Vol. 3 m. c. — Appuyé contre une 
grande dalle schisteuse ; au-dessus des masses de blocs dans le lit 
du torrent. 

271. Inv. 96.— Alt. 1,434. Vol. 18m. c. 



— 2H — 

272. Inv. 93. — AU. 1,460. Vol. 12 m. c. — 30 blocs sans numéros 

273. Inv. 90. — Alt. 1,510. Vol. 6 m. c. 

274. Inv. 94. — Alt. 1,485. Vol. 36 m. c. — En place sur des schis- 
tes redressés, qui forment comme les supports d'un dolmen. 

275. Inv. 95. — Alt. 1,498. Vol. 36 m. c. — A côté, bloc semblable 
sans numéro. 

276. Inv. 85. — Alt. 1,460. Vol. 3 m. c. — Sur un plateau isolé. 

277. Inv. 86. —Alt. 1,485. Vol. 4 m. c. — A l'Ouest deux blocs 
sans numéros. 

278. Inv. 87. Alt. 1,498. Vol. 2 m. c. — 13 blocs semblables sans 
numéros. 

279. Inv. 58. — Alt. 1,422 Vol. 14 m. c. 

280. Inv. 89. — Alt. 1,536. Vol. 3 m. c. — A côté, un autre bloc 
sans numéro. 

2. — Rive gauche du torrent. 

De ce côté du torrent l'accumulation de blocs semble être 
encore plus considérable ; mais un certain nombre doivent 
être considérés comme le résultat d'éboulements et provenant 
de stations primitives plus élevées. En effet, si l'on suit le 
torrent jusques dans le bas de la vallée principale, il est fa- 
cile en certains points de constater que des éboulements 
considérables se sont faits dans cette direction, et sans nul 
doute les sommets qui couronnent Billière ont porté autrefois 
un nombre considérable de blocs ; mais les agents atmosphé- 
riques affouillant continuellement les matériaux glaciaires 
plus ou moins meubles, ont déterminé la chute d'un grand 
nombre de blocs, la plupart de ceux qui sont restés en place 
étaient primitivement calés par des blocs plus petits, et il 
est facile de constater cette particularité. 

281. Inv. 174. — Alt. 1,150 Vol. 12 m. c. — En place sur des 
schistes polis. 

282. Inv. 173. —Alt. 1,211. Vol. 12 m. c. 

283. Inv. 172. —Alt. 1,211. Vol 16 m. c. 

284. Inv. 167. — Alt. 1,211. Vol. 6 m. c. 



— 212 — 

2S5 Inv. 168. —Alt. 1,199. Vol. 12 m. c. 

286. Inv. 170. — Alt. 1,236. Vol. 12 m. c. — Autour un certain 
nombre de blocs sans numéros. 

287. Inv. 171. — Alt. 1,199. Vol. 16 m. c. 

288. Inv. 169. — Alt. 1,223. Vol. 6 m. c. — Cinquante blocs sans 
numéros. 

289. Inv. 166. —Alt. 1,223. Vol. 1 m. c. — Ce bloc fait partie 
d'une enceinte faite de main d'homme. 

290. Inv. 165. — Alt. 1,236. Vol. 10 m. c. — Nombreux blocs sans 
numéros. 

291. Inv. 164. — Alt. 1,236. Vol. 2 m. c— A côté, une longue allée 
de pierres levées (1 ). 

292. Inv. 163. — Alt. 1,236. Vol. 24 m. c. 

293. Inv. 162. — Alt. 1,260. Vol. 6 m. c. A côté, 3 enceintes faites 
de main d'hommes. 

294. Inv. 161. — Alt. 1,248. Vol. 12 m. c. 

295. Inv. 159. — Alt. 1,260. Vol. 3 m. c. — Quantité de blocs sans 
numéros. 

296. Inv. 157. — Alt. 1,236. Vol. 24 m. c. 

297. Inv. Ml. — Alt. 1,347. Vol. 16 m. c. — En place sur schistes 
polis. 

298. Inv. 138. — Alt. 1,223. Vol. 24 m. c. 

299. Inv. 139. — Alt. 1,248. Vol 24 m. c. — Vingt blocs sans nu- 
méros. 

300. Inv. 137. — Alt. 1/.87. Vol. 12 m c. — En place sur des schis- 
tes polis. 

301. Inv. 140. —Alt. 1,310. Vol. 16 m. c. 

302. Inv. 134. — Alt. 1,102. Vol. 24 m. c. — En place, sur des schis- 
tes polis. 

303. Inv. 133. — Alt. 1,114. Vol. 60 m. c. 

304. Inv. 132— Alt. 1,102. Vol. 12 m. c. —En place sur des schis- 
tes polis. 

305. Inv. 135. — Alt. 1,054. Vol. 45 m. c. — En place sur schis- 
tes polis. 

306. Inv. 160. — Alt 1,285. Vol. 48 m. c. — Sur la crête du chai- 
non. 

(ï) VoirM.GouRnoN: Les lumuli de Iienqué, Matériaux, t. VII, p. 296-300. 



- 213 — 

307. Inv. 156. — Alt. 1,273. Vol. 36 m. c. 

308. Inv. 143.— Alt. 1,397. Vol. 8 m. c. — Une quantité de blocs 
sans numéros. 

309. Inv. 131. — Alt. 1,138. Vol. 12 m. c. — En place sur des schis- 
tes polis. 

310. Inv. 128. — Alt. 1,162. Vol. 36 m. c. 

311. Inv. 144. — Alt. 1,447. Vol 2 m. c. — En place sur des 
schistes polis. 

312. Inv. 152. — Alt. 1,485. Vol. 2 m. c. 

313. Inv. 150. — Alt. 1,523. Vol. 3. m. c. — Plusieurs hlocs sans 
numéros. 

314. Inv. 151.— Alt. 1,485. Vol. 3 m. c. 

315. Inv. 130. — Alt. 1 ,1 26. Vol. 1 2 m. c. 

316. Inv. 122. — Alt. 1,359. Vol. 16 m. c. 

317. Inv. 120. — Alt. 1,397. Vol. 2 m. c. 

318. Inv. 119. — Alt. 1,384. Vol. 12 m. c. 

319. Inv. 118. — Alt. 1,472. Vol. 2 m. c. 

320. Inv. 149. — Alt. 1 ,561 . Vol. 3 m. c. 

321. Inv. 148. — Alt. 1,587. Vol. 16 m. c. 

322. Inv. 117. —Alt. 1,447. Vol. 8 m. c. 

323. Inv. 147. — Alt. 1,612. Vol. 2 m. c. — En place sur des schistes 
polis. 

324. Inv. 92. — Alt. 1,485. Vol. 4 m. c. — 6 blocs sans numéros. 

325. Inv. 91. — Alt. 1,498. Vol. 12. — 10 blocs sans numéros. 

E. — Saint-Aventin. 

Les blocs que nous avons numérotés sur le territoire de 
Saint-Aventin sont tous placés sur le versant sud du chaînon 
au pied duquel est bâti ce village. 

326. Inv. 180. — Alt. 1,066 Vol. 24 m. c. — En place sur des 
schistes polis. 

327. Inv. 182. — Alt. 1,030. Vol. 12 m. c. — Granité sans grands 
cristaux de feldspalh. 

328. Inv. 181. — Alt. 1,054. Vol. 8 m. c. 

329. Inv. 179. — Alt. 1,102. Vol. 8 m. c. 

330. Inv. 178. — AU. 1,102. Vol. 1 m, c. 



— 2U — 

33t. Inv. 177. — Alt. 1,144. Vol. 1 m. c. 

332. Inv. 176. —Alt. 1,162. Vol. 3 m. c. 

333. Inv. 175. —Alt. 1,150. Vol. 3 m. c. 

Le grand glacier de l'Arboust a dépassé une grande partie 
des crêtes qui couvrent le chaînon sur lequel nous venons 
d'énumérer cette longue suite de blocs erratiques ; aussi les 
pentes nord du territoire de Benqué contiennent-elles des 
blocs originaires des régions du port d'Oô ; ces blocs sont en 
partie descendus dans le torrent d'Oueil, mais là ils se sont 
mêlés à ceux transportés par le glacier secondaire de la val- 
lée supérieure d'Oueil ; chose facile à constater parla nature 
même des roches. 

Nous n'avons pas catalogué les blocs de cette région, car 
ils ont une bien moindre importance que ceux de la vallée 
de l'Arboust. 



Séance du 12 juin 1878. 
Présidence de M. Bidaud. 

La correspondance comprend de nombreuses publications 
de sociétés savantes. 

L'auteur donne lecture de la note suivante : 

Note sur la mâchoire et le ruban lingual du 
Vertigo edentula; 

Par M. Alfred de SAINT-SIMON, membre titulaire. 

Quand j'ai eu l'honneur de communiquer à la Société le 
résultat de mes observations sur la mâchoire et le ruban lin- 
gual de quatre Vertigos français, je ne connaissais pas les 
pièces de la bouche du Vertigo edentula. Cette espèce, signa- 
lée par notre savant collègue et ami M. Paul Fagot, comme 
vivant auprès de Villefranche-Lauragais, avait disparu pen- 



- 215 — 

dant quelque temps. Elle vient de reparaître et j'ai pu, grâce 
à M. Fagot, étudier ces curieux appareils et les comparer à 
ceux des autres Vertigos que j'ai pu examiner. La petitesse 
de ces animaux ajoute à l'intérêt que présente l'étude de 
leurs organes. MM. Lehmann et Lindstrom en Europe, Bin- 
ney et Morse, ont rendu un véritable service à la science en 
publiant le résultat de recherches qui sont le résultat de 
l'emploi du microscope composé. 

La coquille du Vertigo edentula ressemble beaucoup à 
celle du minutissime que j'ai signalée déjà. 11 en est de même 
pour le ruban lingual et la mâchoire. 

Celle-ci n'a été vue par mon savant et regretté ami 
M. Moquin -Tandon, qu'à un très-faible grossissement; aussi 
n'a-t-il pu décrire que la forme générale. Gomme il le fait 
remarquer, cette pièce cornée se termine en pointe aux deux 
extrémités. J'ajouterai seulement que celles-ci sont relevées 
et que l'on remarque sur cet appareil quelques lamelles lar- 
ges inégales. 

Le ruban lingual supporte des lignes de dents assez rap- 
prochées ; les lignes paraissent sinueuses. Les dents margi- 
nales et latérales se composent de deux denticules qui sont 
inégales chez ces dernières. Les cinq ou six dents latérales 
les plus voisines de celle du rachis sont plus petites et plus 
écartées que les autres. Les dents rachiales sont plus petites 
que les latérales qui terminent la rangée de ce côté. Le sup- 
port de la base est double, assez gros, arrondi. Les lamelles 
sont longues et terminées de chaque côté de l'échancrure par 
une pointe aiguë. 

D'après mon savant ami, M. W.-G. Binney, le Pupa pento- 
don, dont le ruban lingual est caractérisé par des dents ra- 
chiales plus petites que les dents latérales, n'appartiendrait 
pas au genre Vertigo, comme la forme de la coquille le ferait 
supposer. D'un autre côté, chez le Vertigo pusilla, sur lequel 
Muller a établi le genre, on observe la même structure du 
ruban lingual. Il existe donc deux sections dans les Verti- 



- 216 - 

gos, comme je l'ai dit dans mon travail précédent. L'une, 
chez laquelle les dents latérales et les dents rachiales pré- 
sentent la même grosseur et qui comprend plusieurs espèces 
du nord de l'Amérique, et l'autre dans lesquelles les dents 
rachiales sont plus petites que celles qui les avoisinent. 11 
serait important de savoir si le Pupa pentodoti, dont le ruban 
lingual présente cette dernière disposition, est muni de 
qua're ou de deux tenticules. 

Je viens d'examiner, à un fort grossissement, le ruban 
lingual du Pupa muscorum, et me suis assuré que dans toute 
la longueur de la plaque les dents rachiales sont à peu près 
de la même grosseur que les latérales. Contrairement aux 
observations de Lehmann, je crois que ce qui a induit en 
erreur ce savant micrographe, c'est que les dents rachiales 
ne sont pas tout-à-fait sur le même plan que les autres dents. 
De plus, la rainure dorsale est apparente par suite de cette 
particularité. 

M. le D r Garrigou, membre titulaire, communique des 
Faits nouveaux concernant les eaux minérales. 

En opérant sur 4,000 litres d'eau, il est arrivé à des résul- 
tats importants et qui changeront les idées qui régnent jus- 
qu'à ce jour sur les eaux minérales. 

Après avoir rappelé les travaux remarquables de Frésénius 
et de Bunsen sur cette matière, M. Garrigou fait remarquer 
que dans les analyses d'eaux minérales il est impossible 
d'arriver à un résultat exact sans se débarrasser d'abord de 
la matière organique qui tient en dissolution certains mé- 
taux. Il faut donc, dans toute analyse, évaporer d'abord à 
siccité, et calciner le résidu de manière à détruire la matière 
organique ; cette opération est délicate : il faut calciner 
assez, mais sans dépasser le rouge sombre; on peut aussi 
traiter le résidu par l'acide sulfurique concentré , mais 
l'analyse devient plus difficile. 



- 217 - 

On redissout alors le résidu pour séparer les substances 
solubles d'avec celles qui ne le sont pas : c'est alors que 
commencent à se montrer les faits extraordinaires sur les- 
quels M. Garrigou appelle l'attention de la Société. 

Le résidu insoluble est traité par l'eau régale. Si l'on 
opère, par exemple, sur le résidu des eaux d'Aulus, on obtient 
après ce traitement une portion insoluble ; on la lave à fond 
à l'eau distillée jusqu'à ce que cette eau n'ait plus de réac- 
tion acide. Dans ce dernier résidu se trouve la majeure par- 
tie des métaux. Par l'action du carbonate de soude et de 
l'azotate de potasse, on trouve un représentant de tous les 
métaux contenus dans l'eau : arsenic, antimoine, tellure 
(douteux), cuivre, plomb, argent, mercure, nickel, cobalt, 
zinc, fer, manganèse, chrome, aluminium, ces deux derniers 
à l'état insoluble. 

C'est là le fait le plus remarquable. Sans entrer dans tous 
les procédés de séparation employés, M. Garrigou insiste sur 
la présence de l'argent et du mercure; l'argent peut s'ex- 
traire par le procédé ordinaire ; le chlorure obtenu ne paraît 
pas absolument insoluble dans l'acide cblorhydrique. Le 
cuivre extrait des eaux d'Aulus ne ressemble pas absolu- 
ment au cuivre ordinaire : ce cuivre est peut-être à l'état 
aîlotropique, comme le cuivre étudié dernièrement par 
M. Schuztenberger : introduit dans une perle de borax, il 
la colore légèrement en bleu quelle que soit la quantité de 
cuivre introduite ; dans la flamme de réduction on obtient 
une perle rouge magnifique, transparente du premier coup. 
Avec le cuivre extrait des Eaux-Bonnes, on obtient le môme 
résultat. 

Le plomb ne donne pas avec les réactions de flamme les 
mômes résultats que le plomb ordinaire: les réactions sont 
parallèles, mais non identiques. Le mercure, dont la pré- 
sence a été contestée dans certaines eaux, ne se comporte 
pas comme le mercure du laboratoire ; il donne une auréole 
carminée un peu différente. Ces faits ne peuvent être expli- 
qués, mais facilement constatés. 45 



— 218 - 

En présence de ces résultats, M. Garrigou se demande si 
l'on a affaire à des corps simples ou à la réunion de plu- 
sieurs substances simples ; il cite à ce sujet les résultats 
trouvés par M. Lockyer pour le calcium. 

Sans attacher plus d'importance à cette question, M. Gar- 
rigou insiste sur la présence du mercure dans les eaux d'Au- 
lus ; le mercure guérit la syphilis, et nombre de cures de 
cette nature sont faites à Aulus. Dans ces eaux le mercure 
est tout aussi net qu'à la Bourboule et qu'à Saint-Nectaire ; 
dans les réactions de flamme l'iodure jaune persiste plus que 
le rouge. 

Ces faits sont absolument nouveaux. L'étude des eaux 
minérales est en quelque sorte empirique à l'heure actuelle. 
11 serait à désirer que ces genres de recherches soient con- 
tinuées par plusieurs expérimentateurs qui feraient connaî- 
tre leurs résultats. 

M. G. Fabre dit que les faits signalés par M. Garrigou sont 
tout-à-fait nouveaux et, comme le dit l'auteur, de nature à 
changer les idées qui régnent jusqu'à ce jour sur les eaux 
minérales. En présence des résultats trouvés, M. Fabre de- 
mande à M. Garrigou si au lieu d'avoir affaire aux métaux 
actuellement connus, il ne s'est pas trouvé en présence de 
corps nouveaux, dont l'existence théorique a été signalée 
par M. Mendeleeff. 

iM. Garrigou répond qu'il n'a pas eu entre les mains une 
quantité suffisante de ces métaux pour se prononcer, mais 
que sa première pensée a été qu'il avait affaire à de nou- 
veaux corps ; en l'état actuel il ne peut rien décider. 

M. le Président fait remarquer combien la présence de la 
matière organique a d'importance dans les recherches chi- 
miques. Il rappelle à ce sujet le mot d'Orfiia : Méfiez-vous 
de la matière organique ; il cite plusieurs exemples qui per- 
mettent de constater que certains métaux précipitantes ha- 
bituellement, ne le sont plus en présence de matières orga- 
niques. 



- 249 - 

M. Garrigou remarque qu'il existe une certaine relation 
entre les eaux minérales et les régions filonniennes avoisi- 
nantes; c'est ainsi que les eaux de Cauterets, voisines des 
mines de Pierreikte, contiennent du zinc et en telle quan- 
tité, que c'est probablement de là qu'elles tirent leurs pro- 
priétés sédatives. 

M. G. de Malafosse fait observer que cependant l'on ob- 
serve des sources ferrugineuses sans qu'il y ait de filons de 
fer dans les environs. 

i\J. Gariugou répond qu'en effet les sources ferrugineuses 
en contact de filons de fer sont très-rares : c'est là une 
exception. 



Séance du 17 juillet £S?8. 

Présidence de M. Bidaud. 

11 est donné lecture au nom de M. B. Balansa , membre 
titulaire , et de son collaborateur, le P. Poitrasson , du tra- 
vail suivant qui est accompagné de six planches : 

Contributions à l'Agrostographie de l'Amérique 
du Sud ; 

Par M. B. BALANSA et le R. P. POITRASSON, S. J. 



Trib. I. — ORYZE^E Kunth, Enum. 1, p. 5. 

Épillets solitaires, unifïores ou accompagnés quelquefois 
d'une ou de deux fleurs rudimentaires, hermaphrodites ou 
unisexués. Glu mes nulles ou très-petites. Étamines le plus 
souvent au nombre de six. 



- 220 - 
Genre LEERSIA Swarlz, FI înd. occ, /, p. H9. 

Fleurs disposées en panicule. Épillets solitaires, articulés, 
unilatéraux, brièvement pêdicellés, comprimés sur le côté, 
à une seule fleur hermaphrodite. Giumes nulles. Glumel- 
les 2, conniventes, comprimées, carénées, égales , aiguës, 
entières et mutiques; l'inférieure naviculaire, 5-nerviée, la 
supérieure beaucoup plus étroite, 3-nerviée. Squamules 2, 
membraneuses, obovées, entières. Étamines 1,2, 3 ou 6. 
Styles 2, courts. Stigmates plumeux, sortant sur les côtés 
de la fleur. Caryopse comprimé par le côté, libre, mais enve- 
loppé par les glumelles. 

Leersia debilis Nob. 

Icon. Tab. nost., I, f. I. 

Exsicc. B. Balansa, Plantes du Paraguay, 1874-1877, 
710 $06. 

Souche vivace, rampante, émettant des chaumes nombreux, 
de 7-12 déchu., très-grêles, dressés ou décombants et alors 
plus ou moins radicants à la base, simples ou rameux, à 
nœuds brièvement pubescents ou presque glabres. — Feuilles 
longues de 8-15 cent., larges de 10-14 millim., molles, 
planes, linéaires lancéolées, atténuées aux deux extrémités, 
marquées en dessous de 9-11 nervures blanches dont la 
médiane très-saillante, glabres ou munies de quelques poils 
courts et rudes le long des nervures. Gaines un peu com- 
primées, carénées, appliquées, plus courtes que les entre- 
nœuds, garnies de poils courts et raides dirigés vers le bas. 
Ligule courte, tronquée et denticulée. — Panicule grande, 
pyramidale, à rameaux solitaires, fins, flexueux, très-étalés, 
rudes, nus dans leur moitié inférieure, à divisions capil- 
laires , courtes et appliquées. — Épillets semi-circulaires , 
plans sur les côtés, de 1 1 2-2 millim. de longueur, étroite- 



- 221 - 

ment imbriqués à l'extrémité des rameaux, d'un vert-blan- 
châtre. Glumelles très- comprimées, glabres ou munies sur 
la carène de quelques aiguillons très-courts Étamine 1 ! , 
anthère 'sur le sec) d'un jaune pâle. Styles 2, blanchâtres. 
Caryopse très-comprimé. 

Hab. Paraguay : Forêts à l'Est de la Cordillère de Villa- 
Rica, au N.-E. de Caaguazu. — Avril-septembre. 

Leersia distichoplaylla Nob. 

lcon., Tab. nost., I, f. 2. 

Exsicc. B. Balansa, PL du Paraguay, 1874-1877, n° 265. 

Souche vivace, courte, horizontale, garnie de grosses fi- 
bres d'un brun-clair, émettant 1 à 2 chaumes de 9-14 déc, 
simples, dressés, raides, à entre-nœuds très-courts, le dernier 
excepté; nœuds glabres, recouverts par les gaines des feuilles. 
— Feuilles glauques, distiques, longues de °25-30cent., larges 
de 1 4-20 millim., raides, dressées-étalées, planes, linéaires-lan- 
céolées, longuement atténuées au sommet, rudes en-dessous 
et sur les bords, marquées en-dessous de nervures blanches 
dont la médiane est très-saillante ; feuille supérieure très- 
courte, lancéolée. Gaines comprimées, carénées, appliquées, 
à bords ne se recouvrant pas, plus longues que les entre- 
nœuds > la supérieure très-longue et exserte, garnies de poils 
peu nombreux, raides et dirigés vers le bas ; les inférieures 
aphylles , réduites à des écailles membraneuses. Ligule 
courte, tronquée. — Fleurs en panicule pyramidale, peu four- 
nie, à rameaux solitaires ou géminés, fins, flexueux. très- 
étalés, rudes, nus dans leur moitié inférieure, à divisions 
peu nombreuses, courtes et appliquées. — Épillets elliptiques, 
lenticulaires, un peu convexes sur les côtés, de 1-1 4/Smill. 
de longueur, très-brièvement pédicellés, étroitement imbri- 
qués à l'extrémité des rameaux, brunissant à la maturité. 
Glumelles comprimées, glabres, munies quelquefois sur la 
carène de quelques aiguillons très-courts. É 'lamines 2. Sty- 
les 2, blanchâtres. Caryopse lenticulaire, brun. 



— 222 — 

Hab. Paraguay : Forêts situées sur le versant occidental 
du Cerro-Hu, près de Paraguari ; forets à l'Est de la plaine 
de Doûa-Juana, près de Vilia-Hica. — Avril-juin. 

Leersla mexlcana Kunlli. Qram. I, t. 1. 

Leersia brasiliensis, Spreng.; L. contracta Nées ab Esenb., 
Agrost. bras., p. olO; L abyssinica , Hochst. Herb. un.it. 
4823 ; L hexandra Swartz, FI. Ind. occ, 1, p. 110. 

Icon. Tab. nosir. 1, f. S. 

Exsicc. B. Balansa, PI. du Paraguay, JS74-1877, n° 264. 

Chaumes de 3-9 décim., grêles, rameux, ascendants ou 
couchés à la base, munis de stolons courts et écailleux , 
lisses ou quelquefois un peu rudes vers le haut, à nœuds 
glabres ou pubscents. — Feuilles longues de 10-17 cent., 
larges de 4-6 miliim., raides, linéaires, atténuées au som- 
met, d'un vert glauque, planes ou pliées en deux, munies 
sur les faces et sur les bords de petites aspérités dirigées 
vers le haut, ce qui les rend très-rudes au toucher. Gaines 
un peu comprimées, carénées, appliquées, plus courtes ou 
quelquefois plus longues que les entre-nœuds, glabres, les 
supérieures très-rudes quand on les passe entre les doigts 
de bas en haut. Ligule assez courte, exserte, obliquement 
tronquée, lacérée ou denticulée. — Panicule étroite, linéaire- 
oblongue; rameaux courts, rapprochés, le plus souvent so- 
litaires, presque simples, dressés-appliques, flexueux, briè- 
vement nus à la base. — Épillels presque sessiles, linéaires- 
oblontjs, très-comprimés, longs de 3-4 miliim., étroitement 
imbriqués, d'un vert jaunâtre, pourpres ou lavés de pour- 
pre. Glumelles très-comprimées, aiguës, glabres ou couver- 
tes sur les côtés et les nervures de petits aiguillons épars, 
hérissées sur la carène de poils raides, pectines, isolés ou fas- 
cicules, et dans ce cas le médian étant plus long Etami- 
nes (> ! , anthères (sur le sec) d'un blanc sale. Styles 2, à 
stigmates jaunes, sortant vers le bas de la fleur. Caryopse... 



- 223 - 

Hab. Paraguay : Bords du Rio-Paraguay, à l'Assomption ; 
marais de Villa-Rica. — Avril-septembre. — Uruguay : prés 
humides à Santa-Lucia ; marais à Unio près de Montevideo. 
— Janvier. 

Observation. — Cette espèce est très-variable pour le port 
ainsi que pour les dimensions et la couleur de toutes ses 
parties ; aussi croyons-nous qu'elle ne saurait être distin- 
guée du L. hexandra Swartz , l. c. Le L contracta, qui, 
d'après Nées lui-même [l. c), est identique au L. mexicana, 
ne diffère du L. hexandra que par sa panicule petite et con- 
tractée et par sa rigule tronquée et non lancéolée. Du reste, 
la plupart des espèces à six étamines paraît devoir être réu- 
nie au L. hexandra, ainsi que Sprengel l'a proposé. 

Genre ORYZA Lin. 

Fleurs en panicule rameuse. Épillets solitaires, articulés, 
comprimés par le côté, à une seule fleur hermaphrodite. 
Glumes 2, membraneuses, ordinairement très-petites, con- 
caves, 4-nerviées. Glumelies 2, conniventes, comprimées, 
carénées, entières, coriaces; l'inférieure grande, naviculaire, 
5-nerviée, à nervures se réunissant au sommet, brièvement 
mucronée ou longuement aristée ; la supérieure plus 
étroite, 3-nerviée, mucronée. Squamules 2, glabres, obo- 
vales, denticulées au sommet, un peu charnues. Étamines 
6. Ovaire glabre. Styles 2, courts, terminaux, surmontés par 
des stigmates plumeux. Caryopse étroitement enveloppé 
par les glumelies,, comprimé sur les côtés, subtétragone, 
obtus, glabre, assez profondément sillonné sur les côtés. 

Oryza sativa Lin. Sp. pi. I, p. 475. 

Loureiro, FI. coch. I, p. 266; Raddi, Agrost. bras. p. 34; 
Desvaux, Journ. bot. févr. 1813, III, p 76; Nées ab Esenb. 
Agrost. bras., p. 315. 

Icon., Lam., lll. gen., t. W4 (mala); Pal. de Beauv. 
Agrost. y t. Vil, f. 7 et 8. 



224 

Exsicc. B: Bctlcmsa, PI. du Paraguay, {874-4877, n° %9. 

Variété à glu mes courtes (1-1 1/2 millim.), assez larges, 
tridentécs. Gkunelles élégamment réticulées , à nervures 
saillantes, pubescenles sur le dos et au sommet, mucronées, 
blanchâtres. 

Hab. Paraguay : Arégua, où il est cultivé. — Janvier. 

©ryy,a lalifolia Desv. Journ. bot. 1H, p. 77. 

Kunth in H. et B., Nov. geri. et Sp. 1, p. 195 ; Pair'., Dict. 
suppl., IV, p. OSS ; 0. platyphylla Schult. fil. in R. et S. 
VIII, 136 i ; 0. lalifolia et platyphylla Steud., Syn. gram. 
p. 3, 7i os 8 et 9. 

le on. Kunth. Gram. I, t. 4; Tab. nottr. H, f. 2. 

Exsicc. B. Balansa, PI. du Paraguay, -j 87 4-1 877, n n 907 . 

Souche vivace . cespiteuse , très-grosse, émettant des 
chaumes droits, très-élevés (3'",o0 à 4 ra ,50), cylindriques, 
simples, lisses.— Feuilles largement lancéolées-linéaire*, lon- 
gues de 45-60 centim., larges de 29-33 millim., longue- 
ment atténuées au sommet, les inférieures atténuées à la 
base, d'uu beau vert, planes, glabres, lisses en-dessus, ru- 
des en-dessous, abords denticulés-ciliés, marquées de 47- 
21 nervures blanches et saillantes en-dessous, se prolongeant 
à la base en deux oreillettes d'un brun foncé, en forme de 
croissant, embrassantes, longues de 1 centim., larges de 3 
millim., bordées de longs cils rapprochés. Gaines cylindri- 
ques appliquées, glabres, plus longues que les entre-nœuds. 
Ligule courte, arrondie, brune, pubescente, velue sur les 
bords.— Panicule grande, lâche, terminale; rameaux étalés, 
anguleux, rudes, verticiilés aux nœuds inférieurs, simples 
ou offrant 1-2 divisions très-courtes et appliquées, nus dans 
leur moilié inférieure', axe. de la panicule pubescent aux 
points d'intersection des rameaux. - Épillets elliptiques, longs 
(h; 7-8 millim., pêdicellés, disposés en grappes lâches à l'ex- 



~ 225 — 

trémité des rameaux; pédicelles assez courts, rudes, insen- 
siblement renflés au sommet, terminés par une collerette 
membraneuse courte, obliquement tronquée. Glumes linéai- 
res-subulées, presque égales, denticulées-scabres aux bords, 
3-4 fois plus courtes que les glumelles. Celles-ci compri- 
mées, blanchâtres, élégamment réticulées, scabres, denticu- 
lées et garnies de poils pectines sur la carène ; l'inférieure 
munie d'une arête fine, droite, très-rude , 3-5 fois plus 
longue qu'elle, la supérieure brièvement apiculée.— Ê termi- 
nes G ! , filets très-courts, anthères d'un jaune-orangé. Styles 
blanchâtres (sur le sec). Caryopse... 

Hab. Paraguay : Bois longeant le Tébicuari à San-Cosme ; 
bords des ruisseaux à San-Salvador. — Mars-mai. 

Observation. — Kunih et Poiret (loc. cit.) attribuent à cette 
plante 3 étamines ;. cependant, quoiqu'il ne puisse y avoir 
aucun doute sur l'identité de l'espèce, nous en avons toujours 
trouvé 6. 

Oryza perçai nis Moench Melh. 107\ 

Steud. Syn. gram. p. 3, n° 11. 

Icon. Tab. nostr. Il, f. 3. 

Exsicc. B. Balansa, PL du Paraguay, '1874-4877, n°268. 

Souche vivace! , cespiteuse. Chaumes droits, de 2-3 mètres 
de hauteur, cylindriques, simples, lisses. — Feuilles linéaires, 
longues de 45-55*centim., larges de 1 1-12 millim , les supé- 
rieures linéaires-lancéolées, dressées , planes au sommet, 
pliées-canaliculées à la base, glabres sur les faces et sur les 
bords denticulés, munies à la base de deux oreillettes ar- 
rondies, épaisses, réfléchies, brunes; nervure médiane très- 
épaisse el arrondie intérieurement , lisse, les autres ner- 
vures fines et peu marquées. Gaines un peu comprimées, 
glabres, les inférieures plus longues, les autres plus courtes 
que les entre-nœuds. Ligule courte, arrondie, ciliée-velue 
au bord, brune. — Panicule petite par rapport aux dimensions 



— 226 — 

de la plante, terminale, contractée; rameaux assez courts, 
flexueux, anguleux, très-rudes, solitaires ou géminés, pres- 
que simples, brièvement nus à la base. — Épillets linéaires- 
oblongs, longs de 8-9 millim., disposés en grappes lâches le 
long des rameaux; pédicelles anguleux, insensiblement ren- 
flés au sommet, terminés par une petite collerette mem- 
braneuse. Glumeslinéaires-subulées, scabres aux bords, peu 
inégales, 2-3 fois plus courtes que les glumelles. Glumelles 
comprimées, d'un jaune-roussâtre. profondément sillonnées, 
finement réticulées, scabres, glabres ou munies de petits 
aiguillons épais, pectines sur la carène ; l'inférieure terminée 
par une arête fine, droite, très-rude, blanchâtre, 4-5 fois 
plus longue qu'elle ; la supérieure brièvement apiculée. 
Étamines 6 ! à anthères brunes. Styles blanchâtres. Ca- 
ryopse... 

Hab. Paraguay : Bords du Rio-Paraguay à l'Assomption.— 
Avril. 

Oryza siibtilata Nées ab Esenb., Agrost. bras., p. o\$. 

Icon. Tab. nostr. II, f. 4. 

Exsicc. B. Balansa, PL du Paraguay, 4874-4877, n° 270. 

Souche épaisse, vivace, horizontale. Chaumes dressés, 
élevés, lisses, couverts intérieurement par les gaines des 
feuilles. — Feuilles linéaires, acuminées, raides; les radicales 
longues de 40-12 décim. sans les gaines, larges de 8-9 
millim., les caulinaires plus courtes; toutes planes, fine- 
ment striées, lisses sur les faces, rudes aux bords, glauques, 
à 7 nervures dont la médiane très-épaisse, arrondie, les 
autres peu marquées. Gaines des feuilles radicales distiques, 
comprimées, à dos très-épais, convexe, formé d'un paren- 
chyme lacuneux très-lâche, membraneuses aux bords, vio- 
lacées; les supérieures cylindriques, appliquées, plus courtes 
que les entre-nœuds ! Ligule crserte, membraneuse, ovale- 



- 227 - 

oblongue, de 1-1 1/2 centim., aiguë, longuement décurrente 
sur les bords de lagaîne. — Particule très-longue (60-65 cent.), 
rameuse, enveloppée à la base par la gaine de la feuille 
supérieure. Rameaux longs de 10-20 centim., les inférieurs 
dressés-étalés, les autres étroitement appliqués, r-iides, triquè- 
tres, très-rudes. — Épillets sublélragones , longs de 8-9 mill. 
sans l'arête, pédicellés, disposés en grappes serrées le long 
des rameaux; pédicellés de la longueur des épillets ou de 
moitié plus courts, très-rudes, appliqués, comprimés-tri- 
quètres, insensiblement renflés en massue, terminés par une 
collerette membraneuse à bords crénelés. Glumes très-cour- 
tes peu inégales, dilatées à la buse, plus ou moins brusque- 
ment terminées par une pointe carénée, rude, ordinairement 
dentées sur les côtés, denticulées-scabres au bord. Ghimelles 
peu comprimées, coriaces, finement granulées, à nervures 
saillantes, d'un vert-jaunâtre ; l'inférieure obovée, trigone, 
carénée, 5-nerviée, très-rude sur les nervures, surmontée 
d'un appendice subuli forme 3-4 fois plus long qu'elle, droit, 
triquètre, fistule ux , trinervié, rude sur les nervures, insensi- 
blement atténué en pointe, vert ou violet ; la supérieure tri- 
nerviée, obliquement comprimée, surmontée par un appendice 
plan, de longueur variable, entier ou plus ou moins profondé- 
ment bifide ! au sommet, rude sur les bords. Squamules 2 ! , 
larges, plissées. Elamines 6. Styles 2, courts, divergents, 
blanchâtres. Caryopse oblong, subtétragone, creusé de deux 
sillons antérieurement, obliquement tronqué au sommet. 

Hab. Paraguay : Bords du Tébicuari, près d'Itape. — Dé- 
cembre. 

Genre ZIZANIA Lin., Spec. pi. H, p. 1408. 

Fleurs en panicule. — Épillets solitaires, unisexués, monoï- 
ques, uniflores, articulés dans une excavation cupuliforme 
de l'extrémité des pédicellés, les mâles et les femelles mé- 
langés. Épillets mâles : Glumes nulles. Glumelles 2, tine- 
mcnt membraneuses, presque égales, aiguës. Squamules 2, 



— 228 — 

petites, lancéolés-aiguës, membraneuses, glabres. Étamines 
G. Pas de rudiment de la Heur femelle. Épillets femelles : 
Glu mes nulles. Glumelles 2, herbacées, l'intérieure s'atté- 
nuarit en une longue arête, la supérieure plus étroite, aiguë. 
Squamules 2, plus grandes que dans les fleurs mâles, cul- 
triformes, membraneuses, glabres. Pas de rudiment de la 
fleur mâle. Ovaire sessile, oblong, glabre- Style unique, 
terminé par deux longs stigmates plumeux sortant au som- 
met de la ileur. Caryopse subcylindrique-oblong, glabre, li- 
bre, mais enveloppé parles glumelles, surmonté par le style 
persistant ; péricarpe crustacé, se dédoublant facilement. 

Zizania boiiaricnsis Nob. 

Icon. Tab. nostr. III. 

Souche vivace, rampante(?). Chaumes de 1 m ,50, dressés, 
simples, couverts par les gaines des feuilles. —Feuilles pliées- 
canaliculéeset très-épaisses dans leur tiers inférieur, du reste 
planes, linéaires, longuement et insensiblement acuminées, 
longues de 85-90 cent., larges de 4-2 cent., un peu rudes 
sur les bords et sur les faces dans le tiers supérieur, glabres 
ainsi que les gaines, marquées à la base de deux taches 
fauves. Ligule ovale-lancéolée, aiguë, entière, glabre, longue 
de 1-2 cent. — Panicule très-grande (70-90 cent.), rachis qua- 
drangulaire; rameaux contractés avant l'anthèse, puisdres- 
sés-étalés, semi-verlicillés par 3 aux nœuds inférieurs, nus 
à la base, munis de quelques poils aux points d'intersection, 
anguleux, scabres. — Épillets très-fragiles, les mâles et les 
femelles mélangés-, pédicellcs insensiblement renflés en 
massue, presque lisses, naissant ordinairement par deux, le 
plus court de la même longueur que l'épillet mâle qu'il sup- 
porte , l'autre du double plus long. — Epillets mâles assez 
ouverts pendant l'anthèse, lancéolés-oblongs. Glumelles fi- 
nement membraneuses, presque égales, panachées de vert et 
de violet; l'inférieure ovale-lancéolée, embrassant la supé- 



rieure, très-aiguë, terminée quelquefois par une arête de 
moitié moins longue qu'elle, 7-nerviée, la supérieure plus 
étroite, aiguë, 3-nerviée ; nervures peu saillantes, finement 
denticulées-scabres. Étamines 6, linéaires, d'un jaune orangé, 
filet d'un tiers plus court que l'anthère. Épillets femelles 
fermés, lancéolés-linéaires (oblongs-lancéolés à la maturité). 
Glumelles herbacées, vertes, très-scabres ; l'inférieure con- 
cave, ovale-lancéolée, 7-nerviée, enveloppant presque en- 
tièrement la supérieure, s'atténuant en une arête deux à 
trois fois plus longue qu'elle, très-scabre, la supérieure plus 
étroite, concave , carénée au sommet, 3-nerviée , aiguë ; 
nervures saillantes, denticulées-scabres. Style presque delà 
longueur des glumelles. Caryopse à péricarpe se dédoublant 
de manière à simuler un achaine, subcylindrique-oblong, 
obscurément caréné sur le dos, obscurément trigone à la 
base, arrondi au sommet, surmonté par le style persistant 
et endurci, d'un fauve clair, très-finement strié-pointillé 
longitudinalement, spile (macule hilaire) linéaire, occupant 
toute la longueur de la graine et ne se distinguant que sous 
la première enveloppe. 

Hab. République argentine : Bords des marais à Buénos- 
Ayres; cultivée dans un des bassins de Paséo Julio. — No- 
vembre. 

Genre LUZIOLA Juss., Gen. pi. p. 33. 

Épillets solitaires, unisexués, monoïques , uniflores, les 
mâles et les femelles formant des panicules distinctes. Pani- 
cule mâle solitaire, terminale; panicules femelles 1-4, sor- 
tant des gaines des feuilles supérieures. Épillets mâles . 
Glumes nulles. Glumelles 2, membraneuses, linement ner- 
viées, mutiques, un peu inégales. Squamules 3!,4rès-petites 
(surtout la supérieure), glabres. Étamines 6-10. Épillets fe- 
melles: Glumes nulles. Glumelles 2, très-fortement nerviées, 
mutiques, un peu inégales. Squamules 2 !, très-petites. 



- 230 - 

Ovaire glabre. Styles 2, très-longs, à stigmates plumeux , 
sortant sur les côtés de la fleur. Caryopse globuleux, glabre, 
lisse, surmonté d'un ^bec court et tronqué formé parla base 
des styles. Péricarpe crustacé, se détachant assez facilement 
par dédoublement, de sorte que le fruit ressemble à un 
achaine. 

Observation. — Dans la diagnose de ce genre , Nées 
d'Esenbeck {Agrost. bras. p. 300) signale l'absence des squa- 
mules dans toutes les fleurs. Cependant Kunth {Enum. I, 
p. 10), suivi par Stendel (Syn. gram. p. 5), indiqué trois 
squamules dans les fleurs mâles et deux dans les fleurs fe- 
melles. Nos observations nous permettent d'affirmer qu'il 
en est ainsi, mais nous devons faire remarquer que la pe- 
titesse de ces organes en rend l'examen très-difficile. 

Luziola pemviana Juss. Gen. p. 33. 

Pers. Syn. 2, p. 575 ; Nées ab Esenb. Agrost. bras., p. SOI ; 
Kunth, Enum. 1 , p. 40; Steud. Syn. gr. p. 5; Luziola 
mexicana H. et B. Nov. gen. 1, p. 199; Milium natans 
Spraig, Syst. 1, p. 250 (ex Nées). 

lcon. Pal de Beaux). Agrost., t XXIV, f. 6 (mala); Kunth 
SuppL, 1. 1, f.3; Tab. no.str. IV, f. 1. 

Exsicc. B. Balansa, Pi. du Paraguay, 1874-1877. 

Racine vivace. Chaumes de l-^décim., venantpar touffes 
gazonnantes et émettant de longs rejets flottants et radicants, 
rameux à la base. — Feuilles linéaires, longues de 6-10 cent., 
larges de 2-3 millim., planes, un peu rudes sur les bords 
et sur les faces. Gaines appliquées, glabres, finement pu- 
bescentes sur les bords à la partie supérieure. Ligule exserte, 
lancéolée, aiguë, de longueur variable, ordinairement la- 
cimée, décurrente sur les bords de la gaîne. — Particule mâle 
presque simple, oblongue pyramidale, à rameaux inférieurs 
semi-ver tic dlés, un peu flexueux, portant 4-3 épillets écar- 
tés. Pédicelles capillaires, lisses, offrant à leur extrémité 



— 231 - 

un renflement cupuliforme, membraneux , dans lequel est 
articulé Pépillet. — Epillets lancéolés-linéaires. Glumelles 
finement membraneuses, hyalines, oblongues-lancéolées, 
concaves, la supérieure un peu plus longue, munies de 7-9 
nervures très-fines. Squamules inférieures très-petites, ar- 
rondies, tronquées au sommet, la supérieure de moitié plus 
courte, réduite aune sorte de mucron. Étamines linéaires, 
à filet très-court. — Particules femelles ovoïdes ; rameaux plu- 
sieurs fois divisés, les inférieurs semi-verticillés, un peu ru- 
des. Pédicelles capillaires, étalés, terminés par un renflement 
cupuliforme, rudes. — Epillets très-petits (égalant à peine 
en longueur le quart des epillets mâles), oblongs, d'un vert 
foncé. Glumelles membraneuses, peu inégales, l'inférieure 
7-nerviée, la supérieure 5-nerviée; nervures très-saillantes, 
scabres. Caryopse ellptique-oblong, lisse, étroitement enve- 
loppé par les glumelles. 

Hab Paraguay : Plaine argileuse et marécageuse entre les 
Cerros LamLaré et Tacumba. Uruguay : Flaques d'eau à Santa- 
Lucia. —Janvier-mai. 

Luziola strîata Nob. 

lcon. Tab. nostr, IV, f. 2. 

Exsicc. B. Balansa, PL du Paraguay, 4874-1877, n° 484. 

Racine vivace. Chaumes de 5-15 centim., venant par touf- 
fes et émettant de longs rejets flottants et radicants. — Feuil- 
les planes, longues de 4-8 centim., larges de 3-4 millim., un 
peu rudes aux bords et sur les faces, lancéolées-linéaires. 
Gaines appliquées, glabres, ciliées-pubescentes sur les bords 
à la partie supérieure, striées. Ligule petite, exserte, lancéo- 
lée, un peu décurrente. — Panicule mâle très-grêle. Pédicelles 
capillaires, assez longs, flexueux, renflés-cupuliformes à l'ex- 
trémité lisses. — Epillets comme dans l'espèce précédente. 
Glumelle inférieure obtuse, 5-nerviée, glumelle supérieure 
un peu plus longue 3-nerviée. — Panicules femelles peu four- 



- 232 — 

nies; rameaux 2-3 solitaires, étalés-dressés, lisses. Pêdicelles 
raides, appliqués. — Épillets assez gros de moitié moins longs 
que les mâles), linéaires-oblongs pendant ïanthèse, ellipti- 
ques-oblonqs et renflés à la maturité, d'un vert pâle. Glu- 
nielles herbacées , fortement nerviées ; nervures flexueuses 
inférieurement , lisses. Caryopse globuleux, fortement strié 
longitudinalement, étroitement enveloppé par les glumelles. 
Hab. Paraguay : Bords du Jéjui, dans les prairies maréca- 
geuses. — Avril. 

Luziola spîclFormis 

Antlersson ex Weddell in Herb. mus. Par. 

Icon. Tab. nostr. V. 

Exsicc. B. Balansa, Pi. du Paraguay, 1 '874-4877, n° 480. 

Racine vivace? Chaumes de 2-3 décim venant par touf- 
fes, un peu rameux, flottants. Feuilles longues de 25-35 c, 
larges de 4-8 millim., linéaires, planes, rudes sur les faces, 
denticulées aux bords, dépassant longuement les chaumes, 
marquées à la base d'un anneau noir qui les sépare de la 
gaine, munies de 7-8 nervures saillantes, nervure médiane 
un peu carénée, noueuse à la base sur le sec. Gaines lâ- 
ches, ventrues, glabres, à parenchyme largement lacuneux. 
Ligule très-grande ( 1-2 cent. ), très-longuement acuminée, 
exseite, laciniée, décurrente. — Pamcule mâle pyramidale, 
très-fournie ; rameaux semi-vertieillés, plusieurs fois divisés, 
lisses. Pêdicelles courts, non renflés au somm t, un peu sca- 
bres. — Épillets ovoïdes. Glumelles peu inégales, concaves, 
tronquées, hyalines, l'une et l'autre 5-nerviée. — Panicules 
femelles ovales- oblon gués, denres ; rameaux ver Hcillés, très- 
non breux, courts, plusieurs fois divisés étalés, très rappro- 
chés, très-rudes, garnis d'épillets nombreux, ce qui rend la 
panicule spiciforme. Pêdicelles égaux, très-scabres , étalés- 
re fléchis à la maturité. - • Épillets linéaires, de la longueur des 



— 233 — 

épillets mâles ou plus longs, d'un vert jaunâtre. Glumelles 
aigués, formées d'un parenchyme très-délicat , se déchirant 
facilement, et de 4-7 nervures très-fortes, denticulées-scabres . 
Caryopse globuleux, un peu comprimé latéralement, lisse, 
mais finement pointillé longitudmalement quand on l'ob- 
serve sous un fort grossissement, entouré à la base par les 
nervures persistantes et étalées des glumelles qui lui forment 
une sorte d'involucre. 

Hab. Paraguay : sans désignation de localité iWeddell, 
1845); bords marécageux du Rio-Paraguay à l'Assomption. 
— Mars-Mai. 

Genre PHARUS Lin. Spec.pl. II, p. 1408. 

Fleurs disposées en panicule. Épillets géminés unisexués, 
monoïques. Épillets mâles petits, pédicellés. Glumes 2, 
membraneuses, inégales, Glumelles 2, plus longues que les 
glumes, un peu aiguës, mutiques. Squamules... f2, glabres, 
entières, Steud ; nulles, Nées, Trin.). Étamines 6. Épillets fe- 
melles deux à trois fois au moins plus grands que les mâles, 
sessiles oupresquesessiles. Glumes 2, à peine inégales, mem- 
braneuses, mutiques, plus courtes que les glumelles. Glu- 
melles 2, mutiques, l'inférieure coriace, involutée, embras- 
sant la supérieure qui est membraneuse, linéaire. Squamules 
nulles. Ovaire linéaire, sessile. Style allongé, terminé par 
3 stigmates velus. Caryopse linéaire, aigu, profondément 
sillonné sur la face interne, enveloppé par les glumelles. 

Pharus latifolius Lin. Spec. pi. H, p. 1408. 

Lam. Dict. V. p. 236; Trin. Oryz. p. 24; Pharus scaber 
Kunth in H. et B. Nov. gen. et Sp. I, p. 196?; Nées ab 
Esenb. Agrost. bras. p. SOI ; Poir. Dict. suppl IV, p.: 383. 

Icon. BrownJam. t. XXXVIII, f.3; Sloan. Jam. t. LXXIII, 
f. 2; Lam. III. gen. t. DCCLXIX, f. 2; Pal. de Beauv. Agrost. 
t. XXII, f.8; Tab.nostr. VI. 

46 



— 234 — 
Exsicc. B. Balansa, PL du Paraguay, 1874-1877, n° 2€0. 

Souche vivace, horizontale, brune, émettant des fibres 
radicales grosses et allongées. Chaumes cylindriques, de 
6-7 décim., garnis inférieurement d'écaillés membraneuses 
brunes, à nœuds très-rapprochés à la base.— Feuilles pétio- 
lées, oblongues-elliptiques, plus ou moins brusquement 
acuminées au sommet, longues de 13-18 cent., larges de 
4-5 cent., planes, un peu rudes sur les bords et sur la face 
supérieure. Nervure médiane, épaisse, saillante en dessous, 
blanche en dessus, les autres assez fines, parallèles, rappro- 
chées et réunies par des faisceaux fibro-vasculaires transver- 
saux. Gaines striées, comprimées, carénées, glabres, mem- 
braneuses sur les bords, ligule très-courte, tronquée. — 
Panicule pyramidal, rameaux solitaires ou géminés, étalés, 
dressés pendant l'anthèse, puis très-étalés, plusieurs fois 
divisés, garnis de poils courts et serrés qui deviennent cro- 
chus à la maturité. — Épillets mâles petits, bruns pédicellés, 
à pédicellés capillaires pubescents,. de la longueur des fleurs 
femelles à la base desquelles ils sont insérés. Gl urnes mem- 
braneuses, inégales, l'inférieure ovale-lancéolée, concave, 
aiguë, la supérieure deux fois plus longue, ovale, embras- 
sante, très-finement pubescente dans la moitié supérieure. 
Glumelles à peine plus longues que la glume supérieure, 
membraneuses, très-finement pubescentes, la supérieure de 
moitié plus étroite. Étamines 6. — Épillets femelles sessiles.. 
Glumes membraneuses, brunes, lancéolées, nervées, la su- 
périeure un peu plus courte, atteignant ou dépassant la 
moitié des glumelles. Glumelle inférieure grande, involutée, 
coriace, couverte dans les parties non protégées par les glu- 
mes de poils courts, glochidiés, nue au sommet qui est coni- 
que, scabre dans le reste de sa surface, à 7 nervures peu 
marquées. Glumelle supérieure linéaire, membraneuse, en- 
roulée pendant l'anthèse , puis étalée et appliquée contre 
le caryopse. Ovaire sublinéaire, surmonté d'un long style 



Société d'Histoire naturelle ie Toulouse 1378 



PL I 




LEERSIA 



Jmp. P. Rivière s, C je ^Toulouse 



3 •}r i - y " •' > 



■-y 



Société d'Histoire naturelle de Toulouse 1878. 



PL II 




ORYZA 



Jmp. P. Rivière & Q xt -lo 



— 235 — 

terminé par trois stigmates plumeux qui sortent au sommet 
de la fleur. Caryopse enveloppé par les giumelles, linéaire, 
glabre, lisse, d'un brun noirâtre, largement et profondément 
canaliculé sur la face interne. 

Hab. Paraguay: L'Assomption, dans les forêts.— Novem- 
bre. — Avril. 

Observation 1. — Les rameaux.de la panicule se désarti- 
culent très-facilement, à la maturité, et s'accrochent avec 
force aux vêtements parles poils crochus dont ils sont cou- 
verts ainsi que les épiltets femelles. 

Observation 2. — Les feuilles de cette plante offrent une 
particularité remarquable. Par un retournement du pétiole, 
la face supérieure regarde le sol, les stomates sont disposés 
en séries-linéaires, le long des nervures principales de cette 
face. 



EXPLICATION DES PLANCHES. 
Planche I. 

Fig. I. — Leersia debilis Bal. et Poitr.-, a, plante entière réduite au 
cinquième de la grandeur naturelle; 6, rameau inférieur de la pa- 
nicule (1)*; c, épillet (4); d, ligule (1 ) ; e, nœud (1). 

Fig. II. — Leersia mstichophyu.a Bal. et Poitr.; a, réduite au sixième, 
le reste comme pour la précédente. 

Fig. III. — Leersia mexicana Kunth ; a, réduite au cinquième, le 
reste comme pour le L. debilis. 

Planche IL 

Fig. I. — Oryza subulata Nées d'Esenb.; a, panicule (1/5) ; 6, épillet 
(1); c, épillet (2); d, glnme inférieure (4); e, glume supérieure 
(4); /", arête de la glumelle supérieure (4); g, coupe longitudinale 
du sommet de la glumelle inférieure (5); g\ coupe longitudinale 
du sommet de la glumelle supérieure; h, coupe transversale, vers 
la base, de l'arête de la glumelle supérieure (6) -, /, ligule (1). 

(*) Les chiffres entre parenthèses indiquent le grossissement. 



— 236 — 

Fig. II. — Or\za latifolia Desv.; comme pour le précédent, c, épillet 

(4); m, feuille (1/5). 
Fig. III. — Obtza perennis Moench ?; comme pour YO. latifolia-, 

p, pédicelle (6). 

Planche III. 

Zizania bonariensis Bal. et Poilr.; a, fragment d'un rameau de la pa- 
nicule (1); 6, épillet mâle avant l'anthèse (4); 6', idem pendant 
l'anthèse (1); c, glumelle inférieure (2); d, glumelle supérieure 
(2); e, squamules (io) ; /", épillet femelle (1); #, glumelle infé- 
rieure (3/2) ; /i, glumelle supérieure (3/2); i, idem vue île côté et 
squamules (2); y, squamules (5) ; h, caryopse (2); l, fragment du 
péricarpe (15) ; m, graine (2); o, ligule (1). 

Plancbe IV. 

Fig. I. — Luziola peruyiana Juss.; a, panicule mâle (1); 6, panicule 
femelle (1); c, épillet femelle pendant l'anthèse (6); d, glumelle 
inférieure (6;-, e, glumelle supérieure (6) -, f, épillet femelle à la 
maturité du caryopse (6); g, épillet mâle (6) ; h, glumelle infé- 
rieure (6) ; i, glumelle supérieure (6) ; /, squamules de la fleur 
mâle (60); m, squamules de la fleur femelle (60); n, caryopse (6). 

Fig. II. — Luziola striata Bal. et Poilr. ; comme pour la précé- 
dente. 

Planche V. 

Luziola spiciformis Andersson.; a, plante entière (i/ 3 ); c, épillet fe- 
melle pendant l'anthèse (6) -, /*, épillet femelle à la maturité du 
carvopse (6); g. épillet mâle (6); h, glumelle intérieure (6); 
i, glumelle supérieure (6). 

Planche VI. 

Pharus latifolius Lin.-, a, un rameau delà panicule (1); 6, épillets 
(mâle et femelle) (2) ; c, glume inférieure de l'épillet mâle (3); 
d, glume supérieure (3) ; e, glumelle inférieure étalée (3) ; f glu- 
melle supérieure (3) ; g, glume inférieure de l'épillet femelle (3) ; 
h, glume supérieure (3) ; i, glumelle inférieure vue de dos (2) ; 
y t coupe transversale des glumelles (2) ; /, glumelle supérieure 
étalée (2) ; m, ovaire et style (2) ; n, feuille prise sur le milieu 
de la tige (2/3). 



Société d'Histoire naturelle de Toulouse, 



PL III 




ZIZANIA 



Imj). P. Rivières. C ie _ Toulouse 



£5 v-: 






Société d'Histoire naturelle de Toulouse. 1878. 



PI. W 




LUZIOLA 



Imp. P. Rivière & C" -Toulouse. 



4L *ï 



Société d'Histoire naturelle de Toulouse 




LUZIOLA 



Imp. ?. Rivière & C ie _Toulouse 






PL VI. 




PHARUS 






- 237 - 

Séance du 27 novembre 1878. 
Présidence de M. Gaslon de Malàfosse. 

La correspondance comprend une lettre de la Société 
d'étude des sciences naturelles de [Marseille demandant le 
titre de société correspondante. 

La Société d'histoire naturelle accueille avec satisfaction 
cette requête. 

M. Alfred de Saint-Simon fait le compte-rendu suivant des 
travaux malacologiques contenus dans le fascicule de juin à 
septembre 1878 du Bulletin de V Académie des Sciences natu- 
relles de Philadelphie. 

Le bulletin ci-dessus mentionné contient deux travaux 
qui traitent de la Malacologie. 

Le premier, page 127, consiste en une simple note de 
de M. Mazyck. Il signale la découverte, en juillet 1875, de 
V Hélix terrestris à Charleston. A cette époque, M. Mazyck 
n'avait pas pu trouver cette espèce vivante. 11 a été plus 
heureux au mois de septembre et a trouvé deux individus 
vivants. 

Cette note est accompagnée d'un dessin très-exact de 
M. Binney. Cet auteur nous fait ainsi connaître les dents du 
ruban lingual de cette Hélice venue du littoral de la Médi- 
terranée. 

Cette naturalisation n'est pas la seule, car les Hélix aspersa 
et Hopetonensis , le Zonites minusculus, le Pupa marginata 
et le Bulimus decollatus sont cités comme vivant dans la 
même localité. Le Bulimus decollatus y est devenu très- 
commun. 

Cette dernière espèce et V Hélix terrestris vivent en abon- 
dance aux environs de Toulouse. 

La note de M. Macyck est trës-importante, car elle nous 
fournit des exemples de naturalisation dus aux cargaisons 
des bâtiments. 



- 238 - 

Un fait analogue s'e t passé dernièrement aux environs 
de Toulouse. Les Uelix apicina et acuta, qui n'existaient 
pas il y a quelques années au Port-Garaud, y ont été portés 
par les barques du canal du Midi et sont devenus communs. 

Le second travail consiste en un Mémoire important de 
M. W.-G. Binney, connu par ses belles et nombreuses obser- 
vations sur l'anatomie des mollusques terrestres et flu- 
viatiles. 

11 est intitulé : Sîir la dentition linguale , mâchoire et 
organes reproducteurs des Carella, Onchidella et autres pul- 
monés. 

11 occupe dix pages (183 à 192) et traite de 28 espèces. Le 
texte est accompagné d'une planche renfermant 34 figures. 

Comme on peut le voir d'après le titre, le plus grand 
nombre des espèces étudiées sont des Limaciens et des 
Hélicidés. La première ligure nous fait connaître les dents 
linguales du Succinea ovalis ; elles ressemblent à celles des 
Succinées françaises. La figure G se rapporte au Zonites 
inornatuset représente le système dentaire de ce mollusque, 
dont la coquille est très voisine de celle des Zonites glaber et 
lucidus. L'armature linguale, caractérisée par des dents laté- 
rales allongées et par des crochets simples marginaux, pré- 
sente à peu près les mêmes caractères dans l'espèce des 
Etats-Unis que dans les deux formes françaises. 

Les descriptions et les figures qui se rapportent à plu- 
sieurs des Hélices étudiées dans ce travail, prouvent que les 
caractères tirés de la mâchoire et du ruban lingual concor- 
dent avec la forme générale de la coquille pour des espèces 
recueillies aux Etats-Unis et en Europe. Ainsi, les Hélix de 
la section Arianta, dont VHel. arbustorum, qui habite le 
nord-est de la France, et les Hel. Mormonum, Califomiensis, 
Dupetilhouarsi, espèces californiennes font partie, présentent 
la même disposition et la même forme, sous le rapport de 
la mâchoire et du ruban lingual. Les cotes de la mâchoire 
sont fortes et écartées. Elles sont au nombre de quatre dans 



- 239 - 

VA. Dupetïthouarsi, de trois à cinq dans VArbuslorum, et 
de sept dans le Mormonum. La mâchoire et le ruban lingual 
des Polygyra avara et Postelliana se rapprochent des mê- 
mes pièces de la bouche de V Hélix obvolula. Les côtes de la 
mâchoire sont au nombre de douze, et les dents marginales 
du Polygyra avara présentent un support d'où sortent deux 
cuspides en ciseaux et deux autres plus petites. Les autres 
dents sont assez allongées ; ce que l'on remarque chez les 
Hélices du groupe de VObvoluta et particulièrement chez 
VHel. nautiliformis , cette espèce si curieuse du nord de 
l'Italie. 

J'ai signalé dans mon Mémoire sur la Rumina decollata 
les rapports nombreux qui existent entre la mâchoire et le 
ruban de ce mollusque et les mêmes pièces buccales des 
Cylindrelles, et je ne suis pas étonné que plusieurs auteurs 
réunissent le Rumina decollata aux Sténogyres. 

Le Mémoire de M. Binney nous fait connaître la mâchoire 
et le ruban lingual d'une Hélice de la Palestine. Cette espèce 
ressemble beaucoup à notre Hel. ierrestris, seulement la par- 
tie supérieure est granuleuse, comme de plusieurs Hélices du 
nord de l'Afrique. Les pièces de la bouche se ressemblent 
beaucoup dans ces deux espèces qui se trouveut dans les 
régions méditerranéennes. On peut s'en assurer en compa- 
rant avec un peu d'attention les descriptions qui s'y rap- 
portent et qui font partie du fascicule cité dans cette note. 

Les figures présentent une grande netteté , seulement 
les organes n'ont pas été représentés sous un grossis- 
sement assez fort. 11 eut été à désirer qu'ils eussent été 
répartis dans deux planches au lieu d'une seule. 

Il faut avoir étudié au microscope composé le ruban lin- 
gual de la plupart des mollusques terrestres, ceux des Etats- 
Unis et de l'Europe surtout, pour savoir combien est pénible 
l'étude des dents qui recouvrent cette plaque. Aussi doit-on 
rendre hommage au dévouement des atiatomistes qui se 



— 240 — 

livrent à ce genre d'étude. Mon savant ami M. Binney, est 
un de ceux qui ont publié le plus de travaux de ce genre. 
On compte par centaines les espèces dont il a décrit et figuré 
le ruban lingual, et l'on ne conçoit pas qu'il ait pu remplir 
une tâche aussi ardue. Ses observations sont d'une exactitude 
que j'ai pu constater sur les pièces buccales qu'il m'a été 
donné de voir après lui. 



M. Gaston de Malafosse fait le compte-rendu suivant des 
Actes de la Société Toscane des Sciences naturelles, vol. III, 
fascicule 2 e . — Pise, 1878. 

Ce fascicule contient de nombreux mémoires relatifs à la 
géologie et à la paléontologie et deux travaux traitant, l'un 
de questions embryologiques, et l'autre d'archéologie préhis- 
torique : 

4° Forsyth Major : Considérations sur la faune des mammi- 
fères pliocènes et post-pliocènes de la Toscane. 

Ce travail, qui termine un mémoire général, est consacré à 
l'étude des fossiles du genre Canis, dont l'histoire est encore 
à faire, nous dit l'auteur. 

M. Forsyth se contente de décrire deux espèces nouvelles : 
les Canis etruscus et Falconeri. Le premier offre de grandes 
analogies avec le Canis neschersensis (Croizet) trouvé clans 
le diluvium du Puy-de-Dôme. 

2" Brigioli et Tafam : Notes sur le développement du 
sang et des vaisseaux. 

Les observations des auteurs ont été faites sur des em- 
bryons de cyprin doré. Parmi les conclusions posées, nous 
citerons les suivantes : Le rudiment du cœur est le premier 
qui apparaisse et commence à se contracter sans qu'il y ait 
encore de circulation. Celle-ci ne se manifeste que lorsque 
la grande anse vasculaire s'est formée sur une certaine 
étendue au-dessous de la colonne dorsale. Les vaisseaux 
secondaires se constituent par la croissance simultanée de 



SOCIÉTÉ L'HISTOIRE NATURELLE 1878 




Coupe d'après le D r GARRIGOU (Monograpîue cLeBde Luchan' 




Coupe et Plan dressés par If F RÊGNAULT 










3*^ ^ M 



•••^ 



K.Calcaire de la Monlaqne, P. Porte delà, grotte, T. Talus de terre noire avec 
silex et ossements de l'âge du Renne, C. Couloir fouillé, S'.Couck de stalagmite 
A. Couche déterre argileuse à ossements, B. Sables et cailloux roulés. 

GROTTE DE GARGAS C n . e D AVENTIGNAN 

(Hautes-Pyrénées). 



— 241 — 

culs-de-sac allant à la rencontre les uns des autres et se 
rejoignant pour former un canal. C'est seulement après la 
constitution de ces vaisseaux qu'apparaissent les globules 
ï>lancs du sang qui ont pris naissance au dehors et pénètrent 
dans les canaux circulaires en traversant la membrane endo- 
téliale. Quant aux globules rouges, ils sont le résultat d'une 
formation endogène des cellules constituant les vaisseaux, 
cellules que les auteurs nomment « Emo-vaso-formatrice. » 
L'auteur, membre titulaire , donne lecture du travail sui- 
vant : 

La Grotte de Gargas. 

Par M Félix REGNAULT, membre titulaire. 

(Note accompagnée d'une planche). 

En partant de Montréjeau pour remonter la vallée de la 
Neste, on suit une route qui descend de la terrasse de Mont- 
réjeau insensiblement, traversant de belles et fertiles prai- 
ries. Bientôt on sort du département de la Haute-Garonne 
pour enlrer (2 kil.) clans celui des Hautes-Pyrénées. En re- 
montant toujours la vallée, on arrive, en tournant à gauche 
et traversant la Neste, jusqu'au village d'Aventignan (5 kil.). 
La grotte est à 3 kilomètres au S.-E. du village, au-delà 
d'une importante carrière exploitée. Cette grotte est une des 
plus vastes et des plus belles des Pyrénées. L'accès en est 
facile, un chemin conduit à l'entrée qui est fermée par une 
porte. Cette entrée a été pratiquée par quelques coups de 
mine il y a une trentaine d'années (orientation E.-O.). L'an- 
cienne ouverture naturelle se trouve un peu plus haut au- 
dessus de la porte, à 50 ou 60 mètres environ. Un couloir 
communique à une vaste salle qui vient aboutir à l'extrémité 
de la grotte explorée aujourd'hui et forme ainsi deux grottes 
superposées et communiquant entre elles. Les éboulements 
et les infiltrations de carbonate de chaux ont peut-être bouché 
le couloirde communication; autrefois il était très-facile d'y 
pénétrer : aujourd'hui cette exploration est très-difficile. 



— 212 — 

Nous avons eu entre les mains une fort belle gravure, que 
M. Vàussenat, de Bagnères-de-Bigorre, avait bien voulu nous 
cou lier. Elle représente un bandit assaillant une jeune 
femme, et porte au-dessous les lignes suivantes empruntées 
au Mercure de France, n° 10, 1783. 

« L'anthropophage de gargas. — Un maçon, Biaise Fer- 
» rage surnommé Ségé, du comté de Comminges, homme 
» très-brun, petit de taille, mais d'une force extraordinaire, 
» s'était choisi à la manière des ours une retraite dans l'antre 
» d'un rocher placé sur le haut d'une montagne; il enlevait 
» les filles et les femmes, poursuivait à coup de fusil celles 
» qui fuyaient, en abusait quoique mourantes et baignées 
» dans leur sang ; il leur coupait ordinairement les seins et 
» les cuisses et leur arrachait les intestins et le foie qu'il 
» mangeait. Il marchait toujours armé d'une ceinture de 
» pistolets, d'un fusil à deux coups et d'une dague. On fait 
» monter à plus de quatre-vingt les filles et les femmes victi- 
» mes de sa brutalité. Enfin, par arrêt du Parlement de Tou- 
» louse, ce monstre fut exécuté le 13 décembre 1782. » 

Nous avous prié le consciencieux archiviste du Parlement, 
M. Lapierre, de vouloir bien rechercher les documents qu'il 
pouvait posséder à ce sujet. Il a fort bien retrouvé l'arrêt 
du Parlement de Toulouse, à la date indiquée; mais il 
résulte des pièces du procès qu'il ne s'agit nullement de 
Gargas et que Biaise Ferrage accomplissait ses crimes dans 
le pays de Gescau près de Castillon (Ariège). 

Grâce au concours dévoué de M. À. Raoul, notaire à 
Avenlignan, j'obtins du conseil municipal une permission de 
fouiller la grotte de Gargas. Dès ce moment j'ai commencé 
une série de fouilles à différentes époques de l'année, qui me 
permettent aujourd'hui de présenter à la Société d'Histoire 
naturelle une étude générale sur cette grotte. 

Nous fîmes avec M. Raoul et deux ouvriers une première 
fouille à l'ancienne ouverture de la grotte. Nous avons re- 
cueilli un certain nombre d'ossements humains, desmâchoi- 



- 243 — 

res inférieures brisées, des fragments de crânes, vertèbres , 
tibias, fémurs, etc., qui se trouvaient enfouis à 15 ou 25 cen- 
timètres de profondeur dans la terre. Quelques débris de 
charbons, d'os calcinés et de cendres font présumer qu'il y 
avait là un foyer. Nous étudierons bientôt d'une manière 
plus complète le couloir de cette ouverture qui doit ren- 
fermer dans les couches inférieures du sol, des débris d'une 
faune très-ancienne. 

C'est dans une colline de calcaire crétacé inférieur formant 
la montagne de Tibiran, que s'ouvre la grotte à 100 mètres 
environ au-dessus du niveau delà vallée. L'étude géologique 
delà région a été faite par notre savant confrère le D r Gar- 
rigou, qui s'exprime ainsi dans sa monographie de Luchon, 
p. 204 : 

« Les glaciers s'avancèrent de nouveau vers la plaine, 
ainsi que l'indique la moraine de Saint-Laurent et de Saint- 
Paul, après le creusement des dépôts glaciaires de Lanne- 
mezan. Ces nouveaux glaciers, non pliocènes mais quater- 
naires, moins étendus que les autres, entraînèrent une 
moraine frontale non moins élevée que la précédente, n'attei- 
gnant qu'un niveau de 500 mètres environ au-dessus de la 
mer à Saint-Paul et Saint-Laurent. Ce fut à ce moment que 
la grotte de Gargas, ouverte, fut habitée par l'homme et par 
les animaux contemporains de l'Ursus spelœus. » 

Quand on pénètre dans la grotte de Gargas par l'entrée 
actuelle P (voir la coupe), on descend un talus T, composé 
d'une terre noire mélangée de quelques silex taillés et d'osse- 
ments de l'âge du Renne. Ce talus s'abaisse insensiblement 
jusqu'à la grande salle dont le plancher stalagmitique 
horizontal s'étend au loin dans toute la grotte. 

Au fond de cette première salle à gauche, à 50 mètres de 
l'entrée, s'ouvre un retrait formant une chambre d'une lon- 
gueur de 9 m ,05 sur 3 m ,75, 3 m ,10 et 2 m de large ; cette chambre 
finit en cul-de-sac. Ces sortes de retraites dans les grottes 
sont généralement très-riches en ossements. Les courants 



- 244 - 

d'eau pénétrant avec impétuosité par l'entrée de la grotte, 
en traînent les ossements entiers ou cassés abandonnés par 
l'homme ; ces débris sont transportés dans les profondeurs 
de la caverne et souvent se trouvent arrêtés le long des 
parois et dans ces chambres ou retraites, où ils demeurent 
ensevelis dans un limon argileux. Des cailloux roulés 
sont constamment associés aux ossements, qui sont ras- 
semblés toujours dans un grand désordre , ce qui rend 
cette hypothèse vraisemblable. J'ai fouillé à différentes 
reprises la chambre G, qui est maintenant vidée. Le plan- 
cher stalagmitique avait 40, 50 et 60 centimètres d'épaisseur ; 
au-dessous, la couche de terre argileuse A, mêlée de quel- 
ques cailloux roulés, avait une épaisseur de 1 m ,20 à 4 m ,80; 
cette couche de terre repose sur une couche B de sables et 
cailloux rouies où il n'y a pas d'ossements. Plusieurs son- 
dages opérés dans la grotte m'ont permis de reconnaître 
que le sol est partout le même. Dans la chambre G, la 
couche de terre argileuse renfermait une quantité considé- 
rable d'ossements que j'ai tous enlevés avec le plus grand 
soin. La faune entière contemporaine de l'Ursus spelœus 
était représentée ainsi : 

4° Le grand ours des cavernes (très-abondant). 

8° Le petit ours (ur sus pris eus ou arctos). 

3> L'hyène. 

4° Le grand chat (felis spelœa). 

5° Le rhinocéros. 

•6° Un bos très-grand. 

7° Le cheval. 

8'» Le grand cerf. 

9° Des fragment de fémurs, tibias, métatarsiens et vertè- 
bres de petits ruminants. 

Au milieu de ce vaste ossuaire j'ai recueilli un quartzite 
taillé de main d'homme, dont le moulage est au Muséum 
Saint-Germain ainsi qu'au Musée de Toulouse. Ce quartzite 
a été examiné par MM. l'abbé Bourgeois, de Mortillet, Garri- 



— 245 - 

gou, Cartailliac, Chantre, etc. Les angles de cette hache 
grossière sont légèrement arrondis ; on reconnaît que cet 
instrument a été roulé par les eaux, comme plusieurs osse- 
ments du même gisement. 

Je diviserai les ossements que j'ai recueillis en trois caté- 
gories bien distinctes : 

\° Les ossements entiers, tels que crânes complets du 
grand ours, bassins, fémurs, humérus, cubitus, radius, côtes, 
vertèbres, mâchoires inférieures, en un mot, plusieurs séries 
d'ossements pouvant reconstituer le squelette au complet (1). 

2° Les ossements cassés de main d'homme ; ils sont cassés 
longitudinalement, quelques-uns (rares) portent la marque 
évidente d'entailles et de coups. La plupart de ces ossements 
ont été légèrement roulés par les eaux ; il est évident qu'ils 
ont dû être transportés de l'entrée de la grotte par les cou- 
rants, comme le prouvent les cailloux roulés auxquels ils se 
trouvent mêlés. 

3° Les ossements cassés et entiers portant la trace de mor- 
sures faites sans doute par les hyènes. Un fragment de bas- 
sin de rhinocéros porte des traces de rongures, ainsi que 
les extrémités d'un fémur entier du même animal. L'os n'a 
été que légèrement entamé, mais les carnassiers ont laissé la 
marque profonde de leurs dents. Enfin, un grand nombre de 
mâchoires inférieures d'ours sont également rongées. 

Tous ces ossements ont été transportés au fond de la 
grotte par les courants d'eau ; ils gisaient sans aucun doute 
à l'entrée, et c'est là qu'après avoir été abandonnés par 
l'homme, ils ont été rongés encore frais par les hyènes, puis 
entraînés par les eaux dans les galeries de la grotte où ils 
sont restés empâtés dans le limon argileux. Admettre, 



(i) J'ai reconstitué le squelette complet du grand ours des cavernes 
(ursus spœlem) avec des ossements recueillis dans 4 mètres carrés. Ce 
squelette était exposé dans la galerie de la Société d'Anthropologie au 
Trocadéro. (Exposition universelle 187 8.) 



— 246 — 

comme on l'a prétendu, que la quantité d'ossements cassés 
que l'on rencontre dans les cavernes de l'âge de l'ours, est 
le résultat de l'action exercée sur les os par certains carnas- 
siers, est une théorie contre laquelle je ne saurais trop pro- 
tester pour ma part. La dent des rongeurs laisse toujours 
sur l'os une empreinte spéciale, régulière, se répétant par 
série de chaque côté de l'os attaqué par la mâchoire infé- 
rieure. Si l'on fait ronger dans une ménagerie de gros os 
entiers par de forts carnassiers, on voit que ces animaux 
n'écrasent jamais l'os dans sa partie médiane à cause de la 
résistance qu'il offre sur ce point, mais bien les extrémités 
des fémurs, humérus ou tibias qui portent la trace apparente 
de leurs dents. 

Cette hypothèse est d'ailleurs admise par plusieurs anthro- 
pologistes. Ainsi au Muséum de Copenhague, à Bruxelles, 
on peut voir dans les vitrines du Musée cette étiquette: 
« Ossements cassés par l'homme, » et ils sont identiques 
à ceux trouvés à Gargas. 

L'examen minutieux des ossements de la grotte de Gargas 
prouve qu'il faut bien distinguer les ossements cassés des 
ossements rongés. 

Quand on étudie les ossements entiers de Yursus spœlens, 
qui étaient très-abondants dans la salle que j'ai explorée, 
on serait porté à croire, tant leur conservation est parfaite, 
que ces animaux ont été surpris ou transportés par les eaux, 
et enterrés dans le limon argileux de la grotte. 

La grotte de Gargas mérite d'être classée parmi les plus 
importantes de la chaîne des Pyrénées. Elle renferme deux 
âges : Vâge du renne dans les dépôts supérieurs ; Vâge du 
grand ours avec la faune contemporaine dans les couches 
inférieures sous-stalagmi tiques. 

J'ai offert au Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse, un 
crâne et des ossements entiers pour représenter la grotte 
de Gargas dans sa galerie des cavernes. 



— 247 — 

M. E. Cartailhac tient à déclarer une fois de plus qu'il se 
refuse absolument à voir la trace de l'homme dans les re- 
paires de grands ours tels que ceux de l'Herm et de Gargas. 
11 a examiné les ossements recueillis par M. Regnault : ils 
ne portent pas la marque du travail humain ; les chocs et les 
fractures naturelles, les morsures des grands carnassiers , le 
roulis, suffisent pour expliquer leur état. C'est M. Cartailhac 
lui-môme qui a fait faire le moulage du quartzite cité par 
M. Regnault, afin de prouver à M. G. de Morlillet que la 
taille de ce caillou est très-douteuse et qu'il n'a pas, dans 
tous les cas, la forme du type classique de Saint-Acheul , 
comme on l'avait dit. 

S'il y a dans certains musées étrangers des ossements 
pareils à ceux de Gargas, avec l'étiquette « ossements cassés 
par l'homme, » cela prouve que l'on a trop vite accepté une 
idée parfaitement excusable à l'origine des recherches et 
des études, mais qui ne peut plus être admise aujourd'hui. 
M. Cartailhac assure que M. G. de Mortillet partage tout-à- 
fait sa manière de voir. 

Enfin, M. Cartaillac dit qu'il y aurait lieu d'étudier avec 
soin l'endroit où ont été recueillis des ossements humains ; 
il est possible qu'il y ait là une sépulture de l'âge de la 
pierre polie. 



Séance du 3 8 décembre. 

Présidence de M. G. de Malafosse, Vice-Président. 

Le président annonce deux présentations. La Société a 
reçu entre autres ouvrages les Proceedings of the Boston So- 
ciety of natural history, vol. XIX , mai à mars. — Report of 
the United States geological survey of the Territories, par 
Hayden, volume VIL Tertiary flora.. par Lesquereux. 

La Société procède aux élections annuelles, et voici leur 
résultat : 



— 248 - 

Président : M. Emile Cartailhac ; 

Vice-Présidents : MM. Marquet et Fagot; 

Secrétaire-général : M. Ch. Favre ; 
— adjoint: M. G. Mestre; 

Trésorier : M. A. Lacroix : 

Archiviste : M. le colonel Belleville ; 

Membres du Conseil d'administration : MM. A r thés et de 
la Vieuville ; 

Membres du Comité de publication : MM. Bidaud, G. de 
Malafoss*» Mestre. de Saint-Simon. 



M A. de Saint-Simon rend compte des mémoires contenus 
dans le premier volume du Bulletin de 4878 de la Société 
zoologique de Londres. 11 se compose principalement de tra- 
vaux ornithologiques importants sur les faunes de l'Améri- 
que et des Philippines, et entre autres les descriptions des 
oiseaux rapportés de Costa Rica par M. Boucard, collection 
que la plupart des membres de la Société a pu voir à l'Ex- 
position du Champ -de -Mars. J'appelle l'attention de la 
Société sur une monographie des Larinx , publiée par 
M. Saunders. 

Deux mémoires traitent de la conchyliologie pure ; l'un, 
de M. Angas, a pour but de décrire sept espèces de mollus- 
ques terrestres recueillis à Costa Rica par M. Boucard. Deux 
Hélices (les H. Boucardi et Adela) dont la forme est voisine 
de celle de plusieurs Hélices de Madagascar, les H. Sépul- 
chralis, fulgurata et Madagascariensis entre autres. La troi- 
sième Hélice l'H. OEsopus) appartient à ce groupe dont la 
forme est si remarquable et dont l'H. Labyrinthus est le 
type. Il ressemble beaucoup à l'H. Auriculina dont je pos- 
sède un individu, mais il est plus grand, plus globuleux et 
plus largement ombiliqué. Toutes les espèces de la section 
du Labyrinthus sont particulières à la région comprise entre 
les parties les plus méridionales du Mexique au Nord, et la 
Colombie ainsi que la Guyane au Sud. 



— 249 - 

Les trois Bulimes décrites par M. Angas appartiennent à 
la section dite Scutaleus (voir Albers die Helicea, p. 160). 
Les Bul. rosaceus et versicolor peuvent servir de types pour 
se rendre compte de la forme de ces Mollusques particuliers 
à l'Amérique du Sud et caractérisés par des tours larges, un 
péristome réfléchi, et aussi large vers le bord columellaire 
que vers le bord libre. 

Enfin, le Cyclotus est très-voisin des Operculés de la 
même section et qui vivent, soit dans les Antilles, soit dans 
le Mexique. 

Je me bornerai à dire qu'un grand nombre de ces espèces 
étant très-chères, par suite des monopoles mercantiles, il 
n'est pas possible de savoir encore si certaines d'entre elles 
ne sont pas reliées par des intermédiaires et ne doivent pas 
être soumises à une révision rigoureuse. 

Le second travail consiste dans une simple note qui se 
rapporte (p. 105 et 106) à une Hélice du Japon. Cette espèce, 
à laquelle l'auteur donne le nom d'H. camœna, est caracté- 
risée par une sphère globuleuse; à péristome étroit; elle est 
d'un vert pâle et ornée de deux bandes foncées. Il paraît 
qu'elle est voisine de l'H. peliomphala, espèce que je ne 
possède pas et qui m'est inconnue. 



L'auteur donne lecture de la note suivante : 
Additions à la Flore des environs de Toulouse, 
Par M. DESJARDINS, membre titulaire 

L'année dernière, à peu près à la même époque, nous 
faisions connaître les plantes nouvelles trouvées aux envi- 
rons de Toulouse, ainsi que de nouvelles localités pour celles 
qui y sont rares. 

Aujourd'hui, c'est la suite de ces observations que nous 
allons donner. 

Mais, avant d'aborder ce sujet, nous devons constater que, 

17 



— 250 — 

parmi celles que nous citions alors comme nouvelles, quel- 
ques-unes ne se sont pas maintenues. Nous citerons : 

Glauzium corniculatum Curt. 

Arabis brassicœformis Wahlr. 

Bifora radians Bieb. 

Coriandrum sativumL. 

Cette plante, que nous indiquions sur le premier coteau 
de Pech-David, chaque fois que le blé où elle a été trouvée 
fait place à une aulre culture, disparaît, mais revient lors- 
que cette céréale est remise en ce même endroit. 

Scrophularia peregrina L. 

Sur la place où était le seul pied trouvé on a bâti une 
maison. 

Auzonium auricomum Link. 

A disparu avec le marronnier avec lequel il vivait en 
parasite. 

On peut dire de ces plantes qu'elles n'étaient pas ici 
dans leur milieu, et que, par conséquent, on ne doit pas les 
regarder comme faisant partie de la Flore des environs. 
Gela est vrai, mais elles devraient non-seulement être signa- 
lées chaque fois qu'on les trouve, mais décrites comme 
celles qui y sont spontanées, parce qu'il peut arriver, par 
exemple, qu'un commençant qui trouverait une plante non 
décrite dans la Flore, la chercherait en vain, ou bien il 
arriverait à un nom que son inexpérience lui ferait sup- 
poser être le vrai, tandis que s'il en trouvait une description, 
il parviendrait sûrement à savoir ce qu'il a sous les yeux. 

Pendant la guerre de \870-71, des wagons chargés de sel, 
provenant de la Méditerranée et de l'Océan, ne pouvant 
entrer dans Paris, furent amenés à Toulouse et le sel déposé 
sur un terrain vague situé près le pont de la Colombette, 
entre lé canal et le chemin de fer du Midi. Ce terrain a à 
peu près 100 mètres de largeur sur 30 de profondeur. 

Ce sel est resté là pendant deux ans. On en avait fait cinq 
tas, séparés chacun par une rigole qui déversait les eaux 
dans la tranchée du chemin de fer. 



— 251 - 

En 1872, la rangée de peupliers blancs la plus voisine et 
sur toute la largeur de ce terrain mourait presque subite- 
ment/tandis que la rangée la plus rapprochée du canal et 
qui était séparée par la route restait intacte. 

La haie d'aubépine, le long du chemin de fer, ne ressentit 
rien non plus, quoique cependant elle fût plus rapprochée 
du sel que les peupliers. 

En 1873, ce sel est déjà enlevé depuis quelque temps et 
le terrain qui en est imprégné ressemble à un petit lac ou 
plutôt à plusieurs petites mares lorsqu'il pleut, et devient 
dur comme la pierre, sans cependant se fendiller, lorsque le 
soleil a pompé toute cette eau.' On ne remarqua aucune 
végétation à cette époque. 

En 1874, on voit apparaître quelques plantes dans les 
anciennes rigoles qui séparaient chaque tas de sel. A la 
place même du sel il n'y avait rien. Cette végétation était 
composée de trois plantes seulement : 

Spergularia média Pers. 
— salsuginea Fenzl. 

Atriplex hastata L. 

En 1875, on trouve en plus de ces trois plantes quelques 
pieds de Lylhrum thymifolia L., que nous avons déjà signalé 
l'an dernier ; puis , en 1 876 , cette même plante y est 
récoltée en assez grande quantité, et enfin, en 4877, nous 
la retrouvons en quantité innombrable, non-seulement dans 
les anciennes rigoles, mais sur tout le terrain qu'elle a 
envahi. 11 y a là aussi, avec cette espèce, une petite colonie 
composée de plantes qui, comme le Lythrum, appartient 
aux endroits salés des deux mers. 

Ce sont : 

Sergularia média Pers. Plante qui croît sur le bords des 
deux mers ainsi que dans les marais salants de l'intérieur. 

Spergularia salsuginea Fenzl. Plante des bords de la 
Méditerranée. 

Lythrum thymifolia L, Pian te des terrains humides des 
bords de la Méditerranée, déjà citée. 



- 252 - 

Pohjpogon marilimum Wild. Elle envahit tout le terrain, 
principalement dans les anciennes rigoles. On la trouve 
communément sur les bords de l'Océan et de la Méditer- 
ranée. 

Lepturus cylindricus Trin. Il n'en a été vu que trois pieds. 
Vient parmi les sables maritimes de la Méditerranée ; on la 
rencontre aussi à Narbonnc, à Angouléme et en Corse. 

Lepturus incurvatus Trin. Cette plante forme le fond delà 
végétation de ce terrain ; elle s'y est multipliée d'une façon 
extraordinaire. On la trouve sur les bords de l'une et l'autre 
mer. 

Lepturus filiformis Trin. Il n'en a été trouvé qu'une dizaine 
de pieds; vient dans les mêmes endroits que la précédente. 

11 est évident que ces plantes ont été amenées là avec le 
sel qu'on y a déposé, car elles sont communes sur les bords 
de 1 Océan et de la Méditerranée, et, tout naturellement, on 
est amené à croire que des graines ont dû se trouver avec 
lui, et non-seulement germer lorsque le moment a été favora- 
ble, mais, se multiplier encore, parce que les conditions habi- 
tuelles dans lesquelles vivent ces plantes se trouvent réunies 
en cet endroit.* On ne doit aussi les regarder que comme 
accidentelles et comme devant disparaître dans un temps 
plus ou moins long, alors que les éléments propres à leur 
végétation auront disparu. 

Nous devons signaler aussi les plantes suivantes qui ont 
été trouvées sur les côtés de ce même terrain, mais non sur 
le terrain même, ni mélangées avec celles citées plus haut. 
Ce sont : 

Medicago falcata L. Les deux pieds trouvés ont les folioles 
plus glauques et plus étroites que dans le type. 

Lathyrus schrus D. C. Plante annuelle que l'on trouve 
dans les moissons de la Provence et en Corse. 

Daucus hispidus Desf. Plante méridionale. 

Microlonchus Salmanticus D. C. C'est une plante de la 
région des oliviers qu'on retrouve dans les Pyrénées, à 
Bénasque. 



— 253 - 

Phalaris cœrulescens Desf. Il n'en a été trouvé qu'un seul 
pied; qui a été transplanté au jardin botanique de l'Ecole 
vétérinaire. On la trouve dans les lieux humides de la Pro- 
vence et de la Corse. 

11 faut noter aussi : 

Bromus rubens L. Plante de la région méditerranéenne, 
trouvée sur les sables de la Garonne, au-dessous de l'em- 
bouchure du canal du Midi ; elle s'est déjà montrée à Tou- 
louse plusieurs fois, mais ne s'y est jamais maintenue. 

Asplenium filix-fœmina Bernh. Au bois de Saint-Geniès, 
près Toulouse. 

Pour les plantes suivantes, rares aux environs : 

Silène muscipula L. Sables de la Garonne, au-dessous de 
l'embouchure du canal du Midi. 

Rubia linctorum L. Le long d'une haie, à Balma. 

Chrysanthemum segetum L. 

4° Le long du mur de l'Arsenal; 

2° Talus du canal du Midi, aux Minimes. 

Cette plante n'a pas de station propre aux environs ; on 
la trouve tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, et 
toujours en petit nombre. 

Agrostis verticillata Will. Cette plante, qu'on ne trouvait 
que sur les bords du canal du Midi, tend à se multiplier. 
Nous la signalions, en 4876, sur les bords de la Garonne, 
près de la Poudrerie ; nous l'avons retrouvée, en 1877, sur 
les bords de la Garonne, à l'Embouchure. 

Sphœrocarpus Michetii Bell. Très commun dans les allées 
de la pépinière de M. Béteille, faubourg Matabiau. 



— 254 - 

L'auteur, donne lecture du mémoire suivant : 
Sur les anciens glaciers des Pyrénées 

(avec une planche), 
par le D' F. GARRIGOU, membre titulaire-fondateur. 

Dans la séance du 5 juin 4865 de la Société géologique de 
France, M. le professeur D'Archiac, lisait un de mes mé- 
moires sur la géologie de l'Ariége, et dans ce travail après 
avoir décrit les glaciers quaternaires des vallées de l'Ariége 
et du Salât, je signalais entre ces deux vallées et à l'entrée 
de la plaine un immense glacier qui me paraissait devoir 
être distinct des deux premiers, et qui, vu son étendue et 
son classement en dehors des glaciers quaternaires, ne pou- 
vait être qu'antérieurs à ceux-ci et par conséquent tertiaires. 
Depuis lors, en 1866, 1867, 1868, etc., j'ai eu l'occasion de 
parler dans plusieurs de mes publications des glaciers ter- 
tiaires : en 1873, dans le résumé de ma carte géologique de 
l'Ariége et de la Haute-Garonne, je donnais la description 
beaucoup plus complète de ces glaciers, dont enfin, j'ex- 
posais une étude détaillée dans une conférence faite à Bor- 
deaux en 1877, sur la demande de la Société philomathique. 

Je viens aujourd'hui payer mon tribut à la Société d'His- 
toire naturelle de Toulouse, en lui donnant les détails les 
plus récents et les plus scientifiques que m'ont permis de 
recueillir mes dernières courses. 

Si l'on marche le long des premiers contre-forts de la 
chaîne, dans le sens des Pyrénées, sur la limite des terrains 
de la plaine et de la montagne, on voit en passant par 
exemple à Varilhes (Ariége), et en se dirigeant vers l'ouest, 
que les fonds de vallée sont comblés par d'énormes amas de 
cailloux et de blocs, soit roulés soit anguleux, disparaissant 
sous les dépôts d'argile rouge qui constituent le sommet des 
plateaux supérieurs aux vallées de l'Ariége et du Salât. En 



Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1878. 



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ES ANCIENS GLACIERS DES PYRENEES 



- 255 - 

se rapprochant de Roquefort et de Boussens, on voit encore 
ces gros blocs reparaître, moins volumineux peut être qu'à 
Varilhes, mais toujours considérables, et sortir sur plusieurs 
points au-dessous des terrains argileux rouges. Entre 
Roquefort et Montréjeau, la vallée actuelle de la Garonne 
repose presque partout sur ces énormes cailloux qui se 
montrent en abondance sur quelques points, surtout dans 
les bas-fonds au sud de Saint Gaudens. Au nord, on les voit 
recouverts par les argiles rouges qui s'étendent vers Auri- 
gnac etLatoue en formant près de Saint Gaudens les argiles 
de Valentine. 

A Montréjeau, et aux environs, ces blocs reparaissent 
toujours au pied des falaises rouges des coteaux formant le 
plateau de Lannemezan, falaises composées souvent d'alter- 
nances d'argiles et de cailloux, soit quartzeux, soit grani- 
tiques (pourris bien souvent). A l'entrée de la vallée de 
la Neste, le passage des blocs sous les argiles rouges du 
plateau de Lannemezan est manifeste. Ces argiles surmon- 
tées parfois de gros blocs quartzeux roulés, viennent ici, 
à l'entrée de la vallée de la Neste , buter directement 
contre les premiers contre-forts jurassiques et crétacés des 
Pyrénées, pour former jusqu'aux environs de Bigorre une 
portion de ce que l'on peut appeller la partie basse des 
Éaronies. Les petites vallées du Lutz et de l'Arros sont en 
partie creusées dans ces argiles et mettent plus d'une fois à 
nu, dans leur fond, les blocs et les cailloux roulés infé- 
rieurs à ces argiles du plateau de Lannemezan. 

Poursuivant la route vers l'ouest à partir de Bigorre ou 
plutôt de Montgaillard, ou les blocs se voient encore infé- 
rieurs aux argiles, on arrive à Lourdes, ou le dépôt dès 
blocs prend des proportions gigantesques et monte à 
une hauteur considérable jusqu'au dessus dû lac de Lourdes. 
En avançant vers Pau, la présence des blocs erratiques angu- 
leux n'est plus aussi marquée, et l'on voit dans le fond de 
la plaine du Gave, dans les eaux mêmes de ce dernier, de 



- 256 - 

gros blocs roulés fortement cimentés entre eux, de nature 
quartzeuse. Les blocs anguleux ne se trouvent plus ici qu'au 
sud de Pau à Savignac, et surtout au sud du mamelon de 
Bel-air, en se rapprochant de la plaine d'Arudie. 

Plus loin enfin, entre les vallées d'Aspe, de Mauleon et de 
la Nive, les mêmes phénomènes se montrent encore, mais 
allant en mourant vers la mer. 

Si de Varilhes, nous prenons notre route vers l'Est, en sens 
opposé à celle que nous venons de suivre, nous ne retrou- 
vons plus de phénomènes analogues ; ils deviennent de plus 
en plus restreints. Dans les plaines de l'Aude ils dispa- 
raissent. Vers celles de Perpignan où ils se montrent de 
nouveau, et il reste évident que les transports des blocs 
et des boues ont pris là un grand développement, surtout 
dans la partie moyenne des vallées du Tech et de la Tet 

En remontant la vallée de la Tet jusques vers Mont-Louis, 
le phénomène glaciaire disparait peu à peu au-dessus de 
Fontpedrouse, (1) cesse complètement vers le plateau de la 
Perche, et reparaît dans les plaines de la Gerdagne, avec les 
mêmes caractères physiques que nous venons de signaler 
sur le versant français de la chaîne : vers l'Ariége, la Haute- 
Garonne et les Hautes-Pyrénées, c'est-à-dire blocs énormes 
de granit anguleux et roulés, surmontés d'épaisses mottes 
d'argiles rouge orangé. 

Après ce court aperçu géographique et orographique, 
étudions quelques coupes qui nous montreront bien la 
superposition des couches que nous venons de signaler, et 
qui nous permettront de classer ces couches stratigraphique- 
ment et paléontologiquement, 

1° En partant de Varilhes et allant vers Pamiers, nous 
pouvons constater la coupe suivante : 

(i ) Jusques vers Thuez ce sont les argiles rouges avec blocs erratiques 
qui forment les dépôts glaciaires. Au-dessus de Fontpedrouse, les carac- 
tères du glaciaire sont différents. 11 n'y a plus d'argiles rouges, ce sont 
des argiles grises avec blocs erratiques granitiques. 



- 257 - 

L'éocène E est redressé avec un plongeaient N ; sur cet 
Eocène constitué par le Poudingue des montagnes, repose 
un boulder clay caractéristique qui se continue très-nette- 
ment sous le dépôt miocène argileux rougeâtre dont on peut 
voir la prolongation vers Bénagues, Pamiers, Saverdun, etc. 
Vers Bénagues, dans une sorte de cirque creusé par 
PAriége dans le dépôt miocène, on voit nettement au niveau 
de PAriége, dans son lit, et au-dessus, des blocs erratiques 
anguleux. Dans la tranche *la plus inférieure des escar- 
pements apparaissent des blocs granitiques arrondis, serrés, 
pourris par places, et supportant les dépôts argileux supé- 
rieurs. 

11 n'y a pas le moindre doute possible, c'est là un frag- 
ment de la moraine infra-miocénique remaniée, à éléments 
caractéristiques et recouverte par les argiles miocènes. Donc 
cette moraine est antérieure à ces argiles. 

Dans la vallée de la Garonne nous retrouvons les mêmes 
phénomènes sur une échelle plus vaste peut-être que dans 
PAriége. En parcourant les flancs des montagnes soit cré- 
tacées soit antérieures, qui s'étendent entre Saint Bertrand 
de Gomminge et Barbazan, nous trouvons ces flancs cou- 
verts sur certains points de blocs erratiques qui montent 
jusqu'à une hauteur de 3 à 400 mètres. Ces blocs erratiques 
sont épars, et prouvent qu'une moraine a dû exister sur ces 
points, appartenant à un glacier occupant toute la largeur 
de la vallée, c'est-à-dire une dizaine de kilomètres environ. 
D'autre part, en traversant la plaine de Montréjau, nous 
constatons au N., des dépôts d'argiles rougeâtres avec 
niveaux divers de cailloux roulés et blocs volumineux à la 
base. Cet ensemble rappelle* complètement l'allure des 
terrains des environs de Varilhes, avec lesquels on peut les 
rejoindre par les coteaux de Valentine et de Saint Gaudens, 
exactement semblables, ainsi que par ceux de Boussens et 
du Terre-fort identiques également. 

A l'entrée des vallées de la Neste et de l'Adour, nous 



— 258 — 

constatons des phénomènes tout-à-fait pareils à ceux que 
nous venons de signaler. Les blocs erratiques, plus ou moins 
volumineux et plus ou moins roulés, existent à la base de 
ces mêmes dépôts argileux plus ou moins jaunes et rouges, 
et passent nettement au-dessous. Cet ensemble constitue ce 
grand plateau de Lannemezan qui va peu à peu en s'abais- 
sant vers les plaines de la Garonne au N., dont les allu- 
vions les plus anciennes lui servent de manteau. 

La petite rivière d'Asson, partant des Baronies, à l'Est de 
Bigorre et d'Aurignac, a creusé profondément son lit dans 
l'amas argilo-caillouteux du plateau de Lannemezan, et 
permet de constater dans les parties les plus basses de la 
vallée la présence de blocs granitiques et quartzeux qui 
constituent la partie supérieure de la moraine. 

La vallée du Gave de Pau nous offre les moyens de bien 
étudier, avec une sûreté aussi grande qu'à Varilhes, dans 
PAriége, la superposition des argiles caillouteuses rouges à 
la moraine miocène. Cette localité géologique a été pour la 
première fois étudiée au point de vue des glaciers anciens 
par MM. Martins et Collomb. Ces savants ont parfaitement 
décrit le glacier quaternaire de la vallée d'Argelès. Mais, de 
l'aveu même que m'en a fait le regretté Collomb, à la suite 
de ma première publication sur les glaciers tertiaire, il y a 
eu là une erreur dans la détermination de l'âge. Ce glacier 
n'est pas quaternaire, il est tertiaire. Collomb en convenait 
parfaitement, mais il n'avait pu le démontrer. 

En étudiant au sortir de la vailée d'Argelès, cette magni- 
fique moraine disposée en éventail qui s'étend depuis Pouts 
jusqu'à Peyrouse, Lourdes se trouvant au Sud de la ligne 

! 

courbe qui rejoint les deux villages nommés, nous lui trou- 
vons une largeur de 11 kilomètres environ. En traversant 
cette moraine de l'Ouest à l'Est, nous la trouvons coupée 
au niveau d'Adé, par un couloir s'étendant du N. au S. et 
ayant une largeur de 1,000 à 1,500 mètres, 
Descendant vers la plaine à partir du sommet de la Mo- 



- 259 — 

raine, au-dessus du lac de Lourdes, nous voyons les élé- 
ments ds cette moraine, qui étaient d'abord un pur amas in- 
forme d'argile, de sable, de blocs énormes et de blocs plus 
petits, se transformer en éléments de plus en plus roulés à 
mesure que l'on avance vers le nord. L'argile forme bientôt 
des dépôts stratifiés mêlés de cailloux roulés, et les gros 
blocs erratiques disparaissent insensiblement sous ces stra- 
tes argilo-caillouteuses, exactement comme aux environs de 
Varilhes. Si l'on avance vers Tarbes, on trouve à Juillan les 
mêmes éléments que nous signalions à Bénagues au nord de 
Varilhes. La base des buttes de Juillan se compose de gros 
blocs roulés que surmonte l'argile rougeàtre. Dans les pro- 
fondeurs de la couche alluviale de la plaine, l'on trouve, en 
creusant, des blocs de plus en plus volumineux. 

L'identité de la plaine de Juillan avec la plaine de l!Ariège 
entre Varilhes et Pamiers, est donc complète. 

En marchant plus loin vers l'ouest de la chaine MM. Gen- 
dreau etThore sont venus constater, ainsi que je l'avais fait, 
l'identité de divers dépôts morainiques des Gaves d'Ossau et 
d'Aspe avec ceux des vallées d'Argelès, de la Garonne et de 
l'Ariége. Ici, le fait saillant, est l'existence d'un îlot consi- 
dérable de terre émergeant au milieu des déserts de glace 
qui couvraient la plaine du Béarn à l'époque miocène. Le 
massif et le plateau de Bel-air sont entourés à l'Est, au Sud 
et au Nord par les dépôts morainiques, soit en place, soit re- 
maniés, de l'époque miocène. Le plateau supérieur est abso : 
lument exempt de blpcs erratiques, tandis qu'à un niveau 
bien inférieur, au col de Savignac, par exemple, ces blocs 
granitiques sont fort abondants. A Pau le lit du Gave est 
formé par les gros blocs roulés qui faisaient, partie de la mo- 
raine miocène. 

Poussant plus loin vers l'ouest nous pouvons encore re- 
trouver le long du Gave d'Oloron, au-delà même de Garresses 
des blocs roulés fort gros qui font pressentir l'existence pro- 
bable d'une moraine profonde et frontale remaniée, et peu 



— 2G0 - 

éloignée. Des dépots marins que nous allons bientôt signa- 
ler recouvrent ces terrains à blocs granitiques, et nous ver- 
rons plus loin que ces dépôts marins contiennent une faune 
pliocène, ce qui prouve la plus grande ancienneté de ces amas 
de blocs granitiques. 

Si maintenant nous revenons dans la vallée de l'Ariège à 
Varilhes pour marcher vers l'Est, nous constatons d'abord, 
ainsi que nous l'avons déjà dit, entre l'Ariège et l'Aude la 
disparition presque complète du grand phénomène erratique. 
Ce n'est que dans le haut de la vallée de l'Aude que réappa- 
raissent les blocs transportés. 11 faut ensuite arriver jusques 
dans les plaines de Perpignan et remonter les vallées de la 
Tet et du Teich pour retrouver un ensemble de phéno- 
mènes glaciaires à peu près identiques à ceux des vallées que 
je viens de décrire. Ici nous signalerons même des faits 
absolument nouveaux qui nous permettront d'établir que 
les glaciers tertiaires et leurs dépôts ont eu à subir des 
dislocations sous l'influence des mouvements de Pécorce 
terrestre . 

Ensuivant une ligne qui recouperait dans le sens N.-N.-O. 
les deux vallées de la Tet et du Tech on peut établir la 
coupe théorique suivante : 

L'immense bassin compris entre les Albéres au Sud, et les 
montagnes qui limitent la vallée de la T«t au Nord serait 
rempli par un immense dépôt d'argiles rouges et jaunâtres 
ayant à leur base un énorme dépôt morainique. Ce dépôt 
qui n'est pas visible dans laplaine, le devient dès qu'on pénè- 
tre dans les vallées, pour les remonter. Sur ces argiles bario- 
lées, jaunâtres etrougéâtres, serait un dépôt plus récent carac- 
térisé par une faune pliocène. Les deux vallées du Teich et 
de la Tet auraient été creusées dans la grande masse d'argi- 
les rouges, soit par des glaciers plus récents qui ont laissé 
les traces de leur passage, ainsi qu'on peut le voir aux envi- 
rons de Géret, où M. Trutat les a signalés, soit par les cours 
d'eau, eux-mêmes, qui ont déposé leurs alluvions. 



— 261 — 

En remontant les vallées, mais principalement la vallée de la 
Tet, la moraine latérale du glacier à argile rouge est à chaque 
instant coupée par le chemin de fer de Perpignan à Prades. 
Sur bien des points, cette moraine est composée de couches 
alternantes de gros blocs granitiques anguleux et d'argiles 
rouges, et il est facile de constater que ces amas, en forme 
de strates, sont très-souvent disloqués, redressés et plon- 
geant très-sensiblement soit vers le Sud, soit vers le Nord. 
A elle seule la course en wagon permet de constater ces faits 
d'une manièreincontestable. Mais pour peu quel'on se donne 
la peine de visiter les vallées descendant du Ganigou, les 
faits que je viens de signaler se dessinent d'une manière bien 
plus nette encore. 

Je ne parlerai pas ici de la coupe que j'ai relevée entre 
Moligt et le Ganigou ; elle demande, vu son grand intérêt, une 
description toute spéciale. Mais je signalerai quelques faits 
intéressants, de la coupe relevée entre Villefranche et le 
Verne t. 

Après avoir remonté les calcaires devoniens et les schistes 
siluriens jusqu'au village de Gornalia, l'on voit se dessiner 
sur les deux côtés de la vallée un immense plateau argilo- 
caillouteux, rappelant complètement les abords du plateau 
de Lannemezan vers l'entrée de la vallée de la Neste, ou les 
coteaux situés entre Varilhes et Pamiers. Ce plateau vient 
buter directement contre la base des contreforts du Gani- 
gou, avant d'arriver au Vernet. G'est là un plateau glaciaire 
à la base, avec argiles et cailloux roulés superposés aux blocs 
morainiques. 

Au village de Cornalia, l'on peut voir la coupe suivante 
parfaitement nette et caractéristique de deux époques gla- 
ciaires. 

Le grand dépôt formant le coteau au sud, est constitué par 
les argiles rougeâtres alternant avec des lits de gros cailloux 
quartzeux roulés, avecbioCs erratiques granitiques à la base, 
et la terrasse sur laquelle est bâti le village de Gornalia est 



- 202 — 

formée par un autre dépôt glaciaire et alluvien plus grisâtre 
que le supérieur. Il repose sur et contre ce dernier, qui a été 
creusé avant cette nouvelle formation morainique. 

En remontant de Villefranche vers Fontpedrouse l'on voit 
bientôt disparaître le phénomène des dépôts glaciaires. L'on 
arrive sur le plateau de la Perche, qui en est dépourvu 
également, et l'on descend dans les plaines de la Cerdagne. 

Ce qui frappe au premier aspect, c'est de retrouver, là, un 
bassin considérable creusé dans les granits et les schistes an- 
ciens, dont le fond est rempli par un terrain d'apparence ex- 
térieure identique à ceux que nous avons suivis depuis les 
plaines de Perpignan jusqu'au Vernet. En descendant dans 
les plaines de la Gerdagne par Saillagouse, et en étudiant les 
petites vallées qui viennent des hautes montagnes du sud par 
Llo, Err, etc., l'on retrouve des faits identiques à ceux que 
je viens de décrire dans la vallée delà Tet. Le grand dépôt 
argileux rouge-jaunâtre repose sur un dépôt morainique gra- 
nitique et quartzeux, et ce grand dépôt, creusé par des gla- 
ciers etdescours d'eau plus récents, a reçu leurs moraines et 
leurs alluvions qui viennent finalement se joindre à celles 
de la Segre. 

Les moraines les plus récentes, lorsqu'on les étudie entre 
Escaldas et Odeillo, mais surtout aux environs d'Escaldas, 
sont composées d'énormes blocs granitiques usés par décom- 
position, ce qui leur donne l'aspect roulé, et s'arrêtent sensi- 
blement au-dessus des dépôts argileux rouges. Dans ce der- 
nier terrain se trouvent des niveaux de lignite (Estavar), ce 
qui le rend identique aux dépôts tertiaires du plateau de 
Lannemezan (Orignac et Capvern). 

D'après nos études dans la Cerdagne nous pouvons établir 
la coupe d'ensemble suivante : 

Le grand bassin de la Gerdagne serait creusé dans les 
schistes et granits laurentiens. Le dépôt tertiaire M occupe- 
rait le fond de cette grande cuvette. La Segre aurait creusé 
son lit dans le dépôt M, et souvent, comme aux environs de 



- 263 - 

Llo et de Err, on peut voir des blocs erratiques granitiques 
avec une argile sableuse, grisâtre, reposer sur le dépôt M. 
Dans celui-ci, à mesure que l'on descend en profondeur, se 
montre le phénomène de transport glaciaire semblable à 
celui du plateau de Lannemezan ; les gros blocs quartzeux 
et granitiques encombrent la base, que cependant on ne dé- 
couvre nette qu'en de rares endroits. Enfin à Estavar serait 
le niveau de lignite. 

Ainsi donc d'un bout de la chaîne des Pyrénées à l'autre 
sur le versant nord, et même sur le versant sud, dans un 
tiers de cette chaîne (4), existe un dépôt argilo-caillouteux 
rouge et jaunâtre, avec de nombreux blocs anguleux et gra- 
nitiques ou quartzeux, accumulés à la base. Ce dépôt rap- 
pelle complètement un dépôt glaciaire considérable recouvert 
par un lœss d'une épaisseur également considérable. 

Quel est l'âge de ce dépô ? 

Nous pouvons le donner de deux manières différentes : 
stratigraphiquement et paléontologiquement. 

4° Stratigraphiquement : 

Ce dépôt est inférieur au terrain pliocène et au terrain 
quaternaire 

En effet, dans le département des Pyrénées-Orientales, il 
supporte deux dépôts de coquilles pliocènes, l'un entre 
Milhas et Nefiach, l'autre près de Banyuls-dels-Aspres, tous 
deux entre les vallées de la Tet et du Tech. De plus c'est 
sur lui que reposent encore les débris de faune quater- 
naire trouvés aux environs même de Perpignan. Enfin les 
glaciers quaternaires occupant les escarpements des deux 
vallées actuelles de la Tet et du Tech au sortir de la monta- 
gne, reposent sur ces dépôts. Il n'en est pas de même en 
Cerdagne où l'on n'a pas signalé encore de fossiles caracté- 
ristique, ni dans les couches du dépôt M, ni dans les couches 



(\) Nous décrirons plus tard les phénomènes analogues sur d'autres 
parties du versant sud. 



— 264 — 

supérieures. Mais là les glaciers quaternaires ont déposé leur 
moraines sur le dépôt M, ce qui prouve que ce dépôt est plus 
ancien. 

Sur le versant N. des Pyrénées, les glaciers quaternaires 
de toutes les vallées, et les alluvions quaternaires avec leurs 
fossiles, reposent nettement sur les dépôts argilo-caillou- 
teux avec blocs erratiques à la base. Ainsi à Pamiers, les 
alluvions avec Eléphas primigenius reposent dans des anfrac- 
tuosités creusées dans le dépôt M. Il en est de même dans 
la vallée du Salât (dépôts quaternaires près Saint Lizier avec 
faune caractéristique). De même encore dans toutes les autres 
vallées où des glaciers plus récents reposent sur ce dépôt M. 
En eifet : dans la vallée de la Garonne et dans la vallée du 
Gave de Pau, pour ne prendre que les faits les plus remar- 
quables, nous trouvons à Labroquère, au S. de Montréjeau, 
trois moraines successives remontant la vallée dans l'espace 
de deux kilomètres a peine. Ces moraines, larges de 1 kilo- 
mètre, reposent nettement sur cet immense dépôt à blocs 
que nous avons vu s'étendre sur une largeur de 9 à 10 kilo- 
mètres entre les montagnes de Barbazan et celles de Saint- 
Bertrand. Elles sont donc plus récentes que ce dépôt. 

A Adé, MM. Martins et Collomb ont signalé sept petites 
moraines successives, déposées dans une énorme érosion de 
la grande moraine en éventail, à laquelle ils ont donné une 
largeur de \ I kilomètres, entre Peyrouseet Pouts. Ces petites 
moraines d'Adé sont donc plus récentes que la grande mo- 
raine, puisqu'elles reposent dessus. Or, les alluvions quater- 
naires les plus anciennes de la plaine de Juillan et de Tarbes, 
font suite à ces petites moraines au pied desquelles et avec 
les éléments desquelles elles se sont formées. Donc, ens 
petites moraines, étant quaternaires, il s'en suit que la 
grande moraine de Pouts à Peyrouse, avec les dépôts qui 
l'accompagnent, est plus ancienne, et doit forcément être 
tertiaire. 
2<> Paléontologiquement : 



- 265 - 

A Bonac, au nord de Pamiers, j'ai signalé dans les couches 
argilo-calcaires faisant suite aux couches argilo-caillou- 
teuses de Bénague et se confondant avec elles, un petit 
gisement de mammifères miocènes (dicrocéres, viverridés, 
etc. ,) donc, ces couches sont nettement miocènes, et les blocs 
erratiques qui sont à la base, doivent par conséquent être 
au moins de l'époque miocène. 

A Valentine, M. Alfred Fontan a trouvé une faune de 
mammifères de la même époque, dans les dépôts argilo- 
caillouteux se liant avec ceux du plateau de Lannemezan. 
Cette faune étant tertiaire (miocène), il s'ensuit que les gros 
blocs morainiques inférieurs le sont aussi. 

A Orignac, près Bigorre, j'ai signalé dans les lignites 
exploités une série de mammifères tertiaires (miocène) que 
M. Virlet d'Aocut a rappelés dans le Bulletin de la Société 
géologique. Ces dépôts d'Orignac se lient à ceux des coteaux 
de Tarbes et de la vallée du Gave de Pau. Il s'en suit donc 
que ces grands blocs morainiques de la base des coteaux 
d'Adé, sont au moins miocènes. 

Si nous poussons plus loin vers l'Ouest à l'extrémité de la 
chaîne, nous trouvons encore un fait venant à l'appui de 
ceux que nous avons déjà signalés. 

A Salies de Béarn, nous avons découvert et signalé un 
gisement de coquilles pliocènes, que notre ami regretté, 
H. Magnau, a décrit dans ses mémoires sur les terrains cré- 
tacés des Pyrénées. Le terrain de ce gisement nous a bien 
semblé reposer sur les gros blocs de la vallée d'Oloron. 
Ceux-ci seraient donc antérieurs. 

Nous résumant, nous dirons qu'il existe au pied des 
Pyrénées un amas de transport à blocs erratiques surmonté 
d'argiles rouges et jaunes. D'une part, cet amas repose sur 
divers terrains (laurentien, silurien, jurassique, crétacé, etc,) 
dont le plus récent est l'Eocène. D'autre part les couches 
argilo-caillouteuses qui le surmontent, sont caractérisées 
par une faune miocène. 

48 



— 266 — 

Nous sommes donc forcés d'admettre que les dépôts 
morainiques que nous venons de signaler sont antérieurs 
au miocène, et postérieurs à l'éocène. Nous devons les 
considérer comme formant la base du miocène. Il est donc 
exact de dire que les Pyrénées ont eu des glaciers miocènes. 

Dans un nouveau mémoire je développerai de nouvelles 
raisons orographiques et géographiques qui viennent encore 
fournir des preuves évidentes de l'existence des glaciers 
miocènes. 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 



Etat des membres de la Société d'Histoire naturelle 3 

Règlement de la Société 4 2 

Séance de rentrée Jm20 novembre 4 877 21 

Abbé Dupuy : De la recherche des mollusques terrestres et d'eau 

douce, et des moyens de se les procurer 22 

Séance du 6 décembre. — Elections du bureau et des com- 
missions pour 1878 . 49 

P. Fagot : Rectifications et additions au catalogue des mollus- 
ques des petites Pyrénées de la Haute-Garonne comprises entre 

Cazères et Saint-Martory 50 

D r Gobert : Catalogue raisonné des coléoptères des Landes 

(Suite) 55 

Bauduer : Considérations générales sur les Agrilus. ...... 73 

Séance du 4 9 décembre. — Rapport sur un herbier donné par 

M. de Larembergue , 94 

E. Trutat : Catalogue des mammifères des Pyrénées. . . . : . 95 

Avec deux planches en photogravure. * 



- 268 — 

Séance du janvier 4 81 S 122 

Installation du bureau 123 

Rapport de M. le colonel Belleyille, archiviste 123 

Laurent Degrf.aux : Notice sur la modification du guêpier vul- 
gaire 125 

Adrien Lacroix : La perdrix Gambra, perdix pétrosa dans les 

environs de Toulouse 127 

Séance du 23 janvier 

Emile Pianet : Note sur la reproduction de quelques Félins. 134 
R. Lasser e : Sur deux cas de monstruosité double offerts par 

deux jeunes poulets 138 

Séance du 20 février. . , ; 141 

Rapport de M. A. de Saint-Simon, sur les récents travaux mala- 

cologiques de MM.deFolin et Rérillon 141 

Rapport de M. Gaston de Malafosse, sur la question de la mer 

glaciaire au pied des Alpes 143 

Séance du 13 mars 144 

Elzéar Abeille du Perrin : Note sur les Leptodirites. .... 144 

Séance du 19 mars 155 

D r Gobert : Catalogue raisonné des Coléoptères des Landes 

(Suite) : 156 

Paul Fagot : Notes sur le catalogue des mollusques de la région 

de Toulouse, réponse à M. P. Fischer 179 

Séance du 18 mai 188 

E. Trutat et M. Gourdon : Catalogue des blocs erratiques de 

la vallée de l'Arboust 188 

Séance du 12 juin 2I4 

Alfred de Saint-Simon : Note sur la mâchoire et le ruban lingual 

du Veitigo édentula 214 

Avec une planche lithographie/' . 

D r Garrigou : Faits nouveaux concernant les eaux minérales. 216 

Séance du 17 juillet 219 

B. Balansà et R. P. Poitrasson S. J. : Contributions à l'agros- 

lographie de l'Amérique du Sud 219 

Avec six planches lithographiées. 

Séance du 27 novelnbre 237 



— 269 — 

Rapport de M. Alfred de Saint-Simon, sur le Bulletin de l'aca- 
démie des sciences naturelles de Philadelphie 237 

Rapport de M. Gaston de Malafosse, sur les Actes de la Société 
toscane des sciences naturelles 240 

F. Regnault : La grotte de Gargas 241 

Avec une planche autographiée. 

Observations de M. E. Cartailhac 247 

Séance du 1 8 décembre 247 

Elections du bureau et des commissions pour 1879 248 

Rapport de M. Alfred de Saint-Simon, sur le Bulletin de la 

Société zoologique de Londres 248 

Desjardins : Additions à la flore des environs de Toulouse. . . 349 

D r F. Garrigou : Sur les anciens glaciers des Pyrénées 354 

Avec une planche autographiée. 



LISTE DES PLANCHES DE CE VOLUME 

(Douzième année : 1878). 



Pages. 

I. Desman des Pyrénées, {photogravure) 100 

II. Bouquetin des Pyrénées, {photogravure) 118 

III. Leersia débilis, {Bal. etPoitr.)-, L. dislichophylla {Bal. 

et Poitr.) i L. mexicana [Kunth.) 232 

IV. Oryza subulata {nées d'Esem.) ; 0. latifolïa (Desv.) ; 

0. Pérennis {Moench). 

V. Zizania Bonaricnsis, {Bal. et Poitr.) 236 

VI. Luziola péruviana, (Jun) 236 

VII. Luziola spiciformis, (Ânderson) • . . 236 

VIII. Pharus latifoliup, {Lin.) 236 

IX. Coupes et plan de la grotte de Gargas. 241 

X. Coupes d'anciens dépôts glaciaires des Pyrénées 354 

^ ■ , ^ 

Toulouse. — Typ. Gibrac et G»,